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ISBN : 2070362299
Éditeur : Gallimard (17/10/1972)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 384 notes)
Résumé :
Un homme se fuit en parcourant le monde, entrainant dans son long voyage son épouse, essayant d’oublier ses pulsions amorales. -
Un matin, j'eus une curieuse révélation sur moi-même: Moktir, le seul des protégés de ma femme qui ne m'irritât point, était seul avec moi dans ma chambre.
Je me tenais debout auprès du feu, les deux coudes sur la cheminée, devant un livre, et je paraissais absorbé, mais pouvais voir se refléter dans la glace les mouvements ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  08 juillet 2017
« Charles, tu sais parfaitement que je ne me suis moqué de personne, et si je fais ce qui me plait c'est que cela ne nuit qu'à moi. » (p. 150) Cette phrase, énoncée par le narrateur Michel vers la fin du livre, et dans un contexte bien précis, peut cependant s'appliquer à l'ensemble du roman. C'est que, tout le long, je cherchais un sens à cette histoire que me racontait André Gide. Quel sens donner à cette vie qu'il me présentait. Michel, maladif, voyage en Algérie, puis en Italie. Il frôle la mort et se reprend peu à peu. Il visite sa ferme familiale en Normandie, y reste un certain temps, afin de mettre un peu d'ordre dans les affaires. Puis il va à Paris où il occupe une charge dans un établissement d'enseignement. Puis il retourne en Normandie. Toutes ces pérégrinations, pourquoi ?
Eh bien, Michel, il fait bien ce qu'il veut, peu importe les conséquences (même pour lui-même), peu importe une quelconque morale. Non pas qu'il soit méchant et cherche à faire mal ou à nuire aux autres, non. Mais cette absence de morale est troublante. Et on le remarque dès le début. Même malade, il est en pleine possession de ses sens, il remarque des choses qui échappent à tous. Il porte une attention particulière à des jeunes garçons qui lui rendent visite. Je m'attendais à voir se développer une relation homosexuelle (au siècle dernier, n'associait-on pas la « pédasterie » à un manque de moralité ?). Mais non, fausse route.
De plus, le narrateur échange philosophie avec Ménalque, un ancien ami retrouvé. Parfois ils s'entendent, d'autres fois ils discutent violemment. Certaines des prises de positions me semblaient fortes… controversées… méprisant l'ordre établi, les conventions, les bonnes moeurs. Mais son ami part à l'étranger et le narrateur retourne en Normandie, agit de façon étrange (il traine avec un braconnier et se met à dos les paysans et la famille de son métayer, puis vice-versa). Ces péripéties bêtes, pourquoi étaient-elles là, sinon pour exprimer l'ennui du narrateur. Finalement, c'est sans doute ça, l'immoralité : une certaine inaction, un désoeuvrement qui ronge l'âme au point de la rendre inerte. Peu importe où il se trouve, la passivité, l'oisiveté le prend et lui enlève toute force vitale, tout sens de bien et de mal. Il n'en reste qu'un quelconque besoin de se divertir un peu. Ou, alors, le triomphe de la liberté, de la volonté intérieure.
Mais tout n'est pas fini. Dans ce si bref roman, c'est qu'il s'en passe, des choses ! Après tout ça, c'est la maladie de sa femme qui le pousse à retourner en Algérie. Là même où l'histoire avait commencé ! Mais les événements se bousculent, le narrateur se perd un peu… ses forces physiques et mentales l'abandonnent à nouveau, il se tourne vers l'autodestruction. Finalement, L'immoraliste, c'est l'histoire d'un type sans morale, comme si rien n'avait de prise sur lui. Ou, du moins, c'est ainsi que je l'ai perçu. Au tournant du 20e siècle, André Gide soulève plusieurs questions. Un peu prévoyant, car ne dit-on pas que la modernité a provoqué la chute de la moralité ?
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colimasson
  27 mai 2014
Grandiose d'énergie, mais aussi effrayé par la nouvelle morale que sa santé foudroyante lui procure, Michel réunit ses anciens amis pour plaider son innocence. Il raconte son histoire et sa longue maladie, surmontée à force de confiance et de volonté, abattue comme un ennemi physiquement appréhendable. L'ennemi disparu, Michel retrouve ses forces et se sent envahi par un appétit que même son ancienne vigueur ne lui avait permis de connaître. Vivre, ce n'est plus se reposer tranquillement sur le fil d'un temps qui se déroule à notre insu : il s'agit désormais de dompter la vie comme la maladie –d'ailleurs, la vie n'est qu'une maladie appréhendée avec toutes les forces physiques et mentales de l'individu.

Michel ne veut se fixer à nul endroit mais il est contraint de se discipliner au rythme de vie plus apaisé souhaité par sa jeune femme. Séjournant en Algérie puis en Italie, il fait mine de s'installer en Normandie, puis en Suisse, mais finit irrémédiablement par souhaiter un retour en Algérie alors qu'entre-temps, la maladie a changé de camp pour frapper son épouse. Comment un individu ayant triomphé de la maladie peut-il accepter le rythme de vie languissant d'une femme affaiblie ?

« Ce qu'elle appelait le bonheur, c'est ce que j'appelais le repos, et moi je ne voulais ni ne pouvais me reposer. »

S'il n'avait pas traversé cette phase de dépression physique et mentale avant de recouvrer son énergie, Michel aurait peut-être accompagné sa femme calmement dans sa convalescence. Désormais, il n'accepte plus aucun sacrifice qui ne lui soit pas destiné. Héritier des nouvelles conceptions physiologiques de son époque, André Gide relie le corps à l'esprit, et donc à la morale : « Il me semblait avoir jusqu'à ce jour si peu senti pour tant penser, que je m'étonnais à la fin de ceci : ma sensation devenait aussi forte qu'une pensée ». L'homme nietzschéen se dresse et se prétend impitoyable, brandit sa fierté et son amour-propre à la façon d'une revanche qu'il s'agit de prendre sur les souffrances morbides surmontées : « J'ai horreur de la sympathie ; toutes les contagions s'y cachent ; on ne devrait sympathiser qu'avec les forts ».

André Gide parvient à installer authentiquement son personnage dans les contradictions de sa nouvelle morale. Ses pensées et ses idées semblent elles-mêmes issues d'un parcours similaire à celui de Michel, mais peut-être parce qu'il est encore tôt, en 1902, d'avancer un individualisme aussi impudique et cruel, l'Immoraliste se réfugie derrière une platitude rhétorique qui ne permet pas à André Gide de rejoindre l'amoralisme dansant de Nietzsche. Voilà peut-être pourquoi Michel se contente de n'être qu'un « immoraliste ».

Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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araucaria
  26 octobre 2013
Livre bien écrit, bien construit qui nous fait marcher sur les traces d'un couple frappé par la maladie et qui se perd dans l'oisiveté et les voyages. de belles descriptions, une plume agréable. Un roman honnête dans lequel André Gide nous présente un héros qui flirte avec des personnes de moralité et aux moeurs parfois douteuses, personnage peu attachant, assez insensible et recherchant le vice chez ses semblables. Un texte qui ne va pas révolutionner mon existence, mais que je ne suis pas mécontente d'avoir lu jusqu'au bout, connaissant assez peu l'oeuvre de ce grand écrivain du 20 ème siècle.
Lien : http://araucaria20six.fr/
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PiertyM
  15 avril 2017
Un livre très émouvant! L'écriture de Gide est une merveille, elle s'affine aussi avec le choix que l'auteur fait de son héros aboulique et asthénique, un mollasson d'une santé fragile et très inconstante. Il raconte son histoire à ses amis, il leur parle de son mariage, de ces contraintes qui l'obligent d'une part à l'oisiveté pour sa santé altérable et d'autre part à voyager pour le mal qui fourmille dans sa peau. C'est à cela que la plume de Gide se déchaine avec de ces descriptions alléchantes qui s'incrustent et se refondent selon l'état physique et psychique de notre héros lymphatique, si bien que le rythme est ni accéléré, ni lent, il est simplement calme, le temps n'est pas rude, ni joyeux, il simplement paisible. Et à notre héros, on lui absous ses tendances quelque peu inconvenantes qu'il découvre lui-même, d'ailleurs, au fur et à mesure, et avec surprise ...
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mariech
  04 avril 2016
De l'auteur j'ai lu Les nourritures terrestres à l'adolescence, j'avais beaucoup aimé , j'ai lu également le célèbre La symphonie pastorale , un peu moins apprécié , et puis plus jamais je n'ai relu l'auteur avant d'avoir envie de relire un classique de la litterature française , et c'est ce livre qui est venu à moi au détour d'une de mes promenades dans ma bibliothèque préférée .
Ce livre parle ouvertement et je me suis demandée en lisant si aujourd'hui un auteur aurait encore l'occasion d'écrire aussi librement sur ce thème , je ne le pense pas .
J'ai beaucoup aimé l'écriture néanmoins cette lecture m'a fait prendre conscience d'une chose que je savais déjà , je suis trop curieuse pour relire des classiques , j'aime trop découvrir de nouveaux auteurs , de nouveaux romans .
Et puis ça fait tout de même un drôle d'effet de relire des auteurs lus à l'adolescence, on ne les lit plus de la même façon , en lisant Les nourritures terrestres adolescente je ne savais même pas qu'André Gide etaint homosexuel et qu'il aimait même les jeunes garçons .
Et puis après cette dernière lecture , faite il y a quelques mois , j'ai ( époque oblige) , recherché des infos sur le net , et découvert avec tout de même un peu d'étonnement qu'André Gide avait eu une fille ...
Oui et bien moi je suis heureuse de vivre à notre époque , de connaître les joies des découvertes sur le net , ça me donne envie de découvrir et de découvrir encore d'autres livres , d'autres horizons .
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Citations et extraits (75) Voir plus Ajouter une citation
petitourspetitours   26 juillet 2009
Rien de plus tragique, pour qui crut mourir, qu'une lente convalescence. Après que l'aile de la mort a touché, ce qui paraissait important ne l'est plus ; d'autres choses le sont, qui ne paraissaient pas importantes, ou qu'on ne savait même pas exister. L'amas sur notre esprits de toutes connaissances acquises s'écaille comme un fard et, par places, laisse voir à nu la chair même, l'être authentique qui se cachait.
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mandarine43mandarine43   07 février 2012
Je repense souvent à ces larmes et je crois maintenant que, déjà se sentant condamnée, c'est de regret d'autres printemps qu'elle pleurait. Je pense aussi qu'il est de fortes joies pour les forts, et de faibles joies pour les faibles que les fortes joies blesseraient. Elle, un rien de plaisir la soûlait ; un peu d'éclat de plus, et elle ne le pouvait plus supporter. Ce qu'elle appelait le bonheur, c'est ce que j'appelais le repos, et moi je ne voulais ni ne pouvais me reposer.
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mandarine43mandarine43   08 février 2012
Ah ! peut-être allez-vous penser que je n'aimais pas Marceline. Je jure que je l'aimais passionnément. Jamais elle n'avait été et ne m'avait paru si belle. La maladie avait subtilisé et comme extasié ses traits. Je ne la quittais presque plus, l'entourais de soins continus, protégeais, veillais chaque instant et de ses jours et de ses nuits. Si léger que fût son sommeil, j'exerçai mon sommeil à rester plus léger encore ; je la surveillais s'endormir et je m'éveillais le premier. Quand, parfois, la quittant une heure, je voulais marcher seul dans la campagne ou dans les rues, je ne sais quel souci d'amour et la crainte de son ennui me rappelaient vite auprès d'elle ; et parfois j'appelais à moi ma volonté, protestais contre cette emprise, me disais : n'est-ce que cela que tu vaux, faux grand homme ! - et me contraignais à faire durer mon absence ; - mais je rentrais alors les bras chargés de fleurs, fleurs de jardin précoce ou fleurs de serre... Oui, vous dis-je ; je la chérissais tendrement. Mais comment exprimer ceci ?... A mesure que je me respectais moins, je la vénérais davantage ; - et qui dira combien de passions et combien de pensées ennemies peuvent cohabiter en l'homme ?...
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stcyr04stcyr04   03 mars 2015
– Si encore nos médiocres cerveaux savaient bien embaumer les souvenirs ! Mais ceux-ci se conservent mal. Les plus délicats se dépouillent ; les plus voluptueux pourrissent ; les plus délicieux sont les plus dangereux dans la suite. Ce dont on se repent était délicieux d’abord.

De nouveau, long silence ; et puis il reprenait :

– Regrets, remords, repentirs, ce sont joies de naguère, vues de dos. Je n’aime pas regarder en arrière, et j’abandonne au loin mon passé, comme l’oiseau, pour s’envoler, quitte son ombre. Ah ! Michel, toute joie nous attend toujours, mais veut trouver la couche vide, être la seule, et qu’on arrive à elle comme un veuf. Ah ! Michel, toute joie est pareille à cette manne du désert qui se corrompt d’un jour à l’autre ; elle est pareille à l’eau de la source Amélès qui, raconte Platon, ne se pouvait garder dans aucun vase. Que chaque instant emporte tout ce qu’il avait apporté.
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lsapylsapy   25 juillet 2017
C'est à soi-même que chacun prétend le moins ressembler. Chacun se propose un patron, puis l'imite ; même il ne choisit pas le patron qu'il imite ; il accepte un patron tout choisi. Il y a pourtant, je le crois, d'autres choses à lire, dans l'homme. On n'ose pas. On n'ose pas tourner la page. – Lois de l'imitation ; je les appelle : lois de la peur. On a peur de se trouver seul ; et l'on ne se trouve pas du tout. Cette agoraphobie morale m'est odieuse ; c'est la pire des lâchetés. Pourtant c'est toujours seul qu'on invente. Mais qui cherche ici d'inventer ? Ce que l'on sent en soi de différent, c'est précisément ce que l'on possède de rare, ce qui fait à chacun sa valeur – et c'est là que l'on tâche de supprimer. On imite. Et l'on prétend aimer la vie !
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Videos de André Gide (44) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de André Gide
Des Américaines à Paris de Gérard Bonal aux éditions Tallandier
Mary Cassatt, Natalie Barney, Renée Vivien, Winnaretta Singer, Isadora Duncan, Gertrude Stein, Alice Toklas, Romaine Brooks, Edith Wharton, Anne Morgan, les soeurs Klumpke? le Paris de la Belle Époque vibre sous les assauts de ces Américaines éprises de liberté. Elles sont riches, artistes, philanthropes. Elles peignent, écrivent, dansent, jouent de la musique, tiennent salon, aiment. Paris est une fête pour ces femmes aux moeurs libres qui fuient l?Amérique puritaine. le salon de la princesse de Polignac où se retrouve toute l?avant-garde musicale, Fauré, Ravel et Debussy ; l?atelier de la rue de Fleurus où Gertrude Stein arbitre le match Picasso-Matisse ; le temple de l?amitié de Natalie Barney, rue Jacob, où l?on croise Colette, André Gide, Ernest Hemingway, Adrienne Monnier, Jean Cocteau? Autant de lieux qu?elles ont rendus célèbres dans le monde entier grâce à leur énergie et leur talent.
https://www.lagriffenoire.com/93155-romans-des-americaines-a-paris.html
Vous pouvez commander Des Américaines à Paris sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com
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