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Pierre Masson (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070359950
128 pages
Gallimard (08/01/2009)
3.35/5   84 notes
Résumé :
Fasciné par la machine judiciaire comme par les aperçus des replis de l'âme humaine que lui apporte son expérience de juré, l'écrivain André Gide assiste pendant plusieurs semaines à divers procès : affaires de mœurs, infanticide, vols. Dans son texte dense et grave, Gide s'interroge sur la justice et son fonctionnement, mais surtout insiste sur la fragile barrière qui sépare les criminels des honnêtes gens.
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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Winter-
  08 octobre 2019
Différents délits que les jurés sont amenés à juger sont exposés dans ce court récit : viols, atteintes à la pudeur, meurtres, incendies. On découvre alors la difficulté de démêler parfois le vrai du faux, la fragilité des témoignages, la capacité intellectuelle des jurés à comprendre les affaires et le poids du président du tribunal. Il arrive que les jurés aient de la compassion pour tel ou tel inculpé et même si l'affaire est entendue, qu'il n'y a pas d'équivoque sur la culpabilité, ils peuvent être amenés à ne pas déclarer le prévenu coupable car telle est la façon dont fonctionne la justice : pour que la peine soit légère, il faut voter non.
Et puis, parfois, la victime ne semble pas très sympathique, ce qui plaide en faveur de l'accusé.
Gide passe en revue toutes sortes de cas aussi pathétiques les uns que les autres.
Finalement, le crime n'est rien sans le regard bienveillant ou malveillant que l'on porte sur les protagonistes. Souvent, on juge à la tête du client et la justice, dans tout cela, est malmenée !
Récits lapidaires, l'exercice de Gide est efficace et à mettre dans les mains de tous, surtout les futurs jurés.
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moravia
  03 avril 2014
Le dicton nous dit : l'habit ne fait pas le moine.
André Gide corrige : l'habit fait le condamné. En effet il ressort de ce court texte qu'il est bien plus aisé d'être acquitté si l'on ressemble à un prince russe qu'a un misérable en guenilles.
Et pour leur malheur ce sont ces derniers qui sont toujours assis sur le banc des accusés car la société n'est guère douce pour eux.
En 1912 André Gide fut appelé à être juré au tribunal de Rouen.
Il nous décrit différentes affaires avec le constat amer que la justice des hommes est le plus souvent aléatoire et tyrannique.
Il ne faisait pas bon en ces temps-là d'être du mauvais côté du manche. Ne pas naitre bourgeois vous condamnait à l'esclavage par le travail au mieux.
Au pire une peccadille vous envoyait au bagne le restant de vos jours, aussi sûre que la pluie mouille.
On peut penser que cette expérience marqua l'auteur aux sympathies dreyfusardes et que ses luttes futures s'en sont nourries.
Un texte d'à peine soixante pages (version La Pléiade) qui vous fera apprécier la parfaite maitrise narrative d'un auteur en pleine maturité.
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Fon95
  02 octobre 2021
Nous sommes en 1912, et André Gide, que je ne connais que de nom, grâce à ma culture plus que limitée en ce qui concerne la littérature classique, est nommé juré pour quelques jours dans un tribunal normand.
Ce petit ouvrage est donc un simple recueil des impressions de Gide durant son expérience citoyenne, au gré d'affaires assez hétérogènes.
C'est principalement par curiosité que je me suis lancé dans cette lecture, pour découvrir le système judiciaire de l'époque, et faire un peu de voyeurisme sur les moeurs et la délinquance du début de siècle dernier. Bon, j'en ai eu pour mon argent (2 euros exactement), même si tout n'est pas passionnant.
Quant à l'interprétation de l'auteur de ce qu'il a été témoin durant ces quelques jours au tribunal, c'est plus compliqué. Parfois présentant des points de vue intéressants, Gide peut également être perturbant sur certaines réflexions.
Sa critique est acerbe et n'épargne pas grand monde. Certes, les exemples de dysfonctionnement sont plutôt nombreux dans les quelques cas que nous suivrons ici, mais rien ne semble trouver grâce aux yeux de l'écrivain dans cette machine judiciaire. Tout le monde en prend pour son grade, des autres jurés en passant par les victimes et prévenus, sans bien sûr oublier les juges, les avocats et les gendarmes.
Humainement parlant, j'ai eu du mal à cerner Gide, le sentant parfois plus ému par le sort du coupable que celui de la victime.
Par exemple, l'auteur semble étonné qu'un prévenu, ayant poignardé plus d'une centaine de fois sa maîtresse, ne bénéficie pas de circonstances atténuantes, pour la raison qu'il n'aurait donné que des petits coups de couteau, peu profonds...
Ok André.
Et ce dernier de conclure avec ses idées d'améliorations, qui se limiteront quasiment à un plan sur papier de la scène du crime, ou, plus perturbant, de n'accorder le devoir de juré qu'à une certaine élite, éliminant les moins instruits, et ceux "inaptes à la critique", selon ces propres termes, ce qui selon moi remettrait légèrement le concept d'un jury citoyen en question, mais bon, passons.
Une oeuvre sympa pour pratiquer le voyeurisme et se plonger dans l'univers pénal d'avant guerre, mais plutôt flippante quant à certaines réactions et positions de l'auteur, tout n'étant toutefois pas à jeter.
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Nuageuse
  15 février 2019
Ces Souvenirs de la Cour d'assises montrent une autre époque de la justice. Il est intéressant de le lire pour voir les progrès qui ont été faits. Au temps de Gide, il n'existe pas de reconstitution de la scène du délit/crime par exemple.
Le comportement des inculpés et de leur victime comptent beaucoup finalement pour le verdict. Les jurés n'en sortent pas indemne de cette mission : André Gide décrit avec justesse leurs tourments au moment de délibérer.
La Justice est intrinsèquement liée à notre condition humaine et c'est pour cela que nous pouvons nous tromper...
Contrairement à d'autres critiques, je n'ai pas ressenti le mépris de l'auteur mais un être consciencieux de sa tâche.
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Lune
  18 décembre 2021
Rouen 1912, André Gide siège en cours d'assises.
Intéressé par le monde judiciaire, il écrit ces quelques souvenirs en plaçant l'écrivain qu'il est derrière l'humaniste et l'observateur des misères humaines rencontrées lors de ces journées.
Des faits de vols, d'infanticides, de crimes… dans une société de province voire rurale où les conditions de vie médiocres, l'éducation bafouée n'avantagent pas les accusés.
La constitution des jurés est également soumise à des manquements (comme celui qui, analphabète, savait à peine écrire oui ou non aux questions posées).
La notion des circonstances atténuantes et les conséquences des réponses données est mise en exergue dans une justice où le président influence trop les jurés, où il arrive avec une opinion déjà faite, où les explications sont balayées voire inexistantes.
Le chapitre IX est un modèle du genre (voire un sketch) sur la stupidité et l'importance inutile accordée à de petits faits.
Quant à l'épilogue, il donne froid dans le dos tant les réflexions des uns et des autres peuvent se retrouver dans notre société actuelle (exprimées différemment mais avec un contenu de même ordre).
Gide remet en cause le fonctionnement de la justice et fait appel au bon sens, à la rigueur, à l'humanité de celle-ci.
Le témoignage d'une époque certes mais un témoignage observateur des petitesses de l'homme, de ses faiblesses et de ses limites.
Petit livre se situant entre histoire sociétale, réflexions (« ne jugez pas »), humanisme, nécessité de se remettre en question…
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
moraviamoravia   03 avril 2014
Combien de fois (et dans l'affaire Dreyfus même) ces "circonstances atténuantes" n'indiquent-elles que l'immense perplexité du jury ! Et dès qu'il y a indécision, fût-elle légère, le juré est enclin à les voter, et d'autant plus que le crime est plus grave. Cela veut dire : oui, le crime est très grave, mais nous ne sommes pas bien certains que ce soit celui-ci qui l'ait commis. Pourtant il faut un châtiment : à tout hasard châtions celui-ci, puisque c'est lui que vous nous offrez comme victime; mais, dans le doute, ne le châtions tout de même pas trop.
+ Lire la suite
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moraviamoravia   29 mars 2014
Germain R... a souillé son enfant pendant que sa femme était à l'hôpital pour de nouvelles couches.
Il est petit, laid, de triste aspect; sa tête est bestiale. Il porte, sur une vareuse de cotonnade noir jaunâtre, un épais cache-nez bleu violet.
Il nie obstinément, avec un air buté, stupide. Les témoignages recueillis sur lui sont mauvais . "Il pense à lui plutôt qu'a sa famille."
Le Président . - Il est souvent ivre ?
Le Témoin. - En grande partie tous les jours.
Et un autre témoin : - I's' soule et laisse ses enfants crever d'faim.
Ils couchent tous, le père, la mère et les deux petits de six et trois ans dans la même pièce sans lit, sur la paille.
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Fon95Fon95   02 octobre 2021
Certes je ne me persuade point qu'une société puisse se passer de tribunaux et de juges ; mais à quel point la justice humaine est chose douteuse et précaire, c'est ce que, durant douze jours, j'ai pu sentir jusqu'à l'angoisse.
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Jeanmarc30Jeanmarc30   07 novembre 2019
De tout temps les tribunaux ont exercé sur moi une fascination irrésistible. En voyage, quatre choses surtout m'attirent dans une ville : le jardin public, le marché, le cimetière et le palais de justice.
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Winter-Winter-   08 octobre 2019
Combien de fois (et dans l'affaire Dreyfus même) ces "circonstances atténuantes" n'indiquent-elles que l'immense perplexité du jury ! Et dès qu'il y a indécision, fût-elle légère, le juré est enclin à les voter, et d'autant plus que le crime est plus grave. Cela veut dire : oui, le crime est très grave, mais nous ne sommes pas bien certains que ce soit celui-ci qui l'ait commis. Pourtant il faut un châtiment : à tout hasard châtions celui-ci, puisque c'est lui que vous nous offrez comme victime; mais, dans le doute, ne le châtions tout de même pas trop.
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Videos de André Gide (43) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de André Gide
« Je serai poète, écrivain, dramaturge. D'une façon ou d'une autre, je serai célèbre, quitte à avoir mauvaise réputation. » Oscar Wilde (1854-1900) était un homme de parole : il fut poète, écrivain et dramaturge, il eut une mauvaise réputation et il est célèbre. […] le jeune Wilde, élève brillant, entre au Trinity College de Dublin avec une bourse […] et suit des études classiques : histoire ancienne, philosophie et littérature. Il commence à voyager et découvre l'Italie et la Grèce. […] Il s'installe à Londres et fréquente les milieux élégants intellectuels. […] Il se fabrique une image d'esthète : […] ses tenues vestimentaires de dandy font fureur… Oscar Wilde est à la mode. […] il fait une tournée de conférences sur « l'esthétisme » aux États-Unis, avant de séjourner à Paris où il rencontre Hugo (1802-1885), Daudet (1840-1897), Zola (1840-1902), Edmond de Goncourt (1822-1896) (qui le décrit comme « un individu de sexe douteux »), Verlaine (1844-1896), et les peintres Pissarro (1830-1903), Degas (1834-1917) et Jacques-Émile Blanche (1861-1942). […] […] Un second voyage à Paris lui permet de rencontrer Mallarmé (1842-1898), Pierre Louÿs (1870-1925), Marcel Schwob (1867-1905) et André Gide (1869-1951). Juillet 1891 marque le début d'une liaison qui ne se terminera qu'à la mort De Wilde : Alfred Bruce Douglas (1870-1945), « Bosie », vient d'entrer dans sa vie. […] Accusé de sodomie, Wilde […] est arrêté et jugé, […] déclaré coupable d' « actes indécents » et condamné à la peine maximale : deux ans de travaux forcés. […] Wilde séjourne dans plusieurs prisons […]. Au bout de quelques mois, son état de santé lui vaut d'être dispensé de travaux forcés proprement dits. Ne pouvant payer les frais de justice du procès […], il est condamné pour banqueroute et ses biens sont vendus aux enchères. […] En 1900, un abcès dentaire dégénère en méningite et Oscar Wilde meurt le 30 novembre après avoir reçu, à sa demande, l'absolution d'un prêtre catholique. le convoi funèbre est composé de quelques artistes anglais et français, dont Pierre Louÿs ; Wilde est enterré au cimetière de Bagneux. Ses restes seront transférés au Père-Lachaise en 1909. » (Dominique Jean dans Oscar Wilde, Maximes et autres textes, Éditions Gallimard, 2017)
« […] Les aphorismes traduits ici ont été publiés en 1904, quatre ans après la mort de leur auteur, par Arthur L. Humphreys, qui s'appuyait sur un recueil « analogue » qu'il avait lui-même publié en 1895 sous le titre Oscariana : Epigrams. […] le recueil de 1904 s'intitulait simplement Sebastian Melmoth, Oscar Wilde n'étant mentionné qu'entre crochets. […] Cet ensemble donne un aperçu de la pensée et de l'esprit De Wilde, et si les aphorismes sont parfois contradictoire, ils n'en sont pas moins - précisément - le reflet exact de sa personnalité. Wilde, en public, offrait un tel feu d'artifice de mots d'esprit et de paradoxes que le poète Yeats (1865-1939) a dit qu'il donnait l'impression de les avoir préparés à l'avance […]. » (Bernard Hoepffner)
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Références bibliographiques : Oscar Wilde, Aphorismes, traduits par Bernard Hoepffner, Éditions Mille et une nuits, 1995
Oscar Wilde, Pensées, mots d'esprit, paradoxes, traduits par Alain Blanc, Éditions V
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>Droit>Procédure civile>Organisation judiciaire en France (30)
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