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ISBN : 224612283X
Éditeur : Grasset (05/11/2008)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Natalia Ginzburg raconte son enfance et son adolescence : un père fantasque et une mère plaintive, des amis promis à la gloire ; Turin, l'antifascisme, les arrestations, la guerre, la déportation, l'assassinat d'un mari aimé.
Tandis que les parents parlent et résument le monde en quelques jugements lapidaires, les enfants découvrent la résistance de la vie qui leur oppose les énigmes meurtrissantes de l'amour, de la guerre, de la mort. Le comique des mots con... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
krzysvanco
  25 octobre 2018
Lu en V.O.
J'ai beaucoup aimé ce livre...
Natalia Ginzburg nous fait revivre toute sa famille : son père Giuseppe, scientifique, professeur d'université, d'origine juive, colérique, quelque peu tyran, sa mère Lidia, ses frères et soeurs, ses grands-parents, oncles et tantes mais également les amis tous ces personnages.
Le milieu dans lequel ils évoluent est celui d'intellectuels, de personnages célèbres, écrivains, scientifiques, profondément antifascistes.
Il y a donc énormément de personnages - lors de ma lecture je me suis fait un petit arbre généalogique et ai recensé les amis de chaque membre de la famille.
Les portraits sont dessinés avec beaucoup de pudeur : l'auteure se garde de porter de jugement (à de rares exceptions près).
Le roman se déroule durant la montée du fascisme, les lois raciales, la guerre mais ces événements sous-jacents sont à peine esquissés et pourtant ils sont importants dans la vie de Natalia Ginzburg qui verra son mari arrêté, torturé et tué en prison !
Elle ne parle pas d'elle, pas de ses sentiments, quelques brefs mots nous apprendront la mort de son mari, une simple phrase nous apprendra son remariage !
Pourquoi avoir aimé ce livre alors que le contexte de l'Italie en ce temps n'est pas développé, que tout cela pourrait paraître superficiel ?
Pour de nombreuses raisons :
je citerai d'abord les expressions utilisées par les personnages, le père surtout, mais également la mère, la grand-mère utilisent des phrases, des expressions qui deviennent culte dans sa famille, et qui sont répétées, donnant un rythme au livre et lui apportant beaucoup d'humour. Ces phrases expliquent tant le titre italien (Lessico famigliare) que le titre donné à l'édition française.
J'ajouterai que le milieu est particulièrement intéressant, Natalia Ginzburg fait le portrait de personnages importants : des écrivains comme Cesare Pavese, Carlo Levi, des personnages comme Adriano Olivetti.
Dans la relation de ses souvenirs d'adulte, le livre se fait moins léger, les événements, même s'ils ne sont que légèrement évoqués, nous en sommes conscients.
J'ai apprécié le style, très fluide.
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michfred
  20 mars 2015
Voilà une autobiographie hors du commun!
Centrée sur l'intimité d'une famille, d'un clan noyauté par ses rites et singularisé par ses idiomatismes, la narration évite pourtant tous les pièges de l'exhibitionnisme, de la confidence , de l'épanchement propres au genre autobiographique.
Avec une grande pudeur, et beaucoup d'humour-la politesse du désespoir?- . Natalia Ginzburg évoque les silhouettes de ses parents, de sa mère, intellectuelle un peu fofolle et généreuse, dépourvue de tout sens pratique, son père, un physicien adepte de courses en montagne épuisantes, tyran domestique et maître à penser acerbe et haut en couleurs, ses frères, sa soeur,et tous les amis, célèbres- Einaudi, les Olivetti, Leone Ginzburg, Cesare Pavese, Balbo...- faisant partie de cette intelligenzia turinoise, juive et athée, farouchement opposée au fascisme, et qui fut la première cible des chemises noires: comme le marquent les nombreuses arrestations, tortures, relégations et morts qui très discrètement jalonnent le récit.
Car c'est autour du lexique familier et familial que fait mine de s'articuler toute la narration:néologismes cocasses, expressions idiomatiques, anecdotes savoureuses- c'est tout un folklore privé, cher au coeur de la narratrice qu'elle ressuscite avec tendresse et ironie, masquant avec légèreté et élégance une période terrible -arrestations et morts la frappent de plein fouet à plusieurs reprises...
De beaux portraits: un magnifique et discret hommage à son mari, Leone Ginzburg, torturé et tué par les fascistes, Pavese, le désespéré à la pipe, Olivetti le riche industriel , ami du père...
je n'ai pas lu ce livre en français, et j'ai du mal à imaginer comment ont été traduites toutes ces images et créations verbales si pleines de saveur en italien.. Je vais néanmoins "poster" cette critique dans les deux versions: c'est un tel plaisir de lire ce livre original, drôle et subtil, léger et grave...le lire, même en français vaut qu'on s'y arrête!
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isabellelemest
  16 janvier 2013
Née dans une famille de la bourgeoisie juive de Turin, Natalia Ginzburg écrit ici d'abord avec beaucoup de tendresse une chronique familiale dédiée à ses parents, à leurs habitudes, à leurs travers, à leurs mots et expressions favorites. Mais c'est aussi le récit de la résistance au fascisme mussolinien dans lequel est impliqué son mari et toute une bande d'amis et d'intellectuels, visés par une répression variable qui se terminera pourtant par l'assassinat en prison de son compagnon. C'est aussi l'histoire d'une maison d'édition, la maison Einaudi, prestigieux refuge du groupe des "ragazzi di via Po", les jeunes de la rue Po, avec une série de portraits passionnants, à commencer par le jeune, timide mais décidé Einaudi lui-même, puis Pavese, lecteur et éditeur exigeant, dont la fin tragique est éclairée par une intime, l'auteur. Au total un récit plein de vie qui retrace les luttes et les débats d'un groupe d'intellectuels et d'écrivains engagés qui ont fait partie de l'histoire italienne des années de guerre et d'après-guerre.
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awaloo
  09 mai 2014
Lu en italien. Je me demande comment la traduction rend l'idiome familial, le pittoresque et l'inventivité des termes employés par le père de Natalia, curieux excentrique difficile à vivre ! J'irai jeter un oeil sur la traduction. Par curiosité. Sinon l'ouvrage est plaisant et on y croise des personnages célèbres, Turati, Carlo Levi, la famille Olivetti qui montrent comment Turin la ville de Primo Levi était un foyer de culture dans laquelle les juifs (ebrei en italien) comptaient pour beaucoup.
N. Ginzburg qui a joué un rôle important dans les lettres italiennes après guerre en tant que lectrice pour les éditions Einaudi (le Gallimard italien), est par ailleurs connue pour avoir refusé le manuscrit de Primo Levi [i]Si c'est un homme...[/i] principalement parce que, dans les années 60, elle a considéré que le public était fatigué (stufo) des histoires de la guerre...
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pasiondelalectura
  21 août 2015
Les mots de la tribu (Lessico famigliare, 1963) est son roman le plus célèbre; il obtint le Prix Strega 1963 (l'équivalent de notre Goncourt); elle nous donne, dans ce roman, une vision de son quotidien très néoréaliste, c'est un roman autobiographique.
C'est un roman très jouissif dans la première partie où elle livre un portrait très drôle de sa proche famille: une famille composée par un père tonitruant, une mère fantasque, trois frères aux fortes personnalités et une soeur très différente d'elle. Aussi sont très bien esquissés le personnage de la grand mère paternelle, de la servante Natalina et des amis proches de la famille. Quelle brochette de personnages hauts en couleurs qui ont marqué la jeunesse de Natalia Levi; elle a surtout retenu le lexique très particulier utilisé à la maison.
Ce n'était pas une famille de tour repos, entre le père érigé en Statue du Commandeur plus vraie que nature, ses frères et sa soeur, tous très différents et aux fortes personnalités.
L'écrivain décrit très bien les siens mais ne se livre pas; elle s'applique à les décrire avec un regard d'entomologiste.
La deuxième partie est très différente avec Natalia devenue adulte, très intellectuelle, très active politiquement. C'est incroyable d'observer le niveau intellectuel des personnes de son entourage: son premier mari Leone Ginzburg, Pavese, Balbo , Einedi et tant d'autres.
Ici,, l'écrivain se livre encore moins et reste très en déca d'un ressenti ou d'une affectivité, ce qui a rendu ma lecture par moments un peu aride.
Un très grand livre.p
Lien : https://pasiondelalectura.wo..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Alice_Alice_   29 juin 2014
Ma mère, elle, était optimiste de caractère et elle attendait quelque magnifique coup de scène. Elle s'attendait à ce qu' "on renversât", un beau jour, Mussolini.
Ma mère sortait le matin, en disant :
- Je vais voir si le fascisme tient toujours debout. Je vais voir si l'on a renversé Mussolini.
Elle recueillait des allusions et des racontars dans les magasins et elle en tirait de réconfortants auspices. A table, elle disait à mon père:
- Il y a du mécontentement dans l'air. Les gens n'en peuvent plus.
- Qui te l'a dit? hurlait mon père.
- C'est mon marchand de légumes qui me l'a dit, répondait ma mère.
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Alice_Alice_   26 juin 2014
Le Dément dans sa clinique, avait un fou qui se prenait pour Dieu. Chaque matin, le Dément lui disait:
- Bonjour, illustre monsieur Lipmann.
Et le fou répondait alors :
- Illustre, peut-être bien, mais Lipmann, sûrement pas.
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calisson73calisson73   29 janvier 2013
" - Vous autres, disait mon père, vous vous ennuyez parce que vous n'avez pas de vie intérieure."
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