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ISBN : 236308117X
Éditeur : Arléa (25/08/2016)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 64 notes)
Résumé :
Un hasard professionnel met entre les mains d’Elisabeth Bathori, une historienne de la photographie, les lettres et l’album d’Alban de Willecot. Ce lieutenant, mort au front en 1917, a été l’ami d’un des plus grands poètes de son temps, Anatole Massis, et a entretenu avec lui une abondante correspondance.

D’abord aiguillonnée par l’espoir de retrouver les réponses de Massis, Élisabeth, qui reprend le travail après de longs mois de deuil, se prend peu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
Jeanfrancoislemoine
  04 juin 2018
Voilà un livre que je ne pensais pas être "pour moi".La couverture ne m'attirait pas:des soldats face à des appareils photos,en noir et blanc,bof.Une quatrième de couverture sympa mais sans plus et puis,surtout,quel pavé, près de 800 pages d'une écriture très fine.Bref,je passe mon chemin.
Pour mon anniversaire,ce livre figure dans les cadeaux offerts par ma fille!!!!.Aucune concession,il rejoint les "copains" en attente.
Finalement,je me souviens des droits du lecteur énoncés par Pennac,on a le droit d'arrêter si on n'aime pas.
Et puis je me souviens de ce que je disais à mes élèves à savoir qu'un "gros livre " peut s'avérer plus passionnant qu'un "petit maigrichon"!!!!
Enfin,c'est un cadeau,et de ma fille qui a toujours eu si bon goût ....
C'est parti.Dès, les premières pages,le charme opère :quelle belle écriture, aérienne,des phrases pleines de jolis mots qui dansent avec magie pour éclater en phrases somptueuses,un vocabulaire soigné sans être pompeux assurément, cette auteure a un profond respect pour son lecteur et sait manier la langue française avec art.C'est vraiment beau,plein de poésie .
Et ce roman,c'est un mélange de pelotes de laine .Il faut tirer les brins qui depassent pour faire jaillir les histoires,Il y a Elisabeth,une historienne qui affronte difficilement l'épreuve d'un deuil cruel et qui se lance à fond dans la recherche d'une correspondance adressée à un poilu en 1914....En tirant lentement sur les fils,on se retrouve pendant la Première guerre,pendant la seconde ou encore aujourd'hui,à Paris,au Portugal,sur le front ,en Suisse,ou à Jaligny.Les personnages virevoltent,Elisabeth,Samuel,De Willecot,Diane,Victor,Violeta,Massis et tant d'autres.La pelote ne se dévoile que peu à peu mais on ne se perd pas dans ses méandres tant l'auteure maitrise son sujet et sait où elle va.Oui,ça semble parfois compliqué mais c'est tellement bien fait qu'une main experte vous ramène toujours sur le bon chemin.C'est un beau livre qui se dévore.Elisabeth nous emmène dans ses quêtes, tournée vers des vérités parfois difficiles à énoncer et surtout à entendre. Personnellement,j'ai été aussi très anxieux par rapport à sa propre recherche...Suis je rassuré, je ne le dirai pas,mais ce que je peux dire ,par contre,c'est que j'ai été séduit....
Alors non,ce livre n'est pas un pavé, sa couverture n'est pas moche,oui ,ma fille a toujours très bon goût, oui,j'avais raison de rassurer mes élèves, oui,je vous conseille vivement la lecture de. cet ouvrage.
732 pages lues en 4 jours...Il doit bien y avoir quelque chose de fort,non?
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Macha_Loubrun
  21 février 2017
Même si on m'avait caché la couverture de L'odeur de la forêt, j'aurais rapidement deviné qu'il s'agissait d'un roman écrit par la talentueuse Hélène Gestern, c'est déjà vous dire tout le plaisir que j'ai pris à la lecture de son dernier roman.
J'avais déjà beaucoup apprécié Portrait d'Après Blessures et Eux sur la photo et j'ai retrouvé son écriture classique et élégante, la place centrale de la photo et des liens épistolaires dans ses intrigues captivantes. Ses récits sont subtils, intimistes sans jamais être impudiques, et aborde avec douceur et lucidité la complexité des liens amoureux, le poids écrasant ou libérateur du passé sur les êtres.
Hélène Gestern a mis deux ans pour mettre un point final à L'odeur de la forêt, si riche en rebondissements. C'est une intrigue à tiroirs prenante, avec de bouleversants portraits de personnages broyés par la guerre et la longue narration de leurs descentes aux enfers, avec leurs parts d'ombres et de lumière, de bravoures et de lâchetés.
Deux (en)quêtes se chevauchent, activement menées par Elisabeth Bathori, une historienne de la photographie qui se retrouve en possession des lettres et de l'album d'Alban de Willecot, un jeune lieutenant, mort au front en 1917, l'ami d'un des plus grands poètes de son temps, Anatole Massis, avec lequel il a entretenu une abondante correspondance.
Élisabeth, particulièrement attachante, émerge douloureusement d'une longue période de deuil en se lançant dans de longues investigations, les petites histoires se mêlent à la grande... Les petits mensonges qui sauvent les apparences s'entremêlent aux mensonges d'état, toute vérité n'est pas bonne à entendre ou à voir.
Les chapitres sont courts, entrecoupés de lettres, de cartes postales ou d'extraits d'un mystérieux journal intime retrouvé au Portugal, le récit se déroule sur un siècle.
C'est une réussite totale, j'ai mis du temps à me plonger dans une autre lecture après avoir terminé L'odeur de la forêt tant j'étais imprégnée par ce roman richement documenté et fort en émotions.
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sabine59
  29 juillet 2019
Après avoir beaucoup aimé " L'eau qui dort" et" Eux sur la photo", il me tardait de poursuivre ma découverte de l'univers d'Hélène Gestern. Ce livre -ci pourrait rebuter, avec plus de sept cents pages, et on s'attendrait à des longueurs. Eh bien, pas du tout! Mon plaisir n'a jamais faibli.
Lettres, photos, et secrets ( leimotiv de l'auteure) sont au coeur du roman. Mais ce serait bien réducteur de le résumer ainsi! Comme dans d'autres livres aussi , passé et présent s'entrecroisent . Trois époques : la première guerre mondiale, la seconde dans le milieu de la Résistance, et la période contemporaine, en France et à Lisbonne notamment.
Je n'ai pas envie d'en dire plus. Par contre j'aimerais communiquer mon enthousiasme de lectrice, mes émotions au fil des pages...
Alors j'évoquerai juste l'un des personnages, autour duquel gravitent tous les autres: Alban, le poète des étoiles plongé dans l'horreur des tranchées, le jeune homme ravagé dans son corps et son âme, qui ne trouve la force de continuer qu'à travers les lettres qu'il envoie à son ami, poète connu, ou les photos qu'il prend avec un autre soldat, au coeur de l'enfer.
Alban, qui fascinera la narratrice, historienne spécialisée dans les cartes postales anciennes, meurtrie d'une autre façon, elle aussi...
La langue de l'auteure est toujours subtile, riche, ses personnages nous touchent, surtout par leurs faiblesses, si humaines. La difficulté de faire son deuil, les injustices de la guerre comme les exécutions pour l 'exemple, la volonté de ne pas oublier tous ces morts broyés par des ordres militaires contradictoires et vains, la femme si enfermée dans la société du début du 20ème siècle, le poids des non-dits familiaux, tous ces thèmes très forts sont abordés avec justesse.
Mon seul regret, c'est que les textes ( inventés ?) de Massis, le poète imaginé par l'auteure, ne m'ont pas vraiment plu, hermétiques et artificiels... Mais je garde l'image de la rebelle Diane, de Tamara, au destin tragique, et d"Elisabeth, à la recherche d'elle-même, en puisant dans le secret des âmes...
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hcdahlem
  26 mai 2017
Roman riche, dense, grave, multiple et étincelant. Roman-gigogne qui entremêle les histoires et nous offre un chassé-croisé à plus d'un siècle de distance entre ces hommes partis la fleur au fusil défendre leur patrie en 1914 et qui vont se retrouver confrontés à l'une des pires boucheries de l'Histoire et une historienne de la photographie, Elisabeth Bathori, qui en enquêtant sur cette période va découvrir des secrets de famille, mais aussi se découvrir elle-même. Quand les morts réparent les vivants.
Tout commence par la rencontre de l'historienne avec une vieille dame, Alix de Chalendar, qui confie lui confie « l'album d'un poilu, qui avait envoyé pendant deux ans et demi des cartes postales et des photographies qu'il avait lui-même prises de sa vie dans les tranchées. Il avait écrit, aussi, presque chaque semaine, à sa soeur et à celui qui semblait être son meilleur ami, Anatole Massis, un éminent poète post-symboliste. » Très vite, Elisabeth se rend compte de la valeur inestimable de ce fonds et commence un travail d'archivage, de déchiffrage et de documentation sur cette période et sur ces personnes qui vont finir par l'obséder.
Car au travail de l'historienne va bien vite s'ajouter la volonté de remercier la vieille dame qui, avant de mourir, lui a non seulement confié ses documents, mais aussi les clés de sa maison dans l'Allier. Un endroit qu'elle va tenter d'apprivoiser et où de nouvelles découvertes l'attendent.
Hélène Gestern, en choisissant de passer d'une époque à une autre, de raconter la vie de ces hommes dans les tranchées, celle de cette femme qui enquête sur eux, fait éclater son roman en quatre histoires, toutes aussi passionnantes les unes que les autres.
Il y d'abord cette plongée dans la réalité de la « Grande guerre » et sur la barbarie, les injustices et les souffrances que le récit national a tenté d'occulter. Au fur et à mesure, on va découvrir un drame humain, une machine à briser les hommes. « Les correspondances, les ouvrages d'historiens empruntés à la bibliothèque de l'Institut me dévoilent un autre visage de la Grande Guerre, dont je n'avais jamais pris la peine de questionner la réalité quotidienne, celle qui se cachait derrière les images stéréotypées de régiments et de tranchées. Et ce visage est barbare : non seulement parce qu'il est marqué du sceau de l'orgueil militaire, poussé à son paroxysme d'aveuglement, mais surtout parce qu'il signe de manière définitive l'entrée du siècle dans le marché industriel de la mort. »
Il y a ensuite le roman de l'historienne, fascinante plongée dans le travail d'enquêtrice. On y voit comment, pièce après pièce, en rassemblant les témoignages, en faisant des recoupements, en déchiffrant un journal intime, le travail de documentaliste vous happe littéralement au point de « vivre » aux côtés de ceux qui prennent chair au fur et à mesure de cette enquête.
Et nous voilà confrontés à une nouvelle réalité, celle de cette famille qui, par le travail de cette femme, se voit confrontée aux fantômes du passé. Qui soudain ne sait plus si elle veut vraiment savoir ce qui s'est passé, qui craint elle aussi de voir la légende familiale voler en éclats.
Enfin, il y a l'histoire personnelle d'Elisabeth, dont l'auteur nous livre là encore, petit à petit, la part d'ombre. Elle essaie de se remettre de la disparition de son mari en se plongeant dans le travail, n'hésitant pas à prendre l'avion pour Lisbonne où un nouveau témoin, Diane Ducreux, peut l'éclairer sur certains points encore obscurs. « J'aurais voulu pouvoir expliquer à mon hôtesse que cette quête à laquelle je me raccrochais était ma seule arme pour comprendre le sentiment d'être suspendue dans le vide. C'est lui que j'avais espéré fuir en quittant Paris, mais il était toujours là, inscrit en moi ; il devait suinter de partout, de mon corps, de mes gestes, de ma voix. C'était le prix de ce deuil sans deuil ». C'est sans doute aussi en raison de cet état d'esprit qu'elle rencontre une oreille attentive à ses requêtes, qu'on lui confie ce que l'on sait. Que quelquefois même, on va au-delà. Et voilà déjà que s'esquisse une nouvelle histoire, celle de Tamara Zilberg, la grand-mère de Diane que l'on n'a jamais retrouvée. Elisabeth ne pourra dès lors, la laisser sur le côté.
Pas plus d'ailleurs que Samuel, le frère de Diane, un autre coeur meurtri. de façon presque impromptue, dans la ville du Fado, elle va se retrouver cheminant dans le vieille ville à ses côtés puis finissant dans son lit. Mais l'addition de deux souffrances peut-il suffire à construire un nouveau couple, notamment quand la distance vient compliquer l'histoire d'amour naissante ? Durant des semaines, ils vont se chercher, s'écrire, se retrouver quelquefois. « le revoir aurait dû être bouleversant, après une si longue absence, mais j'avais trouvé ces retrouvailles difficiles : un sentiment de flottement, l'impression dérangeante de ne pas le reconnaître tout à fait. Je n'ai rien ressenti au moment de le prendre dans mes bras et j'ai repensé à une phrase que j'avais lue un jour dans un récit, une phrase absurde et terrible : "Je vous ai tellement attendu que je vous attends encore." Durant ces semaines où il s'est mis en retrait Samuel m'avait, d'une manière subtile, écartée de lui. »
Si ce roman est si passionnant, c'est que l'auteur travaille comme un maître du thriller, semant ça et là des indices, n'hésitant pas à nous offrir des rebondissements inattendus, émettant des hypothèses qui ne vont pas forcément s'avérer exactes, jouant avec le lecteur qui… en redemande ! C'est tout simplement l'un des plus beaux romans que j'ai lu depuis longtemps. Il serait dommage de passer à côté !

Lien : https://collectiondelivres.w..
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Puszi
  21 février 2017
Me voilà une nouvelle fois conquise, emballée, sous le charme... suite à ma lecture d'un livre d'Hélène Gestern. Quel bonheur que cela ait duré pendant les 692 pages que compte son dernier roman intitulé L'odeur de la forêt.
Cette fois-ci, nous voici embarqués dans une histoire qui balaie 3 époques : de nos jours, la Grande Guerre et la seconde guerre mondiale. Elisabeth Bathori est une historienne de la photographie et elle nous raconte son histoire. Presque par hasard, elle entre en possession de "l'album d'un poilu, qui avait envoyé pendant deux ans et demi des cartes postales et des photographies qu'il avait lui-même prises de sa vie dans les tranchées" ainsi que de lettres qu'il écrivait presque chaque semaine à sa soeur et son ami, Anatole Massis, "éminent poète post-symboliste". Outre la description de la vie quotidienne de soldats dans les tranchées du côté de Verdun, Hélène Gestern nous fait partager leur questionnement sur l'utilité de cette guerre, l'angoisse des familles restées chez elles, la volonté d'autonomie de certaines femmes. Outre la valeur historique inestimable d'un tel trésor, si Elisabeth Bathori met autant de coeur à lire ces lettres, à chercher celles du poète, à retrouver des descendants des soldats..., c'est en partie pour noyer son chagrin suite au décès de son compagnon qui a failli la faire sombrer dans le plus profond désespoir. J'ai d'ailleurs particulièrement aimé tous les passages où Hélène Gestern évoque la manière dont Elisabeth vit son deuil, l'alternance des sentiments qui la traversent.
Ce roman très dense, très fouillé, très documenté se présente un peu comme un puzzle dont les pièces s'assemblent au fil des pages. Au fur et à mesure nous comprenons les liens entre les différents personnages, les différentes époques, les différents lieux.
J'avoue m'être parfois un peu perdue dans le foisonnement des informations lues et en même temps au bout d'un moment, je retrouvais le fil de l'histoire et je n'avais de cesse de poursuivre ma lecture pour découvrir la suite tellement j'étais avide de connaître la vérité sur l'histoire d'Alban de Willecot et d'Anatole Massis, de percer l'énigme du journal de Diane afin de découvrir ce qui avait bien pu provoquer la mort de Diane, si Tamara avait survécu à la seconde guerre mondiale...
Et ce fut également pour moi une belle occasion de découvrir le métier d'historienne.
Bref vous l'aurez compris c'est un véritable coup de coeur littéraire pour moi et j'en suis d'autant plus ravie que c'est le dernier livre que j'ai acheté avant la fermeture définitive de ma librairie indépendante préférée : Entre les lignes à Clamart. Alors un grand merci à Odile ma libraire préférée et à Hélène Gestern dont j'en profite pour célébrer le talent.
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critiques presse (1)
Culturebox   13 décembre 2017
Dans une maison de village dont elle a hérité, une historienne de la photographie découvre une correspondance et des photos de la guerre de 14-18, qui vont l'entraîner dans les méandres de l'histoire. Un chef d'oeuvre, et une très belle construction romanesque.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   11 mai 2017
Nous sommes retournés au salon, où la présence d’Alix demeurait inscrite dans chaque objet. Un cardigan de laine bleu pâle était encore accroché au dossier d’une chaise. J’ai déchiffré le titre du livre resté ouvert sur la tranche : Albertine disparue. Dans le jardin, que l’on voyait depuis la porte-fenêtre, des massifs de roses anciennes déployaient leurs nuances enflammées par l’été : blanches, crème, jaunes bordées de rose. J’ai effleuré du doigt la porcelaine de Sèvres, la théière posée sur la table basse. Une bouffée de chagrin m’est montée à la gorge à l’idée qu’Alix et moi ne boirions plus jamais de Darjeeling ensemble.
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JeanfrancoislemoineJeanfrancoislemoine   30 mai 2018
A peine avions -nous pris place que j'ai vu entrer une femme si vieille que j'ai été incapable de lui donner un âge. Malgré l'anachronisme de la chose,c'est le mot "duegne" qui m'est tout de suite venu à l'esprit en la voyant.La vieille femme ,tout de noir vêtue, en dépit de la chaleur,se tenait si voûtée qu'on aurait pu la croire bossue.Elle marchait à pas comptés. Sa maigreur accablante était celle d'un corps tout entier désséché par la vieillesse.Son visage,qui n'avait pas subi la dissolution de ses contours,comme il arrive parfois avec le grand âge,était creusé de rides,tantôt des ravines,tantôt des lignes fines,qui quadrillaient le moindre centimètre des sa peau.Cet entrelacs avait inscrit sur ses traits,qui peut être autrefois avaient été beaux,l'impitoyable cartographie du temps.Sibylle avait des yeux bruns ,voilés par une taie laiteuse,et de rares cheveux,qui ressemblaient à un duvet de bébé, s'accrochaient encore à son crâne déplumé.(p 130).
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Macha_LoubrunMacha_Loubrun   12 février 2017
Secteur de Verdun, le 24 février 16
Très cher ami,
Je m'en veux de t'accabler de mes récits de guerre, mais tu es le seul à qui je puisse les confier. Hier, trois Boches assiégés sont sortis de leur tranchée, les mains levées, en criant "Kamerad". Ça n'a pas empêché Picot, l'instituteur, de les fusiller sur le champ. Pourtant, qu'avaient-ils de si différent de nous, ces pauvres hères ? Nous avions moisi dans la même terre, été tourmentés par les mêmes poux, les mêmes cauchemars. Ils s'étaient battus aussi dur que nous avant de rendre les armes. Et, eux aussi, ils ont laissé au pays des femmes et des enfants qui demain les pleureront. Tout cela pour deux cents mètres de terre, qui changeront de main encore dix ou vingt fois avant la fin du carnage ?
Picot est un homme bon, il m'en avait donné cent fois la preuve. Qu'est ce qui lui a pris ?
Anatole, comment ne pas penser que cette guerre est en train de faire de nous des animaux ? Si j'y survis, crois-tu que je serai encore capable de sentiments humains ?
Avec toute mon affection,
Willecot
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Macha_LoubrunMacha_Loubrun   04 février 2017
20 octobre 1914
[...]
Au front nos conditions de combat sont de plus en plus pénibles : chaque armée creuse des trous et s'enterre dans des trachées qui se font face, à quelques centaines de mètres à peine.
Et à un moment donné, il faut donner l'assaut et en sortir, pendant que l'artillerie tire de tous les côtés et que les obus exposent avec un bruit assourdissant. La première fois j'ai cru que j'allais mourir sous l'effet de la peur qui me coupait les jambes.
Et sais-tu le pire, Anatole ? On s'habitue. On s'habitue à cette routine qui consiste à aller rencontrer la mort, ou à la donner. Au bout de quelques jours, nous jaillissons tous de nos trous en hurlant comme si nous n'avions rien fait d'autre de nos existences.
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JeanfrancoislemoineJeanfrancoislemoine   31 mai 2018
Peut -être que je ne devrais pas m'isoler de la sorte,me couper de mes amis pour me réfugier dans le passé .Ou peut-être le faut-il,au contraire,et qu'à travers l'énigme de la vie des autres,mon effort minuscule pour éclairer ce que fut réellement leur existence à tous,pour recréer quelque chose du temps où ils pouvaient encore aimer,espérer, s'enlacer et entreprendre,est ma façon de me rappeler que je suis en vie.
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