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ISBN : 2895962014
Éditeur : Lux Éditeur (21/05/2015)

Note moyenne : 4.53/5 (sur 18 notes)
Résumé :
La plupart des gens désirent le bien des animaux. Mais voilà : ils aiment aussi leur steak. C'est ce qu'on appelle le paradoxe de la viande. Nous ne voulons pas voir que ce que nous mangeons, c'est de l'animal mort.

De plus en plus de chercheurs expliquent ce phénomène de «dissonance cognitive» par des pratiques sociales et des croyances qui visent précisément à occulter la souffrance animale. Tout converge pour nous convaincre, depuis l'enfance, qu'i... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Ogusta
  05 août 2015
Acheté et lu en août 2015. Voilà quelques semaines que ce livre me faisait de l'oeil mais j'hésitais, il faut dire que je n'ai pas la conscience tout à fait claire concernant ma consommation de viande (très limitée et plutôt dirigée vers une filière bio, mais ...). Depuis toujours je fais le lien entre l'animal vivant et ce que j'ai dans l'assiette, lire les théories du véganisme implique autre chose. Il s'agit de prendre un risque, celui de devoir changer de comportement alimentaire.
Au premier abord, si l'on s'intéresse un peu à la cause animale, ce livre n'est pas une mine d'idées nouvelles, mais il précise de façon drastique ce que l'on imagine de loin. le principal obstacle à la fin de l'exploitation et de la souffrance animale ne serait autre que la gourmandise ? (Hélas, j'aime le saucisson !) Martin Gilbert nous révèle aussi les mécanismes psychologiques qui nous conduisent à tolérer l'inacceptable (l'élevage industriel, la tuerie dans les abattoirs, notre histoire sanglante de domination des espèces animales). L'auteur jette également une lumière sur le poids écologique de notre alimentation omnivore (c'est assez édifiant, presque autant que les transports voire davantage) et sur le lien entre suprématie humaine (sur toutes les autres espèces) et racisme, sexisme ou simplement discriminations.
Certaines positions, notamment concernant les filières bio, peuvent sembler extrêmes, cependant elles m'ont profondément troublée. J'ai appris que certifier par un label la non utilisation systématique des produits chimiques (c'est bien) n'était pas une garantie de non souffrance animale. Il existe un autre label pour ça celui de "viande heureuse" (qui ne concerne pas les méthodes d'abattage) que nous ne connaissons pas en France et c'est dommage.
Bref, j'étais déjà partiellement convaincue, mais ce livre m'a profondément marquée. J'aimerais avoir le courage de franchir le pas...
En tout cas, faire connaître le véganisme et cet ouvrage me paraît déjà un acte important pour défendre la cause animale. Merci M. Gibert, merci pour eux !
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Emiliec28
  19 novembre 2015
Cet essai fait parti de ces livres qui ont radicalement changé ma vie.
Moi aussi j'étais une grande mangeuse de viande et à vrai dire j'en étais plutôt fière. Fière de dire que je l'aimais bien saignante voire crue. J'y voyais là une espèce de virilité. (Bien la preuve que malgré les grandes avancées féministe beaucoup d'entre nous ressentent le besoin de faire valoir leur part de masculinité pour se faire accepter mais c'est un autre sujet)
Et puis j'aimais la viande voilà tout. Quel mal ?
Eh bien justement. La vraie formulation serait plutôt : quel mal !
Tout à commencé lorsque l'une de mes meilleurs amis est devenue végétarienne. Notre petit groupe a pris le parti d'en rire et elle a souri. On la taquinait, on l'a surnommé "Veggie" (ce que je fais toujours d'ailleurs), on l'a provoqué un petit peu mais elle a continué de sourire.
Un jour, lassée de faire ma relou, je lui ai demandé quelle mouche l'avait piqué. Et là, elle m'a un peu expliqué, sans accusations, sans virulence. Et j'ai commencé à m'intéresser. Ça été un article par ci, une vidéo par là, des chiffres de ce côté et un témoignage de l'autre.
Et puis, j'ai commencé à comprendre. Qu'elle était ma légitimité à dire que j'aimais les animaux alors que je prenais plaisir à les dévorer ? Et que par là même je cautionnais une maltraitance tellement ignoble que même la langue française peine à lui poser des adjectifs.
Alors j'ai réduit, j'ai commencé à changer mon alimentation. Et j'étais fière de moi. Puis par la suite je me suis dit arrêtons la viande tout court ! C'est stupide de ne supporter "qu'un peu" l'industrie du meurtre. Et là, les choses se sont compliquées. Non pas que j'avais du mal à résister à la viande qui me passait sous le nez mais mes proches... oh la la le sacrilège ! Alors je me suis rendue compte que pour défendre ma cause il me fallait des arguments solides et non pas la lecture de deux ou trois articles déjà perdus dans l'immensité de la toile.
Je me suis alors tournée vers ce livre. BIM. La claque dans la gueule. Je ne m'amuserais pas à faire un résumé du raisonnement de Gibert pour vous expliquer pourquoi il faut devenir vegan. Lisez le et vous comprendrez. Vous aimez les animaux ? Vous aimez les personnes ? Vous vous inquiétez pour le climat, votre planète, vos enfants ? Si vous pouvez dire oui à l'une de ces questions alors lisez.
Bizarrement, moi qui bondis de régime en régime depuis que je suis toute petite, sans jamais avoir de volonté, aujourd'hui je ne faiblis même plus sur des aliments que je me serais cru incapable de retirer de mon alimentation.
Je n'ai juste plus le choix, aujourd'hui je passerais de responsable à coupable si je continuais à consommer des produits de provenance animal. Vous me trouvez folle ? Lisez ce livre et venez en discutez !
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Suny
  05 novembre 2015
Ce livre, malgré quelques défauts (selon moi), devrait être lu et relu par tout un chacun, végés convaincus, omnis dubitatifs et même carnistes militants, même si je doute que ces derniers y jetteraient autre chose qu'un coup d'oeil méprisant.
Voir son steak comme un animal mort, c'est un livre engagé et sans concession rédigé par un philosophe, traitant de véganisme, et plus généralement de moralité et d'éthique. Il y explique de façon quasi mathématique pourquoi nous devrions tous être véganes, non seulement pour des raisons d'éthique animale, mais pour nous, pour l'humanité, son avenir, l'environnement, et pour des raisons sociales. Je ne vais pas faire le résumé de toutes ses thèses, d'autant que je n'adhère pas totalement à certaines d'entre elles, mais globalement, voici l'idée : ce n'est même pas le souci du bien-être animal qui est ou devrait être le principal moteur de l'adhésion à ce mouvement social et politique qu'est le véganisme, mais c'est le souci du bien-être de l'humanité toute entière. En effet, outre l'immense problème environnemental que pose la consommation de matières animales, c'est également un énorme paradoxe avec l'évolution de la pensée humaine envers les notions de racisme et de sexisme qui n'ont, au final, que peu de différences avec celle de spécisme qui, pourtant, est la base du carnisme que l'on voit émerger en réponse aux mouvements végé/véganes.
Je ne suis peut-être pas très claire, mais j'ai toujours eu des notes de merde en philo...
Toujours est-il que, si je trouve le contenu de ce livre parfois un peu trop manichéen et trop porté vers l'aspect social, on y entrevoit également une réflexion extrêmement intéressante sur les mécanismes psychologiques de la consommation de produits animaux. Que l'on soit végé engagé ou omnivore convaincu, on ne peut plus, après la lecture de ce livre, nier que la consommation de viande est complètement illogique et portée par un paradoxe psychologique, nommé dissonance cognitive, qui n'a rien d'inné ou de génétique mais qui est construit dès la naissance par des mécanismes sociaux et culturels tellement bien ancrés qu'on n'a d'autre choix que de les concevoir comme complètement naturels.
Et donc, si je ne trouve pas cet ouvrage aussi accessible que l'annonce la quatrième de couverture, il n'en reste pas moins relativement digeste et surtout, il ne s'adresse pas seulement aux personnes presque convaincues, mais à tout le monde. Ce qui est dommage, c'est que comme je le disais, je ne pense pas que beaucoup de sceptiques n'iront prendre la peine de le lire...
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Pauline1010
  11 novembre 2015
C'est un livre qui m'a tout simplement changé. Il fait partie de ces ouvrages dont on ne ressort pas indemne de la lecture. En l'occurrence, après l'avoir lu, j'ai décidé de devenir vegan. Cela peut paraître irrationnel comme décision après une simple lecture mais en fait c'est tout le contraire. Il faut lire pour le comprendre. Alors je vous invite à le faire. À changer votre regard sur votre mode de consommation. Il est temps que nous prenions tous nos responsabilités.
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MIOP
  24 mars 2017
Si vous n'êtes pas encore végane, vous pourrez le devenir après la lecture de cet essai engagé, dans lequel Martin Gibert expose quelques notions qui font appel à la psychologie morale. Professeur d'éthique et de philosophie du droit, il nous éclaire sur le spécisme, l'utilitarisme, la notion d'éthique animale, la sentience, le mouvement Welfariste. Il aborde aussi les conséquences de l'élevage intensif sur notre environnement.
Il nous aide à comprendre comment notre dissonance cognitive fait que nous continuons à manger de la viande, malgré l'éveil de notre conscience à la cruauté infligée aux animaux. Ce livre est un argumentaire en faveur de la non-violence et contre l'oppression spéciste. C'est aussi un témoignage sensible qui ne nous épargne pas et nous engage, vraiment, à changer de comportement.
Brigitte P.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
DelphineMaDelphineMa   20 octobre 2017
La production, le transport, la préparation et le gaspillage de nourriture sont des sources d'émissions importantes de GES. Or, les produits d'origine animale sont, de loin, les plus problématiques. Dans un rapport publié en 2013, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) estime que l'élevage est responsable de 14,5% de nos émissions globales de GES. C'est beaucoup pour un seul secteur - et c'est sans compter l'industrie de la pêche. En fait, c'est un peu plus que les émissions dues à l'ensemble des transports (voiture, camion, avion, train et bateau).

p.83
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OgustaOgusta   05 août 2015
Il faut arrêter de penser l'histoire de la domestication comme un conte de fée mutuellement avantageux. C'est d'abord l'histoire d'une espèce qui en asservit d'autres et qui le fait avec violence.
(...)
Au cours des siècles, l'homme a donc asservi toujours plus d'animaux et de façon toujours plus coercitive. Cette oppression a non seulement concerné les animaux domestiques, mais aussi la faune sauvage qui vu son habitat et ses conditions de vie se détériorer. Aujourd'hui il ne reste que 250 000 chimpanzés et 80 000 girafes tandis que 60 milliards d'animaux sont envoyés chaque année à l'abattoir.
(p. 179)
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OgustaOgusta   05 août 2015
Chaque minute dans le monde, 5 chevaux, 22 chiens, 400 veaux et vaches, 700 moutons, 930 dindes, 1700 cochons, 3000 canards et plus de 60000 poulets sont abattus pour la consommation humaine. Et durant cette même minute, ce sont aussi plus de 120000 animaux marins qui vont périr dans des filets, le plus souvent par asphyxie.
(p. 11)
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OgustaOgusta   05 août 2015
La chasse n'est ni une abstraction, ni un sport. Un sport cherche la symétrie entre les compétiteurs tandis que le chasseur impose ses règle et son objectif (tuer). L'animal, lui, ne joue pas ; il cherche très concrètement à fuir pour sauver sa peau.
(p. 60)
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OgustaOgusta   05 août 2015
Derrière le consensus en éthique animale, il y a aussi un consensus scientifique : la plupart des animaux que nous exploitons, tuons et consommons ont des émotions, des préférences, des intérêts. Ils ont une vie qui leur importe. Il serait temps de prendre la mesure de nos responsabilités morales.
(p.63)
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