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Jean-François Kerline (Traducteur)
ISBN : 2211227457
Éditeur : L'Ecole des loisirs (01/02/2017)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Parfois, les gens ne voient pas les choses comme elles sont, mais comme ils croient qu'elles sont. Beaucoup de gens aiment George. Maman est très fière de son petit garçon, Scott aime son « frérot », et Kelly le tient pour son meilleur ami. Mais George sait que les gens ne voient pas qui elle est vraiment. Car, George en a la certitude, elle est une fille. Dès 10 ans.
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Critiques, Analyses & Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
allezvousfairelire
  12 mars 2017
Avertissement : chronique négative (relativement sérieuse).
George est un petit roman racontant l'histoire d'une fillette que tout le monde perçoit comme un garçon. Elle s'appelle « George ». Depuis toujours. Pourtant, c'est une fille ! Comment le faire comprendre à son entourage, dans ce monde où on la pousse sans arrêt dans des rôles de garçon ? George va se mettre en tête de jouer un rôle féminin dans la pièce de théâtre de l'école, et peu à peu, ce choix « interdit » va prendre pour elle de plus en plus d'importance, symbolique et personnelle…
George m'a été recommandé plusieurs fois* comme une petite pépite d'une douceur et d'une ténacité touchantes sur le thème important de l'identité des personnes transgenre, et encore plus important ici car on se place dans le regard d'un enfant transgenre — enfants qui ont peu de modèles auxquels se rapporter.
*Notamment par Nathan sur sa chaîne booktube "Le cahier de lecture de Nathan"
George, j'étais toute prête à l'adorer ou, au moins, à l'aimer pour le rôle de représentation qu'il tient. Or, j'ai plutôt détesté ce bouquin. Et je ne le recommande pas.
Contextualisons : je n'ai pas détesté ce bouquin pour le message central qu'il porte, c'est-à-dire « tu peux être toi-même, et devenir aux yeux des autres ce que tu es à l'intérieur ». Ça, c'était bien. C'était même très bien.
Mais ça ne sauve pas le roman qui a un gros, gros problème flottant de SEXISME ATRABILAIRE GÉNÉRALISÉ.
Or, dans un roman pareil, sur l'identité de genre, ce n'est pas anodin. Vraiment pas ! C'est même totalement incohérent, j'en reparle plus bas.
La grande question que je me suis posée, c'est donc :
Doit-on célébrer un roman au message positif fort s'il véhicule aussi une cargaison de problèmes ? Y a-t-il des maladresses acceptables, et où placer la limite (pour ce roman en particulier) ?
***LES « PLUS »***
#1. le thème abordé, nécessaire.
La question transgenre est méconnue et il est souvent très difficile pour les individus transgenres de se faire comprendre et accepter, surtout lorsqu'ils sont enfants, où leurs questions ont tendance à être évacuées.
{Passage explicatif} Un individu transgenre est quelqu'un que tout le monde perçoit comme appartenant à un genre qui n'est pas le sien (comme George, une fille que tout le monde voit comme un garçon). C'est extrêmement difficile à comprendre même chez les gens ouverts d'esprit, car on a tendance à raisonner autrement. (Nommément, en termes d'organes sexuels.)
Le seul fait que j'aie besoin d'écrire ce paragraphe témoigne de la nécessité d'aborder ce thème dans la culture. La culture (et donc ici la littérature) tient un rôle informatif, voire pédagogique. Je n'aurais pas eu besoin d'expliquer l'homosexualité, par exemple : ça fait un bail que ce sujet de société est traité dans nos livres, films, etc. Ça ne garantit pas l'acceptation, au demeurant, mais ça informe.
#2. L'approche authentique, par un auteur transgenre.
Le fait qu'Alex Gino soit transgenre permet probablement au roman d'éviter les écueils symptomatiques d'une vision extérieure, par exemple : au lieu du trope habituel « une fille coincée dans un corps de garçon »*, on est du point de vue de George, « une fille que tout le monde perçoit comme étant un garçon » (ce qui, semble-t-il, est bien plus fidèle au ressenti des personnes trans).
* le sujet avait par exemple été présenté ainsi dans le roman Gracefully Grayson, d'Ami Polonsky (vraiment meilleur d'un point de vue littéraire) -> le secret de Grayson en VF, chez Albin Michel.
Ci-dessous, une mini-liste de romans évoquant la question transgenre, mais tous sont plutôt destinés à un public ado, quand la vraie originalité de George, c'est de se placer du point de vue d'un enfant de 8 ans (qui sait déjà qu'elle est une fille).
-Le secret de Grayson (chez Albin Michel)
-Cette fille, c'était mon frère (anciennement "La face cachée de Luna") (chez Milan)
-Le garçon bientôt oublié (chez L'École des Loisirs)
-Garçon ou fille (chez Gallimard Jeunesse) (plutôt rigolo, celui-là)
#3. le rôle du théâtre
Ici, la pièce de théâtre dans laquelle s'implique George permet un dépassement du problème de genre par un déplacement identitaire pratique et propice au propos du livre. George veut interpréter le personnage de Charlotte l'araignée dans « Charlotte's Web » (un roman classique d'enfance dans le monde anglophone, traduit sous le titre le petit monde de Charlotte). Ce combat pour tenir un rôle féminin devient pour George un enjeu personnel immense car la fillette espère ainsi faire comprendre à sa mère qui elle est vraiment…
(C'est le même principe dans le secret de Grayson. Une idée qui n'est pas nouvelle donc, mais du reste, ça fonctionne très bien.)
#4. L'optimisme
George est un roman qui donne de l'espoir. Il s'attache à dire aux jeunes lecteurs : "Tu peux être toi-même ! D'autres t'accepteront comme tu es. Et tu seras heureux/se."
*Il en faut peu pour être heureux....*
Je ne suis pas difficile, un bon petit roman dont on sort en ayant envie de chanter en se dandinant, moi, ça me va très bien. Sauf que c'est plutôt un autre type d'humeur que ce roman a éveillé en moi :
*Bastoooon*
***Donc, LES « MOINS »***
#1. La pauvreté littéraire (due au fait qu'il s'agit d'un « roman à message »)
C'est assez mal écrit.
Je n'aime pas trop les romans « à thèmes » de manière générale, et celui-ci ne fait pas exception. Pourquoi je n'aime pas ? Parce que ce que j'aime, c'est la littérature. Un roman « à thème » est didactique, démonstratif, et c'est indubitablement le cas de celui-ci. Ça ne m'empêche pas de penser que certains thèmes sont nécessaires, mais, vraiment, je préfère qu'on m'écrire un vrai roman, une oeuvre littéraire traversée par ces thèmes, pensée avec eux, plutôt qu'un manuel type « Max & Lili » pour résoudre un problème. Ces romans-manuels ont leur rôle, ils sont bien pratiques, mais bon, là, on est chez L'École des Loisirs, alors flûte, j'ai le droit de le dire : niveau style, c'est le désert du Gobi.
Pas de petite fulgurance, pas de jolies citations à retenir. La mer est calme sous ma planche de surf. #Ennui.
#2. L'incarnation des personnages, pas toujours cohérente.
Kelly, la meilleure amie de George, est le 2e personnage principal. Or, du côté de Kelly, plein de choses sonnent faux, que ce soit dans sa maturité, dans ses revirements, ou dans certaines répliques d'adolescente très éclairée (alors qu'elle a 8-9 ans). Dans le reste du casting, c'est tout aussi marqué voire plus.
#3. La triple dose de sexisme archétypal de la mort qui tue
Le roman est branché sur deux réservoirs : un rose à paillettes, un bleu à crottes de nez. Et il pompe, il pompe, nous déversant continuellement en intraveineuse sa vision genrée super-segmentée des rôles masculin et féminin.
Parce qu'elle est une fille… George (à 8 ans) aime se maquiller, la mode, les magazines ; parce qu'elle est une fille, George déteste les jeux vidéos enfin surtout ceux qui sont violents ; parce qu'elle est une fille, George n'aime pas jouer avec les garçons, George n'aime pas le sport, George est fragile et faible, George trouve que les garçons sont répugnants et agressifs ; parce qu'elle est une fille, George est plus émotive et pleure plus facilement.
C'est déjà beaucoup, mais ce n'est pas tout. Les personnages masculins sont eux aussi victimes de cette vision caricaturale débile : ils sont tous vulgaires, crados, bordéliques, distraits, violents… Que les mecs soient positifs ou négatifs, ils correspondent tous à au moins 2 ou 3 de ces qualitatifs (Scott le frère de George, le père de Kelly, les garçons de l'école…) C'est le festival du cliché sexiste.
Alors, ça m'aurait forcément fait tiquer dans n'importe quel roman, mais dans celui-ci, c'est catastrophique. le fait que les genres ne soient pas en noir et blanc, c'est pas un peu… le thème central ? le message du roman ?
La représentation des genres, c'est littéralement le sujet du livre. LITTÉRALEMENT.
**Auto-objection #1**
« Mais quelque part, est-ce que ce n'est pas un peu normal qu'une fillette transgenre se raccroche à des repères de féminité (maquillage, mode, etc.) ? »
> Oui, c'est probablement normal… Mais est-ce que c'est une raison pour présenter tous les mecs comme des gorets ? Il suffirait d'un personnage non-archétypal dans le roman. Un garçon sensible, une fille sportive…
> Il me semble que ce roman fait plus de mal que de bien. Est-ce que les filles (transgenre ou non) n'ont pas le droit, potentiellement, de mettre des baskets et d'aimer les jeux vidéos et d'être quand même des filles ? Est-ce que les garçons n'ont pas le droit de pleurer en lisant un livre et d'être quand même des garçons ?
La petite fille que j'étais, qui adorait le judo, chaussait avec amour ses baskets à scratchs tous les jours, jouait à celui qui court le plus vite, je peux te dire qu'elle te corrigeait si tu la prenais pour un garçon. Parce que ce ne sont pas ces symboles là qui font notre genre. C'est nous, à l'intérieur, et c'est tout. Et c'est cette nuance que le roman rate complètement.
**Auto-objection #2**
« Certes le roman n'est pas parfait mais il porte un message crucial ! Alors bon, on peut passer sur certaines choses. »
> le problème de ce roman, c'est qu'il ne porte pas le message qu'il prétend porter. Pour les raisons déjà évoquées, je suis obligée de l'analyser comme un « roman à message » plutôt que comme une oeuvre littéraire — ce qui est sans doute mieux pour lui — or, dans son message-même, il y a une tension interne hyper problématique.
> On ne peut pas d'un côté soutenir que les apparences sont trompeuses, que les choses ne sont pas en noir et blanc, qu'une personne ressemblant à un garçon peut en réalité être une fille… et de l'autre présenter une vision des genres très segmentée dans laquelle George est une fille parce qu'elle est une petite chose fragile qui aime la mode et les magazines, et n'est pas un garçon parce qu'à l'inverse les garçons, eux, sont des porcs vulgos, bordéliques et violents! C'est antithétique. le message est raté. le livre se contredit comme un sale politicien, tenant un discours d'ouverture tout en démontrant continuellement un sexisme ahurissant.
> Par ailleurs, ce n'est pas parce qu'un roman porte un beau message que ça oblitère ses autres messages négatifs. Un roman féministe qui serait en même temps raciste, ça ne passerait pas. Un roman « Black power » qui serait homophobe, ça ferait hurler. Alors pourquoi un roman pro-transgenre qui est hyper sexiste, ce serait ok ?
> Sans doute parce que, « le sexisme, c'est pas graaaaaave ».
*** CONCLUSION ***
Des romans comme George, on en a besoin. C'est sans doute pour ça que les éditeurs (Américain et Français) l'ont choisi, l'ont défendu. C'est une démarche engagée. Les romans sur le transgenre sont rares, et pour les 8-12 ans, quasi inexistants.
Des romans comme George, on en a besoin. Mais celui-là, il n'est pas bon. Et je ne peux pas le recommander sous prétexte que « c'est le seul » : justement parce que c'est un thème sensible et important, il mérite d'être bien traité. Je suis contente que George existe parce qu'il ouvre des portes. Il incitera je l'espère d'autres écrivains à traiter avec plus de panache la question transgenre en littérature jeunesse. Dans un roman porté par une narration forte et des personnages bien incarnés. Et sans greffer dessus la vieille mue reptilienne d'un sexisme suranné. Please.
Des romans comme George, on en a besoin. Mais celui-là, il n'est pas bon. Au plaisir d'en lire de meilleurs,
Lupiot
PS : si vous souhaitez consulter cette (longue) chronique dans sa version illustrée (avec des gifs, des couvertures de livres, etc. (c'est plus agréable)), vous pouvez cliquez sur le lien suivant :
Lien : https://allezvousfairelire.c..
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kobaitchi
  19 octobre 2017
Un petit roman dont j'ai pas mal entendu parler ces derniers mois. Avec, au programme, l'histoire de Georges, une petite fille que tout le monde prend pour un garçon.
Le jour où la maitresse annonce à la classe que les élèves vont jouer une représentation de la pièce « le petit monde de Charlotte » lors de la fête de l'école une certitude nait en Georges. Si elle obtient le rôle de Charlotte tout le monde verra qu'elle est une fille. En particulier maman. Mais le monde n'est peut-être pas tout à fait prêt pour ça. Ou en tout cas la maitresse et les parents ne le sont pas.
J'ai aimé que George soit traitée comme une fille dès le début. Pas comme une fille coincée dans un corps d'un garçon. Pas comme un garçon qui a l'impression d'être une fille, même si elle-même utilisera cette tournure à un moment pour se faire comprendre. Mais juste comme une fille qui sait qu'elle est une fille et qui voudrait que les autres le sache aussi.
J'ai beaucoup moins aimé les tonnes de clichés qui reviennent encore et encore tout au long de l'histoire. Georges est une fille donc elle est touchée par la mort de Charlotte (l'araignée du petit monde de Charlotte) alors que les garçons trouvent tous ça ridicule. Elle aime le rose et voudrait être amie avec les filles en bikini dans les magazines féminins. de manière générale elle est plus sensible, plus fragile, plus émotive, etc. que les garçons de sa classe.
Alors oui, bien sur que certaines filles (trans ou cis) sont ainsi et ce n'est pas un problème en soi. le problème vient du fait qu'on a très, très, mais vraiment très peu de représentations de personnages trans dans la littérature (et encore moins dans la littérature jeunesse) et que la quasi-totalité de ceux qu'on a sont identiques. Les filles trans sont des petites choses fragiles qui aiment les paillettes et le maquillage alors que les garçons trans sont de gros bourrins qui… Ah non, autant pour moi. En fait, eux, ils sont juste invisibles.
Je n'ai pas un seul exemple de bouquin ayant pour personnage principal un mec trans. C'est bizarre quand même…
[...]
Pour en revenir au bouquin, quand même, l'écriture n'est pas exceptionnelle. On sent que le roman a été écrit pour un (très) jeune public et læ lecteurice adulte s'y ennuiera par moments, que ce soit à cause de la façon dont s'est raconté ou carrément de ce qui se passe.
Malgré les défauts soulevés plus tôt on s'attachera quand même assez facilement à Georges. C'est une fillette adorable et on ne peut s'empêcher de se mettre en colère envers les gens qui la blessent et qui refusent d'au moins essayer de la comprendre.
[...]
L'importance des mots.
Le terme transsexuel est utilisé plusieurs fois au cours du roman et je ne sais pas si la faute doit être imputée à l'auteurice ou à l'éditeur…
[...]
En me renseignant sur l'auteurice j'ai trouvé ceci sur le site de l'école des loisirs : George est le premier roman de l'Américain Alex Gino. Cet adulte transgenre ne se définit ni comme un homme ni comme une femme, mais utilise le pronom personnel pluriel « ils » pour parler de sa personne. Militants pour les droits des homosexuels et des transgenres, « ils » ont mis une dizaine d'années à écrire George.
Se renseigner un peu avant de traduire littéralement et stupidement tout ce qu'on lit c'est pas mal des fois. Surtout quand précisément on édite un livre parlant d'une héroïne trans.
Parce que si le pronom neutre est effectivement « they » en anglais, et qu'il se traduit bien par ils (ou elles, au passage…) en français, ça n'a pas beaucoup de sens de le traduire de cette façon dans ce contexte. Si « they » a été choisi par de nombreuses personnes anglophones c'est parce qu'il est neutre justement et qu'il englobe ils et elles. le traduire en français par « ils » n'a strictement aucun sens. Déjà parce qu'il n'est pas neutre dans notre langue, qu'il exclut « elles » d'office et aussi parce qu'il existe plusieurs autres termes utilisés par les personnes, généralement non-binaire, concernées (mais au fond, par un peu qui veut, ai-je envie de dire). Iel (que j'utilise sur ce blog depuis un bout de temps), ul, ol, illes… En l'absence de décision de l'académie française (toujours à la ramasse) c'est pas le choix qui manque et une simple petite recherche sur quelques sites spécialisés aurait apporté une réponse plus juste que « ils ».
[...]
Lire l'article en entier sur le blog.
Lien : http://kobaitchi.com/george-..
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Leshayah
  21 février 2017
Enfin, on aborde le point de vue des personnes transgenre !!
Récemment sont sortis plusieurs livres autour de ce thème, celui-ci pour les jeunes adolescents et "Celle dont j'ai toujours rêvé" à partir de 14 ans par exemple, et je trouve ça géniallissime !
Notre héros a dix ans. Il est né avec quelque chose qui pend entre ses jambes, on l'appelle George, on le prend pour un garçon. Mais au fond de lui...Il sait qu'il est une fille, Mélissa.
Le sujet est traité du point de vue d'un enfant et donc ses propos et réflexions, sa maturité sont celles d'un enfant. C'est pur et simple, criant de justesse et touchant.
Qui à part George lui-même, peut dire s'il est une fille ou un garçon ? Il sait au fond qui il est.
L'enjeu de ce court roman est de s'accepter et de s'affirmer, de se révéler tel que l'on est. La nature s'est trompée en mettant une fille dans un corps de garçon, George est en droit de le dire et de réparer cette erreur.
Un beau message de tolérance, un voyage dans la vie de quelqu'un que l'on a toujours pris pour un autre sans s'en rendre compte. Un malentendu qui pèse a chaque instant, ne serait-ce qu'en entendant la mère de George lui dire qu'il sera toujours son petit garçon...
Un livre qui m'a touchée par la simplicité de ses mots et par la profondeur de ses émotions et de ses réflexions.
À mettre entre toutes les mains, surtout celles de ceux qui ne comprennent pas que la nature peut se tromper....Qu'elle ajoute un bras ou un chromosome, qu'elle se trompe de sexe ou qu'elle relie deux siamois, elle peut se tromper et les personnes atteintes ont le droit de vivre en tant qu'eux même, même si ce sont des cas "inhabituels".
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malecturotheque
  16 mai 2017
J'ai entendu beaucoup de choses sur George. Par exemple, j'ai entendu dire que c'était trop stéréotypé (les filles sont sensibles et portent des jupes et se maquillent, les garçons sont violents…). J'ai aussi entendu dire que ce roman était génial pour les enfants (l'éditeur indique 9-12 ans). Mais moi, qu'en ai-je pensé ? Et bien, je ne vais pas faire durer le suspens : j'ai apprécié ma lecture, malgré quelques défauts.
George, c'est l'histoire d'une enfant trans : Melissa, comme elle aime à s'appeler devant le miroir, est une petite fille née dans le mauvais corps, celui d'un garçon (je simplifie, et pour ne pas vous perdre avec les prénoms, je l'appellerai George comme c'est le cas dans 95% du livre). Mais elle est la seule à savoir qu'elle est en vérité une fille, et elle ne vit pas très bien le fait que tout le monde la considère comme un garçon. Qu'à cela ne tienne, l'école va faire une représentation théâtrale, et George est bien décidée à incarner le premier rôle féminin de la pièce : Charlotte. Ce sera l'occasion pour elle de montrer enfin à tout le monde qui elle est vraiment !
Le roman tourne donc beaucoup autour de la pièce : l'étude du texte en cours, ce que George ressent à sa lecture, les affinités qu'elle a avec les personnages, etc. Cela étant dit, même si le théâtre occupe une place importante dans ce livre, le sujet primordial reste les transidentités : comment George vit, comment elle tente d'être en accord avec elle-même, comment elle va s'y prendre pour le dire à ses proches et comment ceux-ci vont réagir, etc. Dit comme ça, c'est assez dense, mais le roman se lit très bien. Il ne faut pas oublié qu'il est destiné aux enfants, et l'écriture est donc simple et efficace.
Ce qui m'amène à la narration : comme c'est une héroïne, c'est le pronom féminin qui est utilisé, malgré l'emploi courant de son prénom masculin, George. Je me suis interrogée sur ce choix car, si George s'appelle elle-même Melissa, pourquoi ne pas la nommer ainsi tout au long du récit ?
J'ai ma petite idée sur le sujet, à savoir que c'est plus percutant pour le lecteur/la lectrice d'avoir un prénom de garçon et le pronom féminin. Ainsi nul.le ne peut nier l'évidence : le personnage est en transition.
De plus, il s'agit d'un roman jeunesse, et il faut donc simplifier les choses. Ce n'est pas un récit à la première personne, c'est un narrateur extérieur à l'histoire qui nous la raconte. Alors imaginez un peu si on nous parle de Melissa, puis de George car elle est à l'école, ou avec sa mère, et que toutes ces personnes ne la connaissent que sous le nom de George… Si c'est la première fois qu'un.e enfant lit un roman sur le sujet, qu'ielle n'y est pas sensibilisée, il y a de quoi être un peu perdu.e !
En ce qui concerne les fameux stéréotypes, ils sont effectivement présents, mais pas tant que ça. Pour ce qui est des femmes, le maquillage, les jupes et tout le reste, je comprends : George a pour modèle des jeunes filles un peu plus âgées qu'elle, qui font les couvertures des magazines. Toutefois, c'est contrebalancé par la mère de George qui, elle, préfère s'habiller avec un polo et un pantalon, ne se maquille pas. Bon, ce sont deux extrêmes et il se trouve que notre héroïne n'a pas envie de lui ressembler.
Du côté des garçons, c'est vrai que le caïd de l'école est plutôt caricatural, mais ce n'est pas le cas des autres garçons. Toutefois, on les voit beaucoup moins, donc il est normal de garder cette impression en tête.
En vérité, il n'y a pas tant que ça de personnages caricaturaux. C'est surtout que ceux qui sont mis en avant le sont. Aussi, en dehors de George, ils ne sont pas très approfondis.
Comme je le disais en introduction, malgré ses défauts, George est un roman très sympathique. J'ai beaucoup aimé l'héroïne, je l'ai trouvée attachante, et je me suis un peu retrouvée en elle (en dehors des questions de genre).
Je le recommande surtout aux enfants, mais ne vous privez surtout pas de le lire : vous passerez un bon moment de lecture.
Lien : https://malecturotheque.word..
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mumuboc
  17 avril 2017
Le récit retrace le parcours de George (sans s) qui malgré qu'il est un garçon ressent lui qu'il est une fille.... Mais comment le faire comprendre à sa famille, sa mère, son frère. Oui c'est vrai George n'est pas brutal mais plutôt doux, il aimait emprunté à sa mère, petit ses vêtements, il aime lire des revues féminines.
A l'école, beaucoup de ses camarades le trouvent un peu différent, on le traite souvent d'homo mais lui sait qu'il n'est pas homo. Non lui sait qu'il est une fille et grâce à sa meilleure amie Kelly il va pouvoir révéler son lourd secret à sa famille.
Comment aborder la transsexualité avec des adolescents..... Pas facile mais ce roman le fait avec délicatesse, sans fausse pudeur mais simplement en se mettant à dans les pensées de George qui ne parle de lui qu'à la 3ème personne du singulier féminin et au début de la lecture, il faut dire que cela perturbe de voir accoler le "elle" à George.
George nous révèle ses espérances, ses rêves, ce qu'elle ressent.... ses espoirs.
J'ai trouvé le récit très bien construit, peut être destiné à de jeunes adolescents car par moment un peu naïf sur les rapports entre enfants et surtout aussi sur la famille de George qui est particulièrement attentive et ouverte.
Lien : http://mumudanslebocage.cana..
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Les critiques presse (2)
Ricochet   05 mai 2017
Rares sont les romans qui traitent de cette thématique et George offre ainsi une belle opportunité d'aborder ce sujet fort et essentiel.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Liberation   10 avril 2017
La narration adopte un point de vue empathique en plaçant le récit du côté de George et en utilisant d’emblée le pronom qu’elle s’est choisi, "elle".
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations & extraits (3) Ajouter une citation
beamag87beamag87   24 décembre 2016
George regardait par la fenêtre arrière et comptait les poteaux électriques. Quand elle était petite, son grand-père lui avait dit que si elle comptait cent poteaux de suite, un fée électrique exaucerait son premier voeu. Elle ne croyait plus à la fée électrique et ne savait pas au juste quel était son voeu, mais elle continuait à les compter par habitude.
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MaliaeMaliae   31 mars 2017
– Bah, nous ne pouvons pas imposer nos vues à nos enfants, mais nous pouvons les encourager, n’est-ce pas ?
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MaliaeMaliae   31 mars 2017
Les papillons dans son estomac avaient eux-mêmes des papillons dans leurs estomacs.
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