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Robert Ricatte (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070106554
1380 pages
Éditeur : Gallimard (27/10/1971)

Note moyenne : 4.54/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Naissance de l'Odyssée - Colline - Un de Baumugnes - Regain - Solitude de la pitié - Le Grand troupeau.

«Si Giono (1895-1970) a passé sa vie en Provence, son œuvre dépasse le Midi : les paysages et les êtres qu’il fait vivre sont aussi ceux des Alpes et de l’Italie. Du panthéisme optimiste et lumineux de ses débuts à l’engagement pacifiste d’avant 1939, aux épopées de sa maturité, aux narrations complexes et denses de ses noires "Chroniques", à la sé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
karkarot
  27 août 2018
Ce premier tome des oeuvres romanesques de Giono contient ses romans dit "paniques". Au sens où ils se rattachent au dieu Pan, le grand dieu grec de la nature, d'une certaine folie, de la sauvagerie et du pastoralisme évidemment. L'ouvrage commence d'ailleurs par la Naissance de l'Odyssée, une sorte de farce où Giono se rit d'Ulysse et explique comment et pourquoi aurait été écrite l'Odyssée: le héros rentrant chez lui aurait longtemps découché et fréquenté d'autres lieux que le foyer conjugal, et convoquerait comme excuses ses aventures homériques à la manière d'un Reggiani dans L'Italien.
Il s'agit de la première oeuvre de l'auteur manosquin, bien qu'elle soit publiée après Colline. Il y fonde sa littérature, une littérature de mensonge à l'image de celle de cet Ulysse qui invente, fabule, brode, créé sa propre vérité et la partage à d'autres, les émerveillant. On songe ici à la réponse de Giono à une critique américaine ayant pris son récit de l'Homme qui plantait des arbres comme une vérité absolue . Mais c'est aller déjà vers un tome postérieur de l'auteur. Il conçoit ici comment seront ses romans: fabuleux, contés avec brio pour que ses lecteurs se repaissent de beauté pure, de paysages superbes et d'un vent épique, panique...
On retrouve cela dans Colline justement, dans un style qualifié de "réalisme merveilleux" (on convoquera ici Gabriel Garcia Marquez, autre conteur merveilleux) Giono raconte la vengeance de la nature contre un village niché au creux de la montagne de Lure. Quiconque a déjà parcouru ces sentiers sait que la vie doit y être rude, plus encore à l'époque relatée par l'auteur. Une poignée de paysans vivent sur ces coteaux et voient leur eau se tarir. Tous pensent à une malédiction et veulent la chasser en tuant le vieux du village, Janet. D'autres malheurs surviennent et l'on comprend que ce n'est que le juste retour des choses, la conséquence des actes humain à l'encontre de celle qui les nourrit. Loin d'être personnifiée, celle-ci n'est qu'évoquée par touches poétiques.
C'est l'homme qui est ici visé, l'homme qui fait la guerre, celui que Giono a vu à l'oeuvre lors de la première guerre mondiale, l'homme qui déjà détruit sa terre. C'est donc un roman d'anticipation pour nous qui le lisons aujourd'hui, à l'heure où l'impact humain sur la Terre est plus que manifeste. Une lecture passionnante et essentielle donc !
Un des Baumugnes, c'est au contraire l'histoire d'un monde paysan plus humain. C'est une histoire d'amour, une histoire de famille, un roman paysan. Toujours sur une Lure imaginaire, Giono fait vivre son Angèle (le film, c'est elle !) et deux ouvriers agricoles qui se louent de ferme en ferme. Une brute et un timide. La brute détourne la pauvre paysanne que l'autre voudra sauver. Il n'y parviendra qu'aidé et pousser par un ami rencontré dans une taverne où il cuve son malheur et son introspection. L'honneur d'une famille est en jeu et le bonheur de la jeune fille est tout prêt de passer à la trappe au profit de cet impalpable réputation, si importante dans le monde que dépeint l'auteur, connaisseur de la campagne des basses Alpes Tout ici ressemble à une tragédie (cela répond aussi peut être à la Naissance de l'Odyssée) mais ne finit pas si terriblement
Regain lui conte la renaissance. Et pas que du blé, mais aussi et surtout des hommes. Une femme, encore (dans la trilogie de Pan les femmes sont capitales, moteurs souvent, victimes aussi), sauve un hameau qui se meurt sur les flancs de Lure. ne cherchez pas, le village d'Aubignane cité ici n'existe pas, et les dimensions données aux espaces de la montagne sont imaginaires, fantastiques, à la dimension du conte. Ce qui est vrai c'est la volonté des hommes, la passion de faire sortir de terre de quoi nourrir l'Homme, de renouer avec la vie, la grande vie, celle ou une foi existe, une foi dans les arbres, les ruisseaux, la sueur et les champs, les animaux et le vent. C'est cette foi qui habite Regain et qui permet à Panturle et Arsule de vivre, et mieux que ça même.
Cette trilogie se clôt donc d'une fort belle façon, pleine d'espoir et d'envie, pleine de la force du monde paysan que l'on tue trop vite au goût de Giono, pleine de la beauté de la montagne de Lure et du bon goût de son pain.
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Lavieestunlongfleuvetranquille
  20 février 2015
Une perle de la littérature, des textes magnifiques, un homme hors du commun et la découverte d'une nature provençale fabuleuse.
C'est tout simplement la recette de la certitude de passer un moment inoubliable et unique.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
sissou60sissou60   21 août 2012
Il avait, pendant un an, planté plus de dix mille érables. Ils moururent tous. L'an d'après, il abandonna les érables pour reprendre les hêtres qui réussirent mieux encore que les chênes.
Pour avoir une idée à peu près exacte de ce caractère exceptionnel, il ne faut pas oublier qu'il s'exerçait dans une solitude totale; si totale que, vers la fin de vie, il avait perdu l'habitude de parler.
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CalibanCaliban   24 février 2019
Tout le monde est contre les abus , mais tout le monde trouve que les abus c'est encore ce qu'il y a de mieux .

in "Monsieur Machiavel ou le coeur humain dévoilé " .
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Jean Giono : Un Roi sans divertissement (1963 / France Culture). Photographie : Dernier portrait de Jean Giono par Jean Dieuzaide, Manosque, 1968. Diffusion sur France Culture le 8 décembre 1963. Adaptation par Alain Allioux. Réalisation de Claude Mourthé. Le titre "Un roi sans divertissement" renvoie à la phrase qui clôt le roman et que Giono emprunte aux "Pensées" de Pascal : « un roi sans divertissement est un homme plein de misères » (fragment 142 de l'édition Brunschvicg), indiquant ainsi l'interrogation moraliste de l'auteur qui veut montrer que l'homme — pour sortir de son ennui existentiel par le divertissement — peut aller jusqu'à la fascination du Mal. C'est dans le monde figé du grand silence blanc de l'hiver montagnard que cet ennui atteint son paroxysme qui peut conduire au meurtre ou au suicide. L'action du roman se déroule dans une région que Giono connaît bien, le Trièves, entre les massifs alpins du Vercors et du Dévoluy, et qui lui a déjà fourni le cadre de "Batailles dans la montagne" et d'une partie des "Vraies richesses". Cette action s'inscrit dans une période d'un peu moins de cinq années, rythmées par six hivers successifs, de 1843 à 1848 et a pour axe le capitaine de gendarmerie Langlois qui s'installe dans l'auberge d'un village isolé par la neige pour rechercher un tueur mystérieux qu'il finira par abattre. Ayant démissionné de la gendarmerie, il revient ensuite au village comme commandant de louveterie et organise une chasse au loup qui rappelle la poursuite précédente. Il veut s'installer et se marier et participe aux fêtes locales mais effrayé de sa fascination pour la beauté du sang d'une oie sur la neige, il se suicide en fumant un bâton de dynamite. Le roman est remarquable aussi par sa complexité narrative caractérisée par la multiplicité des narrateurs qui vise à restituer la tradition orale d'événements vieux d'un siècle. Ce choix narratif permet également de diversifier les tons et les points de vue sur le personnage principal, le mystérieux et troublant Langlois, et enrichit le roman en lui conférant une saveur et une originalité singulières. Interprétation : Raymond Pellegrin, Pierre Bertin, François Chaumette, Bernard Lajarrige, Marcel André, Alexandre Rignault, Margo Lion, Rosy Varte, Lise Delamare, Albert Médina, Sylvie Favre, Jacques Gripel, Bruno Balp, René Clermont, Jean Clarens, Yves Duchateau, Elsa Manet, Jacqueline Moresco, Philippe Mahrer, Jean Péméja, Yves Peneau, Lily Siou, Yvonne Farvel, Anne Wartel et Geneviève Morel.
Sources : France Culture et Wikipédia
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