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EAN : 9782070336487
272 pages
Gallimard (07/06/2007)
3.79/5   777 notes
Résumé :
"D'un homme à la mémoire lacunaire, longtemps plombée de mensonges puis gauchie par le temps, hantée d'incertitudes, et un jour soudainement portée à incandescence, quelle histoire peut-on écrire ?"

Franz-Georg, le héros de "Magnus", est né avant guerre en Allemagne. De son enfance, "il ne lui reste aucun souvenir, sa mémoire est aussi vide qu'au jour de sa naissance". Il lui faut tout réapprendre, ou plutôt désaprendre ce passé qu'on lui a inventé et... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (105) Voir plus Ajouter une critique
3,79

sur 777 notes
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LydiaB
  25 août 2013
Mais comment ai-je pu laisser un tel livre prendre la poussière sur mes étagères pendant tant de temps ? Quelle puissance dans les mots ! Quelle poésie dans le style. Si vous aimez Philippe Claudel, vous aimerez Sylvie Germain.

Le sujet est délicat. Un petit garçon allemand, Franz-Georg, doit changer un beau jour d'identité sans comprendre pourquoi. Il est bien trop jeune pour deviner que son père fait partie des médecins nazis oeuvrant dans les camps de la mort ! de plus, non content de perdre sa véritable identité, il doit partir en Angleterre avec son oncle. Son père s'est exilé au Mexique, quant à sa mère... Bref, c'est sous son nouveau nom, Adam, qu'il va tenter de se construire. Mais avec une telle histoire, le peut-on vraiment ? Heureusement, il a son ours, Magnus, qui va prendre une place importante, suffisamment d'ailleurs pour qu'il fasse le titre du roman... Mais je n'en dis pas plus

L'écriture est fine et, si j'osais (mais vous savez que j'ose !), je dirais que Sylvie Germain a une plume de fer dans un style de velours.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Eve-Yeshe
  09 juin 2014
C'est l'histoire d'un enfant âgé de cinq ans quand on fait sa connaissance. Il a été très malade, a failli mourir du typhus, dont il a gardé comme séquelle une amnésie complète de tout ce qui s'est passé avant. Sa mère Théa Dunkeltal l'a ramené à la vie et lui a appris avec patience toute l'histoire de son illustre famille et lui a réappris l'allemand.
Le mari de Théa est un adorateur d'Hitler, directeur d'hôpital et ses deux frères Franz et Georg sont morts à la guerre de manière illustre, c'est pourquoi elle a donné à l'enfant le prénom de Franz-Georg.
L'autre personnage important du roman est Magnus, un ours marron clair dont l'une des deux oreilles en cuir porte une trace de brûlure et sent toujours le roussi. Cet ours appartient à l'enfant qui ne veut pas s'en séparer alors que Théa ne semble pas l'aimer.
Il tient beaucoup à ses parents et son père Clemens, le fascine : il est médecin dans un hôpital et les patients viennent de loin pour le consulter, donc il doit être quelqu'un d'important. Et le soir parfois il chante des airs de Bach ou Schubert de sa belle voix de Baryton basse tandis que Théa l'accompagne au piano. C'est un moment heureux car le reste de temps, ce père souvent absent se désintéresse de l'enfant trop rêveur donc pour lui, paresseux.
Peu à peu, l'atmosphère devient lourde à la maison, et ses parents changent plusieurs fois de nom et le père finit par fuir au Mexique. On comprend alors, que le brillant médecin est en fait le directeur d'un camp de concentration, pas uniquement en admiration pour le régime Nazi, il en a été en fait une personnalité importante et il sera jugé pour crime de guerre (alors qu'il a fui au Mexique).
L'enfant entend avec horreur tout ce qui se dit sur son père et sur ceux qui étaient leurs amis avant alors que sa mère reste obstinément dans le déni. Ce sont des mensonges, les photos sont truquées. Elle s'accroche a ses chimères quand elle apprend que Clemens est mort. Dés cet instant plus rien ne l'intéresse et elle confie l'enfant à son frère Lothar, pasteur qui a fui en Angleterre pour échapper aux persécutions Nazies et dont la femme Hannelore est juive.
Une nouvelle vie va commencer pour lui, avec un changement de nom : il prend le nom de famille de son oncle et devient Adam Schmalker. Grâce à Lothar il apprend qui était réellement Clemens Dunkeltal et sa famille. Est-ce que le changement de nom suffit pour avoir une nouvelle vie ?


Ce que j'en pense :
C'est le premier roman de Sylvie Germain que je lis. Cela fait des mois que j'attends que son livre « petites scènes capitales » soit disponible à la médiathèque et pour patienter j'ai choisi de lire « Magnus ».
L'auteure nous raconte toute l'histoire d'Adam, cette enfance bizarre sous le règne du mensonge, sa deuxième vie chez Lothar où il apprend l'anglais et encore plus rapidement l'Espagnol qu'il adore, et poursuit ses études, avec ses premiers émois d'adolescent, son premier baiser avec Peggy Bell. Il ne se sent quand même pas le fils de la maison. Il a honte de ses parents à qui il ressemble si peu physiquement
L'auteure nous présente l'histoire d'Adam de façon très originale ; elle alterne les « fragments » de sa vie avec des renseignements historiques, ou légendaires qu'elle appelle « notule », des extraits de poèmes appelée « séquences » et enfin les « résonnances », échos des réflexions du fragment précédent. Cela rend le livre plus léger et elle commence par le fragment 2, pour nous présenter le Fragment 1 quand on est prêt à entendre le début de la vie d'Adam, au bout de presque cent pages.
L'ours Magnus tient une place importante. On ne sait pas qui s'appelle Magnus, lui ou l'enfant, car les lettres sont brodées sur un foulard noué autour du cou de l'ours. Il est le lien avec sa vraie mère et détient peut-être la clé de son identité.
Il y a un hommage rendu aux Lettres dans le roman : c'est après avoir lu un livre écrit en espagnol, que May lui a prêté, qu'il se perd dans le désert Mexicain et frôle la mort : expérience initiatique ; mais aussi l'auteure cite, dans ses « séquences », des poèmes de Supervielle ou Thomas Hardy pour ne citer qu'eux.
La musique tient aussi une place importante : la vraie musique avec le moment de communion entre Adam et Clemens quand il chantait Bach ou Schubert. Mais est-ce seulement pour ce moment magique que Sylvie Germain insiste autant ? Et le musique des mots qu'elle emploie.
Elle réussit à introduire un article qu'Hannah Arendt lors du procès d'Eichmann et son idée de « la banalité du mal » pour expliquer au passage que ces Nazis étaient férus de musique, de poésie, de peinture tout en étant inconscients d'avoir fait quelque chose de mal et se disaient « non coupable » en le croyant vraiment. Donc, une réflexion sur le bien et le mal et la limite ténue entre les deux qui peut être si facilement franchie si l'on n'y prend pas garde.
Un beau roman, bien construit, bien écrit qui nous réserve des surprises jusqu'à la fin. Un bémol quand même : c'est justement la fin qui n'en est pas une et me laisse perplexe. Sinon, il fait monter plein d'émotions car, on les voit, ces personnages, tant ils sont authentiques et paraissent crédibles avec leurs forces et leurs faiblesses.
Note : 8/10

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joedi
  26 décembre 2013
Franz-Georg, petit garçon, né avant la guerre de 1940-1945 se raccrochera toute sa vie à Magnus, nounours, seul lien avec le passé oublié de son enfance. Il n'a aucun souvenir avant ses cinq ans ! Sylvie Germain raconte de façon magistrale, la quête d'identité de Franz-Georg qui se fera appeler Magnus.
L'écriture de Sylvie Germain est très belle, une auteure que je découvre, une auteure dont je lirai d'autres romans.
Magnus de Sylvie Germain à lire sans modération !
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Biblioroz
  06 août 2021
L'Ouverture de ce roman nous prévient que cet écrit ne répond à aucun ordre, aucune linéarité, qu'il est constitué de fragments de vie d'un homme amputé d'une partie de sa mémoire, de son identité. Pour compléter le chaos mémoriel de son parcours, des échos en accord avec celui-ci, des bribes de poèmes, des citations d'auteurs, des biographies succinctes…font résonner son histoire au coeur même du lecteur. Cette prouesse littéraire offre une infinité d'images, d'écoutes, de regards entièrement tournés vers Magnus, la peluche ou l'homme, peu importe.
Les tout premiers fragments nous présentent un petit garçon amnésique de tous souvenirs suite à une fièvre favorablement escamoteuse des premières années de sa vie.
Thea Dunkeltal, la mère, lui susurre un passé familial glorieux avec deux oncles fervents défenseurs du Reich, tombés héroïquement à la guerre. le prénom qu'il porte alors, Franz-Georg lui vient tout droit de leur sacrifice à la patrie.
Á la surprise du petit garçon, son ours Magnus ne joue cependant aucun rôle dans la légende familiale. Pourtant, sa légère odeur de roussi et l'une de ses oreilles en cuir meurtrie par une brûlure attestent sans aucun doute de sa participation à un évènement de feu, mais lequel ?
L'enfant est rêveur et la force et la tendresse qu'il peut transmettre en paroles sont pour l'oreille blessée de Magnus.
Le père, Clémens Dunkeltal. Médecin affairé dans un lieu d'où aucun patient ne ressort. L'enfant aimerait lui plaire, le craint et admire sa voix de baryton basse lors des soirées musicales. Ces chants le transportent, voluptueusement.
L'Histoire amène la défaite, la fuite, les changements d'identité pour ne pas être attrapé par la condamnation des actes. Seul l'ours garde son nom. Aucune explication n'est donnée à l'enfant qui se nourrit d'incompréhensions de ce monde d'adultes.
Sylvie Germain, avec la puissance des mots employés, leur agencement, sa façon de les choisir et de les enchaîner, réussit à en extraire la brutalité des évènements, le flottement nébuleux de l'enfant dans une bulle d'ignorance, à la lisière du réel. Puis, une fois le voile dissipé, la monstruosité, l'inconcevable, l'hideuse vérité qui se fait jour nous étreignent en même temps que celui qui les découvre et les vit.
Ce roman, à chaque fragment, à chaque notule et autres échos, éclate comme les éclairs flamboyants qui parfois transpercent l'homme, ces couleurs intenses qui sont peut-être tapies dans sa mémoire défaillante. Cette lutte vers une identité spoliée est terriblement forte, la brume reste tenace quelque soit le lieu de recherche d'un apaisement. Dommage que l'ourson ne puisse révéler les années masquées, même en s'appropriant son nom la lumière ne perce pas.
S'éloignant de brefs instants des contraintes de la réalité, quelques dérives oniriques ne donnent que plus de forces à tout ce qui ressort intensément de ce parcours si profondément touchant.
L'émotion que procure cette lecture est indéfinissable, mais c'est une lecture retentissante et indubitablement marquante. J'aimerais savoir utiliser les mots avec le talent de Sylvie Germain pour la définir mais l'exercice s'avère impossible.
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Cath_perrin
  13 août 2021
Frantz-Georg n'a que cinq ans quand il tombe malade. Il ne se souvient de rien. Il se raccroche à ce que sa mère lui raconte, c'est un peu flou pour lui, comme pour le lecteur. le lecteur comprend avant lui où et quand il est né, ce que ses parents font. le flou dans lequel se trouve l'enfant ne m'a pas perdue, bien au contraire, il m'a harponnée.
La structure est originale et parfaitement maîtrisée. Fragments, notule et palimpsestes. Bien que le récit soit chronologique, la structure ralentit la lecture comme pour permettre au lecteur de se poser, de mieux s'interroger, de mieux comprendre.
À lire absolument

Lien : https://dequoilire.com/magnu..
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critiques presse (4)
Lecturejeune   01 mars 2006
Lecture jeune, n°117 - Après Un Secret de Philippe Grimbert en 2004, Magnus s’est vu décerner le Goncourt des lycéens, ce qui prouve bien que les adolescents sont sensibles au thème de l’holocauste comme à celui de la quête d’identité. Un roman très sombre, très bien écrit, qu’il faut prendre le temps d’apprécier malgré de courts chapitres. Juliette Buzelin
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Lecturejeune   01 mars 2006
Lecture jeune, n°117 - L’écriture de Sylvie Germain, fluide, travaillée et poétique, est un délice. La quête d’identité du héros et ses liens avec d’autres identités, elles-mêmes en «souffrance», en souvenir, ou en devenir, donne au récit force et profondeur. Par rapport à d’autres textes de l’auteur, totalement noirs, celui-ci a le mérite d’offrir au ténébreux personnage principal des moments lumineux, des tranches de vrai bonheur. La forme du roman, en revanche, pourrait gêner certains lecteurs. Le récit de vie de Magnus est en effet entrecoupé de courts chapitres, nommés «fragments» ou «interludes». Constitués de points historiques ou d’extraits d’oeuvres littéraires, ils ont le mérite de donner du rythme et de mettre l’intrigue en perspective. On émettra une légère réserve sur la fin, un peu trop ésotérique. Mathilde Valognes
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Lecturejeune   01 mars 2006
Lecture jeune, n°117 - Qu'est-ce qui fait l'identité d'un homme : le nom ? la langue ? le pays d'origine ? la famille ? Dans sa quête, le personnage de Sylvie Germain éprouve chacun de ces déterminismes sociaux. La réponse sera d'ordre mystique – même si l'amour tient une place spéciale. Dans un style soutenu aux accents parfois lyriques, un puzzle existentiel se compose sous nos yeux, à partir de fragments agencés de manière plus ou moins chronologique. Loin de cette «littérature minimaliste» typiquement française, Sylvie Germain plonge au coeur de l'humain et offre un roman qui résonnera fortement chez les amateurs de bonne, très bonne littérature. Isabelle Debouvère
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Lecturejeune   01 mars 2006
Lecture jeune, n°117 - Magnus, c’est le nom d’un ours en peluche dont le héros ne se séparera jamais avant la fin du roman, seul témoin de ses cinq premières années. Franz-Georg, dès le début du livre, est happé dans la tourmente de l’histoire de l’Allemagne de 1945, arraché à la sécurité d’un foyer bourgeois : son père, Clémens Dunkeltal, médecin mélomane, disparaît et sa mère Théa n’y survivra pas. Exilé en Angleterre chez un oncle, il est rebaptisé Adam Schmalker. Drames et errances continuent de bousculer sa vie ; il part au Mexique sur les traces de son père puis aux Etats-Unis, pour enfin revenir en Allemagne. Sa vie amoureuse est ponctuée d’autant de rencontres que de deuils, qui paradoxalement lui font retrouver des lambeaux de mémoire… Les jurés du prix Goncourt des lycéens accordent toujours leur prix à des livres forts : cette année, ils n’ont point dérogé ! Magnus déroule la presque impossible construction d’un être rendu amnésique par les fracas de la guerre et totalement égaré par les mensonges d’une «légende» familiale – les horreurs de la Shoah et des guerres en général sont un leitmotiv de l’oeuvre de S. Germain. Mais l’auteur rend possible une certaine réversibilité des situations. Le lecteur n’est pas enfermé dans le cycle infernal d’une tragédie : un espoir de reconstruction existe, fût-ce au prix de paradoxes. Une fois la douloureuse quête de ses origines menée à bien, le héros met autant d’énergie à vouloir encore une fois tout effacer de son passé en un énigmatique dénouement. Le texte se construit autour de fragments numérotés, de notules, échos, résonances savamment agencés, miroir à la fois de cette mémoire émiettée et de ces violents éclats de souffrance. L’écriture polyphonique convoque des textes extraits de la Bible et des oeuvres de P. Celan, M.L. King, C. Delbo, F. Schubert, Shakespeare, T. Hardy, etc. En bref, un grand livre ! Marie-Françoise Brihaye
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (119) Voir plus Ajouter une citation
CDevredCDevred   10 juillet 2014
Livres 4.00/5Par Eve-Yeshe le 09/06/2014


C'est l'histoire d'un enfant âgé de cinq ans quand on fait sa connaissance. Il a été très malade, a failli mourir du typhus, dont il a gardé comme séquelle une amnésie complète de tout ce qui s'est passé avant. Sa mère Théa Dunkeltal l'a ramené à la vie et lui a appris avec patience toute l'histoire de son illustre famille et lui a réappris l'allemand.
Le mari de Théa est un adorateur d'Hitler, directeur d'hôpital et ses deux Frères Franz et Georg sont morts à la guerre de manière illustre, c'est pourquoi elle a donné à l'enfant le prénom de Franz-Georg.
L'autre personnage important du roman est Magnus, un ours marron clair dont l'une des deux oreilles en cuir porte une trace de brûlure et sent toujours le roussi. Cet ours appartient à l'enfant qui ne veut pas s'en séparer alors que Théa ne semble pas l'aimer.
Il tient beaucoup à ses parents et son père Clemens, le fascine : il est médecin dans un hôpital et les patients viennent de loin pour le consulter, donc il doit être quelqu'un d'important. Et le soir parfois il chante des airs de Bach ou Schubert de sa belle voix de Baryton basse tandis que Théa l'accompagne au piano. C'est un moment heureux car le reste de temps, ce père souvent absent se désintéresse de l'enfant trop rêveur donc pour lui, paresseux.
Peu à peu, l'atmosphère devient lourde à la maison, et ses parents changent plusieurs fois de nom et le père finit par fuir au Mexique. On comprend alors, que le brillant médecin est en fait le directeur d'un camp de concentration, pas uniquement en admiration pour le régime Nazi, il en a été en fait une personnalité importante et il sera jugé pour crime de guerre (alors qu'il a fui au Mexique).
L'enfant entend avec horreur tout ce qui se dit sur son père et sur ceux qui étaient leurs amis avant alors que sa mère reste obstinément dans le déni. Ce sont des mensonges, les photos sont truquées. Elle s'accroche a ses chimères quand elle apprend que Clemens est mort. Dés cet instant plus rien ne l'intéresse et elle confie l'enfant à son frère Lothar, pasteur qui a fui en Angleterre pour échapper aux persécutions Nazies et dont la femme Hannelore est juive.
Une nouvelle vie va commencer pour lui, avec un changement de nom : il prend le nom de famille de son oncle et devient Adam Schmalker. Grâce à Lothar il apprend qui était réellement Clemens Dunkeltal et sa famille. Est-ce que le changement de nom suffit pour avoir une nouvelle vie ?




Ce que j'en pense :

C'est le premier roman de Sylvie Germain que je lis. Cela fait des mois que j'attends que son livre « Petites scènes capitales » soit disponible à la médiathèque et pour patienter j'ai choisi de lire « Magnus ».
L'auteure nous raconte toute l'histoire d'Adam, cette enfance bizarre sous le règne du mensonge, sa deuxième vie chez Lothar où il apprend l'anglais et encore plus rapidement l'Espagnol qu'il adore, et poursuit ses études, avec ses premiers émois d'adolescent, son premier baiser avec Peggy Bell. Il ne se sent quand même pas le fils de la maison. Il a honte de ses parents à qui il ressemble si peu physiquement Dévoiler le texte masqué
L'auteure nous présente l'histoire d'Adam de façon très originale ; elle alterne les « fragments » de sa vie avec des renseignements historiques, ou légendaires qu'elle appelle « notule », des extraits de poèmes appelée « séquences » et enfin les « résonnances », échos des réflexions du fragment précédent. Cela rend le livre plus léger et elle commence par le fragment 2, pour nous présenter le Fragment 1 quand on est prêt à entendre le début de la vie d'Adam, au bout de presque cent pages.
L'ours Magnus tient une place importante. On ne sait pas qui s'appelle Magnus, lui ou l'enfant, car les lettres sont brodées sur un foulard noué autour du cou de l'ours. Il est le lien avec sa vraie mère et détient peut-être la clé de son identité.
Il y a un hommage rendu aux Lettres dans le roman : c'est après avoir lu un livre écrit en espagnol, que May lui a prêté, qu'il se perd dans le désert Mexicain et frôle la mort : expérience initiatique ; mais aussi l'auteure cite, dans ses « séquences », des poèmes de Supervielle ou Thomas Hardy pour ne citer qu'eux.
La musique tient aussi une place importante : la vraie musique avec le moment de communion entre Adam et Clemens quand il chantait Bach ou Schubert. Mais est-ce seulement pour ce moment magique que Sylvie Germain insiste autant ? Et le musique des mots qu'elle emploie.
Elle réussit à introduire un article qu'Hannah Arendt lors du procès d'Eichmann et son idée de « la banalité du mal » pour expliquer au passage que ces Nazis étaient férus de musique, de poésie, de peinture tout en étant inconscients d'avoir fait quelque chose de mal et se disaient « non coupable » en le croyant vraiment. Donc, une réflexion sur le bien et le mal et la limite ténue entre les deux qui peut être si facilement franchie si l'on n'y prend pas garde.
Un beau roman, bien construit, bien écrit qui nous réserve des surprises jusqu'à la fin. Un bémol quand même : c'est justement la fin qui n'en est pas une et me laisse perplexe. Sinon, il fait monter plein d'émotions car, on les voit, ces personnages, tant ils sont authentiques et paraissent crédibles avec leurs forces et leurs faiblesses.

Note : 8/10


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nadejdanadejda   06 janvier 2016
Il voit le ciel se déflagrer, se rompre comme une digue et des torrents de lave noire, de météorites rutilants, d’éclairs blanc soufré jaillir d’entre les brèches. L’orchestre fou joue du feu à outrance.
Il voit des humains et des bêtes se transmuer en torches vives, d’autres se fondre à l’asphalte liquéfié qui clapote dans les rues éventrées, d’autres encore être déchiquetés.
Il voit des arbres s’élancer à l’oblique, énormes javelots échevelés de flammes qui se fichent dans les façades des maisons tandis que giclent les vitres, volent les cheminées, les tuiles, les poutres.
 
Il voit l’eau s’embraser, dans le port, les canaux, les rivières, les bassins, les caniveaux. Partout l’eau prend feu et s’évapore en chuintant ; elle s’enflamme jusque dans les larmes sur les visages des égarés, des mourants.
Il sent l’âcre pestilence des chairs brûlées, la fadeur nauséeuse des chairs bouillies, la puanteur du sang et des viscères. Les pierres, les pavés, les charpentes ne sont plus que sable noir, gravier, bouts de charbon.
 
Il voit des torsades d’un jaune cru, des coulées vermeilles, des éclaboussures d’un orange aveuglant tomber du ciel, lacérer la nuit. Une orgie de couleurs à la fois visqueuses et limpides. De gigantesques crachats d’or et d’écarlate pour couronner la ville défunte.
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joedijoedi   23 décembre 2013
Chacun porte son poids de temps dans la discrétion ; rien n’est renié ni effacé, mais ils savent qu’il est vain de vouloir tout raconter, qu’on ne peut pas partager avec un autre, aussi intime soit-il, ce que l’on a vécu sans lui, hors de lui, qu’il s’agisse d’un amour ou d’une haine. Ce qu’ils partagent, c’est le présent, et leurs passés respectifs se décantera en silence à l’ombre radieuse de ce présent.
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LydiaBLydiaB   25 août 2013
Très tôt, le corps de Magnus a été ainsi délesté, quand sa mère, l'inconnue de Hambourg, a brûlé sous ses yeux, lui calcinant un pan du cœur et lui pétrifiant la mémoire. Et May aussi lui a volé sa part de chair, sa part de cœur, les mêlant à ses cendres dispersées dans le bleu muet du ciel.
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colimassoncolimasson   28 décembre 2013
Franz observe avec consternation son roi de la nuit déchu, évidé de sa force, destitué de toute magie. Peut-il seulement encore chanter, avec ce pauvre corps efflanqué et voûté ? Qu’est devenu le soleil nocturne qui sonnait voluptueusement dans sa poitrine ? […] Mais le bonheur de le revoir vivant l’emporte sur la mortification de le découvrir si amoindri, il se tient le plus possible auprès de lui, exprimant avec ses yeux ce que ses lèvres n’osent articuler : que ce n’est pas grave, tout ce qui arrive, et même qu’il l’aime toujours, peut-être même davantage. Oui, davantage, car désormais la pitié à l’égard de son père prime sur la crainte que celui-ci lui inspirait du temps de sa superbe.
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En mars 2020, nos propres portes se referment sur nous pour des mois. La première vague du coronavirus nous force à nous confiner. Isolée, Sylvie Germain compose « Brèves de solitude », roman polyphonique où le temps de la fiction entre en coïncidence avec celui de la réalité. Enfermés à Paris, les multiples personnages de la romancière font l'épreuve de la séparation de leurs proches et découvrent peu à peu celles et ceux avec lesquels ils vivaient jusqu'ici juxtaposés. Leur solitude est l'occasion d'une exploration intérieure, jusqu'à une apothéose lunaire.
Le livre audio « Brèves de solitude », lu par son autrice, est disponible en numérique depuis le 2 juin 2021. Vous pourrez le retrouver en librairie au format CD MP3 le 17 juin 2021.
Le texte imprimé a paru en 2021, aux éditions Albin Michel.
Direction artistique : Francesca Isidori.
Pour les virgules sonores, merci à Vincent Henquinet du studio EURODVD.
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