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EAN : 9782070741168
140 pages
Éditeur : Gallimard (02/06/1995)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 77 notes)
Résumé :

Rares sont les écrivains qui, parallèlement au roman qu'ils écrivent, tiennent un journal de leur travail et le publient de leur vivant. C'est le cas d'André Gide avec son célèbre roman de l'adolescence perverse, Les faux-monnayeurs.

Le Journal des faux-monnayeurs est le long dialogue de Gide avec ses personnages au fur et à mesure de leur création. C'est ainsi qu'il se familiarise avec l'atmosphère trouble dans laquelle évoluent ses hér... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
lecassin
  16 avril 2020
Une première !
S'il m'est arrivé, parfois de lire des notes et commentaires de l'auteur au sujet de la genèse d'ouvrages précédemment lus, comme avec Michel Tournier ou Julien Green, c'est la première fois qu'il m'arrive de lire ce genre de journal de création d'un roman : « Journal des faux-monnayeurs » d'André Gide avant d'avoir lu l'ouvrage concerné...
Un journal qui, certes n'est pas d'une qualité stylistique digne d'André Gide ; le style télégraphique étant de mise. Malgré tout, on rencontre l'homme dans sa démarche de création : une démarche faite de certitudes (un peu) vite remises en cause ; de doutes (souvent) ; de conseils d'amis (pas toujours écoutés), comme ici Roger Martin du Gard...
Résultat : il me tarde de lire « Les faux monnayeurs ».
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Marcellina
  28 avril 2016
Et encore une belle découverte… Un recueil, petit par la taille mais grand par son contenu qui nous livre la vérité ou plutôt une vérité, celle d'André Gide, sur son travail d'écrivain.
Un journal qui commence le 17 juin 1919, les pensées prémisses du roman et se termine le 8 juin 1925, le point final est posé. Six ans de travail, de tortures mentales, de découragements, de moments d'extase, d'interrogations pour achever un roman dont même les personnages ont pris du temps à s'étoffer.
Ainsi, pour ses personnages, André Gide dit notamment :
« Les personnages demeurent inexistants aussi longtemps qu'ils ne sont pas baptisés ».
Mais aussi :
« Je tâche à enrouler les fils divers de l'intrigue et la complexité de mes pensées autour de ces petites bobines vivantes que sont chacun de mes personnages. »
Et encore :
« Le mauvais romancier construit ses personnages ; il les dirige et les fait parler. le vrai romancier les écoute et les regarde agir ; il les entend parler dès avant que de les connaître, et c'est d'après ce qu'il leur entend dire qu'il comprend peu à peu qui ils sont. »
Et au fil des années, des voyages, des conversations avec ses amis, des rencontres, ses personnages prennent de la chair et deviennent des êtres à part entière qui le surprennent souvent.
Comme Claude Monet, l'auteur s'interroge et s'inquiète de ne pas parfaitement mettre toute sa matière, toute son âme dans son roman et parfois, pour un temps, les pensées se cristallisent... Et comme il s'exprime beaucoup mieux que moi, je lui laisse la parole,  :
« Je préfère l'image de la baratte. Oui ; plusieurs soirs de suite j'ai baratté le sujet dans ma tête, sans obtenir le moindre caillot mais sans perdre l'assurance que les grumeaux finiraient bien par se former. Etrange matière liquide qui, d'abord et longtemps, refuse de prendre consistance, mais où les particules solides, à force d'être remuées, agitées en tous sens, s'agglomèrent enfin et se séparent du petit-lait. A présent, je tiens la matière qu'il me faut malaxer et pétrir. S'il ne savait d'avance, par expérience, qu'à force de battre et d'agiter le chaos crémeux, il verra se renouveler le miracle – qui ne lâcherait la partie ? »
Et le livre « Les faux-monnayeurs » est toujours dans sa tête même si d'autres travaux en cours prennent parfois le dessus. Si pas d'autres écrits qu'il faut finaliser, retravailler, des corrections de traductions, des traductions aussi ou encore des visites à des amis ou des voyages. Mais cela aussi aide à la création de l'oeuvre...
« Le plus sage est de ne point trop se désoler des temps d'arrêt. Ils aèrent le sujet et le pénètrent de vie réelle. »
Et dans ce journal où est repris tout le parcours du roman, on découvre la difficulté de l'écrivain face à la page blanche, face à l'expression qui quand elle est écrite ne reflète pas complètement la pensée voulue ; on découvre le travail, le faire et défaire, la relecture et surtout la ré-écriture qui finalement conduira à la version terminée. On trouve alors un artiste qui comme le peintre gratte sa toile et la retouche et parfois recommence sans fin pour obtenir l'effet désiré.
Et d'un fait divers réel, qui a enclenché toute la réflexion, il faut parfois se détacher pour en tirer toute sa réalité et c'est là que l'imaginaire a sa place...
« Le difficile c'est d'inventer, là où le souvenir vous retient. »
Et au fil des pages, au fil des années, le récit se construit et ce qui devait être le premier chapitre, se voit repoussé par le roman lui-même comme le dit si bien André Gide :
« Le livre, maintenant, semble parfois doué de vie propre ; on dirait une plante qui se développe, et le cerveau n'est plus que le vase plein de terreau qui l'alimente et la contient. Même, il me paraît qu'il n'est pas habile de chercher à « forcer » la plante ; qu'il vaut mieux en laisser les bourgeons se gonfler, les tiges s'étendre, les fruits se sucrer lentement, qu'en cherchant à devancer l'époque de leur maturité naturelle, on compromet la plénitude de leur saveur. »
Je ne suis pas vraiment une lectrice de journal intime et pourtant, celui-ci m'a beaucoup émue. Non seulement l'écriture est très belle, mais bon, c'est André Gide quand même…, mais aussi il nous livre sa technique, son approche, son travail au jour le jour. Pour tous les écrivains en herbe, c'est un outil de travail ou plutôt, des idées pour concrétiser le rêve d'un roman.
« Les sources de nos moindres gestes sont aussi multiples et retirées que celles du Nil. »
Dans le cadre du challenge multi-défis 2016, je place ce journal pour l'item « Un roman épistolaire (journaux et mémoires acceptés) ». Ça change clairement de mes romances habituelles bien qu'il s'agisse ici aussi d'amour, l'amour du travail bien fait ;-)
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Winter-
  24 août 2017
Le Journal des Faux-monnayeurs, rédigé entre juin 1919 et mai 1925, est assimilable à un journal intime. Il comporte de nombreuses réflexions théoriques sur le roman, les doutes et questionnements sur le livre en préparation mais aussi les objectifs fixés par l'auteur. le Journal est composé de deux carnets et un appendice composé d'articles de presse relatant les faits divers dont s'inspire le roman, une petite correspondance avec des lecteurs et deux fragments relatant le premier projet du roman et un petit traité sur la non-existence du Diable. Ce Journal nous montre que Gide a longuement préparé son roman sans en écrire une ligne mais aussi les différents moyens qu'il a utilisés pour rédiger son livre : fiches, feuilles, esquisses. L'auteur se familiarise peu à peu avec ses personnages, il se livre comme à un confident en nous faisant part de ses difficultés, de son découragement et de ses doutes. le Journal est un document original et précieux qui relate la genèse du roman dans le but d'éclaire sa lecture. Gide a conscience que son livre est difficile, un tel travail doit être abordé avec patience et intelligence pour bien le comprendre. C'est un texte court mais essentiel pour ceux qui s'intéressent à la genèse de l'oeuvre et à son processus de création.
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Calliope2017
  09 janvier 2018
Une démarche unique dans l'histoire de la littérature !
André Gide, parallèlement à l'écriture de son roman Les Faux-Monnayeurs, a tenu un journal de l'avancée de son oeuvre, et l'a publié ensuite. Il note ses hésitations quant au choix de ses personnages, de la structure, ou encore du narrateur. On peut voir comment le roman et ses personnages évoluent au fur et à mesure de l'écriture et, plus généralement, comment André Gide écrit un roman, en inventant mais également en s'inspirant d'anecdotes de sa vie quotidienne ou de faits divers. Gide nous livre donc de nombreuses réflexions sur la littérature et sur sa conception du roman.
Une lecture très intéressante, à lire bien sûr après celle des Faux-Monnayeurs, dont on a ensuite une autre vision.
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Ma_vie_en_livres
  12 juin 2019
Avec le Journal des faux-monnayeurs, on est en coulisses, et avec André Gide c'est un vrai privilège. J'ai pris autant de plaisir à lire le "Journal" que Les faux-monnayeurs. Après cette lecture, j'ai même eu envie de relire Les faux-monnayeurs car, inévitablement, certains éléments m'avaient échappé en première lecture. Au fil des pages, les personnages naissent sous nos yeux, avec leur complexité, les doutes de l'écrivain sur ce qu'ils deviendront dans Les faux-monnayeurs, et l'on tente de comprendre le processus de "création" des héros. André Gide se livre sur ses facilités et ses difficultés à écrire parfois, et c'est très instructif.
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Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
MarcellinaMarcellina   28 avril 2016
Le livre, maintenant, semble parfois doué de vie propre ; on dirait une plante qui se développe, et le cerveau n'est plus que le vase plein de terreau qui l'alimente et la contient. Même, il me paraît qu'il n'est pas habile de chercher à « forcer » la plante ; qu'il vaut mieux en laisser les bourgeons se gonfler, les tiges s'étendre, les fruits se sucrer lentement, qu'en cherchant à devancer l'époque de leur maturité naturelle, on compromet la plénitude de leur saveur.
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RozelenRozelen   19 février 2018
À vrai dire, du livre même, je n'ai pas encore écrit une ligne. Mais j'y ai déjà beaucoup travaillé. J'y pense chaque jour et sans cesse. J'y travaille d'une façon très curieuse, que je m'en vais vous dire : sur un carnet, je note au jour le jour l'état de ce roman dans mon esprit ; oui, c'est une sorte de journal que je tiens, comme on ferait celui d'un enfant... C'est-à-dire qu'au lieu de me contenter de résoudre, à mesure qu'elle se propose, chaque difficulté (et toute œuvre d'art n'est que la somme ou le produit des solutions d'une quantité de menues difficultés successives), chacune de ces difficultés, je l'expose, je l'étudie. Si vous voulez, ce carnet contient la critique de mon roman ; ou mieux : du roman en général.
Songez à l'intérêt qu'aurait pour nous un semblable carnet tenu par Dickens, ou Balzac ; si nous avions le journal de l'Éducation sentimentale, ou des Frères Karamazov ! L'histoire de l'œuvre, de sa gestation ! Mais ce serait passionnant... Plus intéressant que l'œuvre elle-même...
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lecassinlecassin   13 avril 2019
Ce qu'on appelle un " esprit faux " [...] : c'est celui qui éprouve le besoin de se persuader qu'il a raison de commettre tous les actes qu'il a envie de commettre ; celui qui met sa raison au service de ses instincts, de ses intérêts, ce qui est pire, ou de son tempérament.
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MarcellinaMarcellina   28 avril 2016
 Le mauvais romancier construit ses personnages ; il les dirige et les fait parler. Le vrai romancier les écoute et les regarde agir ; il les entend parler dès avant que de les connaître, et c'est d'après ce qu'il leur entend dire qu'il comprend peu à peu qui ils sont.
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MarcellinaMarcellina   28 avril 2016
Je préfère l'image de la baratte. Oui ; plusieurs soirs de suite j'ai baratté le sujet dans ma tête, sans obtenir le moindre caillot mais sans perdre l'assurance que les grumeaux finiraient bien par se former. Etrange matière liquide qui, d'abord et longtemps, refuse de prendre consistance, mais où les particules solides, à force d'être remuées, agitées en tous sens, s'agglomèrent enfin et se séparent du petit-lait. A présent, je tiens la matière qu'il me faut malaxer et pétrir. S'il ne savait d'avance, par expérience, qu'à force de battre et d'agiter le chaos crémeux, il verra se renouveler le miracle – qui ne lâcherait la partie ?
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Videos de André Gide (40) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de André Gide
"André Gide parmi nous", par Henri Queffélec : première diffusion sur France Culture le 26 décembre 1969. Photographie : André Gide (1869-1951), écrivain français, et le masque de Giacomo Leopardi, rue Vaneau, à Paris. © Laure Albin Guillot / Roger-Viollet. Dans cette conférence, Henri Queffélec nous parle, entre autres choses, de l’influence de Gide sur la jeunesse - influence plus intellectuelle que littéraire -, sa brouille avec Claudel, son retour d’URSS et les retouches qui s’en suivirent…. « Beaucoup de choses à dire aux jeunes gens trop nerveux ou trop indociles »…
Source : France Culture
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