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ISBN : 2070122085
Éditeur : Gallimard (11/09/2008)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Mannequins de cire, diables, Mephisto, vieilles dames d'âge indéfinissable, vieux antiquaires et statues peuplent les douze contes fantastiques de ce recueil : "Le diable à Londres", "L'amateur de reliques", "Brouillard", "Voler la Mort", "Tu fus pendu"... La mort et le péché y traversent des décors qui suggèrent un monde de la décrépitude, des odeurs méphitiques, des brumes et de la laideur envahissante.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
GribouilleChat
  29 septembre 2010
12 nouvelles fantastiques qui évoquent le monde intérieur de l'auteur ainsi que ses goûts. On retiendra en particulier :
« le Diable à Londres » : le narrateur, désoeuvré dans les brouillards londoniens a son attention attirée par une plaque fixée à une porte : Méphisto et le voilà introduis dans l'antre de ce qu ne pourrait être qu'un vulgaire prestidigitateur si…
« le jardin malade » : le narrateur emménage avec son chien dans un ancien hôtel particulier en décrépitude. le plus remarquable de ces lieux est le jardin, établi sur un ancien cimetière monastique, qui reçoit la visite régulière d'une enfant (que le narrateur confond tout d'abord avec un fantôme) et d'un chat tout droit sorti de l'Enfer.
« Sortilèges » qui donne son titre au recueil s'inspire directement du peintre James Ensor. le narrateur, très déprimé, prend le train pour la mer et arrive dans une ville en plein carnaval (on imagine sans peine qu'il s'agit d'Ostende), parcourue de masques gais ou sinistre. Il va vivre dans ces circonstances une aventure inoubliable.
On a enfin l'occasion de se procurer à nouveau ce recueil dans un format de poche (le précédente édition datait des années 60 et figurait au catalogue de la « célèbre » - du moins pour les amateurs de fantastique – collection Marabout fantastique ) et on est à nouveau fasciné par l'imaginaire De Ghelderode. Ses thèmes favoris – pourrait-on dire ses hantises ? – apparaissent ici accessibles : statues qui s'animent, jardins hantés, diables familiers, présence récurrente de la mort… l'univers ghelderodien est bien là . Cette lecture qui peut paraître plus simple que celle des pièces, pourra représenter une introduction à l'univers théâtral de l'auteur, dans lequel on retrouvera les mêmes thèmes développés différemment selon la trame dramatique, explicites ou sous-jacents mais toujours présents.

Lien : http://users.skynet.be/litte..
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evh138
  25 janvier 2016
Dans ce recueil de 12 contes crépusculaires, l'auteur belge nous emmène dans un univers macabre et délirant : hors du temps et de l'espace. Il y aborde les thèmes de la Mort, de la religion, de l'identité, du Mal, à travers un rire angoissant, mêlant hallucinations et rêveries solitaires. C'est sombre, c'est inquiétant, mais pourtant c'est souvent drôle.
Entre confessions folles et appels au secours dans un monde en perdition, on suit l'âme errante de l'auteur dans ce Bruxelles (et Ostende) pestilentiel et hors du siècle. On ressent sa crise de foi, son angoisse de la mort, sa grande douleur physique et mentale. C'est un livre de souffrance, de folie, d'éternelle solitude : écrire, c'est gueuler en silence.
Même si j'ai eu du mal avec certaines nouvelles, le côté mystique m'inondant trop, j'ai apprécié ce texte, dont le style est grandement original par rapport à mes habitudes de lecture.
« Ceux qui m'ont connu savent que j'apprécie tout ce qui s'éclaire par le sourire de la folie » est la phrase du livre qui résume le mieux cet ensemble de contes.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
MedelieMedelie   14 décembre 2012
Sincèrement, j'admirais ce distingué diable qui avait un aspect de prélat, oublieux de l'heure et du siècle, sans plus remarquer la carnavalesque vêture de cet homme de génie dont le silence même était expressif ; je l'admirais en toute bonne foi, de toute l'ingénuité survivant en mon âme, et sous l'empire de ses yeux de félin qui erraient sans jamais se poser. Parfois son regard m'effleurait et, alors, lançait une lueur verte, un phosphorescent signal que je ne comprenais pas. Que pensait-il de moi, ce diable, et comment me jugeait-il ? Assurément, il s'agissait de ma personne. Et tout à coup, le diable se mit à pouffer, riant si fortement que je le crus ivre. Mais avant que j'eusse le temps de l'interroger, il me parlait, sur un rythme enjoué :
— Cher ami, oui, cher ami, car je ne puis plus vous appeler cher inconnu, bien qu'ignorant votre état civil. Je vous ai vu déjà ; je vous connaissais. Et je viens de vous reconnaître singulièrement, à un détail. Vous me contempliez, plongé dans une berçante hypnose, et votre esprit devait naviguer dans le bleu. J'ai remarqué votre geste, un geste d'enfant en extase ; le geste que vous faites en ce moment encore !
Pris en flagrant délit pour ainsi dire, je retirai précipitamment ma main droite de ma bouche, honteux d'être resté inconsciemment dans cette position puérile. Combien de temps étais-je resté avec ma main droite enfoncée dans ma bouche ? Le diable riait toujours et ma confusion semblait accroître son plaisir.
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MedelieMedelie   14 décembre 2012
J'errais par un sombre et brumeux matin dans je ne sais plus quel sordide quartier mercantile, sorte de puant entrepôt ou d'asphyxiant dédale bordant la fangeuse Tamise. Il bruinait. Les contemporains rencontrés avaient des faces de bandits ou de malades. Oserai-je nommer flânerie cette errance sur le pavé gras, dans une brume qui paraissait contenir toutes les pestes historiques ? Mais que faire pour user l'ennui ? « Ah ! soupirai-je, si j'avais quelque ami dans cette ville monstrueuse !... » Je me félicitais cependant de n'y avoir pas d'ami et de rester si parfaitement solitaire. La vie des autres ne m'intéresse pas et je présume que la mienne ne doit intéresser personne. C'est pourquoi j'évitais de me lier avec mon semblable, ce qui n'est pas difficile en terre anglaise. Mais ce matin, l'ennui m'imprégnait à tel point, comme la bruine dont il était matérialisation, que j'en arrivais à souhaiter d'être témoin d'un événement ; par exemple, un désastreux tremblement de la croûte terrestre ou un cyclone d'une force épouvantable. C'était beaucoup demander.
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MedelieMedelie   14 décembre 2012
— C'était la mer, toute la mer que tu voulais boire, à ton insu !... Prends une de ces coupes et bois le suc du népenthès, il est temps que tu t'enivres comme un vulgaire mortel que tu ne cesses d'être.
Je pris une coupe qui se trouvait à la portée de ma main et je la vidai, inondé de cordiale satisfaction tout aussitôt. Et le magnifique poursuivit :
— Je te connais, ami, et tu me connais. J'ai pu te sauver cette fois, mais le pourrai-je encore si tu t'engages si fréquemment, dans le danger ?... Pourquoi fuyais-tu la fournaise du carnaval pour les puits glacés du suicide ? Ne sais-tu pas que la folie nous est accordée comme secours, et qu'il n'y a pas toujours de honte à déchoir ?...
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MedelieMedelie   14 décembre 2012
Sur le dos, les bras en croix, la créature dormait d'un sommeil profond. Je lus les ecchymoses de son visage, les larmes arrêtées sur ses paupières fermées, le vernis, à ses joues, de lèches visqueuses. Sa blouse arrachée découvrait une épaule très blanche (j'ignorais que cette femme eût un corps humain, de la chair) et, jailli, un sein d'éclatante jeunesse ; mais sur l'épaule demeurait le signe d'une violente morsure, avec des perles de sang. Je vis aussi, sous le retroussis des jupes, le ventre à touffe mordorée, les cuisses crayeuses, et, dans leur écartement, lubrifiée, la plaie — non, le singulier mollusque doucement baveur — d'où montait cet éternel parfum de varech, si prenant.
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MedelieMedelie   14 décembre 2012
À la longue, la carogne cessa de tousser, s'étant finalement étranglée pour de vrai, ce dont je remerciai le Ciel. Ma toux aussi s'était lassée. Mais une pensée noire m'envahissait : dire qu'il me faudrait expirer sous le regard pâle de cette femme, et que je n'aurais pas la chance du vieux chien qu'on laisse crever sur un sac, dans un coin de la cave qu'il s'est choisi ! Elle y songeait et préparait toute une conjuration, je le savais ; elle irait alerter des inconnus, des voisins, toute une racaille portant masques de circonstance, ramassée dans la rue, pour considérer le superfin et gratuit spectacle de ma proche crevaison !
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Video de Michel de Ghelderode (1) Voir plusAjouter une vidéo

Les plages du Nord ; 7 : Ostende : Max Ernst, James Joyce, Michel de Ghelderode et Paul Delvaux
- à 1'30, Willy VAN DENBUSCH, directeur du Musée d'Art Moderne : parle de James ENSOR et de Constant PERMEKE, peintres d'Ostende et de la côte belge, enracinés en terre flamande, et évoque ses projets pour le Musée et le quartier populaire d'Ostende (au total 6'45) - à 10'15, Xavier TRICOT, historien d'art : évoque sa passion pour ENSOR (au total 4'10) - à 13'35, Norbert HOSTYN,...
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