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EAN : 9782234092570
200 pages
Stock (24/08/2022)
3.42/5   232 notes
Résumé :
Lorsque le narrateur décide de questionner ses parents sur leur pays d’origine, le Liban, il ne sait pas très bien ce qu’il cherche. La vie de ses parents ? De son père, poète-journaliste tombé amoureux des yeux de sa femme des années auparavant ? Ou bien de la vie de son pays, ravagé par des années de guerre civile ?
Alors qu’en 1975 ses parents décident de vivre à Paris pendant deux ans, le Liban sombre dans un conflit sans fin. Comment vivre au milieu d... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
3,42

sur 232 notes

Ghoussoub , auteur franco-libanais, nous revient dans son dernier livre avec un récit lumineux et drôle, prix Goncourt des Lycéens 2022. C'est l'histoire de ses parents couplée de sa propre quête d'identité. Les parents quittent le Liban pour Paris en septembre 1975 uniquement pour deux ans, le père voulant passer son doctorat de théâtre et de langue arabe à la Sorbonne. Mais c'est la veille de la guerre au Liban, ils n'y retourneront jamais y vivre. Ainsi l'auteur naîtra à Paris , mais ce qu'il en dit est touchant « Je suis né à Beyrouth dans une rue à Paris. »

J'avais déjà bien aimé son livre « Beyrouth entre parenthèses », et je retrouve ici de même un récit fin, brillant, léger, émouvant, pour un sujet complexe qui incorpore l'exil, le déracinement et ce qui en suit, la quête d'identité plurielle.

Le père est un journaliste couplé d'un poète, qui aime les cafés miteux où il aime siroter un café parmi «  les petits gens que nous sommes et que nous resterons en France » . Comme son père c'est dans cet environnement qu'il se sentira lui aussi le plus à l'aise. le tragique de l'exil disparaît souvent sous l'humour qui finalement reste l'élément essentiel pour bien vivre, vu les aléas de la vie. Il n'y lésine même pas quand il dresse aussi les portraits de ses parents, « l'espion et la prostitué » ou sa soeur , miss «  All Eyes on Me » 😊! Je dois avouer c'est spécial, mais vu qu'il y a aucun malice c'est plutôt avec tendresse qu'il assouplie l'honnêteté qui peut s'avérer crue 😊!

Bref une belle histoire personnelle, une histoire libanaise, simplement libanaise, même si une bonne partie s'est déroulée en France ! Je pense personnellement dans ce monde multiculturel où l'immigration si contestée , la plupart du temps forcée, est devenu la bête noire des sociétés occidentales , ce livre nous tend l'envers du miroir de l'exil, l'image d'une personne ou des personnes qui viennent d'ailleurs mais qui conserveront éternellement la nostalgie de leurs origines , « Mes références viennent d'ailleurs et beaucoup du monde arabe, pourtant j'ai grandi en France. J'ai alors l'impression bancale d'avoir grandi ailleurs tout en ayant grandi ici. »

Beaucoup aimé !

« « Until the philosophy / Which hold one race superior and another / Inferior / Is finally / And permanently / Discredited / And abandoned / Everywhere is war / Me say war »

( Bob Marley)

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« Mes parents voulaient que je naisse à Beyrouth. (…) Ils pensaient que la guerre se terminerait et qu'ils rentreraient enfin. Ils ne voulaient pas que je naisse à Paris, alors pendant toute leur vie ils ont recréé sans s'en apercevoir Beyrouth à la maison. Je suis né à Beyrouth dans une rue de Paris. »

Lorsqu'ils sont arrivés à Paris en 1975, au moment où la guerre éclatait au Liban, les parents de Sabyl Ghoussoub ne pensaient y rester que deux ans, le temps d'y achever leurs études. Plus d'un demi-siècle plus tard, leur fils, finalement né en France et désormais trentenaire, entreprend de les interroger sur leur histoire, manière pour lui, incidemment, de réfléchir à son propre rapport au Liban.

C'est avec une émotion palpable qu'à partir de leur évocation, dans le désordre et souvent dans la contradiction, de leurs souvenirs les plus prégnants, l'auteur se fait une idée de ce qu'ont pu vivre ses parents, depuis leur départ du Liban pour ce qu'ils ignoraient alors un exil définitif. Peu à peu, pour nous comme en autant d'émouvantes séquences de vieux films Super 8, pour eux en une suite de bouffées d'émotions venant crever la surface de leur mémoire, émerge du passé leur réalité, passée au crible de leurs ressentis et de leur subjectivité.

De leur affolement et de leur désarroi de se voir toujours plus indéfiniment séparés de proches restés au coeur d'une tourmente si complexe que plus personne ne finit par plus rien y comprendre, à leur impossibilité de prendre parti quand ceux qu'ils aiment se transforment parfois de victimes en bourreaux, en passant par leur horreur quand la guerre au Liban les pourchasse jusque sur le sol français au travers d'une série d'attentats qui les frôlent d'ailleurs à plusieurs reprises, se met ainsi en place une histoire dont l'auteur s'approprie l'héritage, en une sorte de mythologie personnelle qui lui fera déclarer lors d'une interview : « Cette autofiction m'a permis de me construire une mémoire écrite, qui est en soi totalement fausse et qui est l'histoire que je me raconte. C'est mon Liban à moi. »

Peinture vibrante et fantasmée d'un Liban toujours plus martyrisé que sa diaspora recrée dans le quotidien de foyers reconstruits dans l'exil comme autant de minuscules parcelles détachées de la terre-mère et au travers de vastes communautés en ligne, ce livre est aussi pour l'auteur un cheminement très personnel, une réflexion existentielle sur ses origines, son identité et son appartenance. On le referme le coeur serré pour tous les Libanais dont l'actualité ne finit plus de prolonger le calvaire, et plein d'affection pour ses si humains personnages.


Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Paris 2020, à l'âge de 31 ans , Sabyl ne connaît rien du passé de ses parents, de leur arrivée à paris, de leur guerre du Liban, de la souffrance qu'a été l'exil pour eux. Il ne sait même pas les métiers qu'ils ont exercés. Il a le projet de les interroger afin d'écrire un livre inspiré de leur vie.

À partir de leurs témoignages, de cartes postales, de photos, de lettres, de notes, de poèmes ou d'articles rédigés par son père, Sabyl Ghoussoub nous raconte l'histoire d'un exil, celui de ses parents et à travers eux ce beau pays aux gens charmants et généreux, un pays ravagé par les guerres, les attentats, un peuple éparpillés aux quatre coins du monde, triste de voir leur pays se décomposer peu à peu. Plus qu'un roman, un témoignage sur l'immigration, sur le retour impossible. Un travail de mémoire.

J'ai eu de la difficulté à lire ce récit, le sujet est intéressant mais il manque l'émotion, le souffle romanesque. Les années se mêlent et s'entremêlent, il n'y a aucune chronologie, l'ensemble m'a semblé un peu brouillon.

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C'est avec tendresse et drôlerie que Sabyl Ghoussoub nous fait partager avec « Beyrouth-sur-Seine » un récit familial, celui des origines et de la mémoire, mais aussi celui des déracinés, des exilés : la diaspora libanaise.

Les parents de Sabyl Ghoussoub sont des Libanais qui se sont installés en France en 1975. Kaïssar, le père, est un intellectuel amoureux des livres, à la fois journaliste, écrivain et metteur en scène. Lorsqu'il part à Paris pour ses études avec sa jeune femme Hanane, Kaïssar compte bien revenir vivre au Liban deux ans plus tard. Mais c'était sans compter sur la guerre qui allait durer 15 ans… En 2020, Sabyl Ghoussoub veut recueillir l'histoire de ses parents et en faire un livre. A coup de souvenirs, d'anecdotes, de photographies personnelles et d'archives, l'auteur retrace une vie, celle de ses parents et de sa nombreuse famille, et nous donne à voir un pan de l'histoire du Liban.

Sabyl Ghoussoub n'est pas né au Liban mais il voit en ses parents tout ce qu'il n'en a pas connu. L'auteur, obsédé par ce pays aux multiples contrastes, l'aime autant qu'il le déteste. Mêlant l'histoire intime à celle plus officielle, l'auteur rend hommage à ses parents et à sa famille restée au Liban tout en tentant de comprendre un pays secoué par des conflits internes incessants et des pressions extérieures des pays frontaliers. Tout comme l'auteur, le lecteur ne viendra pas à bout de l'histoire compliquée et violente du Liban. Mais là n'est pas l'enjeu. Les anecdotes et les souvenirs sont tout autant de récits qui nous donnent à voir d'un côté l'histoire des parents de l'auteur, et de l'autre sa perception du Liban. Les uns et l'autre se fondent ensemble, Paris devenant le Liban, le Liban devenant sa famille de là-bas.

Très émouvant, drôle, incisif, « Beyrouth-sur-Seine » est pour le lecteur une formidable plongée dans un pays en guerre et dans une famille exilée où l'application Whatsapp prend une toute autre dimension à nos yeux après avoir lu ce récit.. C'est surtout une incroyable déclaration d'amour de l'auteur à ses parents et également celle, malgré lui, à une ville martyre, Beyrouth.

Une très belle découverte.

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L'auteur ,Sabyl, journaliste né à Paris de parents libanais va de France au Liban où il n'a vécu que 8 ans . Il se décide à interroger longuement ses parents sur leur exil (avec micro).

Ils quittent le Liban à la fin des années 70 et racontent longuement les guerres du Proche-Orient qui font partie de leur vie.Ils racontent cette guerre sans fin, par procuration, pour les autres, la guerre civile...en bref le pauvre Liban.

Ce texte bien écrit est teinté d'humour, Hanane la maman est une femme aux mille coeurs, elle s'informe et aide toute sa famille , cousins même les plus éloignés restés là-bas. Merci snapchat ! Elle a même subi une prise d'otages à Paris.

Il paraît que dans les années 80 , quarante journaux arabes étaient édités à Paris dont trente libanais, c'était Beyrouth sur Seine. Les attentats rue de Rennes et rue des Rosiers sont relatés aussi .

Sabyl est amoureux d'Alma beyrouthine également.

Cela fait un beau roman certes, d'ailleurs sur la première liste des Goncourt, mais je suis restée un peu éloignée du sujet alors que le billet de Sabine vibre au récit de cet exil que sa famille a elle-même vécu.

Merci aus Edts Stock pour cette lecture.

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critiques presse (5)
LeMonde
02 janvier 2023
Dans son deuxième roman, le journaliste franco-libanais de 34 ans propose une réflexion sur la famille et l'immigration.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LePoint
02 janvier 2023
L'ecrivain Sabyl Ghoussoub est couronne pour un roman tres personnel sur la question des origines. Un voyage entre tendresse, humour et vague a l'ame.
Lire la critique sur le site : LePoint
Culturebox
02 décembre 2022
Avec des phrases courtes, percutantes, Sabyl Ghoussoub vise juste à chaque fois. Beyrouth-sur-Seine est un livre profond et léger à la fois, un livre écrit avec le cœur. Lumineux.
Lire la critique sur le site : Culturebox
RadioFranceInternationale
12 octobre 2022
Un livre plein d'humour et d'amour. Une réflexion tendre et acerbe sur la famille, les identités multiples et l'immigration où beaucoup peuvent se retrouver au-delà de la réalité libanaise.
Lire la critique sur le site : RadioFranceInternationale
LeFigaro
06 octobre 2022
Beyrouth-sur-Seine a le mérite de poser la topographie de ce récit autobiographique éminemment romanesque, drôle, émouvant.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (91) Voir plus Ajouter une citation

« Tu veux que je te raconte ma vie en arabe ou en français ? » m’a demandé mon père et il a ajouté «Tu comprends l’arabe ? » alors qu’il a été mon professeur d’arabe pendant trois longues années où je vivais chacune de ses leçons comme un calvaire sans fin.

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Ensemble, ils sont toujours très drôles mais c’est intenable, je n’avance pas, ils se contredisent constamment. Ils ne sont jamais d’accord sur la date, le lieu, l’événement, à croire que la réalité est toujours la fiction qu’on se raconte.

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Leur première rencontre s’est déroulée autour d’un malentendu. Mon père entrait dans la galerie pendant qu’une exposition se mettait en place. Un tableau blanc avec un trait noir dessiné dessus était accroché à l’entrée. Mon père avait hurlé : « Waddah ! Passe-moi un feutre que je finisse ce tableau ! » Le tableau était signé de Shafic et Shafic était assis à fumer une cigarette. Waddah et ma mère, pris de panique, ont regardé Shafic qui, lui, a tendu un feutre à mon père. Mon père, qui ne savait pas à quoi Shafic ressemblait, a pris le feutre. Shafic a alors ajouté : « N’oubliez pas, cher monsieur, de rayer ensuite mon nom de la toile et d’inscrire le vôtre. »

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Mes parents voulaient que je naisse à Beyrouth. Ils m’ont dit après des heures d’entretiens qu’ils avaient attendu si longtemps entre Yala et moi pour me concevoir. Ils pensaient que la guerre se terminerait et qu’ils rentreraient enfin. Ils ne voulaient pas que je naisse à Paris, alors pendant toute leur vie ils ont recréé sans s’en apercevoir Beyrouth à la maison. Je suis né à Beyrouth dans une rue de Paris.

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Me revenaient en tête ces binationaux toutes origines confondues qui, de leur appartement parisien, expliquent quoi faire à leurs compatriotes restés ou coincés au pays. Rien ne m’agace plus que de voir ces intellectuels de pacotille se pavaner dans les stations de radio et les télévisions françaises à parler d’un pays où ils ne vivent pas ou plus.

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Videos de Sabyl Ghoussoub (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sabyl Ghoussoub
Prix Goncourt des Lycéens 2022, "Beyrouth-sur-Seine" est un livre sur la filiation, sur la transmission d'une culture, sur le fait de grandir, aussi. Ce roman de Sabyl Ghoussoub a illuminé la rentrée littéraire par son ton, novateur, et ses thèmes. Récit de la recherche d'un fils autour de la vie de ses parents, cette histoire intime embrasse trois décennies d'histoire et des milliers de kilomètres.
Sabyl Ghoussoub nous révèle comment le regard des lycéens a changé la vision qu'il posait sur son propre roman et témoigne de ses émotions lors de l'annonce du prix. Il nous emmène ensuite dans les coulisses de son travail : dispositif narratif, manière d'aborder la question de l'exil, rapport à Beyrouth. Ses méthodes et son ressenti par rapport à son oeuvre transparaissent tout au long de cet entretien, qui se termine par une lecture d'un extrait de son livre, précédée d'un inventaire de ses claques récentes en matière de cinéma, de musique, de livre et de série.
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