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ISBN : 2264066482
Éditeur : 10-18 (03/03/2016)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 138 notes)
Résumé :
Berlin, été 1944. De jeunes femmes sont retrouvées mortes, nues et mutilées, devant des monuments aux morts de la Première Guerre mondiale. Contre toute attente, le SS-Hauptsturmführer Vogler fait appel à Richard Oppenheimer, l'ancien enquêteur star. Pourtant Oppenheimer est juif et donc officiellement interdit d'exercer... Tiraillé entre son quotidien misérable dans une " maison juive " et le confort que lui offre son nouveau statut, Oppenheimer est de plus en plus... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
Souri7
  02 septembre 2017
Berlin est bombardé par les Alliés en cet été 1944. Les frappes se font de plus en plus intenses avec leurs résultats insoutenables. Immeubles éventrés, corps carbonisés, êtres passés de vie à trépas.
Dans ce contexte cependant, les Berlinois continuent à vivre et croire en leur victoire. le Führer est adulé même si quelques voix commencent à se faire grinçantes. Malgré cette horreur, malgré la guerre, les discriminations anti-juives, la police doit encore résoudre des crimes odieux. Lorsque les corps de femmes sont retrouvés près de divers monuments consacrés à la Première Guerre mondiale avec des mutilations sexuelles, les services SS ne savent pas comment réagir. L'enquête semble stagner.
Le SS-Haupstfuhrer Vogler décide de contacter l'ancien commissaire de la Kripo (police criminelle), Richard Oppenheimer démit de ses fonctions en raison de son appartenance au peuple juif. Rapidement Oppenheimer comprend qu'il a à faire avec un serial-killer et que d'autres victimes risquent de s'ajouter à la liste.
Devant résoudre l'enquête au plus vite, Oppenheimer sait également qu'il se retrouve dans une situation pouvant aussi le conduire à la mort...

Ce thriller historico-psychologique m'a complètement captivé ! 👍
Le contexte historique y joue pour beaucoup. Harald Gilbers a travaillé minutieusement cet aspect du livre via des journaux intimes de l'époque et des périodiques afin de rendre vie au Berlin de cette période. Une ville sous les bombes où les habitants continuent de vivre "normalement" en se rendant au travail, aux courses ou dans les bunkers à la moindre alertes.
L'auteur nous fait découvrir un Berlin où des juifs résident toujours, mais n'ont plus aucun droit. Parqués dans des logements appelés "Maison Juive" où les autorités peuvent venir les chercher à tout moment pour les conduire dans d'autres lieux, les locataires n'ont plus la moindre existence civile. Affublés de l'étoile jaune, ils ont pour obligation de travailler pour les nazis sans rien attendre en retour. Leur seul "sésame" de survivant vient notamment du fait d'être marié avec un allemand (sachant que même cette protection n'est pas totale).
Les scènes décrites sont sans concessions par moment. Vous avez par exemple la description des effets d'un énorme bombardement décrits en des termes très durs et très imagés comme la description de cette femme tenant son bébé carbonisé.

Côté thriller, l'auteur nous propose une enquête méticuleusement bien pensée et vicieusement addictive. C'est simple : une fois le roman commencé, très difficile de le lâcher. Harald Gilbers via son histoire de crime nous offre à la fois un moment de tension, de suspens et de culture historique. le tout est dosé parfaitement afin qu'aucun de ces éléments ne prenne le pas sur les autres. Au final, le lecteur suit avec intérêt cette enquête le menant dans les parties inexplorées de la Seconde Guerre mondiale.

Ajouté à cela, un duo des plus inattendus avec un SS et un juif, collaborant ensemble et se découvrant. Harald Gilbers ne se contente pas de nous proposer un récit blanc-gris avec un méchant SS et un gentil juif ; au contraire, l'auteur n'hésite pas à jouer sur les nuances et les a priori. Vogler et Oppenheimer en plus d'être les personnages du livre, ils en deviennent également le sujet : comment deux hommes que tout oppose à l'époque pourront-ils collaborer.... et que deviendra leur relation une fois l'enquête résolue ?

Le seul regret dans ce livre concerne le final. le suspect une fois identifié, tout s'enchaîne trop rapidement et de manière abrupte. Pas le temps pour le lecteur de souffler que tout est déjà terminé.

Pour conclure : Germania mérite d'être lu. le cadre historique est un bijou à lui seul. Je compte d'ailleurs lire le second tome, le fils d'Odin prochainement afin de me replonger dans cette atmosphère captivante.
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bibiouest
  14 juin 2018
Voici un excellent thriller, Berlin printemps 44, un ancien commissaire juif «associé» à un SS doit mettre le grappin sur un tueur en série.
S'appuyant visiblement sur une bonne documentation, l'auteur nous décrit la vie quotidienne sous le joug Nazi dans un Berlin bombardé quotidiennement par les alliés.
Ce livre est bien entendue une fiction, on a peine à croire qu'un SS demande de l'aide à un Juif fut-il l'un des meilleurs commissaires d'avant-guerre (tout petit bémol), cependant on entre facilement dans ce roman, car les situations sont vraisemblables, la psychologie des personnages, avec ce mélange de personnages historiques et inventés, m'a séduit.
Un livre qui une fois refermé ne s'oublie pas de suite, c'est bon signe et je n'ai qu'une envie, me plonger dans le second roman de l'auteur et ça aussi c'est bon signe...
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Nastie92
  05 mars 2018
Berlin, 1944.
Un homme de la SS vient chercher Richard Oppenheimer en pleine nuit chez lui.
Pourquoi la SS fait-elle appel à cet ancien commissaire de la Kripo (police criminelle) destitué de ses fonction parce que juif ?
La situation doit être bien grave ou bien délicate... ou les deux à la fois...
S'ensuit un roman haletant, une enquête prenante menée par un improbable tandem. Comment le Hauptsturmführer Vogler, nazi convaincu, et Oppenheimer vont-ils collaborer ?
Harald Gilbers promène son lecteur dans la ville de Berlin dévastée par la guerre. La vie des habitants entre alertes et bombardements est très bien rendue, l'auteur ayant fait un énorme travail documentaire pour que son récit soit le plus vraisemblable possible.
L'histoire donne l'occasion de faire un grand tour dans Berlin, et c'est un grand plaisir, que l'on connaisse la ville ou pas, de se promener dans ses différents quartiers et de se rendre dans des lieux mythiques comme le stade olympique.
J'ai dévoré ce polar et, cerise sur le gâteau, je l'ai lu en allemand : une façon de me plonger encore plus dans l'ambiance.
Si vous maîtrisez un peu (beaucoup) la langue de Goethe, je vous recommande d'en faire autant. Si Germania n'est pas un chef-d'oeuvre littéraire, il est très bien écrit, dans une langue précise au vocabulaire riche qui rend la lecture très agréable.
Du suspense, un peu d'humour parfois, des personnages principaux et secondaires intéressants, une intrigue bien construite dans un contexte historique passionnant : voilà un roman policier réussi.
Si le coeur vous en dit, n'hésitez pas à partir vous aussi à Berlin !
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Tostaky61
  25 avril 2018
Berlin, printemps 44.
Alors que les alliés bombardent la ville, l'ex-commissaire de la Kripo Richard Oppenheimer, interdit d'exercer parce qu'il est juif, se voit, à sa grande surprise, confier par le SS-Hauptsturmführer (pas facile à prononcer, hein ? Exercez-vous...) Volger, l'enquête sur une série de meurtres particulièrement odieux sur des jeunes femmes.
Mission périlleuse  pour quelqu'un qui porte l'étoile jaune et qui doit interroger des gens qui l'exècrent au plus haut point, ce qu'il leur rend bien d'ailleurs...
Par-delà l'enquête policière qui tient le lecteur en haleine, le côté historique m'a beaucoup plu.
Berlin sous les bombes.
La propagande qui diffuse de fausses informations au lendemain du débarquement.
La vie de populations soumises aux restrictions, divisées parfois, entre soutiens au régime et espoir de fin du conflit pour un avenir meilleur.
Oppenheimer n'est pas un héros.
La pervitine (si vous avez un coup de mou, je vous la conseille, apparemment c'est efficace...) l'aide à chasser ses angoisses et décuple son courage.
J'ai mis cette lecture en parallèle avec les romans de R. Slocombe qui se déroulent à la même époque,  mais à Paris avec un flic antisémite.
La Seconde Guerre mondiale, deux capitales, deux policiers aux antipodes.
Sadorski, collabo de la pire espèce dans Paris occupé.
Oppenheimer, conscient de la fragilité de son statut dans Berlin bombardé.
Premier roman d'Harald Gilbers, Germania m'a conquis au point de vouloir absolument connaître la suite.
Le troisième opus consacré au commissaire vient d'ailleurs de paraître, je sens que je vais rendre visite à mon libraire préféré...


 
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Roggy
  13 mai 2017
Il est difficile de ne pas faire un parallèle avec les oeuvres de Philip Kerr.
Même période, même type d'enquête, traque et contexte historique similaires.
Un duo d'inspecteurs improbable où la brebis se trouve malgré elle jetée dans la tanière du loup. Un SS et un Juif, ensemble dans la lutte contre le mal.
Avec finesse et intelligence Harald Gilbers ajoute à ce récit une valeur littéraire certaine en utilisant une définition précise du cadre historique de l'Allemagne en 1944 et en apportant une vision au scalpel de la triste réalité de la société allemande à la fin du Reich.

L'auteur a une manière percutante d'explorer l'histoire du pays à travers la grandeur et la décadence d'un régime. Que ce soit le programme de sélection raciale pour engendrer une race pure qui serait l'élite du Reich, le monopole des nazis sur l'économie, les dénonciations, ou la mort qui guette à chaque coin de rue, Gilbers fait transpirer dans sa narration une ambiance étouffante.
En fond de toile on ressent la lutte des berlinois pour survivre à la terreur qui s'est abattue sur l'Allemagne.
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critiques presse (1)
LesEchos   24 août 2015
Germania », couronné du prix littéraire Friedrich Glauser, est tout sauf une resucée laborieuse des aventures de Bernie Gunther, la star de la Kripo inventée par Philipp Kerr.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Souri7Souri7   02 septembre 2017
— Alors comme ça, vous êtes juif, Oppenheimer ?
— En effet.
— Ça peut arriver, commenta le ministre. Mais le Hauptsturmführer Vogler semble tenir vos talents de commissaire en grande estime. Cela étant, personne ne doit apprendre que vous êtes d’origine non aryenne. S’il n’y avait pas votre nom pour vous trahir, on pourrait vous prendre pour un citoyen allemand de sang pur. Je suppose que vous bénéficiez d’un autre logement pour la durée de l’enquête ?
Oppenheimer le regarda d’un air étonné.
— J’habite dans une maison juive.
— Et comment faites-vous le matin pour vous rendre au travail ?
Oppenheimer hésita. Il ne savait pas où le ministre voulait en venir. Vogler répondit pour lui :
— L’un de mes hommes passe le prendre tous les matins. Nous avons aménagé un bureau pour lui dans la colonie de Zehlendorf.
Goebbels bondit de son siège.
— Vous avez perdu l’esprit, Vogler ? Il faut mettre un terme à ces trajets inutiles. Fournissez-lui un logement près de son bureau, mais en aucun cas dans une maison juive !
Il pivota vers Oppenheimer et ordonna :
— Jusqu’à la fin de cette enquête, je vous relève de votre appartenance au peuple juif. À partir de maintenant, vous serez traité comme un Aryen. Un point c’est tout. Vogler s’occupera du nécessaire. Merci, messieurs.
Complètement dérouté, Oppenheimer ne sut que répondre. Il ignorait que le ministre de la Propagande avait le pouvoir d’exclure quelqu’un de sa communauté religieuse. Qu’allait-il se passer à présent ? Son prépuce repousserait-il par l’opération du Saint-Esprit ?
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Souri7Souri7   01 septembre 2017
Le Parti aidait certes des mères célibataires à mettre leurs enfants au monde – si ceux-ci étaient bien sûr de « sang pur » –, mais il ne le faisait pas par philan­thropie. Dans cet endroit en apparence idyllique, on était aussi en état de guerre. Même si ce qui se tramait dans ce centre n’avait aucune influence directe sur la situation actuelle sur le front russe, on préparait les conflits futurs. Les nazis renforçaient leur armement, non pas avec de nouvelles machines meurtrières, mais avec du matériel humain. Chaque femme de ce pays avait le devoir de fournir le plus d’enfants possible au régime ; en récompense, on lui décernait la croix d’honneur de la mère allemande pour avoir donné à la patrie des fils qui serviraient à l’avenir de chair à canon. Dans les foyers du Lebensborn devaient naître les futurs cadres du Parti. Une élite au sang pur qui, dans l’esprit de Hitler, prendrait par la suite les rênes du Reich.
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PrettyYoungCatPrettyYoungCat   04 octobre 2018
- J'aimerais tester la qualité du matelas, dit Oppenheimer en quittant ses chaussures.
(...)

Oppenheimer voulut s'étirer voluptueusement lorsqu'il remarqua la mine réprobatrice de Lisa.
- Ca coupe vraiment toute envie, fit-elle en posant les poings sur les hanches.
Son regard était rivé sur le mur derrière lui. Oppenheimer se retourna et découvrit le cadre accroché au-dessus de la tête de lit. En se redressant, il vit le Reichsfürhrer Heinrich Himmler qui l'observait gravement à travers ses lunettes rondes.
Himmler était-il ici pour inciter ses ouailles de la SS à concevoir de futurs petits nazis ?
- Trop, c'est trop, grogna Oppenheimer en tournant le cadre.
- Je préfère que tu me le dises tout de suite : y a-t-il d'autres portraits de bonze du Parti dans la maison ?
- C'est un vrai musée des horreurs, répondit Oppenheimer. A la cave, au-dessus de la radio, se trouve un portrait de notre ami Goebbels. Et nous en avons également un de Göring boudiné dans son uniforme. Devine où il est accroché.
- Dans le garde-manger ?
Lisa se mit à pouffer. Cela faisait bien longtemps que le commissaire ne l'avait pas entendue rire.
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Nastie92Nastie92   05 mars 2018
«Richard, versprichst du mir, abzutauchen ?»
Oppenheimer grummelte unverständlich vor sich hin. Er hasste es, wenn Lisa ihm ein Versprechen abverlangte. Das war ihre Art, Befehle zu geben.
(«Richard, tu me promets de te mettre à l'abri ?»
Oppenheimer grommela dans sa barbe. Il détestait ça, quand Lisa lui soutirait une promesse. C'était sa façon de lui donner des ordres.)
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RoggyRoggy   14 mai 2017
Il examina attentivement les cheveux noirs gominés de Goebbels et son nez proéminent. Vogler, avec ses traits grossiers, ne correspondait pas non plus à l’idéal de beauté national-socialiste. Oppenheimer sourit intérieurement. Dans cette pièce, lui, le Juif, était celui qui ressemblait le plus à un Aryen. C’était le monde à l’envers.

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