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EAN : 9782226188427
306 pages
Éditeur : Albin Michel (20/08/2008)

Note moyenne : 3.2/5 (sur 153 notes)
Résumé :
Les Bérynx : une famille ordinaire, avec son patriarche autoritaire, ses mères affairées, ses enfants fragiles, ses secrets non partagés et son lot de drames. Et il y a Pierre, qui vient de se greffer sur cette famille comme une sorte d'ange gardien dont on ignore presque tout, homme à tout faire, mais aussi à tout défaire. Jusqu'au jour où il disparaît sans laisser d'autres traces que les brèches qu'il a ouvertes en chacun.Roman des origines autant que de la constr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
pyrouette
  03 novembre 2014
Sabine se retrouve veuve avec quatre enfants dont la petite dernière estropiée dans l'accident qui a coûté la vie à son mari. Un bon travail, un bel appartement et ses beaux parents. Son beau-père qui aimerait tout décider à sa place, dictateur de la famille. Elle va rencontrer un drôle de bonhomme déguisé en père noël qui va prendre une place importante dans sa vie et la vie de ses enfants. Son prénom n'a pas d'importance, son existence non plus. Il accompagne cette famille en ne voyant que le meilleur. Il ne fait pas de bruit, ne s'impose pas, bref l'homme parfait. Et puis lors d'une soirée familiale nous assistons à une scène violente qui sera à l'origine de sa disparition et de la réaction des membres de cette famille. L'auteure nous raconte l'histoire avec le style d'une journaliste, impossible de s'attacher à un personnage. Des scènes, un instant de vie, des failles, nous restons à l'extérieur de cette histoire jusqu'au moment où tout devient différent. Il y a cette violence qui sort d'un coup sans prévenir, ces explications, cette indifférence. Déstabilisant et pourtant si réel.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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Epictete
  11 juin 2014
On commence ce livre par l'histoire presque banale d'une famille, une sorte de saga bourgeoise comme on en connaît des dizaines, avec ses rituels, ses drames, son patriarche, une bru veuve, volontaire et qui ne veut fâcher personne mais s'arrange pour continuer à mener sa barque comme elle l'entend.
Elle a embauché un assistant qui l'aide à gérer l'affaire familiale dont elle a repris les rennes après le décès de son mari.et qui contrairement à ce que tout le monde imagine, n'est pas son amant. Ce n'est pas ce qui l'intéresse.
On croit lire une histoire classique et en réalité, tout au long du roman on ne fait que naviguer de flash en flash, avec des zooms voulus par l'auteur sur une situation, mais surtout sur un personnage à un moment donné de sa vie. Chacun d'entre eux trouve sa place dans l'histoire, mais semble avoir sa propre autonomie.
Mon esprit peut-être un peu trop cartésien aurait préféré que l'auteur prenne un parti, un point de vue pour nous raconter une histoire. Or, elle nous promène parmi les aventures de ses personnages pour construire ce qui nous attend à la fin du livre. C'est un choix respectable bien sûr, mais qui déroute, c'est certain. Tantôt c'est un personnage qui prend la main, tantôt un autre, puis une sorte d'observateur extérieur… et comme il y a beaucoup de personnages, la lecture n'est pas aussi fluide que l'on pourrait l'imaginer.
Et puis on tombe sur une scène assez dure (Comment faire autrement ? ) d'humiliation d'une femme ayant « fauté » avec l'ennemi pendant la seconde guerre mondiale. Très bien décrite, bien analysée – un peu longue – et c'est la clé du roman.
Voici donc une façon très originale de raconter une histoire tragique, en passant par de multiples chemins qui vous déroutent et vous dérange pour vous asséner la clé de l'énigme en fin de récit.
C'est finalement très fort !
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mumuboc
  16 mai 2020
Je pense n'avoir jamais lu Sylvie Germain mais je voyais passer de temps en temps des chroniques sur certains de ces livres et en particulier Magnus alors j'ai eu envie de découvrir sa plume.
L'inaperçu, celui que l'on ne voit pas, celui que l'on de remarque pas, presque l'invisible. Voilà de quoi il s'agit, que ce soit Pierre Zebreuze qui va entrer dans la famille Bérynx par l'intermédiaire de Sabine, mais aussi l'invisible d'une famille, la face cachée de celle-ci et de ses membres. Sous un déguisement de Père Noël, Pierre va apporter chez Sabine un vent de liberté, un air de renouveau dans son existence. Mais il ne faut pas se fier aux apparences, ce n'est pas ce que vous imaginez car la vie au sein des familles est parfois bien loin de ce qu'elle montre. Et d'ailleurs qui est Pierre Zebreuze. Un incident va faire exploser tous ces beaux arrangements, ces prises de pouvoir et montrer le vrai visage de chacun.
L'auteure s'attaque dans ce roman à la famille, vaste sujet et j'ai trouvé que le regard porté sur celle des Bérynx, son fontionnement est assez juste surtout quand celle-ci est "gouvernée" par un patriarche comme Charlam, maître absolu de son monde. Mais ce monde cache bien des blessures, des silences, des non-dits. En prenant Pierre comme révélateur, cet homme discret, anonyme qui va être une sorte de Père Noël pour Sabine mais un père Fouettard pour d'autres, Sylvie Germain, démonte peu à peu dans la seconde partie tout le bel édifice de cette famille, les masques tombent, les vérités et les rivalités s'avouent ou se révèlent....
Deux parties et presque deux écritures, deux rythmes. Dans la première partie c'est finalement la vie "banale" d'une famille mais on ressent la pression mise sur celle-ci par Charlam et l'effacement total de Sabine, veuve culpabilisante du fils disparu de la famille, qui subit cette famille. L'auteure lève peu à peu le voile sur chacun des membres et tous (ou presque) et surtout d'ailleurs les femmes, mettent à jour leurs blessures, leurs actes cachés.
Un être apparaît et la bulle familiale éclate mais pour lui qu'en advient-il ? Et si lui aussi avait beaucoup à dire, s'il n'était pas l'être aussi lisse, aussi "sans histoire" qu'on croyait. Sylvie Germain laisse à chacun la parole pour mettre à jour Pierre à travers ce qu'on découvre dans son appartement et sur ce qu'il avouera un jour lui-même.
C'est avec une écriture très fluide, très juste que Sylvain Germain analyse la famille, ses fractures et j'ai trouvé le contraste des deux parties assez saisissant. L'on passe de la banalité de vies, même si certains événements sont assez traumatisants, à une deuxième partie où l'enchaînement des aveux nous plonge dans les drames d'existences où les cicatrices ne sont jamais refermées.
Il y est question de culpabilité, de règlements de compte, de guerre, d'handicap, d'absence, d'amour mais aussi d'absence, de deuil et de résilience, de rivalités et d'enfermements.
Je dois avouer que je suis restée assez spectatrice du récit et de ses personnages, même si Pierre m'a touchée mais j'ai eu un peu de mal avec tout ce qui touchait l'évocation des peintures de Mark Rothko, peintre expressionniste et leurs significations m'ont tenue à distance. Oui voilà, j'ai été présente mais pas impliquée, une galerie de personnages, j'ai lu sans déplaisir mais sans passion, j'ai peut-être trouvé les révélations un peu trop "grosses" pour certaines, un peu "stéréotypées" même si possibles, un peu trop pour une famille et un homme. Mais c'est un roman et dans un roman tout peut arriver.
"C'est un peu à cause de lui que Henri est devenu un témoin itinérant, soucieux d'arracher à l'inaperçu, et donc à l'oubli immédiat, des destins qui passent et aussitôt s'effacent, engloutis par des guerres, des révolutions ; à cause de cet homme qui sera mort sans que l'on sache ni comment ni pourquoi, car justement sans témoin, et sans laisser d'autre trace qu'un grand poster jaune dont l'éclat se fane avec le temps. (p229)"
Lien : https://mumudanslebocage.wor..
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JOE5
  19 janvier 2017
Heureuse découverte de Sylvie GERMAIN, auteure de L'inaperçu. Plus que l'histoire familiale c'est le thème de la construction du soi qui a retenu mon attention. Pour moi cet « inaperçu » représente la partie intime de chacun. Sylvie Germain nous livre cette part à travers différents personnages attachants mais aussi dérangeants. Ces multiples introspections nous percent à coeur et réveillent nos propres points de fuite, révoltes, rêves, lâchetés ou défis, relevés ou perdus, souvenirs, mémoires,… ainsi que nos morts et nos vivants. Éléments de la construction du soi, tantôt fondations solides assurant notre équilibre, tantôt entassements instables grêlés de grains de sable et parfois de grains de sabre coupables de nos instants d'anéantissement et peut-être de notre fin s'il n'y a pas résilience.
Tout un remue-méninge passionnant dans une ambiance étrange, comme suspendue que je vous invite à découvrir.
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thedoc
  29 février 2016
Les Bérynx, famille provinciale aisée que l'on découvre à la fin des années soixante, a tout d'une tribu conventionnelle - ou presque. Depuis la mort de son mari Georges dans un accident de voiture, Sabine Bérynx veille sur ses quatre enfants : Henri, l'aîné, René et Hector, faux jumeaux, et Marie, la benjamine, handicapée à la suite du drame. Sabine reprend le magasin familial et engage pour l'aider Pierre Zébreuse, un homme rencontré le soir de Noël et dont on ne sait rien. Cet homme discret et effacé, mystérieux et silencieux, va pourtant prendre petit à petit une place importante auprès de chacun des membres de cette famille endeuillée. Durant dix ans, il devient le soutien inattendu de la famille, jusqu'à sa disparition soudaine, un soir d'été.
Cette intrigue familiale a pour principal sujet le rôle du lien familial dans la construction de soi. Autour de Pierre, cet homme qui passe presque « inaperçu » mais qui va pourtant jouer un rôle central auprès des membres de la famille, des anciens traumatismes vont refaire surface et dévoiler le moi intime de chacun. L'homme est perçu différemment par chacun des protagonistes, suscitant amitié, complicité, tendresse ou suspicion. Attentif aux autres, Pierre va redonner un certain équilibre à cette famille meurtrie. Pourtant lui aussi cache un lourd passé qu'il peine à assumer.
Une nouvelle fois, Sylvie Germain excelle de sa jolie plume. Son phrasé poétique et son style si particulier nous emportent au coeur de drames enfouis, de blessures de l'Histoire qui laissent à ses participants une mémoire meurtrie. Pourtant, malgré des personnalités complexes et tourmentées - et finalement attachantes - l'émotion chez moi a eu du mal à percer.
Un petit bémol donc pour ce roman aux allures de saga familiale mais qui ravira de toute façon les fans de Sylvie Germain.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
PersepolisPersepolis   15 juin 2011
Un jour elle lui a dit: " J'ai longtemps voulu devenir un arbre, quand je serais grande, mais maintenant, c'est un livre que j'aimerais devenir. Un arbre-livre, dont chaque feuille serait une page écrite par le vent, les insectes, le soleil et la pluie, les oiseaux, les rayons de lune. Chaque printemps, une nouvelle histoire s'inventerait, elle resplendirait en été, se défeuillerait en automne, s'effacerait en hiver, et ça recommencerait, sans fin."
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pyrouettepyrouette   01 novembre 2014
Peut-être est-ce une chance, malgré tout, de peser peu en ce monde, d'y passer en légèreté sans se faire remarquer ni désirer, on s'expose ainsi à moins de déboires, moins de blessures, on file discrètement son chemin, un chemin plat, certes, mais paisible.
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MoovanseMoovanse   11 avril 2015
La guerre, antique maîtresse aux yeux toujours jeunes et brillants, au regard de Passionaria héroïque défendant la patrie, la liberté, le peuple, sa conception de l’homme ou son idée de Dieu, de Méduse hallucinant les hommes pour mieux les inciter à s’étriper, de Maquerelle prostituant de force femmes et petites filles, de Madone pleurant ses enfants torturés, mutilés, brûlés vifs, égorgés, éventrés, fusillés, explosés … La hait-il autant qu’il le croit, autant qu’il le voudrait, cette hydre énorme qu’est la guerre ? N’y aurait-il pas pris goût, dans un mélange de répugnance, de fascination et de lassitude ? Pris goût à ces situations extrêmes, à ces scènes folles où les mêmes agissements sempiternellement se répètent, et où s’échangent les mêmes non-dialogues faits de vociférations, de sanglots et de supplications, de râles et de silences aigus. Pris goût à ces lieux de chaos, de cruauté trépidante émaillée, de ci de là, de quelques gestes de bonté, de quelques regards bouleversants de simple humanité, détails incongrus, déconcertants, qu’il faut apprendre à saisir au vol au milieu du tumulte.
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EpicteteEpictete   11 juin 2014
Dès que Zélie fut en âge de comprendre, il lui expliqua qu'il n'était pas son père naturel, qu'un autre était à l'origine de sa naissance, lui était un père second, légal et nourricier. Une certaine confusion s'était alors établie dans l'esprit de la petite fille. Deux papas, un naturel et un artificiel, un vrai et un faux ? Mais alors pourquoi le faux était-il déclaré légal ?Fallait-il en conclure que le vrai était lui illégal - un hors-la-loi comme Robin des bois ?
Puisque tout fonctionnait bizarrement, par inversions absurdes, ce vrai papa-hors-la loi était-il aussi méchant que son faux-papa-légal était gentil ?
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PersepolisPersepolis   15 juin 2011
Il ruminait et il cheminait, avec lenteur, avec application, labourant son esprit, y ouvrant de larges sillons au fond desquels luisaient d'innombrables déchets, des racines noueuses, des vestiges. Il crevait le sédiment d'oubli, de peurs, de hontes qui s'était accumulé en lui, avait durci, il retournait la masse informe, gluante où grouillaient tous ses maux. Il s'exhumait. Et l'homme qu'il désensevelissait ainsi n'était ni seul ni entier, il apparaissait par pans enchevêtrés à d'autres corps, dont trois aussi dévorants que nourriciers, follement parasites.
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Videos de Sylvie Germain (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sylvie Germain
Qui sont ces étranges créatures qui peuplent les romans ? D'où surgissent-elles ? Avec quelle matière sont-elles façonnées et comment prennent-elles chair et voix par l'entremise de la main qui écrit ? Sylvie Germain plonge dans l'introspection, étudie son travail d'autrice et explore ce mystère insoluble de la création des personnages. /
La romancière française a lu elle-même en 2006 des extraits de son essai littéraire « Les Personnages » dans la collection de livres audio « La Bibliothèque des voix » des éditions des femmes-Antoinette Fouque. Cet enregistrement exclusif est disponible pour la première fois au format numérique en janvier 2021. /
Musique : « Spiegel im Spiegel » d’Arvo Pärt. /
Le texte imprimé a paru en 2004 aux éditions Gallimard. Directrice artistique : Michelle Muller.
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