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ISBN : 237127027X
Éditeur : La Cheminante (19/03/2015)

Note moyenne : 4.69/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Après avoir été complices dans leur enfance, c’est à l’adolescence qu’il s’impose dans sa vie, comme une évidence.
La part de mystère qui habite le beau jeune homme l’attire irrésistiblement. Un baiser scelle leur avenir, alors qu’il doit quitter le Liban.
En rêvant au bonheur de vivre auprès de lui, elle ne peut imaginer ce qui l’attend.
Dans ce roman, Michèle M. Gharios explore le silence qui ronge le couple jusqu’au risque de le désintégrer, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
AlexATouzet
  20 novembre 2016
À l'Aube de soi, c'est un récit de vie d'une grande poésie, une voix de femme qui s'élève dans la nuit. J'ai écouté son histoire, ses espoirs. Je l'ai vue les diluer doucement dans un quotidien ingrat. Je l'ai regardée étouffer sa joie, courber le dos. Elle affrontait des silences incompréhensibles et je l'ai crue vaincue.
Mais je me suis trompée.
Lentement, alors qu'elle n'y croyait pas encore, elle soufflait sur l'étincelle. Lentement, dans le secret de son coeur, elle se relevait posant un regard d'une grande honnêteté sur elle, sur lui. Et puis, elle a choisi de vivre.
Comme j'ai aimé la voir se libérer et avancer sur une voie nouvelle, la sienne !
Quelle émotion de voir cette femme revenir à elle, s'autoriser une renaissance après avoir passé tant d'années "à l'aube d'elle-même" !
À l'Aube de soi, c'est un récit émouvant où "la victime", en prenant la parole, témoigne d'une force admirable et n'est au bout du compte pas celle que l'on croit...
À lire !
Lien : http://le-refuge-d-alexandra..
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DanielKoati
  19 avril 2015
J'ai quasiment lu d'une traite ”A l'aube de soi”, le dernier roman de la poète et romancière libanaise, Michèle Gharios. Ce petit récit de moins de 200 pages est d'une richesse d'images, de langue, d'une densité dramatique qui tiennent le lecteur en haleine jusqu'au bout.
L'aube mentionnée dans le titre est ce moment où à la fin du roman la narratrice va enfin devenir pleinement maîtresse de sa vie et prendre en main son destin. le lecteur rêve déjà d'une suite pour savoir ce qui arrivera à cette femme qui, en une nuit, comme Schehérazade a gagné le droit de vivre, en racontant des histoires.
Si ce récit écrit à la première personne captive tant, c'est parce qu'il peut se lire de multiples manières.
Il entre tout d'abord dans la tradition du roman dit de formation et l'on suit le parcours tourmenté, par moments cauchemardesque d'une adolescente idéaliste, comme il en existe sous toutes les latitudes, devenue, sans vraiment savoir ce qu'elle faisait, l'épouse d'un homme dont finalement elle ne savait pas grand chose et qu'au fond elle n'aimait pas vraiment.
Après un exil parisien qui devient sous le toit conjugal une véritable descente aux enfers, elle retourne au pays qui connaît une accalmie et décide de rompre ses chaînes.
Le roman comporte aussi des aspects de manifeste destiné autant aux femmes qu'aux hommes quelles que soient les latitudes où ils vivent.
Même si Michèle Gharios est libanaise, ce qu'elle raconte de la vie du couple et des femmes, de la guerre qui déchire un pays n'a rien de spécifiquement libanais. La violence qu'elle décrit est universelle, qu'il s'agisse des sévices contre les animaux, de la violence conjugale, de la guerre et des traumatismes qu'elle provoque chez ceux qui l'ont faite ou simplement vécue.
La narratrice n'a pas de mots assez durs pour condamner la guerre : obus sur des quartiers résidentiels, francs-tireurs qui donnent libre-cours à leurs pulsions criminelles, lignes de démarcation qui font du voisin d'hier le bourreau d'aujourd'hui, analyses oiseuses des médias pour maquiller l'abomination, l'absurdité des événements.
Elle rappelle aussi aux mâles l'humanité pleine et entière de celles qui partagent leur vie. Comment peuvent-ils imaginer que la soumission aveugle de l'épouse niée, violentée, leur est à jamais acquise ?
Ce mari, misérable tyran, est-il victime des traumatismes de tout ce qu'il a peut-être vu ou fait pendant la guerre ? Il utilise le silence, la froide indifférence pour tuer cette épouse à petit feu.
Que de fois le lecteur a le coeur et les dents serrés en lisant ce que vit quotidiennement cette femme sublime d'intelligence et de générosité !
Ici aussi le lecteur rêve que Michèle Gharios écrive le récit de cet homme mystérieux, complexe et certainement fascinant, mais dont il est impossible de percer les mystères.
Tous ceux qui sont prisonniers à leur insu ou en en étant conscients d'une relation de dépendance affective se reconnaîtront dans toutes les excuses que la victime trouve à son bourreau, dans toutes les vaines espérances de lendemains meilleurs qu'ils nourrissent, dans la vanité de leurs efforts pour aller au devant des désirs de l'être aimé.
La narratrice a toutefois une indépendance d'esprit, une intelligence qui lui permet d'analyser, de rester tout le temps lucide et le lecteur a du mal à s'imaginer qu'elle se résignera à son sort. Mais il faut qu'elle aille jusqu'au bout de la nuit, boive le calice jusqu'à la lie pour se remettre debout.
Mais Michèle Gharios n'est pas une essayiste, ni une polémiste, ni une militante. Elle est d'abord et avant tout une poète qui raconte des histoires qui prennent aux tripes avec une langue belle, riche, musicale.
Pour finir, je donnerai juste un exemple de cette écriture poétique en découpant les phrases pour mettre en évidence le rythme:
Une femme sans nom
sans visage
un ruisseau désséché
par un soleil méchant
une fleur éternelle
qu'un crabe hargneux avait
déchiquetée de ses pinces (...)
+ Lire la suite
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gee
  15 avril 2015
Quels sont ces fantômes primitifs qui se cachent au sein de nous-même, et qui nous poussent à demeurer impuissants face aux incompréhensibles mouvements d'âmes de ceux qu'on aime ? Et quelle force nous permet, au bout du chemin, la réalisation de notre impuissance face aux fantômes qui vivent au sein de l'autre ? Un soir d'été sur une plage libanaise, face à un étranger, une femme livre son histoire. Loin de toutes les amarres, dans l'intimité que seul l'anonymat peut offrir, elle enterre son secret une dernière fois. Mais, à la manière des roseaux de Midas, son cri de détresse résonne, et son interlocuteur comprend soudain la motivation derrière cette confession: que jamais ne soit oubliée son histoire et qu'elle soit offerte, nue, aux générations futures.
Dans son dernier roman À l'aube de soi, Michèle M. Gharios fait part du chemin d'une femme à travers les méandres d'un amour mort dans l'oeuf, et son parcours impossible jusqu'à la renaissance. Ce récit psychologique est difficile, asphyxiant, d'une vérité cinglante qu'il peine au lecteur à regarder en face. Et par moments, il y est de ces bouffées d'air de cette innocence espiègle à laquelle on reconnait si bien l'auteur de L'odeur de Yasmine. Imperceptiblement, il laisse sa marque sur le lecteur, et son message se révèle, clair comme l'aube du matin après une longue nuit sans sommeil: que jamais l'histoire intemporelle de cette femme, de toutes ces femmes, ne soit oubliée. Et au crépuscule de son histoire, on ne l'oublie pas. Et on en sort changés.
+ Lire la suite
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vero01
  31 janvier 2016
Merci à Babelio et aux éditions La Cheminante que je ne connaissais pas, pour ce beau petit roman de 200 pages puissantes.
Le début peut sembler un peu banal. Une femme va raconter sa vie un soir sur une plage à un parfait inconnu. Mais quelle vie puisque son adolescence se déroule en pleine guerre du Liban avec toute sa violence: les bombardements, les francs-tireurs, la condition de la femme dans un monde géré par les hommes. Elle pense trouver l'amour auprès de D. ou un semblant de liberté lorsqu'ils s'exilent à Paris. Il n'en sera rien. D. est un être torturé qui se transforma vite en bourreau tant physique que psychologique
Comment se sortira t'elle de l' isolement dans lequel il la plonge, loin de ses racines et des siens?
"A l'aube de soi" est un beau roman sur le long parcours d'une femme pour retrouver sa dignité et une plongée instructive dans la guerre du Liban.
Pour la pénible que je suis petite faute de frappe remarquée à la page 55.
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HazelEyes
  26 mai 2015
Je pense encore aux personnages de ce roman, D. si silencieux, si mysterieux et emblématique des hommes difficiles et haïssables.
Elle, si naïve au depart, qui deploie ses ailes lourdes d'albatros et réussit son envol avec triomphe. Une anti-héroïne qui se transforme en femme exemplaire et courageuse.
Ce roman peut s'adresser à tous pour transmettre a chacun, un message qui pourrait changer les choses dans ce monde...
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