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EAN : 9782070367603
256 pages
Gallimard (09/05/1972)
3.95/5   264 notes
Résumé :
Le grand troupeau descend de l'alpage dans un nuage de poussière rousse, à âcre odeur de laine, de sueur et de terre foulée. Brebis et agneaux épuisés meurent au revers du fossé sans que le berger de tête ralentisse, sans que la coulée du fleuve laineux interrompe son rythme haletant. Pourquoi cette hâte du vieux Thomas à revenir en plaine, alors que l'été grille encore les pentes de la montagne? En ce mois d'août 1914, les hommes sont déjà partis avec leurs chevaux... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
3,95

sur 264 notes
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colimasson
  23 juin 2014
Jean Giono choisit d'évoquer la guerre en n'en parlant pas. Sur le front, elle s'étale comme un gigantesque carnage, anime les crânes dénudés et redonne vie aux cadavres recouverts de mouches noires ; à l'arrière, ses échos se font entendre à travers la chair avide des femmes esseulées. de l'un à l'autre, le grand troupeau des bêtes chemine -la faute au meneur !

Jean Giono nous fait comprendre les pertes engendrées par la guerre en abaissant l'harmonie qui unit son peuple rural à la terre et aux animaux. L'amour, la faim et le travail ne s'évoquent plus qu'en termes d'appétits morbides voués à la destruction. A la manière des surréalistes, il brandit ses cadavres dans des visions hallucinatoires. Il fait connaître la guerre à ceux qui l'ignorent dans des éclairs de lucidité foudroyants. La technique est d'autant plus efficace que l'écriture de Giono ménage une part considérable de mystère. Ses constructions semblent correctes mais en les observant bien, on relèvera des ellipses ou des attributions étonnantes qui laissent de côté, à moins qu'elles n'induisent le malaise. le Grand troupeau a été amputé dès l'achèvement par son auteur pour n'en garder que l'essentiel, dans une volonté d'épuration et de franchise qui semble hériter de la brutalité des événements. Et malgré tout ça, Jean Giono reste en-deçà de la réalité. Sa manière de surprendre devient rapidement une ritournelle aussi désagréable que la violence à démasquer, et le mystère frôle souvent l'opacité.

C'est à ce moment-là qu'on peut le mieux apprécier le chant rural du Grand Troupeau. Mes références champêtres sont réduites : il me semble pourtant retrouver les ambiances de Georges Sand et de ses romans ou les récits de ceux de mes aïeux qui ont vécu dans la montagne avec les bêtes et les champs. C'est une mélancolie que distille alors Jean Giono, comme s'il avait compris dès la fin de la guerre qu'il ne serait plus possible de vivre comme les paysans de son histoire. La guerre ne serait pas vraiment la responsable mais plutôt un symptôme parmi tant d'autres indiquant la perte des valeurs propres à une communauté et à une époque dépassée. le bélier devient alors le représentant médiatique de l'ancien temps, brandi comme un dieu à l'usage des nouvelles générations. le Dieu de Justice pourrait enfin s'affirmer… Ni optimiste, ni pessimiste, Giono semblerait plutôt soumis au temps, à ses variations et aux peuplades qui subissent et réinventent à chaque fois les artefacts de leur passé. Lire le Grand troupeau aujourd'hui confirme cette intuition que nous avançons toujours en sacrifiant une certaine forme de bonheur primitif.

Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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vibrelivre
  13 avril 2020
Le grand troupeau
Jean Giono
Folio, 252p

2020 est l'année Giono. Il y a cinquante ans que cet auteur, et quel auteur, est mort.
Je lis donc une de ses oeuvres, le grand troupeau, un roman en trois parties sur la première guerre mondiale, écrit en 1931.
le roman est original en ce qu'il juxtapose, plutôt brusquement, les scènes qui se passent au front, de Verdun jusqu'en Flandres, Bailleul, le mont Kemmel, et celles qui ont lieu à l'arrière, en Provence.
Ce n'est pas un roman d'action. Presque tout est descriptif et lyrique. Il y avait du bel air dans cette matinée : un air jaune tout doré, à demi-chaud, à demi-froid, et il avait de petits gestes, si nerveux à la fois et si légers qu'on se sentait caressé comme de chatouilles. Tout vit, agit, ressent, est doté d'une âme.
Ce n'est pas un roman daté. C'est une dénonciation de la guerre, qui détruit, place le monde dans l'attente, est contre-nature. « l'habitude, l'habitude pour ça ! Non, ça peut pas venir, c'est trop contre nature, trop. » C'est un hymne à la vie, à la chair sensuelle, à la beauté des paysages, au bonheur primitif.
Son ouverture est épique et métaphorique. Un immense troupeau de moutons dévale la montagne. Il n'y a pas assez de bergers pour le conduire. Les autres ont été appelés à la guerre. Il faut descendre. Grondements, piétinements, poussière en feu, souffrance, morts. Un berger donne son bélier à soigner au grand-père d'Olivier, Chabrand, ce tout jeune homme qui est un des protagonistes du roman, dont la famille porte des valeurs gioniennes : Tout ça c'est bien ressemblant à ces Chambrand, beaux parleurs, siffleurs, chanteurs, regardeurs de beaux regards, si peu attentifs aux sous et aux billets et tant attentifs à la bonne manière. Il y a aussi Madeleine, son amoureuse, Joseph , le frère de celle-ci, et Julia, sa femme au corps épanoui, qui veut exulter. le narrateur est implicite, témoin des événements.
Quand la guerre dévaste, la nature -la forêt si belle- protège, et les gens angoissés, dont la détresse désorganise l'école et fait passer les enfants à naître, se rassemblent, pour la veillée d'un corps absent, pour l'amour, pour qu'on se sente humain.
La guerre, ce sont les corbeaux, les rats, la boue, le feu, les morts, les chairs en lambeaux, les corps sur lesquels on marche, la confusion, les cauchemars, la peur, la fatigue, les hommes qui sont comme des bêtes : un se terre comme une bête.Joseph y perd son bras, Olivier se mutile. Casimir est devenu un homme gras avec une jambe en moins. Avant c'était un beau laboureur maigre et dur comme une vieille fève.
La guerre prend tout : On n'a jamais eu l'habitude d'être commandé par les autres, ici. Alors les hommes, alors le blé, alors les moutons, alors les chevaux, les chèvres, tout alors, il lui faut tout !
A l'arrière, la nature est indifférente à la violence humaine. Toute la nature couverte de blés mûr est là, rousse comme du beurre dans le grand bol bleu des collines.
Les lettres vont de l'arrière au front, et du front à l'arrière, précaires, décalées, qui font du bien, qu'on désespère de jamais recevoir, porteuses de mauvaises nouvelles. Car la vie continue, à la guerre et à l'arrière de la guerre.
A la fin du roman, un garçon- oui, c'est bien un homme il a tout, dit son arrière grand-père qui lui a palpé la figue d'entre-jambes- rentre dans le grand troupeau des hommes. le berger, venu voir son bélier, lui fait les présents des pâtres, le vert de l'herbe, les bruits du monde, le soleil, tandis que l'étoile du berger monte dans la nuit.
Giono est un pacifiste viscéral. La guerre, c'est que du mauvais. Il le dit en 31, quand on ne sait pas encore que la suivante est proche.
Cependant, lire un roman de Giono, c'est entrer en poésie panique. On aura vu que la langue est orale, reprenant le parler, et même leur langue particularisée, des hommes simples, les paysans, les soldats, un langage qui vit, dans les ressauts d'un rire plein de colère et de détresse : Et tout Artaban que tu es, si je te secoue, tu perds tes puces pour dix ans, mais surtout elle regorge d'images plus belles les unes que les autres : C'est mûr comme la pêche qui tremble sous une abeille.
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4car
  04 novembre 2014
J'ai lu avec intérêt les publications au sujet du " Grand Troupeau ", que je place parmi les plus importants , avec "la Peur" , "Ceux de 14 ", " à l'Ouest rien de nouveau " , " la Main coupée " et " Orages d'acier " .
Certaines notations sont quand même bien sévères , mais elles illustrent une position et cette position est étayée : sans l'approuver , je la respecte .
Bien sûr , on peut penser que ce livre n'est pas bien bâti ( je ne suis pas certaine que l'autocritique de Giono soit à prendre au pied de la lettre : peut-être ce Grand Troupeau ne le satisfaisait-il pas tout simplement car son horreur était inépuisable ? ) , c'est une chose dont on peut débattre , mais au final , ne resteront que les goûts personnels .
Toujours est-il que les grands moments du livre , le parallèle entre les deux troupeaux ( ce qu'il me semble , c'est quil faut de la viande ), la vie de ceux qui sont restés , tout cela est dépeint avec cette merveilleuse écriture , celle qui nous éblouissait de soleil , celle qui nous remplissait le nez de poussière sur les chemins du Hussard .
Là , tout au long du livre , j'ai senti les tripes qui pourrissaient , la sueur des moissonneuses, j'ai entendu grincer les articulations des vieux qui quittaient la treille pour rentrer les blés , j'ai eu les doigts collants de sang et de sanie , j'ai entendu hurler à la mort , j'ai vu arriver le porteur du télégramme .
Mais , une fois encore , tout cela n'est question que d'interprétation personnelle .
Par contre " grand de la littérature régionale " me semble , pour le coup bizarre : qu'est-ce que la littérature régionale ?
Un vague truc accompagné au biniou ?
Une envolée lyrique à la Philéas Lebesgue, le poète en sabots ?
Ou un superbe texte écrit dans une langue régionale , comme a pu le faire Frédéric Mistral ?
Pour moi , Giono , qu'on adhère ou pas à ses positions , que ses écrits soient plus ou moins au goût du lecteur ( ainsi , je n'aime pas sa veine panthéiste , elle m'ennuie ) est au rang des plus grands écrivains de notre littérature et un des plus grands prosateurs en langue française .
Au motif que Mauriac a peint la société du bordelais , que Vialatte parlait du haut de sa Montagne ,que Maupassant a peint la vie du Pays de Caux , en ont-ils pour autant écrit des romans régionaux ?
Eh bien , Pagnol , Albert Cohen ou Giono ont situé de même leurs oeuvres dans des régions très précises , certes , employé des tournures de langage particulières , décrit les paysages de la région où se situait leur roman , mais leur travail atteint une dimension universelle .
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Lutopie
  19 mars 2019
Les terres du sud et du monde rural nourrissent la série romanesque panthéiste de Jean Giono. Les protagonistes issus d'une ferme de Haute-Provence voient le Grand Troupeau qui descend de la montagne. La Nature est une force. Et pourtant, la Nature est en souffrance.
La guerre ( la der des der) fait des ravages mais cette guerre, bien qu'omniprésente, est reléguée au second plan. Elle n'est que très peu décrite hormis la scène de l'obus et le chapitre intitulé comme le titre, « le Grand Troupeau ».
Giono s'attarde sur la vie à la ferme et longuement sur des descriptions d'arbres morts. La nature envahit les maisons abandonnées. La terre ensevelit les hommes. La nature est aussi destructrice que créatrice ( car elle génère de la souffrance). Les corps souffrent au front comme à l'arrière.
Ce roman à thèse s'inspire de l'Apocalypse. Giono, qui a participé à la guerre, en témoigne, mais en pacifiste convaincu, il dénonce la guerre en la présentant comme le mal absolu, comme une épidémie qui contamine absolument tout. La violence imprègne la totalité du roman. Elle ne permet à aucune architecture, à aucune structure, de subsister ; la guerre étant par essence chaotique.
Les soldats sont comparés au grand troupeau du premier chapitre qui descend de la montagne. le chapitre « le Grand troupeau » nous présente les soldats comme « l'assemblée des moutons » (p.111). Et ce chapitre apparaît comme une réécriture du premier chapitre, non plus avec des animaux qu'on humanise, mais avec des hommes, bestiaux. Les soldats suivent leurs capitaines comme les moutons suivent leurs bergers.
Le roman se construit sur cette vision du troupeau qui monte et qui descend de la montagne ; comme une absurdité ; c'est un flux qui ne s'arrête pas, qui laisse les animaux exténués, mourants, sur le bord de la route, et les cadavres, loin derrière, à l'arrière.
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ivredelivres
  03 mars 2015
Depuis quelques mois j'ai lu plusieurs des livres de Nicole Lombard et ses références à Giono sont permanentes, elles donnent nécessairement envie de le lire ou le relire.
Le Grand troupeau écrit en 1931 est de ces envies là.

J'étais un peu sceptique avant ma lecture, mes lectures de Giono antérieures ne cadraient pas bien avec un récit de guerre.
Et bien autant pour moi, c'est certainement un des plus beau roman sur la guerre que j'ai lu, avec une approche tellement singulière qu'elle va restée je pense inoubliable pour moi.

Août 14, les hommes appelés au combat quittent leurs fermes, leurs champs, leurs femmes et leurs enfants.
Joseph marié à Julia est un des premiers à partir, suivra Olivier amoureux de Madeleine. Restent à la ferme pour faire les moissons et les vendanges que deux femmes et un papé.
Bientôt les récoltes et le bétail seront aussi réquisitionnés.
Bien sûr lors du retour du front rien ne sera simple, amputation, blessure volontaire vont marquées à jamais hommes et femmes.
Simple me direz-vous, alors qu'est-ce qui fait de ce roman un très très grand livre ?
Tout d'abord un scène d'ouverture absolument fulgurante, un énorme troupeau de moutons traverse vallées et villages avec seulement deux bergers tous les hommes ayant été appelés, et ce troupeau impressionne « tout l'air tremblait et on ne pouvait plus parler », métaphore saisissante des hommes que l'on conduit à la boucherie que sera la guerre.
« Parfois, ça devait s'arrêter là-bas, au fond des terres où s'était perdu le berger… L'arrêt remontait le long du troupeau, puis ça repartait avec un premier pas où toutes les bêtes bêlaient de douleur ensemble. »
Ensuite Giono va tout au long du roman nous faire passer de l'arrière provençal au champ de bataille mais sans jamais être précis sur les lieux, sur les dates. Ce flou voulu rend le récit atemporel et lui confère une force supplémentaire.
Giono le pacifiste ne se perd pas en discours inutiles, ses descriptions du chaos sont bien suffisantes, il nous fait sentir en quelques phrases l'angoisse du soldat, les gestes de Joseph auprès d'un blessé disent tout de la peur, de la douleur. Pas de scènes héroïques, pas de descriptions de bataille. Les hommes seuls importent. La folie guette parfois.
Giono peint ce monde rural dévasté par le départ des hommes et les annonces de morts et de blessés. Une scène très forte m'a particulièrement remuée celle d'un hommage rendu, une cérémonie « au corps absent » car l'homme n'a jamais été retrouvé.
Les femmes qui vont empoigner le travail des hommes mais qui la nuit venue cherchent dans le lit la marque de l'absent « Elle vint découvrir le grand lit. Il en a tellement l'habitude que la place du Joseph est encore formée et que, dans le blanc des draps, ça fait comme un homme d'ombre couché là ».
Il faut être un grand romancier pour parvenir à teinter un tel récit d'éclats de poésie.
« Il n'y aurait qu'à ouvrir la fenêtre, tout deviendrait clair. Les amandiers et sur le blé ces ombres rondes comme des pastèques. Et ce vent frais tiré de l'eau. Les tulipes et les hirondelles, ces fleurs d'amandier qui tombent. »
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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Citations et extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   24 mars 2015
Le vieux berger était déjà loin, là-bas dans la pente. Ça suivait tout lentement derrière lui. C'était des bêtes de taille presque égale serrées flanc à flanc, comme des vagues de boue, et, dans leur laine il y avait de grosses abeilles de la montagne prisonnières, mortes ou vivantes. Il y avait des fleurs et des épines ; il y avait de l'herbe toute verte entrelacée aux jambes. Il y avait un gros rat qui marchait en trébuchant sur le dos des moutons. Une ânesse bleue sortit du courant et s'arrêta, jambes écartées. (...) [Elle] regardait les hommes avec ses beaux yeux moussus comme des pierres de forêt. (...)
C'était des bêtes de bonne santé et de bon sentiment, ça marchait encore sans boiter. La grosse tête épaisse, aux yeux morts, était pleine encore des images et des odeurs de la montagne. (...) Les têtes aux yeux morts dansaient de haut en bas, elles flottaient dans les images de la montagne et mâchaient doucement le goût des herbes anciennes : le vent de la nuit qui vient faire son nid dans la laine des oreilles et les agneaux couchés comme du lait dans l'herbe fraîche, et les pluies !...
+ Lire la suite
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MeduzanticMeduzantic   05 avril 2012
Le vieux berger était déjà loin, là-bas dans la pente. Ca suivait tout lentement derrière lui. C'était des bêtes de taille presque égale serrées flanc à flanc, comme des vagues de boue, et, dans leur laine il y avait de grosses abeilles de la montagne prisonnières, mortes ou vivantes. Il y avait des fleurs et des épines ; il y avait de l'herbe toute verte entrelacée aux jambes. Il y avait un gros rat qui marchait en trébuchant sur le dos des moutons. Une ânesse bleue sortit du courant et s'arrêta, jambes écartées. (...) [Elle] regardait les hommes avec ses beaux yeux moussus comme des pierres de forêt. (...)
C'était des bêtes de bonne santé et de bon sentiment, ça marchait encore sans boiter. La grosse tête épaisse, aux yeux morts, était pleine encore des images et des odeurs de la montagne. (...) Les têtes aux yeux morts dansaient de haut en bas, elles flottaient dans les images de la montagne et mâchaient doucement le goût des herbes anciennes : le vent de la nuit qui vient faire son nid dans la laine des oreilles et les agneaux couchés comme du lait dans l'herbe fraîche, et les pluies !...
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colimassoncolimasson   28 mars 2015
Le berger prend l’enfant dans ses bras en corbeille.
Il souffle sur la bouche du petit.
« Le vert de l’herbe », il dit.
Il souffle sur l’oreille droite du petit.
« Les bruits du monde », il dit.
Il souffle sur les yeux du petit.
« Le soleil. »
« Bélier, viens ici. Souffle sur ce petit homme pour qu’il soit, comme toi, un qui mène, un qui va devant, non pas un qui suit. »
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colimassoncolimasson   12 mars 2015
Si Dieu m’écoute, il te sera donné d’aimer lentement, lentement dans tous tes amours, comme un qui tient les bras de la charrue et qui va un peu plus profond chaque jour.
Tu ne pleureras jamais la larme d’eau par les yeux, mais, comme la vigne, par l’endroit que le sort aura taillé et ça te fera de la vie sous les pieds, de la mousse sur la poitrine et de la santé tout autour.
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colimassoncolimasson   28 juin 2014
Regotaz arrêta son pas.
- Dis, garçon, ça te semble pas que je suis fou ?
- Non, dit Olivier.
Il regarda l’homme : les yeux clairs étaient là avec de la peur et ils s’efforçaient de chercher au-delà des mots dans les yeux d’Olivier.
Non, ça ne semble pas. Je t’ai laissé parler. Mais, c’est que je pense comme tu penses ; je suis de la terre, moi aussi. pas encore aussi vieux que toi, mais je sais m’arranger avec l’alentour. Ça, il n’y a que nous qui pouvons le comprendre.
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Vidéo de Jean Giono
Découvrez l'émission intégrale ici : https://www.web-tv-culture.com/emission/adrien-borne-la-vie-qui-commence-53284.html Être au coeur de l'actualité, rendre compte, vivre dans l'urgence du direct. Adrien Borne a trouvé dans le journalisme une adrénaline qui l'a mené des studios de RTL aux plateaux de chaines d'info comme LCI. Aujourd'hui, il fait le choix de se mettre en retrait de l'agitation médiatique pour entamer une nouvelle page de son travail journalistique autour du langage et de l'écriture. L'écriture qui est devenue la nouvelle passion d'Adrien Borne puisque son nom résonne désormais aussi en librairie. Son premier roman « Mémoires de soie » paru en 2020 a connu un beau succès auprès des critiques comme des lecteurs et a été plusieurs fois primé. Racontant ses origines familiales dans la Drôme de la première moitié du XXème siècle, ce roman à la fois beau et triste, parlait des silences, des non-dits, de ses interstices sur lesquelles chacun doit construire sa vie, d'une génération à l'autre. Outre le sujet était alors saluée l'écriture d'Adrien Borne à la fois subtile, âpre, violente et poétique, une écriture dans laquelle les lieux et les ambiances avaient toute leur place. Certains la comparaient alors, avec raison, à celle de Jean Giono. Avec ce nouveau titre, « La vie qui commence », Adrien Borne confirme les espoirs placés en lui. Nous sommes au milieu des années 90, Gabriel a 12 ans, il est seul chez lu, c'est l'été, il est en vacances et regarde le Tour de France à la télé. Il se sent protégé dans son univers familial. On sonne à la porte. Et voici Gabriel face à celui qui fut son moniteur quelques temps plus tôt, en colonie de vacances. Là où se sont passées des choses qui n'auraient pas dû se passer. Puis les années vont s'écouler et, construisant sa vie, Gabriel va inconsciemment enfouir ses souvenirs. Mais lors d'un séjour chez son grand-père, à Tonnerre, dans l'Yonne, et cela a son importance, Gabriel va voir ressurgir les démons du passé. Dans ce qui est bien un roman, Adrien Borne ne cache pas que son jeune héros, Gabriel, est son frère siamois, il le dit lui-même. Et, évoquant avec pudeur et délicatesse, le douloureux sujet de la pédophilie, il poursuit le travail entamé il y a quelques années, quand, abordant ce thème en tant que journaliste, il avait publié un message sur les réseaux sociaux, expliquant avoir lui-même été victime d'un prédateur sexuel dans son enfance. A l'époque, Adrien Borne ne se sentait pas légitime à aller plus loin dans sa démarche. Aujourd'hui, ayant gagné en assurance dans sa vie personnelle et dans son écriture, il choisit la plume romanesque pour raconter, à la première personne, ce qui passe dans la tête d'un enfant devenu adulte, victime de ce genre d'agression. L'auteur le fait avec l'élégance de son écriture, toute en finesse, en nuance, en poésie, jouant là encore sur les sensations et les émotions. Loin d'être un roman sombre, violent ou revendicatif, Adrien Borne signe ici un livre d'une grande générosité porteur d'espoir et de résilience, comme une vie qui commence ou qui recommence. C'est un coup de coeur ! le livre d'Adrien Borne, « La vie qui commence » est publié aux éditions Lattès.
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