AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2714479502
Éditeur : Belfond (22/03/2018)

Note moyenne : 4.27/5 (sur 405 notes)
Résumé :
Maman disait de moi que j'étais un ange.
Un ange tombé du ciel.
Ce que maman a oublié de dire, c'est que les anges qui tombent ne se relèvent jamais.
Je connais l’enfer dans ses moindres recoins.
Je pourrais le dessiner les yeux fermés. Je pourrais en parler pendant des heures.
Si seulement j’avais quelqu’un à qui parler…

Tama est une esclave. Elle n’a quasiment connu que la servitude.
Prisonnière de bourreaux... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (219) Voir plus Ajouter une critique
La_Bibliotheque_de_Juju
  09 avril 2018
Je referme ce pavé de plus de 700 pages.
Karine Giebel est de retour.
Elle nous raconte la destinée de Tama. Esclave dans la France d'aujourd'hui chez des monstres, les Charandon, qui feraient passer les Thénardier pour des anges.
En parallèle de l'histoire de la jeune esclave, on découvre Gabriel, cet homme mystérieux. Dangereux ? Blessé ?
Un livre qui, malgré sa longueur se laisse dévorer car on VEUT savoir ce qu'il va se passer. le lecteur est pris d'une frénésie de lecture rare.
Des personnages forts, humains, qu'ils soient bons ou méchants. Une héroïne que l'on aimerait sauver des pourritures que l'on croise dans ce récit. Un roman dur, très dur où les hommes ne font pas le poids face à la puissance d'amour des femmes. Ou les livres soulagent un peu de vivre lorsque la vie est un cauchemar dans fin.
Nouvelle héroïne de Giebel, Tama va vous embraser et vos nuits ne seront plus les mêmes après cette lecture.
TOUTES BLESSSENT LA DERNIERE TUE est un livre coup de poing qui m'a bouleversé, accroché et que je referme avec la sensation de m'être pris un coup de poing dans le ventre. C'est dur comme jamais. C'est fort. C'est un putain de livre.
« VULNERANT OMNES, ULTIMA NECAT.
AT EAE QUAS AD VOS CONSUMPSI ME DELECTaVERUNT.
(…)
Toutes les heures blessent, la dernière tue. Mais j'ai aimé celles passées auprès de vous. »
J'ai aime celles passées auprès de vous, Karine Giebel.
Merci.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          15612
Colette
  13 juin 2018
Lire un pavé, lorsqu'il s'agit d'un Giebel c'est comme lire un roman d'une centaine de pages tellement on ne les voit pas défiler.
Alors on essaye de lire lentement et avec attention pour mieux en apprécier chaque mot.
Ces mots, qui, encore une fois m'ont percutés.
Les personnages m'ont bouleversée. L'histoire m'a profondément ébranlée.
Mais comment ne pas être touchée quand il s'agit d'esclavage?
Ici, l'auteure nous parle d'esclavage moderne en France, à notre époque, et que personne ne voit mais qui existe bel et bien.
On suit le personnage de Tama, une fille destinée à une vie de servitude au sein d'une famille d'apparence normale.
L'histoire est entrecoupée avec celle de Gabriel, un homme qui semble être solitaire, mystérieux, insensible et dangereux.
C'est un roman très prenant et qui se dévore. Il est aussi très éprouvant à lire. Certains passages sont même insupportables parfois. L'auteure pousse ici le sadisme de l'être humain extrêmement loin.
On ressent de la tristesse, de la rage, de la colère devant certaines situations.
Mais il y a aussi des sentiments forts et positifs... tout se bouscule.
Certains passages sont beaux et pleins d'espoir. L'amour, sous plusieurs formes est exprimé de manière incommensurable.
J'ai terminé ce livre avec un sourire triste. C'est paradoxal, mais c'est représentatif des nombreux sentiments qui m'ont parcouru lors de cette lecture mémorable.
C'est éprouvant
C'est douloureux
C'est violent
Mais c'est addictif...
Bref, c'est du Giebel!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          9018
Antyryia
  28 mars 2018

Vulnerant Omnes, Ultima Necat
Toutes blessent, la dernière tue.
Il s'agit des heures qui passent, jusqu'à l'ultime.
"Chaque heure fait sa plaie et la dernière achève" peut-on lire dans L'horloge, le poème de Théophile Gautier.
J'ai eu la chance d'avoir ce roman quelques jours avant sa sortie officielle, lors de ma rencontre avec Karine Giébel au salon du polar de Lens.
Un lien avec la couverture aux couleurs sang et or, comme celles du racing club ?
Probablement pas.
Je lui ai demandé si le titre avait un lien avec le temps qui passe inexorablement, mais elle n'a rien voulu me dire.
Il trouvera sa signification en temps utile.
"Mille deux cent dix huit jours que je n'ai pas mis un pied dehors."
"Il paraît que l'esclavage a été aboli depuis longtemps."
Ca, c'est ma dédicace.
Quand je pense à l'esclavage, je pense à Spartacus dans l'antiquité. A des serviteurs au Moyen-âge.
A quelque chose d'ancien, de révolu.
Plus récemment, je pense au peuple noir asservi jusqu'en 1865 dans le sud des Etats-Unis, au terme de la guerre de sécession.
En France, l'esclavage a été aboli durant la révolution, en 1794. Et interdit en 1948 par la déclaration universelle des droits de l'homme.
Evidemment, j'ai conscience qu'il se pratique toujours sous certaines formes ( je pense notamment à la prostitution ) mais jamais avant cette lecture je ne visualisais la servitude actuelle sous la forme qui nous est décrite ici.
Et qui est bien réelle.
Celle d'une domestique au service de ses maîtres, non rémunérée, privée de tous droits.
Un être humain exploité purement et simplement.
"Tu es à moi et seulement à moi. Je t'ai achetée, tu m'appartiens. Comme les meubles, comme mes fringues, comme tout ce qui se trouve ici."
Les romans de Karine Giébel sont réputés tant pour leur noirceur que pour leurs fins tragiques.
Je ne dirais évidemment rien de la conclusion, vous vous doutez qu'on n'est pas dans Cendrillon de toute façon. Il n'y a pas vraiment de mariage heureux avec beaucoup d'enfants à l'horizon.
Le final est juste parfait en tout cas. Et l'épilogue magistral.
Si je ne peux dire si les dernières pages seront ou non dramatiques, je peux au moins évoquer le début. Après tout, pas la peine d'attendre la fin.
Parce que ça commence mal.
Très mal.
Dès le prologue, on plonge dans l'inhumain. Les conditions de vie de cette esclave moderne nous sont décrites : Elle dort à même un vieux matelas dans une buanderie, travaille sans relâche de 5h00 du matin à 22h00, mange les restes des repas.
Elle passe ses journées à s'occuper du nouveau-né de la famille qui l'asservit, à faire le ménage, la lessive, la vaisselle, la couture. Elle ne peut pas sortir, pas même dans le jardin. Mais ça n'est pas ça le plus horrible, ce qui retourne immédiatement le coeur.
"Faire ses besoins dans une caisse, dans un seau, un sac. Comme un chien ou un chat."
Le plus révoltant, c'est son âge.
Toutes blessent, la dernière tue est centré sur cette jeune Marocaine introduite en France illégalement pour faire les corvées d'une riche famille.
"Finalement, c'est cool d'avoir une esclave."
Elle ne possède rien. Même son véritable prénom lui a été ôté.
Désormais elle s'appellera Tama.
Elle sera l'héroïne de ce roman. Attachante, forte, avec une insatiable soif d'apprendre.
Inoubliable.
Et en parallèle se déroulera une seconde histoire, plus lente.
La rencontre d'une jeune femme blessée et amnésique ( "Aucun repère, aucun souvenir auquel me raccrocher, qu'il soit bon ou mauvais." ) avec un homme solitaire et torturé prénommé Gabriel.
"L'ange qui a refusé de suivre Lucifer."
Une rencontre improbable où chacun dévoilera progressivement ses failles et ses secrets.
On tente de deviner ce qui unit ces deux récits, aux liens d'abord flous.
Il s'agit probablement du meilleur Giébel depuis le purgatoire des innocents, avec lequel le roman présente d'ailleurs quelques similitudes. Vous vous attacherez à des individus pourtant peu recommandables. Certains hommes violents trouveront peut-être même une forme de grâce à vos yeux. Même si ça vous paraîtra contre nature.
Vous tremblerez d'effroi, de colère et de compassion.
Vous penserez peut-être aussi parfois à Meurtres pour rédemption, avec l'histoire de cette prisonnière pourtant bien différente de Marianne, tant dans sa personnalité que dans son incarcération.
Mais avec ce même mélange de force et de désespoir.
En tout cas à mes yeux il s'agit d'un livre aussi ambitieux et percutant que ces deux romans, souvent considérés comme les meilleurs dans la bibliographie de la Varoise.
Et on est totalement plongé dans l'univers de l'auteure, avec plusieurs passages qui rappellent également ses nouvelles les plus récentes.
Un peu d'espoir et de lumière avec le même genre d'amitié intergénérationnelle que celle qui est évoquée dans "L'escalier."
Un désir de vengeance qui n'est pas sans rappeler "J'ai appris le silence". Une expression d'ailleurs maintes fois utilisée dans la narration de Tama.
Et j'ai également songé à "Aleyna". Pour le choc culturel, le devoir d'obéissance, la cruauté. Et pour l'importante signification de chaque prénom d'origine étrangère.
Quelle lecture éprouvante !
740 pages au total, qui se lisent avec une rapidité déconcertante.
Mais pas d'une traite.
Parfois, vous allez devoir poser le roman. Pour respirer un grand coup.
Pour vous éloigner un instant de ce cauchemar. le temps que vos yeux cessent d'être brouillés par des larmes naissantes.
Certains passages sont extrêmement durs. D'une rare violence, qu'elle soit physique ou morale. Votre colère et votre douleur atteindront leur paroxysme.
Je me suis parfois senti comme un voyeur. Quelqu'un qui n'est pas censé voir ça. Qui est gêné d'y assister. Comme un accident au bord de la route. le premier réflexe est de vouloir regarder avant de se rendre compte à quel point c'est inapproprié et de détourner les yeux.
Mais Karine Giébel ne nous laisse pas regarder ailleurs et ignorer la souffrance endurée par son héroïne. Nous devons y faire face. Elle nous la fait vivre dans les moindres détails. Avec peut-être un peu de surenchère dans l'horreur.
C'est à mes yeux quasiment le seul défaut de ce grand roman. Vouloir en ajouter encore et encore dans la monstruosité au point de finalement la considérer presque comme normale.
Et d'en réduire légèrement l'impact en la banalisant ainsi.
"Sa peau était un parchemin sur lequel un récit d'horreur s'inscrivait en relief."
Mais attention, il n'y a aucune complaisance.
C'est un roman où l'amour et la haine s'enlacent, où l'on comprend toute la proximité de ces sentiments.
La haine, vous la ressentirez jusque dans vos tripes.
Vous perdrez toute foi en l'être humain, trop souvent méprisable. La lie de l'humanité est ici présente sous ses pires incarnations. Son aspect le plus mauvais.
Comme si la majorité des hommes avait quelque chose de sale, de pourri.
Alors que Tama, celle qui n'est pourtant pas traitée en tant que telle, est en revanche celle qui rayonne le plus.
Un rayon blafard dans ces ténèbres opaques.
Elle ne sera pas la seule. Différents personnages vont quand même redonner un peu d'espoir et permettre de reprendre votre souffle.
Pas très souvent.
Et comme à chaque fois dans les oeuvres de Karine Giébel, ce sont les personnages les plus ambiguës, tiraillés entre l'ombre et la lumière, difficiles à cerner autant qu'à juger, qui tireront le plus leur épingle au jeu de notre intérêt.
En s'intéressant à son tour au sort de certains migrants vulnérables, l'auteure de Juste une ombre nous plonge dans un nouveau cauchemar dont elle seule a le secret. Plus engagée, elle nous fait prendre conscience de l'existence d'un esclavage moderne qu'elle dénonce avec véhémence pour une totale prise de conscience, en nous obligeant à l'affronter.
Pour notre plus grand malaise.
Elle nous fait réfléchir sur la notion même d'être humain, ses droits et ses devoirs moraux, en confrontant Tama à peine considérée comme une bête à des tortionnaires qui ont tout du chien enragé.
A partir de quand perd-on son humanité ?
La violence engendre-t-elle toujours la violence ?
Jusqu'où a-t-on le droit d'aller par amour ?
Intense, percutant, dense, habilement construit, émouvant, éprouvant ... Autant de qualificatifs qui pourraient s'appliquer à Toutes blessent, la dernière tue.
Du très grand Giébel.
Qui, à l'instar des fantômes qui peuplent le livre, vous hantera encore longtemps une fois la dernière page tournée.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          544
Paola93130
  12 juin 2018
Il est de mon devoir d'essayer, si besoin est, de vous inciter à lire le dernier Giebel. D'abord, pour remercier l'éditeur (Belfond) de m'avoir permis de le lire, par le biais de Netgalley. Pas de doute, le net a des (très mauvais) côtés…mais c'est aussi une mine de miraculeuses surprises qui enrichissent la vie. Netgalley, Belfond (… et Babelio) sont de ces miracles. Merci à eux.
Mais ça n'est pas facile. Pas facile du tout d'écrire une critique de plus, sur un roman tellement récent et pourtant déjà tellement encensé, écrit par un « monstre sacré » du genre, une championne à succès, une « best-selleuse » qui n'a pas du tout besoin de la publicité bon marché d'une petite franco-portugaise défraichie…
Je n'avais pas encore lu Mme Giebel. Mais j'ai lu d'innombrables critiques de ses romans, toutes plus élogieuses les unes que les autres. Même si les résumés me donnaient des frissons, je me disais, qu'un jour, je me lancerais, malgré la frousse. Quand Belfond a proposé « Toutes blessent, la dernière tue », je n'ai pas hésité et très bien m'en a pris car j'ai enfin compris ce que signifie « rester scotchée » !
Alors, maintenant…c'est moi qui m'y colle !
Ce roman m'a plu, pas de doute. Et ce plaisir soulève plusieurs questions pour moi : qu'est-ce qui fait un bon livre ? L'histoire ? L'intrigue ? Les personnages ? L'écriture ? Voyons voir….
L'histoire : pas de résumé ! Je ne suis pas une quatrième de couverture. Mais…. Oui, je confirme : ça attire, les destins affreux des malheureux de notre monde. Pourquoi ? Suis-je méchante de me repaitre à la lecture de la vie d'une infortunée petite esclave moderne ? Ou m'attends-je à souffrir avec elle sur presque 500 pages (numériques) et voir la « Mère Justice » reprendre les rênes dans le dernier chapitre, pour croire que le bien triomphe toujours, d'une façon ou d'une autre ? de toute façon, c'est certain…ça vend. Même si ça n'est pas vrai dans le monde réel…
L'intrigue : au Portugal, on appelle ça le « fado ». Je ne parle pas, dans ce cas, de la musique. C'est la destinée, plutôt. Au sort réservé aux personnages principaux du roman. Chaque évènement nous retient. Chaque épreuve en appelle une autre qui nous mène jusqu'au summum des désirs et des désastres vécus par les protagonistes. C'est digne d'un film, ça prend aux tripes, ça fait « chialer dans les chaumières »….Même si dans la vraie vie…ça se termine encore plus mal…et sans lueur d'espoir.
Les personnages : je les ai adorés ou détestés…mais j'ai tellement aimé le faire. Les méchants sont vraiment affreux et m'ont donné des envies de meurtres. Les gentils (très peu nombreux) m'ont arraché des larmes. Les souffre-douleurs m'ont arraché le coeur. Etant donné le destin que j'aimerai que l'on réserve aux violeurs en général, si vous lisez ce livre, vous comprendrez que j'ai adoré le personnage mystérieux de Gabriel. Même si je l'ai trouvé vraiment « puriste » dans ses louables intentions. Il fait de l'excès de zèle, disons….mais ce fut mon héros.
L'écriture : c'est là, le vrai talent de Mme Giebel. Sa façon d'écrire est simple, efficace. Phrases courtes. Droit au but. Visuelles. Je me suis surprise á retenir ma respiration, littéralement. À pleurer, dans les moments les moins violents physiquement, mais les plus brutalement cruels pour le coeur; à serrer les dents, dans les scènes les plus douloureuses, au sens propre du terme. C'est bien simple : j'ai commencé le bouquin un soir, vers 23h00. C'est seulement vers 2h00 du mat' que j'ai « décroché », pour remettre au lendemain soir les deux tiers restant du texte, parce que mon réveil sonne tous les jours à 7h00 précises…Bonjour les oeillères!
Voilà. Je trouve que Mme Giebel sait y faire. Elle vient de gagner une autre admiratrice, si besoin était. J'ai pourtant une toute petite question, histoire de vous dire ce qui me fait vraiment peur dans tout ça: Mme Giebel a l'air tellement gentil, tellement doux. Avec ses yeux bleus magnifiques et son sourire tout tendre, on la verrait plutôt écrire des contes pour enfants. Cependant elle a choisi le « dur » en écriture. Elle en profite pour dénoncer ce que souvent, on ne veut pas voir. Et je l'ai lue avec délectation….Serais-je un monstre !?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          545
Deslivresalire
  22 avril 2018
On l'appelle Tama. Ce n'est pas son nom.
C'est celui que cette femme lui a donné lorsqu'elle l'a achetée à son père, à 8 ans, en lui promettant qu'elle aurait une vie meilleure qu'au Maroc.
Mais après tout, son nom, on s'en moque, car de vie meilleure il n'en est pas question.
De travaux en labeurs, de brimades en tortures physiques et psychologiques, de famille maudite en famille sadique, elle ne connaîtra que l'enfer.
L'enfer de l'esclavage purement et simplement.
Parfois, une éclaircie lui fait entrevoir que la nature humaine peut aussi être bienfaitrice, mais bien trop rarement.
Elle pourtant, elle garde espoir. Et elle tombe aussi amoureuse, d'un amour qui ne l'a sauvera sans doute pas...
Gabriel vit en reclus, tourmenté par son passé et rongé par la vengeance.
Lorsqu'une jeune inconnue bien mal en point et amnésique s'invite chez lui et le menace, il a vite fait de tourner la situation à son avantage... et elle pourrait bien en souffrir, si elle ne meurt pas de ses propres blessures... et si elle retrouve la mémoire...
A mon avis :
Deux récits se déroulent en même temps dans ce roman de Karine Giébel ; celui de Tama, cette jeune esclave moderne et celui de Gabriel, cet homme torturé et isolé.
On ne voit pas bien en quoi ils sont reliés à première vue... puis les idées se mettent en place. Et comme d'habitude avec KG, de petits détails que l'on prend pour des indices nous éloignent de la vérité, nos idées simplistes ne se vérifient pas, on est donc forcément surpris.
Une première partie (un tout petit peu longue à mon goût) installe les protagonistes et leurs histoires, difficiles, terrifiantes, abominables... que Karine Giébel sait parfaitement décrire et nous faire vivre de l'intérieur.
Puis le roman prend du muscle. Et là c'est la tension psychologique qui nous dévore, on est happé par le suspense, la brutalité des situations, la crasse, la douleur, l'horreur.
Et au milieu de ce chemin pavé de sang, coulent des histoires d'amour qui remettent du baume au coeur du lecteur... avant de repartir en enfer. Un jeu subtil de sentiments biens dosés.
Encore une fois avec cet auteur, un roman bien écrit, facile à lire mais parfois dur et qui laisse des traces profondes dans nos cerveaux innocents...
Il faudrait s'arrêter pour marquer quelques pauses dans la lecture et souffler un peu, mais on ne le fait pas, on tourne encore une page, puis une autre et on vit avec eux cette histoire terrible d'un grand réalisme, jusqu'à la dernière page... déjà.

Retrouvez d'autres avis sur d'autres lectures sur mon blog :
https://blogdeslivresalire.blogspot.com/
Lien : https://blogdeslivresalire.b..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          551

critiques presse (1)
Culturebox   14 mai 2018
Un thriller glaçant qui plonge le lecteur dans l’enfer de la servitude domestique à travers le destin de Tama, une enfant marocaine vendue à une famille française.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (130) Voir plus Ajouter une citation
dcombierdcombier   10 octobre 2018
A chaque livre, j'ai l'impression qu'une porte s'ouvre quelque part dans ma tête. Les verrous cèdent les uns après les autres. Un livre, c'est comme un voyage, dans l'espace ou le temps. dans l'âme des hommes, dans la lumière ou les ténèbres.
Commenter  J’apprécie          30
ColetteColette   06 juin 2018
Il traverse Nîmes, une ville qu’il n’aime pas, qu’il n’aimera plus jamais. Il se remémore un week-end passé ici avec Greg, à l’occasion de la féria des vendanges.
Allez, viens Iz… Tu vas voir, c’est un truc de dingues !
Un truc de dingues, aucun doute.
La soirée avait tenu ses promesses. De l’alcool, beaucoup d’alcool. Boire, rire, danser.
Le lendemain, gueule de bois, nausée. Sa première corrida. La dernière, c’est certain.
Il se rappelle encore l’excitation de Greg, ses cris poussés en chœur avec le reste de la foule galvanisée par l’odeur du sang. Ce peuple qui, depuis la nuit des temps, aime tant donner la mort par procuration.
Se salir les yeux, jamais les mains. 
Izri se rappelle des cris, oui. Hystérie collective, tandis que lui, mourait d’envie de descendre dans l’arène pour massacrer la demi-portion que tous ovationnaient. Retirer les banderilles de l’échine de ce magnifique animal pour les planter dans celle de cet homme qui gesticulait dans un accoutrement ridicule.
— Un collant rose, putain ! se souvient Izri. 
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          342
ColetteColette   26 mai 2018
Sefana et Fadila sont vautrées dans le canapé. Toutes deux concentrées sur leur smartphone, elles ne se parlent pas, ne se regardent pas. Tama songe que si elle avait la chance d’avoir sa mère assise près d’elle, elle la dévorerait des yeux, lui parlerait pendant des heures. Lui confierait ses petits secrets, serrée contre elle.
Mais Fadila ne sait pas encore ce que ça fait de ne plus avoir sa mère à côté de soi. Tama, elle, connaît cette souffrance, inscrite dans sa chair au fer rouge. 
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          270
ColetteColette   24 mai 2018
Peu de temps après son arrivée dans cette maison maudite, Tama a compris que Charandon était un homme violent. Derrière une belle façade de respectabilité se cache un monstre aux pulsions incontrôlables. Tama ne peut oublier le jour où il a massacré un chat à coups de pelle, simplement parce que la pauvre bête avait mordu Adina qui tentait de l’attraper. Charandon s’était acharné sur l’animal, et ce qu’elle avait vu dans ses yeux à ce moment-là, elle le revoyait chaque fois qu’il s’en prenait à elle. Une étincelle glacée de jouissance malsaine. 
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240
ColetteColette   29 mai 2018
Mais je veux du danger, de la vitesse, du fric. Je veux de l’excès, de la violence en tout. Je veux le pouvoir.
Frémir à chaque instant, ne pas savoir si la journée qui commence sera la dernière ou si je verrai mes quatre-vingts ans.
Parce que vivre, c’est ça. Vivre, c’est avoir peur, avoir mal. Vivre, c’est risquer. Vivre, c’est rapide et dangereux.
Autrement, ça s’appelle survivre.
Commenter  J’apprécie          252
Videos de Karine Giebel (42) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Karine Giebel
Rencontre avec une figure du polar français !
Considéré comme un chef-d??uvre du roman noir, son deuxième roman Meurtres pour rédemption (Fleuve Éditions, réédité en 2010) l?a propulsée sur le devant de la scène du polar français. Depuis, Karine Giebel a su entretenir la curiosité de ses lecteurs en leur proposant des ouvrages toujours différents ! Son neuvième livre, de Force sort chez Pocket le 14 septembre 2017, obligeant son auteure à quitter sa demeure pour quelques interviews : tant mieux pour nous !
autres livres classés : esclavageVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Juste une ombre

Comment s'appelle l'héroïne du roman?

Cloé Beauchamp
Chloé Beauchamps
Chloée Beauchamt
Kloé Beauchamp

10 questions
257 lecteurs ont répondu
Thème : Juste une ombre de Karine GiebelCréer un quiz sur ce livre
.. ..