AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
>

Critique de meyeleb


meyeleb
  09 juin 2012
L'histoire s'ouvre sur une éclipse. On pressent déjà ce qu'elle aura de symbolique lorsque le regard de Lucie s'assombrit, noirci par un terrible secret. L'ogre est sorti des rêves et s'est emparé de Lucie. L'ogre, c'est son demi-frère Ferdinand. Il a souillé l'enfance, tué l'innocence dans les yeux de la fillette qui subit en silence, se recroqueville, loin des sourires, loin des larmes même. Elle devient agressive, mue par un incommensurable désir de vengeance qui se lit dans son regard. On découvre par plusieurs points de vues, celui de la mère et du père en particulier, comment les adultes, pris dans les filets de leur propre histoire, n'auront rien perçu du terrible drame dans lequel Lucie se débat.
Je me demande encore comment j'ai pu lire cette histoire d'inceste avec autant d'avidité. C'est peut-être parce que Sylvie Germain sait déployer sa prose poétique jusque dans les méandres du tragique. On entre dans la contemplation effarée de l'horreur, comme bercés par les chants indifférents des oiseaux, charmés par le tableau bucolique des ciels de printemps juste avant l'orage. Et c'est peu à peu le choeur lancinant de la souffrance qui prend le dessus, une souffrance emmurée sous la chape de l'incompréhension et du silence. Comme à son habitude, Sylvie Germain y ajoute une pincée de fantastique, reliant la réalité tragique au mythe de Méduse, qui ne fait qu'ajouter de la puissance au récit tout en suggestions.
Commenter  J’apprécie          150



Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Ont apprécié cette critique (13)voir plus