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EAN : 9782070361441
148 pages
Gallimard (12/07/1972)
3.4/5   174 notes
Résumé :
"Mon amour, voici ma dernière lettre... Vite ces quelques mots encore, car je sais que ce soir je ne pourrai plus rien te dire; mes lèvres, près de toi, ne sauront plus trouver que des baisers. Vite, pendant que je puis parler encore, écoute: Onze heures c'est trop tôt; mieux vaut minuit. Tu sais que je meurs d'impatience et que je m'exténue, mais pour que je m'éveille à toi il faut que toute la maison dorme. Oui, minuit ; pas avant. Viens à ma rencontre juqu'à la p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
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Ayant lu plusieurs romans d 'André Gide depuis des lustres et je peux affirmer avec modestie que je suis un peu familiarisé à l 'univers romanesque de cet auteur que
j 'affectionne !
le premier livre que j' ai lu de cet auteur est "Les nourritures terrestres".Cette lecture m' a bien marquée. Aujourd'hui, en lisant le roman du même auteur,"Isabelle",je trouve un passage de ce livre :"Tu n' as pas donc compris que j' ai pris tous ceux qui s' attachent à moi en horreur, tous ceux qui m'attachent ici. (...)...J 'étouffe ici, je songe à cet ailleurs qui s' entrouvre... J' ai soif..." En revenant, en arrière et en comparant les deux lectures, on trouve ce leitmotiv cher à Gide et on ne peut oublier ce cri lancé par l' auteur des"Nourritures terrestres" :"Famille je vous hais...".Il 'aime la liberté et aime la vie sans aucune contrainte lui qui durant son enfance n 'a connu qu 'elle .
"Isabelle", est un excellent roman. Avec quel plaisir je l' ai lu !
Une lecture prenante et addictive. Poétique. Ce roman, pour goûter sa saveur, il faut le lire pour mieux le sentir !
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Une perle perdue dans ma bibliothèque.
Un roman d'amour construit sur une imagination débridée, une sensibilité exacerbée, une jeunesse encore folle pour qui tout est possible. Un court voyage dans le temps où les belles lettres sont de mise, où les mots ont tout leur sens, où les métaphores font rêver... Ou encore, une prose emplie de poésie...
Un moment hors du temps quand l'esprit se prend au jeu de l'histoire et quand le coeur se met à battre au rythme de la musique des phrases et la magie des mots.
Un petit roman qui a tout d'un grand :-)

Gide, un auteur oublié, lu pendant mes années d'école et dont les ouvrages prennent un peu la poussière bien classés dans les rayons de ma bibliothèque. Quelle belle découverte que celui-ci que je n'avais jamais lu :-)
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André Gide nous entraine dans une histoire intemporelle. Afin d'étudier des textes en vue d'écrire un doctorat, le narrateur Gérard Lacase quitte Paris pour quelques jours et vit dans un château normand auprès d'une famille désargentée complètement dysfonctionnelle. Découvrant une photographie d'Isabelle, il en tombe amoureux et fantasme sur cette femme.

André Gide se joue de l'ambiguïté des sentiments. Si en apparence Gérard Lacase est submergé par une histoire romantique qu'il a créée de toute pièce, nous comprenons en lisant entre les lignes qu'il porte son affection au jeune Casimir.

Cette courte nouvelle permet d'apprécier le style et l'écriture de Gide, sa lecture n'en laissera cependant pas un souvenir impérissable.


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Le château de la Quartfourche, demeure des familles Floch et Saint-Auréol, en fait un manoir menaçant ruine au coeur de la campagne normande. Vit également là un enfant infirme, Casimir, que sa mère, Isabelle de Saint-Auréol a plus ou moins abandonné et dont l'éducation est assurée par un précepteur en soutane, l'abbé Santal…
C'est dans cet environnement que Gérard Lacase, un jeune étudiant qui, dans le cadre de la rédaction d'une thèse de doctorat sur Bossuet, vient visiter l'érudit M. Floche mais aussi et surtout sa bibliothèque pour les précieux documents qu'elle contient.

C'est sans compter sur le portrait d'Isabelle dont Lacase deviendra amoureux, sans la connaître, et qu'il apercevra - apparition fugace - rendant visite à sa famille, en cachette de son fils…
Qui est-elle vraiment ? Pourquoi a-t-elle abandonné son fils ? Est-elle vraiment celle que Lacase a reconstituée autour de son portrait au gré des confidences des uns et des autres ?

Ce que l'on remarque en premier lieu, à l'entame d'un livre d'André Gide, c'est le style… et « Isabelle» ne fait pas exception à la règle.
Un texte, publié en 1911, qui n'est pas le plus connu de l'auteur… mais un texte subtil qui décrit la débâcle d'une famille en un coin somnolent de province, une plongée dans une ambiance ouatée, angoissante…
Ajoutons à cela une construction astucieuse où l'auteur se fait narrateur dans le cadre d'une visite au château de la Quartfourche, accompagné de Francis Jammes (bien réel) et de Gérard Lacase, un personnage créé de toutes pièces pour l'occasion auquel, dès le premier chapitre, il laissera la responsabilité de la narration.

C'est toujours un émerveillement pour moi de me replonger dans cette prose début vingtième, si admirablement maîtrisée par André Gide. Certes, le style est daté, mais quel régal !

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Une drôle d'histoire d'amour où les mots impossible et inaccessible ne sauront définir, c'est un flair comme un flash qui abime les yeux pendant quelques secondes, puis comme un portrait gravé à un mur depuis des siècles, un petit souvenir se grave à tout jamais dans l'âme, de cette manière que l'image d'Isabelle se grave sur la mémoire de Gérard Lacase alors qu'il n'a connu d'elle que son portrait, puis son histoire qui la fait passer pour une espèce de femme fatale...
Gérard Lacase se rend dans le château de la Quartfourche pour consulter, et Monsieur Floch, et sa bibliothèque pour sa thèse de Doctorat sur Bossuet, la singularité des personnages qu'il rencontre dans le château lui fait regretter la ville, il décide de partir mais aussitôt la sympathie que lui manifeste les habitants du château le touche, il se ravisera encore plus quand Casimir, un enfant infirme lui montre le portrait de sa mère Isabelle, frappé d'un coup de foudre, Gérard reste dans le but de découvrir qui est cette Isabelle...
Une belle écriture qui nous fait oublier le contraste qui se dégage dans la beauté physique d'Isabelle et de la beauté de son âme.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
J' ai presque peine à comprendre aujourd'hui l'impatience qui m'élançait alors vers la vie. A vingt-cinq ans je n'en connaissais rien à peu près, que par les livres ; et c'est pourquoi sans doute je me croyais romancier ; car j'ignorais encore avec quelle malignité les événements dérobent à nos yeux le côté par où ils nous intéressaient davantage, et combien de prise ils offrent à qui ne sait pas les forcer .
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Elle coupait ce récit d’interjections, il est vrai, récriminant contre le destin, et elle déplorait que dans ce monde la poésie et le sentiment eussent toujours tort ; mais je m’attristais de ne distinguer point dans la mélodie de sa voix les chaudes harmoniques du cœur. Pas un mot de regret que pour elle ! Quoi ! pensais-je, est-ce là comme elle savait aimer ?...
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(…) la connaissance superficielle des évènements ne concorde pas toujours, pas souvent même, avec la connaissance profonde que nous en pouvons prendre ensuite, et l’enseignement que l’on peut en tirer n’est pas le même ; (…) il est bon d’examiner avant de conclure…
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Gérard Lacase, chez qui nous nous retrouvâmes au mois d’août 189., nous mena, Francis Jammes et moi, visiter le château de la Quartfourche dont il ne restera bientôt plus que des ruines, et son grand parc délaissé où l’été fastueux s’éployait à l’aventure. Rien plus n’en défendait l’entrée : le fossé à demi comblé, la haie crevée, ni la grille descellée qui céda de travers à notre premier coup d’épaule. Plus d’allées ; sur les pelouses débordées quelques vaches pâturaient librement l’herbe surabondante et folle : d’autres cherchaient le frais au creux des massifs éventrés ; à peine distinguait-on de ci de là, parmi la profusion sauvage, quelque fleur ou quelque feuillage insolite, patient reste des anciennes cultures, presque étouffé déjà par les espèces plus communes. Nous suivions Gérard sans parler, oppressés par la beauté du lieu, de la saison, de l’heure, et parce que nous sentions aussi tout ce que cette excessive opulence pouvait cacher d’abandon et de deuil.

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J'étais comme au spectacle. Mais puisqu'elles ne se savaient pas observées, pour qui ces deux marionnettes jouaient-elles la tragédie ? Les attitudes et les gestes de la fille me paraissaient aussi exagérés, aussi faux que ceux de la mère... Celle-ci me faisait face, de sorte que je voyais de dos Isabelle qui, prosternée, gardait sa pose d'Esther suppliante; tout à coup je remarquai ses pieds : ils étaient chaussés en pou-de-soie couleur prune, autant qu'il me sembla et que l'on en pouvait juger encore sous la couche de boue qui recouvrait les bottines; au-dessus, un bas blanc, où le volant de la jupe, en se relevant, mouillé, fangeux, avait fait une traînée sale... Et soudain, plus haut que la déclamation de la vieille, retentit en moi tout ce que ces pauvres objets racontaient d'aventureux, de misérable. Un sanglot m'étreignit la gorge; et je me promis, quand Isa quitterait la maison, de la suivre à travers le jardin.
Mme de Saint-Auréol cependant avait fait trois pas vers le fauteuil de Mme Floche :
« — Allons! donnez-moi ces billets ! Pensez-vous que, sous votre mitaine, je ne voie pas se froisser le papier ? Me croyez-vous aveugle, ou folle ? Donnez-moi cet argent, vous dis-je ! » Et, mélodramatiquement, approchant les billets, dont elle s'était emparée, de la flamme d'une des bougies du candélabre :
« — Je préfèrerais brûler le tout (faut-il dire qu'elle n'en faisait rien) plutôt que de lui donner un liard. »
Elle glissa les billets dans sa poche et reprit son geste déclamatoire :
« — Fille ingrate ! Fille dénaturée ! Le chemin qu'ont pris mes bracelets et mes colliers, vous saurez l'apprendre à mes bagues ! » Ce disant, d'un geste habile de sa main étendue, elle en fit tomber deux ou trois sur le tapis. Comme un chien affamé se jette sur un os, Isabelle s'en saisit.
« — Partez, à présent: nous n'avons plus rien à nous dire, et je ne vous reconnais plus. »
Puis ayant été prendre un éteignoir sur la table de nuit, elle en coiffa successivement chaque bougie du candélabre, et partit.
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Vidéo de André Gide
CHAPITRES : 0:00 - Titre
M : 0:06 - MÉCHANCETÉ - Henry Becque 0:16 - MÉDECINE - Jean de Villemessant 0:28 - MÉDISANCE - Gabriel Hanotaux 0:39 - MÉNAGE - Claude Roy 0:51 - MODESTIE - Laurent de la Beaumelle 1:01 - MONDE - Comte de Oxenstiern 1:11 - MOQUERIE - Léon Brunschvicg 1:21 - MORT - Alphonse Rabbe 1:31 - MOT - Michel Balfour
N : 1:42 - NAISSANCE ET MORT - Alexandre Dumas 1:55 - NÉANT - Villiers de L'Isle-Adam
O : 2:07 - OISIVETÉ - Noctuel 2:21 - OPINION DES FEMMES - Suzanne Necker 2:41 - OPTIMISME - André Siegfried
P : 2:52 - PARAÎTRE - André Gide 3:02 - PARLER - Maurice Donnay 3:14 - PARLER SANS BUT - Oscar Comettant 3:26 - PAROLE - Pierre Dac 3:38 - PASSION - Comte de Saint-Simon 3:49 - PÈRE - Francis de Croisset 4:00 - PERFECTION DE LA FEMME - Alfred Daniel-Brunet 4:12 - PESSIMISME - Ernest Legouvé 4:24 - PEUPLE - Gustave le Bon 4:35 - PHILOSOPHIE - Georges Delaforest 4:49 - PLEURER - Malcolm de Chazal 4:57 - POSE - Jean Commerson
R : 5:16 - RAISON - Albert Samain 5:28 - RÉCEPTION - Fernand Vandérem 5:45 - RÉFLÉCHIR - Julien Benda
5:56 - Générique
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE : Jean Delacour, Tout l'esprit français, Paris, Albin Michel, 1974.
IMAGES D'ILLUSTRATION : Henry Becque : https://libretheatre.fr/wp-content/uploads/2017/02/Becque_Atelier_Nadar_btv1b53123929d.jpg Jean de Villemessant : https://www.abebooks.fr/photographies/Disdéri-Hippolyte-Villemessant-journaliste-patron-Figaro/30636144148/bd#&gid=1&pid=1 Gabriel Hanotaux : https://books.openedition.org/cths/1178 Claude Roy : https://www.gettyimages.ca/detail/news-photo/french-journalist-and-writer-claude-roy-in-1949-news-photo/121508521?language=fr Laurent Angliviel de la Beaumelle : https://snl.no/Laurent_Angliviel_de_La_Beaumelle Léon Brunschvicg : https://www.imec-archives.com/archives/collection/AU/FR_145875401_P117BRN Alexandre Dumas : https://de.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Dumas_der_Ältere#/media/Datei:Nadar_-_Alexander_Dumas_père_(1802-1870)_-_Google_Art_Project_2.jpg Villiers de L'Isle-Adam : https://lesmemorables.fr/wp-content/uploads/2020/01/2-Villiers-jeune.jpg Noctuel : https://prixnathankatz.com/2018/12/08/2008-benjamin-subac-dit-noctuel/ Suzanne Necker : https://www.artcurial.com/en/lot-etienne-aubry-versailles-1745-1781-portrait-de-suzanne-necker-nee-curchod-1737-1794-huile-sur#popin-active André Siegfried : https://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/02/09/31001-20160209ARTFIG00272-andre-siegfried-figure-tutelaire-de-la-geographie-electorale-contemporaine.php André Gide : https://www.ledevoir.com/lire/361780/gide-et-le-moi-ferment-du-monde Maurice Donnay : https://www.agefotostock.com/age/en/details-photo/portrait-of-charles-maurice-donnay-1859-1945-french-playwright-drawing-by-louis-remy-sabattier-from-l-illustration-no-3382-december-21-1907/DAE-BA056553 Oscar Comettant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Oscar_Comettant#/media/Fichier:Oscar_Comettant-1900.jpg Pierre Dac : https://www.humanite.fr/politique/pierre-dac/presidentielle-1965-pierre-dac-une-candidature-moelle-732525 Saint-Simon : https://www.britannica.com/biography/Henri-de-Saint-Simon Francis Wiener de
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