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ISBN : 207036240X
Éditeur : Gallimard (29/08/1995)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 781 notes)
Résumé :
Le hussard sur le toit : avec son allure de comptine, ce titre intrigue. Pourquoi sur le toit ? Qu'a-t-il fallu pour l'amener là ? Rien moins qu'une épidémie de choléra, qui ravage la Provence vers 1830, et les menées révolutionnaires des carbonari piémontais. Le Hussard est d'abord un roman d'aventures ; Angelo Pardi, jeune colonel de hussards exilé en France, est chargé d'une mission mystérieuse. Il veut retrouver Giuseppe, carbonaro comme lui, qui vit à Manosque.... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (59) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  07 février 2014
Le Hussard Sur le Toit, c'est une sorte de grand road-movie provençal à travers une belle épidémie de choléra au XIXème siècle. Je ne ferai pas mystère que j'ai un avis mitigé à propos de ce livre :
1) Sur le versant positif, la puissance d'évocation est à la hauteur de l'objectif que s'est fixé l'auteur, Jean Giono. On a vraiment l'impression de voir les gens crever devant nous, comme des mouches !
De même, le thème du choléra, choisi pour ce roman, semble posséder une valeur symbolique plus universelle, au sens de "la catastrophe qui s'abat sur les gens", cela pourrait être la guerre ou un désastre naturel quelconque. Cela a le mérite de faire ressortir beaucoup de côtés sombres de l'humain, savamment enfouis et dissimulés en temps calmes.
La note d'espoir de Giono pourrait être que, même en ces temps de farouche adversité, où il y a fort à faire, ne serait-ce que pour passer au travers du fléau et sauver sa peau, il se trouve toujours deux ou trois âmes nobles qui ne s'abaissent pas à l'égoïsme ou à l'appât du gain, mais qui savent se montrer grandes dans les grandes occasions, et racheter, bien petitement certes, l'honneur terni de l'espèce humaine.
2) Sur le versant négatif, j'avais hâte de lire ce livre qui jouit d'une assez grande réputation et de découvrir son auteur dont je n'avais jamais rien lu auparavant. M'attendant à être surprise en bien, je dois confesser que c'est plutôt l'inverse qui s'est produit.
Le style d'abord, au lexique très technique, mais sans grande nuance de lyrisme a quelque chose d'aride à mon goût. Les dialogues ne m'ont pas non plus transporté dans l'allégresse. Un je-ne-sais-quoi d'artificiel et d'hyper théâtral (au mauvais sens du terme) m'ont empêché d'y plonger pleinement.
Le thème ensuite : traverser une zone infestée de choléra, c'est-à-dire se heurter aux habitants hostiles et soupçonneux, côtoyer les cadavres de cholériques, ne pas attraper la maladie, ces trois leitmotiv sans cesse répétés et mis en avant, font que ce thème peut avoir un petit côté lassant ou dérangeant à la longue.
Angelo est un jeune aristocrate italien, colonel de hussards, qui fuit son Piémont natal, auquel il est pourtant viscéralement attaché, afin d'échapper aux poursuites qui ne manqueraient pas de le conduire à la potence après avoir tué en duel un officier autrichien.
Il passe donc du côté français, mais sur l'autre versant des Alpes, c'est un paysage d'apocalypse qui l'attend. En effet, la Provence est complètement ravagée par une terrible épidémie de choléra. Se frayant péniblement un chemin entre les cadavres jusqu'à Manosque où il espère retrouver son frère de lait, Giuseppe, il arrive dans une ville fantôme.
La population y est décimée ou partie, la suspicion et la hargne y sont partout. Angelo, jouissant d'un magnifique statut de réfugié étranger ne tarde pas à être accusé de tous les maux possibles et imaginables. La foule (ou du moins ce qu'il en reste !) veut des coupables et du sang. L'étranger apparaît manifestement être une victime idéale.
Mais Angelo, qui n'est pas la moitié d'un hussard et auquel grimper ne fait pas peur, muni de ses belles bottes, décide, faute de cheval, de chevaucher les toits... Ça permettra toujours d'attendre et de voir venir avant de trouver un meilleur moyen de survivre à la contagion et de ne pas se faire étriper sur la place publique...
Au cours d'une de ses pérégrinations apicales, notre hussard italien, fringant certes mais tiraillé par la faim, échoue dans une belle demeure qui semble, comme beaucoup d'autres, abandonnée. Mais abandonnée, elle ne l'est pas tout à fait. Il y rencontre une charmante jeune femme aristocrate nommée Pauline...
Que va-t-il se produire entre ces deux-là ?
Réponse A : Va-t-elle le chasser ?
Réponse B : L'aimer ?
Réponse C : Aucun des deux ?
C'est ce que vous découvrirez à la lecture si le coeur vous en dit.
Une drôle d'impression au final, mi-figue mi-raisin, mi-fugue mi-reviens, et peut-être est-ce bien ainsi... Au demeurant, ceci n'est qu'un petit avis, jeté par hasard sur le toit et vous connaissez la suite...
P. S. : Voyez-vous dans les campagnes
Fleurir ces féroces liseuses ?
Elles viennent jusque dans nos bras,
Égorger nos kiosques et nos libraires !
Aux livres ! Citoyens !
Formez vos bibliothèques !
Marchons ! Marchons !
Que les liseuses impures,
Éclatent sous nos talons !
Amour sacré du Livre,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs !
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Gwen21
  19 avril 2015
Sachant que je séjournerais une semaine dans le Lubéron, j'avais précieusement gardé sous le coude "Le hussard sur le toit", ma première rencontre avec Giono. Je fus bien inspirée car quel décor aurait mieux convenu pour servir d'écrin à ma lecture ? Je me suis même fendue d'une courte génuflexion devant la maison natale de l'écrivain, à Manosque.
Une découverte en demi-teinte.
Je rends hommage à la puissante force d'évocation de l'auteur qui, d'une narration presque exclusivement descriptive d'où les dialogues sont réduits à peau de chagrin, immerge son lecteur dans une nature vivante et vibrante. La chaleur caniculaire, le soleil de plomb, les maigreurs d'une végétation brûlée et, à l'opposé, l'emphase des forêts montagnardes font de ce roman une ode à la nature et plus particulièrement à la Provence. Revers de la médaille, le style de Giono est enivrant jusqu'à l’écœurement et j'ai ponctuellement été lassée, bien que j'apprécie particulièrement la littérature descriptive. Des longueurs, oui, surtout pendant les deux cent pages centrales. Ce n'est pas tant la redondance des descriptions des cholériques qui a suscité en moi l'ennui à plusieurs reprises - car je pense que pour saisir toute l'horreur de l'épidémie, ce travail répétitif était nécessaire - que les cassures dans le rythme général du récit qui, à d'autres moments, distille un vrai souffle romanesque.
Personnellement, j'ai trouvé de grandes différences entre le film de Rappeneau - dont je garde un excellent souvenir - et l'oeuvre qui l'a inspiré. Le cinéaste a choisi d'axer son scénario sur la romance entre Angelo et Pauline alors que Giono a fait du choléra le véritable personnage principal de son roman. Angelo, le hussard réfugié sur les toits brûlants de Manosque en pleine canicule et en pleine épidémie, est certes un séduisant fil conducteur qui nous entraîne à sa suite dans une fuite aussi existentielle que physique, mais il est finalement instrumentalisé par Giono pour d'abord mettre en évidence la nature humaine par les changements de comportement dus à la menace de la contagion, par la confrontation au danger des différentes classes sociales brutalement placées devant l'égalité de la mort et par les métamorphoses psychologiques et sociologiques d'une société en perte totale de repères.
"Le hussard sur le toit" est un grand et beau roman ; il plonge le lecteur dans une époque, une atmosphère, un contexte qui lui sont étrangers. J'ai soigneusement évité tout au long de ma lecture de me poser la question qui fâche : qu'aurais-je fait à la place de ces gens menacés par une mort atroce ? Le travail de l'auteur autour du thème de la peur est d'ailleurs remarquable. Néanmoins, dans le même temps, j'ai trouvé le roman ardu et énigmatique (je pense être notamment passée à côté de tous les dialogues).
A la fois repoussant et envoûtant.
NB : A noter certaines approximations dans la documentation de Giono, notamment des anachronismes surprenants comme l'évocation en 1832 de la gare d'Orange (mise en service vers 1855) ou la présence chez un bourgeois de Manosque de daguerréotypes (procédé photographique qui ne se "popularisera" qu'après 1840).

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palamede
  07 juin 2016
La mort est là, elle frappe hommes, femmes, jeunes et vieux. C'est l'épidémie de choléra qui décide qui sera là demain, à moins que ce soit les choix des hommes, selon qu'ils soient nobles ou vils.
Car en cette année 1830, la Provence est belle alors que le coeur de certains hommes est plein de peur, d'égoïsme et de haine. Angelo, l'aristocrate carbonaro italien, colonel des hussards en fuite après avoir tué en duel un officier autrichien, le voit partout où il va. A Manosque puis sur ses toits où il s'est réfugié, accusé à tort d'empoisonner les fontaines de la ville.
Seules Pauline, une jeune femme qu'il aime, et une religieuse semblent échapper à cette déshumanisation. Mais la soldatesque est partout, chassant les voyageurs comme Angelo qui dans sa fuite retrouve et sauve Pauline d'une mort atroce. C'est le moment pour les deux jeunes gens de vivre un amour exceptionnel mais hélas sans avenir.
Dans ce magnifique roman qui est un hommage à la Provence qu'il aime tant, Jean Giono utilise la maladie comme révélateur du caractère des hommes. Les victimes du choléra sont ceux qui en ont peur, les autres, comme Angelo, Pauline et la religieuse sont miraculeusement épargnés parceque face à la menace de la maladie, ces trois âmes nobles n'ont pas renoncé à ce en quoi ils croient.
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Woland
  13 janvier 2015
ISBN : 9782070362400
Plus qu'un roman d'aventures, "Le Hussard sur le Toit" est le roman du choléra. Cette maladie, dont beaucoup de symptômes sont similaires à ceux que l'on observe dans l'empoisonnement par arsenic, hante le livre de ses premières pages jusqu'à pratiquement ses dernières. On sent Giono fasciné par ce choléra à qui nous devons - mais oui - l'expression "peur bleue", et qui laisse ses victimes fortement cyanosées, avec une telle tension des muscles que, dans la majeure partie des cas, le moribond, puis le cadavre offrent le spectacle d'un abominable rictus retroussant les lèvres. Ajoutons à cela, pour faire bonne mesure que, même après avoir tué, le choléra peut encore agiter un corps de convulsions spectaculaires.
L'immense talent de Giono, toujours aussi amoureux de la Nature et sachant restituer comme nul autre à la fois sa douceur comme ses fureurs, fait ici merveille. Mais pas par l'analyse des personnages. Je trouve l'écrivain provençal beaucoup plus à l'aise quand il décrit des gens simples. Or, ni Angelo Pardi, fils bâtard d'une duchesse italienne et carbonaro plein de fougue, ni Pauline de Théus ne sont issus du peuple. Ni l'un, ni l'autre n'ont cette simplicité authentique, cette candeur bouleversante des personnages de "Colline"ou encore de "Regain." Angelo, c'est le courage et aussi la forte-tête mais une forte-tête que les aléas de l'existence et cette longue route entreprise vers son pays natal et semée de cadavres bleuis et de bûchers destinés à se débarrasser d'eaux, cette équipée ouverte à toutes les folies possibles, sont en train de faire mûrir plus vite que prévu. Excellent bretteur, cet aristocrate devient touchant quand il évoque sa lutte pour le peuple italien et l'unité du pays. Mais Giono n'est pas tombé dans le piège de la politique et, finalement, le fait aborder le sujet le moins possible. le retour en Italie d'Angelo tout comme la fuite de Pauline de Théus pour retrouver son époux de soixante-huit ans du côté de Gap ne sont tous deux que prétextes à se plonger au beau milieu du choléra et à observer tout ce qu'une épidémie de ce genre peut causer dans une société, quelle que soit la catégorie sociale à laquelle elle s'attaque.
Nous sommes dans les années 1830 / 1840 et il manque encore plus d'une décennie pour que l'on découvre la bacille responsable de la maladie. A cette époque, beaucoup l'imputent à la présence d'une mouche contaminée, sans plus de précision. Les opposants se refusent farouchement à pareille hypothèse qui, pour eux, relève du pur délire. Bref, d'un côté comme de l'autre, on n'est sûr que d'une chose : le choléra tue ... mais certaines personnes en réchappent (ce sera le cas de Pauline par exemple) ou semblent immunisés contre elle (tel Angelo qui, pendant un certain temps, aide une vieille nonne à procéder à la toilette mortuaire des morts de Manosque abandonnés dans les rues, frictionne des moribonds à demi-glacés de toutes ses forces, frôle des cadavres décharnés quand il ne leur tombe pas carrément dessus mais, malgré tout, paraît bel et bien adoubé intouchable par la maladie toute-puissante).
Le choléra, les vomissements granuleux et blancs qu'il produit, les souillures intimes qu'il induit, dans le même style que la dysenterie ; un soleil blanc qui chauffe, chauffe sans répit ou alors, quand il se retire, des pluies qui n'en finissent plus et créent une gadoue poisseuse et sans espoir ; des oiseaux innocents qui, comme les mésanges ou les pigeons, n'hésitent plus à s'attaquer à tout homme endormi parce qu'ils ont pris goût à la chair humaine ; des rues qui se suivent, plus désertes les unes que les autres, avec leurs maisons aux volets clos, voire barricadés de croix de bois ; des chariots pour ainsi dire sortis d'un paysage de peste médiévale et qui traînent dans les rues, le soir tombé, pour rassembler les cadavres, abandonnés par ceux-là même qui leur étaient le plus chers ; un spectacle similaire, à peu de détails près, dans la ville voisine ; un silence total qui devient vite plus pesant, plus stressant que les cris des corbeaux à la recherche de viande fraîche ; des barrages en principe sanitaires pour empêcher les fuyards d'aller contaminer le département voisin ; des gendarmes et des hussards corrompus ; des chemins de traverse, montagneux et dangereux, qu'on est bien obligé de prendre si l'on ne veut pas périr dans des "quarantaines" où, faute de moyens, faute de connaissances surtout, on ne sait pas soigner mais on peut encore dépouiller les moribonds ; un paysage qui tient encore à la réalité mais qui, çà et là, exhibe des pans entiers d'un cauchemar insidieux ; un minuscule hameau où l'on vous accueille les bras ouverts mais où l'on jouerait bien, avec vous, la nuit venue, à "L'Auberge Rouge" ... Hypnotisé, pour ainsi dire enchaîné à la prose de Giono, le lecteur traverse tout cela au pas de ses héros, tremblant souvent pour eux, se réjouissant quand la solitude de Pauline rejoint celle d'Angelo, songeant parfois à Dante - il me semble d'ailleurs que, à un certain moment, Giono y fait une allusion - et toujours à un cauchemar infernal. Tout se dérègle, tout est déréglé, la Nature elle-même se détourne des hommes, le choléra assiège tout et tous et la Mort attend, tranquille, qu'il ait achevé son boulot. Et quand, par extraordinaire, la Mort manque au rendez-vous, la Folie prend sa place.
Le rythme est lent, presque paresseux et, sans que je puisse y trouver consciemment le moindre brin de logique, m'a fait songer à cette longue et silencieuse remontée du fleuve asiatique qui, dans "Apocalypse Now", de Coppola, affole l'unité de soldats en mission, les fait tirer à tort et à raison sur n'importe quoi et au bout de laquelle les attendent Kurz et les siens. Ce silence intolérable ... Ces froissements qui n'en sont pas ... Cette folie qui suinte : chez Coppola, c'est la Guerre la responsable ; chez Giono, c'est le Choléra qui mène les opérations. Au bout du compte, dans les deux cas, la Mort - ou la Folie.
Et quand disparaissent ces deux spectres, quand Pauline est arrivée chez elle et qu'Angelo aperçoit, de sa propriété, les montagnes qui le séparent de son Piémont natal, la magie du livre se brise. Une sorte de banalité s'installe. Giono a aimé le choléra bien plus qu'il n'a aimé ses personnages. C'est au choléra - et toujours à sa si chère Terre-Nature - qu'il a donné la vedette. Angelo, Pauline, tous les autres, n'étaient là que pour donner la réplique, pour avoir peur quand il le fallait, pour rappeler aussi que l'humain est bien faible quand le système qui l'entoure se dérègle. Certes, Angelo et Pauline ont tous deux du panache et un caractère des plus affirmés. le courage ne leur fait pas défaut, même si, comme tout un chacun, ils sont susceptibles de faiblir lors d'une crise de découragement. Mais, à mes yeux en tous cas, ils ne sont pas de vrais héros. le véritable "Hussard sur le Toit", c'est le choléra : marionnettiste bleu et bleuissant, maître d'oeuvre qui ne pense qu'à détruire et, à l'usage, grand gagnant sur toute la ligne.
Un livre fascinant et glauque, mais cependant d'une rare puissance. A ne réserver toutefois qu'à un public prévenu, au coeur - et à l'estomac - bien accroché. Et un dernier conseil : les fanatiques de riz au lait feront mieux de s'abstenir. ;o)
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sylvaine
  08 avril 2015
C'est avec ce titre que je découvre l' oeuvre de Giono !
Angelo Pardi , officier de hussard , a fui le Piémont suite à un duel face à un officier autrichien . Il passe en France , gagne la Provence avec l'idée de retrouver Guiseppe , son frère de lait , en fuite lui aussi . 1838 environ, règne de Louis Philippe, une épidémie de choléra fait rage et dévaste la France . La Provence est touchée de plein fouet et Angelo se retrouve mêlé à l'épidémie.
Avec lui , par bribes distillées au compte goutte , nous apprenons, nous découvrons les ravages physiques et moraux causés par cette maladie .Chacun pour soi devient le maitre mot pour tout un chacun Eglise comprise .
Angelo veut rejoindre l'Italie pour s'y battre pour un idéal de liberté . Comment parvient il à échapper à la contamination ? Comment pourra t' il sauver Pauline de Théus , jeune femme croisée sur sa route ,de cette fichue maladie ? Comment passera t il à travers les mailles du filet ?
Ecrit entre 1946 et 1951 , publié en 1951 le Hussard sur le toit appartient aux oeuvres de Giono classées seconde manière ., oeuvres que Giono qualifient de chroniques . Abandonnant ses récits rustiques et lyriques d'avant guerre , Giono dans ses chroniques introduit l'histoire contemporaine évoquée sur un ton sec , rude , bref et critique .
Le hussard sur le toit à travers cette épidémie de choléra n'est il pas seulement un cri de révolte face aux guerres impitoyables que se livrent les hommes ?
ce roman par certains côtés roman de cape et d'épée pleins de bagarres de chevauchées de coups de sabres relève presque des romans héroïco-rocambolesques .
Une seule chose me semble sûre Angelo du début à la fin ne cherche qu'une chose le bonheur mais pas n'importe lequel " je ne peux pas être heureux en dehors du devoir " , héroïsme, bravoure, combat armes au poing et le voilà heureux !!
Il n'en demeure pas moins que je crois avoir fait une erreur en voulant découvrir l'oeuvre de Giono avec ce roman peut être son plus connu . J'ai trouvé la lecture de cette "chronique " parfois bien longuette Etait 'il besoin de nous décrire 25 fois minimum la fin tragique du cholérique la bave type riz au lait et la face cyanosée un peu ça va mais trop c'est trop .
Heureusement que Pauline est arrivée ! , (j'ai dit Pauline je n'ai pas dit Zorro !!)
et avec elle une bouffée d'oxygène , certes petite mais une bouffée au milieu d'un texte lugubre étouffant morbide et mortifère .
Au final une lecture marquante qui m'a donné l'envie de découvrir la personnaligé de Giono mais pas un coup de ooeur loin de là
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Citations & extraits (110) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   11 septembre 2012
Le jour s’assombrit peu à peu. La pluie commença par n’être qu’une fine mousseline tiède, puis, s’écroula en blocs de plus en plus pesants pendant une quarantaine d’heures ; sans rage ; avec une sorte de paix tranquille. Enfin, il y eut un coup de tonnerre magnifique, c’est-à-dire avec une belle déchirure rouge et tellement retentissant que les oreilles s’en trouvèrent toutes débouchées. Le ciel s’ouvrit. De chaque côté de la fente des châteaux vertigineux de nuages s’étagèrent et le ciel apparut azuré à souhait. À mesure que les châteaux de nuages s’éloignaient l’un de l’autre découvrant de plus en plus du ciel, l’azur vira au bleu de gentiane et tout un ostensoir de rayons de soleil se mit à rouer à la pointe extrême des nuées.
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WolandWoland   13 janvier 2015
[...] ... Il arriva sous les yeux mêmes d'Angelo un événement étrange. Quelques uns de ces tombereaux passèrent sur la place. Débouchant d'une rue qui longeait l'église, ils arrivaient, à un moment donné, au détour où ils se trouvaient juste dessous l'endroit où se tenait Angelo et tellement en vue qu'ils découvraient tout leur chargement de cadavres. C'est, arrivé à cet endroit-là, qu'un de ces tombereaux s'arrêta ; l'homme blanc qui menait le cheval par la bride s'étant brusquement affaissé. Cet homme se tordait par terre en s'entortillant dans cette espèce de blouse blanche et ses deux compagnons le regardaient sans approcher, quand un de ses compagnons s'affaissa lui-même en poussant un seul cri, mais très perçant. Le troisième s'apprêtait à fuir et déjà il troussait sa blouse, quand il parut trébucher sur un obstacle qui lui fauchait les jambes, et il s'allongea, la face contre terre, à côté des deux autres. Le cheval se chassait les mouches avec la queue.

Cette entreprise délibérée de la mort, cette victoire foudroyante, la proximité du champ de bataille qui restait sous ses yeux, impressionnèrent fortement Angelo. Il ne pouvait pas détourner ses regards des trois hommes blancs. Il espérait toujours qu'ils allaient se redresser, après un petit repos et continuer leur tâche. Mais ils restèrent allongés bien sagement et, à part l'un d'eux qui agita convulsivement ses jambes comme s'il ruait, ils ne bougèrent plus.

Le charroi des autres tombereaux continuait dans les rues et les ruelles d'alentour. Les cris des femmes, stridents ou gémissants, le déchirant appel au secours de voix d'hommes éclataient toujours de côté et d'autre. Ils n'avaient en réponse que le roulement des tombereaux sur le pavé.

Enfin, un de ceux-là qui sautaient dans les rues voisines arriva sur la place. Les hommes blancs s'approchèrent de leurs camarades allongés et les tournèrent du pied. Ils les chargèrent dans le tombereau et, prenant le cheval par la bride, ils le firent marcher.

Un vol de mouches très épais grondait sur l'endroit où le chargement de cadavres était resté en plein soleil. Il en avait coulé des jus qu'elles ne voulaient pas laisser perdre. ... [...]
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solasubsolasub   24 janvier 2012
Sur les talus brûlés jusqu’à l’os quelques chardons blancs cliquetaient au passage comme si la terre métallique frémissait à la ronde sous les sabots du cheval. Il n’y avait que ce petit bruit de vertèbre, très craquant malgré le bruit du pas assourdi par la poussière et un silence si total que la présence des grands arbres muets devenait presque irréelle. La selle était brûlante. Le mouvement des sangles faisait mousser de l’écume. La bête suçait son mors et, de temps en temps, se raclait le gosier en secouant la tête. La montée régulière de la chaleur bourdonnait comme d’une chaufferie impitoyablement bourrée de charbon. Le tronc des chênes craquait.

Dans le sous-bois sec et nu comme un parquet d’église, inondé de cette lumière blanche sans éclat mais qui aveuglait par sa pulvérulence, la marche du cheval faisait tourner lentement de longs rayons noirs. La route qui serpentait à coups de reins de plus en plus raides pour se hisser à travers de vieux rochers couverts de lichens blancs frappait parfois de la tête du côté du soleil. Alors, dans le ciel de craie s’ouvrait une sorte de gouffre d’une phosphorescence inouïe d’où soufflait une haleine de four et de fièvre, visqueuse, dont on voyait trembler le gluant et le gras. Les arbres énormes disparaissaient dans cet éblouissement : de grands quartiers de forêts engloutis dans la lumière n’apparaissaient plus que comme de vagues feuillages de cendre, sans contours, vagues formes presque transparentes et que la chaleur recouvrait brusquement d’un lent remous de viscosités luisantes. Puis la route tournait vers l’ouest et, soudain rétrécie à la dimension du chemin muletier qu’elle est devenue, elle était pressée d’arbres violents et vifs aux troncs soutenus de piliers d’or, aux branches tordues par des tiges d’or crépitantes, aux feuilles immobiles toutes dorées comme de petits miroirs sertis de minces fils d’or qui épousaient tous les contours.
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Gwen21Gwen21   11 avril 2015
"Tu peux être tout ce que tu veux [...], mais il faut être fou, mon enfant. Regarde autour de toi le monde sans cesse grandissant de gens qui se prennent au sérieux. Outre qu'ils se donnent un ridicule irrémédiable [...], ils se font une vie dangereusement constipée. [...]"
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TipeeTipee   02 avril 2016
Tu ne pourras jamais, ne disons pas agir mais seulement parler comme tout le monde, poursuivit-il avec une sincère tristesse. Voilà de nouveau les gros mots, les grosses pensées, les entreprises majestueuses. N'emploieras-tu jamais les mots café au lait et pantoufles ? Te voilà maintenant avec ton mot de patriote ! Nous sommes donc des patriotes ! Es-tu plus patriote, toi, ici dans ton ravin, que le manœuvre-maçon qui gâche le mortier dans un faubourg de Turin, ou de Gênes, même s'il ne construit qu'un pavillon de chasse, ou la boutique d'un barbier ? Ou plus patriote que le berger lombard qui se distrait en plantant des glands du bout de son bâton pendant qu'il garde les moutons sur les plateaux déserts ? Les bourreliers de la Via del Perséo cousent peut-être des cuirs qui feront plus sûrement et plus longuement la gloire de la patrie que toute ton agitation... Et de quel droit de passer de patrie si tu ne sais pas que n'importe quel laboureur et tout le basso continuo des vies modestes la construisent plus solidement, sillon à sillon et pain quotidien à pain quotidien, que ne la construisent toutes les charbonneries avec leurs buissons fiévreux et leurs forêts de Christophe Colomb.
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