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Jeanfrancoislemoine
  16 mai 2019
Après avoir decouvert " le sursis " , la lecture du " vol du corbeau " est devenue une évidence tant je m'étais trouvé sous le charme . Franchement , Gibrat , c'est , comme on dit , " du lourd , du très lourd " dans son domaine , un incontournable , un maître.....Mais je laisse la parole aux connaisseurs....
Je ne soupçonnais pas qu'on puisse laisser tant d'émotion filtrer au travers d'une bande dessinée , au travers de dessins si soignés , si précis, si justes....
Le lieu , Paris . L'époque , la fin de la guerre , moment particulier où il convient d' assurer sa survie après une longue période d'égarements , de choix discutables ou héroïques , une période où seuls les salauds avaient droit à la parole et à
la parade tandis que les autres...... le lieu : la cellule d'un commissariat où se trouvent deux personnages qui ne vont plus se quitter , la militante communiste Jeanne et le désinvolte, attachant et facétieux " monte en l'air " ,François....
GIBRAT nous plonge à nouveau dans l'atmosphère particulière de la fin de la seconde guerre mondiale , période opaque où les masques tombent....
On retrouve dans cet album la force des propos et la délicatesse des dessins se mêlant avec équilibre et justesse pour donner à l'ensemble une force et une splendeur incroyables . Les héros sont magnifiques , regards troublants , violents , déterminés ou abattus mais jamais vaincus , langoureux aussi dans la belle histoire d'amour qui naît sous nos yeux . Les paroles sont condensées , savoureuses ou graves et chaque personnage voit ainsi , à travers le propos et le dessin , se révéler sa personnalité .Le ton est tel qu'on passe du rire aux larmes , de la joie de vivre à l'angoisse de mourir, et ce avec économie mais justesse dans le choix des mots . du grand art , une bande dessinée de " qualité supérieure " à même de séduire autant les puristes ( mais je leur laisse la parole ) que les profanes tels que moi .
Mais , au final , ceci n'est pas vraiment une bande dessinée , c'est bien plus que ça , c'est l'imagerie d'une période, celle de l'Occupation . C'est beau , palpitant , drôle , angoissant, c'est l'extraordinaire reflet d'un moment tragique de notre histoire avec , une fois de plus , un dénouement incroyablement intelligent , inattendu et fort , vraiment. de la " belle ouvrage " , une lecture formidable à ne pas rater , même si l'on n'est pas trop adepte de ce pourtant superbe genre littéraire , comme moi ...
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michfred
  11 avril 2018
Le jour du débarquement américain en Normandie, Jeanne, jolie résistante parisienne coiffée d'un béret rouge -réseau communiste oblige!- rencontre dans la cellule d'un commissariat un peu bousculé par l'actualité du jour, François, un monte-en-l'air plein de bagout et un brin cynique....expert en serrures et en évasion! Ils s'evadent , donc, par les toits couverts de zinc de Paris, mais la demoiselle a le vertige, des chaussures à talons compensés et, bientôt , une méchante entorse...

Cavalcade, rendez-vous manqués, arrestations, délation, traque, planques: derrière Jeanne, clopinant sur une patte, on sillonne Paris, en vélo-taxi, en bus à plate-forme, en scooter et même, avec un couple inénarrable de bateliers qui font penser à ceux de l'Atalante, en péniche - dans la lumière dorée d'un été qui, malgré le danger toujours là, fleure déjà la libération toute proche...

Formidable BD une fois de plus, racontée par Jeanne elle-même , d'abord fortement agacée par le détachement goguenard de son Arsène Lupin, puis de plus en plus attendrie, attirée par ce gentleman cambrioleur qui l'a prise sous son aile avec une surprenante sollicitude...

Une histoire de guerre et une histoire d'amour, comme pour le Sursis -avec lequel, surprise, mystère, on trouvera aussi d'autres points communs inattendus..- mais cette fois pas de voyeurisme un peu passif : l'imminence du danger et la griserie de la liberté à portée de fusil provoquent une maturité accélérée des jeunes héros. Jeanne voit ses préjugés fondre comme neige au soleil, François, sans se départir de son cynisme élégant, prend des risques qui peuvent lui coûter cher..Le récit suit le rythme, mouvementé, de cette accélération sentimentale et de cette échappée belle.

Magnifique dessin, cadrage élégant, couleurs somptueuses, scénario au cordeau et texte pertinent, le vol du corbeau - Ami, entends-tu le Vol noir du corbeau sur nos plaines? chantaient les partisans- est en tous points parfait....jusqu'à sa fin, où une petite tache rouge sur la neige en dit plus qu'un long discours..

Un régal, de la première vignette à la dernière,
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cuisineetlectures
  08 février 2015
Que de péripéties rocambolesques avec pour toile de fond, Paris en juin 1944. Jeanne, jeune résistante communiste, arrêtée sur dénonciation pour marché noir, se retrouve dans la même cellule que François, un jeune voleur espiègle. Ils vont s'enfuir ensemble et trouver refuge dans une péniche sur les berges du canal St Martin. La tension est intense, on craint à chaque instant l'arrestation de Jeanne qui recherche activement sa soeur tandis que François continue ses activités nocturnes.
Le scénario est assez convenu, l'histoire d'amour est cousue de fil blanc et pourtant le charme opère dès les premières pages. La beauté des jeunes héros et de Paris éclate à chaque page, les planches de Jean-Pierre Gibrat sont superbes. Les évènements s'enchainent, on s'attache à de nombreux personnages secondaires assez pittoresques, et la gravité des évènements est désamorcée par de fines touches d'humour.
Mais c'est aussi le regard décalé sur deux attitudes opposées face aux soubresauts de la guerre qui fait tout le sel de cette histoire attachante et si plaisante à découvrir.
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saigneurdeguerre
  05 octobre 2019
Paris. Juin 1944.

Sur dénonciation pour marché noir, la jolie Jeanne a été arrêtée par la police… Chez elle, point de cochonnailles, de fromages, de caviar ou de poules… Ce que les poulets ont trouvé est bien plus grave pour la jeune fille : une musette de grenades et trois revolvers…

Mais pourquoi les flics ne la livrent-ils pas à la Gestapo ? Probablement que le commissaire se tâte : les temps changent… Lui aussi devrait peut-être songer à changer de camp…

En attendant, Jeanne est en cabane.

Arrive alors un drôle d'olibrius. Fraîchement arrêté, des bijoux plein les poches, trois mille francs en liquide et des valises d'antiquaire, l'homme ne manque pas de bagout et ne tarde pas à engager la conversation avec Jeanne puisque le voilà enfermé dans la même cage au commissariat.
Profitant de ce que les policiers courent aux abris suite à une alerte aérienne, par ruse, notre malandrin, François, parvient à s'échapper, entraînant sur les toits, la délicieuse Jeanne…

Critique :

Gibrat est un auteur contemporain exceptionnel qui assume tout ; scénario, dessin, mise en couleur. Il excelle à tous les niveaux. Son scénario tient parfaitement la route, le dessin et les couleurs donnent lieu à de vrais tableaux de maître.

On retrouve une ambiance hyper réaliste dans un Paris occupé, reproduit aussi fidèlement que possible.

Les personnages sont très attachants et leurs comportements très humains. Cette « petite » histoire imaginaire tirée de la GRANDE HISTOIRE a le mérite de donner un bel aperçu de la vie à Paris en juin 1944, alors que les alliés ont débarqué en Normandie et que leurs bombardements aériens s'intensifient sur tout ce qui est transports.

A savourer, à déguster, ce n'est pas tous les jours qu'un auteur de BD peut se targuer d'être un immense artiste aux talents multiples, tous plus aboutis les-uns que les autres.
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Fleitour
  24 juin 2018
Cette magnifique incursion dans le Paris de l'occupation, m'a ouvert les écoutilles sur un très grand talent. Jean-pierre Gibrat éclate de virtuosité dans cette BD le Vol du Corbeau, pour moi la découverte d'un surprenant magicien du dessin, étonnant aquarelliste.

L'immersion rocambolesque sur les toits de Paris m'a littéralement ébloui. . Gibrat, réalise à la façon d'un Sylvain tesson, une farandole d'escalades, de sots, de glissades, sur 14 pages dont chaque cliché s'ouvre sur une géométrie décomplexée.

La plongée dans le Paris méconnu des canaux, devient ensuite l'autre terrain de jeu du dessinateur converti en photographe pour aller découper la carcasse de l'Himalaya, une péniche typique des bords de la Seine en plans serrés, une visite des bateaux mouches plus évocatrice qu'un blabla pour touriste.

Faut-il réduire cette BD "le Vol du Corbeau" à cette galerie d'aquarelles, à cette multitude de ciels orangés, flamboyants, violets, neigeux, pour ma part, je sais très bien que je retournerai vers ces pages, pour voguer sur cette péniche que l'on quittera à regret dans les dernières pages et revenir au dénouement de l'intrigue.

La péniche est en effet le lieu de rendez vous, des principaux personnages, le refuge du personnage central, Jeanne dénoncée par une lettre anonyme. Derrière cette lettre anonyme le commissaire de police découvre un réseau de résistants, Jeanne cachait des armes, et sa soeur Mathilde est arrêtée.

La subtilité de l'intrigue vient de la personnalité du commissaire, inspiré, retors, il a deviné que le dénouement de la guerre est proche, il joue habilement sa carte, naviguer sur les eaux boueuses de l'occupation allemande, et se préparer à toutes les éventualités.

Des portraits évocateurs où les yeux viennent vous exprimer l'inexprimable, comme l'expression de ce soldat Alsacien revenu détruit du siège de Stalingrad.
Le vol du Corbeau, un survol inoubliable, de Paris quand Ici londres émettait ses messages : " coup de chapeau au basque sans béret"
"de Dunkerque à Perpignan le père Turcot n'est pas fainéant"
"si la blanquette de veau prend le train le dimanche la vache folle ne prend jamais l'ascenseur".....
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folivier
  06 décembre 2011
Dans la poursuite de la série le Sursis (2 volumes), Gibrat nous livre un nouvel opus sur ces tranches de vies durant la seconde guerre mondiale. Après avoir traité du travail obligatoire et de la résistance en province, nous suivons l'histoire de Jeanne, résistante communiste à Paris. Arrêtée par la police française après avoir été dénoncé pour marché noir , Jeanne rencontre dans sa cellule un jeune homme, François, arrêté en flagrant délit de cambriolage. Ils arrivent à s'enfuir du commissariat et se réfugient dans une péniche, conduite par un couple, René et Huguette. François poursuit ses activités nocturnes tandis que Jeanne essaie de reprendre contact avec son réseau et donner de ses nouvelles à sa soeur. Gibrat aborde des questionnements que peuvent soulever une situation de guerre, l'engagement pour ses valeurs et pour les autres ou bien la débrouille, le chacun pour soi, la sympathie pour la résistance tant que cela n'attire pas d'ennuie, la responsabilité de ses actes et de leurs conséquences. Une belle histoire, tendre, douce-amer, qui se termine sur une interrogation en forme d'espoir. Tout cela est accompagné d'un dessin magnifique qui fait resplendir Paris, le canal Saint Martin, la Seine, les ciels d'automne. Un magnifique album à lire absolument.
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Livresse_des_Mots
  09 août 2013
Cela faisait un moment que je souhaitais découvrir Gibrat, et je n'ai pas été déçue du voyage ! « le Vol du corbeau » a été un pur coup de coeur, un condensé d'émotions, de rires, de larmes, qui a su me toucher et m'émouvoir. Une découverte enivrante qui a un goût de « reviens-y ». Je crois que je ne trouverais pas les mots justes pour traduire mon enthousiasme !

Dès les premières pages, nous nous retrouvons au coeur de l'action : c'est le jour du débarquement de Normandie, et nous pénétrons dans la cellule d'un commissariat, en compagnie de la très charmante et caractérielle Jeanne, la narratrice de ce récit, qui se révèle être une résistante et une communiste. Elle vient d'être enfermée après avoir été dénoncée pour marché noir et après que la Police française a retrouvé de nombreuses armes chez elle. Comme elle le dit elle même « ma petite Jeanne, tu es mal partie ! ». Rapidement rejointe par François, un jeune voleur désinvolte, provocateur et espiègle, ils vont être amenés, bon gré mal gré, à vivre une folle escapade ensemble : fuir les Allemands, fuir les Français, et retrouver Cécile, la jeune soeur de Jeanne, arrêtée par les Allemands. Alors que tout semble les opposer, un attachement profond, une complicité et une loyauté vont naître entre nos deux héros.

J'ai été immédiatement charmée par ces deux personnages hauts en couleurs, aux caractères bien trempés et à l'humour décapent. le graphisme de Gibrat, précis, minutieux et abouti, leur donne une consistance, leurs gestuelles, leurs expressions et leurs poses sont si soigneusement dessinées que nous pourrions croire qu'ils sont face à nous, bel et bien vivants. Gibrat a un immense et indéniable talent : il insuffle la vie à ses personnages.

La petite histoire des protagonistes est mêlée à la Grande Histoire, et Gibrat parvient à évoquer avec légèreté, humour, finesse et poésie une période douloureuse, violente et grave. Même lorsque la tension est à son comble, Gibrat trouve toujours le bon mot pour alléger l'atmosphère et nous arracher un sourire.

Et que dire de cette fin magique, fabuleuse et pleine de promesses, à part qu'elle m'a émerveillée, qu'elle est la conclusion parfaite de cette histoire ?

Un scénario sincère et délicat, des personnages pétillants et attendrissants, magnifiés par un graphisme lumineux et enchanteur. Une pure réussite !
Lien : http://www.livressedesmots.c..
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BRAEM
  13 février 2018
Deux jeunes gens de milieux différents se rencontrent pendant l'occupation. un petit épisode de la vie sous cette occupation. L'une, résistante, l'autre, voleur, leur rencontre permet à Gilbrat de mettre au service de cette histoire son magnifique dessin. Agréable moment de lecture illuminé par les aquarelles de l'auteur.
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CharleneMouzi
  15 novembre 2016
Fan du graphisme et des dessins, un peu moins du scénario...
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Darkangel2202
  24 juillet 2014
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