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ISBN : 2070381617
Éditeur : Gallimard (19/09/1989)

Note moyenne : 4.22/5 (sur 69 notes)
Résumé :
Le premier mort de l'après-guerre est un enfant.
Petit Tambour, tué dans la forêt au cours d'un accident de chasse. Et cette enfance qui a perdu son corps se fera don , - un don obscur de douleur et d'espoir, aux vivants et aux morts à venir, ainsi qu'aux arbres. Un grand il se met en marche pour prendre racine sur sa tombe ; le tourbillon de baies, que sèmeront ses branches emportera Paulin, la mère, et le père, Baptiste, s'effacera doucement au fil des larm... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
  17 mars 2013
Après le Livre des nuits, nous retrouvons Nuit-d'Or-Gueule-de-Loup et sa descendance. La Deuxième Guerre mondiale est finie et les pertes ont été terribles pour Nuit-d'Or. Hélas, la mort n'a pas fini de frapper Terre-Noire : le premier disparu est Petit-Tambour, celui qui annonçait la fin du conflit et le retour des hommes. Abattu par la balle perdue d'un chasseur, le petit garçon emporte dans la tombe la raison de sa mère et de son père. Reste alors Charles-Victor, son petit-frère en qui naissent un cri et une colère qui se mueront progressivement en haine et en solitude farouches. « Car il venait en un instant d'être trahi par tous. le frère mort, la mère folle, le père en larmes. Nul n'avait pas donc souci de lui ? » (p. 24)
Le petit garçon décide alors de vivre seul, d'être seul maître de lui et d'entretenir sa haine. « C'est ainsi qu'il s'ingéniait à s'entourer d'ennemis imaginaires, à se croire un mal-aimé maudit de tous, plus seul au monde qu'un lézard tout vif dans la glace au coeur d'un désert de neige. » (p. 39) Comme les enfants et les petits-enfants de Nuit-d'Or-Gueule-de-Loup, Charles-Victor a reçu en partage une paillette d'or dans l'oeil. Mais sa rage épaissit cette marque héréditaire et le garçon devient alors Nuit-d'Ambre. Il n'a de seul amour au monde que sa soeur Baladine, une enfant pleine de grâce et de musique.
Incapable de vivre sur la terre de ses ancêtres, Nuit-d'Ambre monte à Paris et y mène une vie d'études et de violence qui témoigne de « sa faim de la folie humaine. » (p. 198) Dans la capitale, il devient Nuit-d'Ambre-Vent-de-Feu. Plus que tout, il veut se couper de son passé et de son histoire. Électron fou dans un univers qu'il veut rendre le plus cruel possible, Nuit-d'Ambre est un ange noir qui ne sait pas aimer. « Il n'aimait pas les hommes. L'humain l'intriguait. Il ne voyait en l'homme qu'une bête à moitié détournée de son animalité première, à demi fourvoyée hors de la terre et de la boue. Une bête devenue monstrueuse pour être entrée en mutation inachevée, – avec son ventre de requin, son sexe magique de totem, son coeur imprévisible de licorne, tantôt si tendre tantôt si cruelle, et son cou si grotesquement contorsionné vers les abîmes du ciel. » (p. 203) Nuit-d'Ambre ne sait pas aimer et il détruit à plaisir la vie et la confiance. Jusqu'au jour où un ange le rattrapera et fera retomber sur lui tout le poids de sa haine.
À Terre-Noire, il y a aussi Thadée qui est revenu des camps avec les deux enfants d'un camarade de douleur, Chlomo et Tsipele. Il y a toujours Mathilde, première fille de Nuit-d'Or, barricadée pour toujours dans son rôle de vierge froide. Il y a Rose-Héloïse qui a quitté le couvent après la mort de sa soeur et qui attend le retour de Crève-Coeur, l'enfant qu'elle a recueilli et qui a laissé sa raison en Algérie, sur la tombe d'un berger torturé. Et, un peu plus loin sur le domaine, Nuit-d'Or n'arrive pas à oublier Ruth et leurs enfants, disparus dans un camp de la mort. Hanté par sa douleur, il vit en sauvage avec Mahaut, une femme à moitié folle. de l'union de leurs deux solitudes blessées sont nés Septembre et Octobre, deux étranges enfants qui grandissent seuls dans une serre.
Avec Nuit-d'Ambre, Sylvie Germain écrit d'autres nuits qui sont autant d'âges mythologiques où l'homme se révèle toujours plus mauvais et plus sordide. Dans ce deuxième volet, l'auteure use avec génie du bas corporel et illustre à merveille la fureur sous toutes ses formes. Cette fureur confine à l'hybris, à l'orgueil fou et sans limites. Sur les bords de la Meuse, la terre est noire du sang qui y a coulé et des douleurs qui ne cessent d'y éclore. Et l'on se demande quand la fureur retombera et quand la haine sera enfin lavée. « La guerre pouvait bien changer de lieu, changer de forme, d'armes et de soldat, son enjeu demeurait éternellement le même, – il serait demandé à chaque fois et à chacun compte de l'âme de l'homme. » (p. 144 & 145)
Comme dans le premier roman de Sylvie Germain, j'ai retrouvé avec plaisir le besoin de nommer, voire de surnommer les choses et les êtres, dans une dynamique sans cesse renouvelée de créer et de remodeler le monde. Et dans la même idée, la généalogie s'oppose aux liens que chacun se crée : les branches de l'arbre familial se réorganisent et les enfants deviennent les parents des ancêtres. Sylvie Germain manie le réalisme magique avec un art parfaitement maîtrisé et entraîne son lecteur dans un univers aux frontières du réel, la tête dans les étoiles qui peuple les yeux des enfants de Nuit-d'Or et les pieds dans la terre noire d'où l'homme est né de toute éternité.
J'ai préféré le livre des nuits, mais Nuit-d'Ambre poursuit à merveille la saga initiée sur une péniche. Je ne peux que vous conseiller cette sublime histoire, à la fois poétique et violente !
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sylvie2
  12 janvier 2015
Ce livre est superbement écrit. Sylvie Germain trouve les mots justes pour nous interpeller... Mais le texte est noir, noir comme la nuit qui donne son titre au livre, noir dans toutes ses nuances.
Certaines parties sont tout simplement insoutenables. J'ai plusieurs fois voulu arrêter ma lecture. Je me suis forcée à continuer, mais n'en dormais plus.
D'autres parties sont tristes. L'indifférence, voir la haine d'un enfant pour ses parents, c'est dur, très dur... J'en ai eu les larmes aux yeux.
Et puis, il y a quand même quelques passages beaux, très beaux, dont on ressort apaisé.
En résumé, un livre surprenant dont on ne sort pas indemne.
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Malaura
  07 mai 2011
La sombre destinée de la famille Péniel se poursuit avec la mort de Petit-Tambour, tué lors d'un accident de chasse. Sa mère Pauline, accablée de chagrin,mourra de folie et de désespoir, suivi par Fou-d'elle qui ne peut vivre sans sa femme.Le second fils Nuit-d'ambre, livré à l'abandon, trahi par la douleur des siens se renferme dans un monde de violence et de haine.Sur son voyage au bout du mal, sur la mémoire reniée et retrouvée,se refermera le "Livre des Nuits" des Péniel.
Suite et fin du "Livre des Nuits", "Nuit-d'Ambre", à l'instar du premier volet, recèle en ses pages, une poésie sombre, lyrique et magique. Malgré quelques longueurs, une oeuvre étonnante, traversée d'un souffle biblique et portée par une écriture enfiévrée et ardente.
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Margotte
  27 mai 2010
Ce roman fait suite au Livre des Nuits et forme avec lui un ensemble de 700 pages qui retrace la saga de la famille Péniel. Deuxième roman de l'écrivaine, il forme avec le précédent le socle de l'oeuvre à venir, et l'on y (re)trouve déjà tous les thèmes chers à la romancière. Tout commence par un cri, celui que pousse la mère de Nuit-d'Ambre et qui, "un soir de septembre, s'empara de son enfance, ne le quitta jamais plus, traversant sa vie d'âge en âge, - et proclamant son nom au futur de l'histoire.". de la "Nuit de l'eau" à "l'Autre Nuit" qui clôt le diptyque, il sera question des racines et des échos de ce cri. Dans ce deuxième roman, nous assistons aux conséquences des drames noués dans le Livre des Nuits. L'enfant "d'après toutes les guerres", Charles-Victor perd son frère, né d'un amour absolu et d'un jour "de peau très nue". Sa mère, Pauline, incapable de surmonter sa douleur, s'abîme dans la souffrance et entraîne avec elle son mari Jean-Baptiste, surnommé le "fou d'elle". Charles-Victor , qui deviendra Nuit-d'Ambre, entre alors en détestation. Des autres, de tout, de lui.
Il quitte la terre familiale et se rend à Paris où il va entamer un voyage au bout du mal, jusqu'à ce qu'il livre un étrange combat, celui de la "Nuit de l'Ange". Scènes fantastiques, intervention du merveilleux, violence aux excès baroques, encore une fois, Sylvie Germain nous emporte dans un tourbillon narratif et poétique. de son écriture aux échos multiples, elle tisse un roman à la fois grave et envoûtant.
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lexote
  11 juin 2009
Cette histoire de haine absolue n'est pas pour moi. Difficile de donner un avis objectif, à partir de là. le lyrisme de la langue me semble bien excessif. Réservé aux amateur/trices.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
LiliGalipetteLiliGalipette   17 mars 2013
« La guerre pouvait bien changer de lieu, changer de forme, d’armes et de soldat, son enjeu demeurait éternellement le même, – il serait demandé à chaque fois et à chacun compte de l’âme de l’homme. » (p. 144 & 145)
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sylvie2sylvie2   12 janvier 2015
Il aimait la force et le calme des arbres, il aimait leur silence, la densité de leur ombrage.
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LiliGalipetteLiliGalipette   17 mars 2013
« Il n’aimait pas les hommes. L’humain l’intriguait. Il ne voyait en l’homme qu’une bête à moitié détournée de son animalité première, à demi fourvoyée hors de la terre et de la boue. Une bête devenue monstrueuse pour être entrée en mutation inachevée, – avec son ventre de requin, son sexe magique de totem, son cœur imprévisible de licorne, tantôt si tendre tantôt si cruelle, et son cou si grotesquement contorsionné vers les abîmes du ciel. » (p. 203)
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mireille.lefustecmireille.lefustec   14 août 2011
La nuit qui,par le cri de sa mère un soir de septembre,s'empara de son enfance,ne le quitta jamais plus,traversant sa vie d'âge en âge,et proclamant son nom au futur de l'histoire.
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LiliGalipetteLiliGalipette   17 mars 2013
« C’est ainsi qu’il s’ingéniait à s’entourer d’ennemis imaginaires, à se croire un mal-aimé maudit de tous, plus seul au monde qu’un lézard tout vif dans la glace au cœur d’un désert de neige. » (p. 39)
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Sylvie Germain nous offre un sublime remède à la mélancolie. « le vent reprend ses tours » aux éditions Albin Michel, est un véritable voyage initiatique en quête de liberté.  Tout commence par un avis de recherche collé sous un abribus : un vieil homme a disparu d?un hôpital. Nathan, qui découvre l?annonce, sait de qui il s?agit : cet homme a sauvé son enfance de l?ennui et de la solitude, grâce à la poésie.
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