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Critique de Cacha


Cacha
  06 février 2021
J'adresse un grand merci à Babelio et aux Presses Universitaires du Midi pour m'avoir offert ce livre que je ne pensais pas apprécier autant.
Ayant voulu, comme le nom l'indique, lire la préface de la traductrice avant d'entamer la lecture de ces deux pièces de théâtre, un élément clé de la première m'a été divulgué et c'est bien dommage.
Mirror Teeth (Dents Miroir) et Sand (Sable) sont deux pièces fort différentes avec cependant quelques points communs.
Dans la première (dont le titre bizarre m'a paru en fin de compte justifié), nous assistons à l'évolution d'une famille bourgeoise anglaise - "so british", composée de quatre membres avec chacun leurs névroses et leurs obsessions. Derrière les apparences et les formules convenues se cachent les monstruosités. le père est un marchand d'armes sans états d'âme, la mère une raciste absolue, le fils un étudiant que je pensais clairvoyant mais qui finalement ne rachète pas les autres, dont sa soeur à la sexualité refoulée. En trois actes, le décor change peu, même si les lieux sont à l'opposé l'un de l'autre, les paroles se confondent, ce qui souligne le grotesque de la pièce.
La fin inquiétante de la pièce et la répétition de certaines phrases ("it's a good life" dans Mirror Teeth et "and the world turns" dans Sand) constituent des points communs entre ces deux tragi-comédies grinçantes assez dissemblables au demeurant.
La couverture de l'ouvrage, bien choisie, en est un autre : cette maison d'une famille de mannequins artificiels a réellement existé dans le Nevada pour connaître les effets de la bombe atomique sur la population.
La deuxième pièce, Sand - sable - porte bien son nom, le monde n'est plus que sable après l'horreur. Une narratrice imperturbable est présente à tous les endroits et à toutes les époques où il est question de cette bombe, y compris dans le futur, qui heureusement ne s'est pas produit : la pièce a été écrite en 2013 et le futur dont il est question est 2017. Les explications scientifiques sont néanmoins (hélas ?) compréhensibles pour les profanes. le ton est glaçant et la logorrhée finale un peu difficile à assimiler, en anglais comme en français.
J'ai été contente de pouvoir lire le texte en anglais, en ne me référant que partiellement au français, alors que mon bac linguistique est bien lointain ! Mais la langue de l'auteur est limpide et parlante (parfaite pour le théâtre).
Ce grand pacifiste sait se montrer critique envers certains habitants de son pays dont il dénonce l'hypocrisie, qui est celle de l'Occident en général : vendre des armes à des dictatures en se trouvant des raisons de le faire (si je ne le fais pas, d'autres s'en chargeront et, d'autre part, cela convient au business) et vouloir être les seuls à posséder l'arme suprême (alors que celle-ci ne devrait être en possession d'aucune nation).
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