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ISBN : 2070371433
Éditeur : Gallimard (16/10/1979)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 35 notes)
Résumé :
De Manosque à Florence, en passant par Milan, Venise, Padoue, Bologne, voici l'Italie de Jean Giono, romancier du bonheur. Le lecteur le suivra dans ses découvertes, avec un plaisir extrême. À chaque pas, le paysage et les êtres apportent leur leçon. Giono sait traduire le message d'une allée de cyprès sur une colline, du froncement de sourcils d'un Milanais, du battement de cils d'une Vénitienne. Il est délicieux de voyager avec un tel guide.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Corboland78
  13 juin 2013
Jean Giono (1895 - 1970) est un écrivain et scénariste français, né et décédé à Manosque. Son oeuvre comprend une trentaine de romans, des essais, des récits, des poèmes et des pièces de théâtre. Voyage en Italie est paru en 1954.
« Je ne suis pas voyageur, c'est un fait. » Ainsi débute, paradoxalement, cet essai de Jean Giono consacré à son voyage en Italie. Au cours de sa vie, Giono n'a quitté Manosque que pour de brefs séjours à Pris et quelques voyages à l'étranger dont celui-ci, entrepris en 1951. En compagnie de sa femme Elise, à bord ¤££¤32CV Renault 4¤££¤décapotable de ses amis Antoine et Germaine, Jean Giono se lance dans un périple qui les mènera tous les quatre à Florence en passant par Milan, Venise, Padoue et Bologne.
Quand on n'apprécie pas tellement voyager, il faut un bon motif pour partir, Jean Giono en a plusieurs. La littérature d'abord, « Il y a plus de vingt ans que je lis et relis Machiavel » et ce séjour va lui permettre de voir avec ses yeux, ce que son esprit a imaginé des lieux où vécut l'écrivain florentin. Ensuite il y a aussi ses origines familiales, son grand-père piémontais et carbonaro qu'il adorait. L'escapade a encore un autre but, plus diffus mais certain. Jean Giono est en train d'écrire son fameux roman le Hussard sur le toit, les images et les lieux visités serviront de terreau à son imagination pour construire son héros Angelo Pardi dont le nom est inspiré de son ami Paolo Pardi, qu'il rencontrera à Padoue, « une ville propice à l'intrigue. »
Le Voyage en Italie, n'est pas à proprement parler un livre de voyage. Certes on traverse des paysages et des villes, des monuments et des lieux célèbres sont évoqués mais on sent l'écrivain réticent à s'étendre. Même Venise, à priori ne lui disait rien, « Au départ de France, je n'avais pas envie de venir à Venise : voyages de noces, gondoles, Wagner, D'Annunzio me rebutaient ainsi que les milles vues de cartes postales et de cinéma » ou encore « Je n'ai aucun goût pour les Napoule et les Capri. le bleu exquis me fatigue ainsi que les rochers et les fleurs. »
Ce qui intéresse l'écrivain, ce sont les petites rues, les cafés, et surtout les gens qu'il y croise. L'auteur utilise le voyage comme prétexte à une sorte d'étude psychologique des Italiens et les remarques abondent, « On dit que les Italiens sont bruyants, gesticulent, c'est une calomnie anglaise » assène-t-il, péremptoire. Plus loin, « A l'inverse des peuples du Nord, quand l'Italien est heureux, il le sait. Il lui faut aussitôt faire du prosélytisme. »
Nous avons droit aussi à quelques descriptions de personnages qu'on dirait tirés de romans ou de films, le bellâtre frissonnant dès qu'une femme le frôle, le tenancier d'un petit hôtel qui cherche à l'arnaquer, le prêtre qui poursuit son sermon excité à l'extérieur de l'église, etc. Il y a là, comme des rôles secondaires vus dans ces films en noir et blanc de mon enfance, les Don Camillo ou la grande époque du cinéma italien avec Vittorio de Sica. C'est d'ailleurs là, l'un des aspects les plus intéressants de cet ouvrage pour moi.
Jean Giono est un grand conteur mais il ne se laisse pas emballer pour autant par son sujet, loin de lui l'idée de bourrer le mou à ses lecteurs, « Que dire d'une ville qu'on a vue deux heures la nuit ? » en parlant de Bologne ou bien très humblement, dans cette région riches en oeuvres picturales, « Je n'entends rien à la peinture comme d'ailleurs la plupart des gens qui ne l'avouent pas. » L'homme est simple, exceptionnellement sorti de Manosque, il ne se laisse pas éblouir pour autant. Il voyage à son rythme, « j'ai le temps ; tout mon plaisir est dans le temps que je perds », « Pour nous, l'auto n'est qu'une façon pratique d'aller à pied ».
Le lecteur, pas pressé lui non plus, se laisse guider par ce conteur qui ne cherche pas à lui en mettre plein la vue.
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Baluzo
  07 décembre 2012
quel beau livre! j'y suis rentré un peu à reculons ...Car même si Giono est un de mes écrivains préférés , "Voyage en Italie " a été écrit dans la période qui n'est pas ma préférée. je n'avais pas non plus lu de Giono depuis bien longtemps et j'ai pris beaucoup de plaisirs à redécouvrir cette écriture si imagée, ce style particulier....Biensûr ce livre donne envie de partir à l'improviste découvrir le nord de l'Italie sans contrainte de temps mais saurions nous nous réjouir et vivre ces moments de bonheur que la sensibilité extreme de Giono permet? pas sur. Je connais et j'aime Venise mais Giono en fait une description extraordinaire....On retrouve également quelques traits bien connus sur l'engagement de Giono en tant que pacifiste. touchant, émonvant, sensible.
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cedratier
  15 mai 2015
« Voyage en Italie » Jean Giono (Folio 202 pages).
Disons d'abord que dans la perspective de mon énième voyage en Italie (Florence puis l'ile d'Elbe), j'ai eu envie d'emmener avec moi un récit de voyage. Disons que j'ai emprunté d'office ce « Voyage en Italie » de Giono à ma médiathèque habituelle en souvenir des émois ressentis il y a fort longtemps à la lecture de « Regain » et de « Un de Baumugnes » : des passions fortes et une écriture belle, odorante, subtile et d'une sensualité toute terrienne, voilà ce qui me restait de l'écrivain provençal. Donc sous le soleil de là-bas, j'ai empoigné ce carnet de voyage en me disant que j'allais le déguster par petites rasades, que ça aurait sûrement le gout d'un bon rosé de Provence, parfumé à l'accent de ceux qui parlent avec les mains, de celles qui chantent en vous interpellant, et que je nourrirais mon italianitude de celle de Giono. En guise de fraîcheur de rosé, c'est plus d'un « Limoncello » dont il s'agit, assez sirupeux, de bon goût mais parfois un peu lourd, prétentieux comme une liqueur. Si Giono truffe ici ou là son récit d'anecdotes historiques intéressantes, il n'évite pas le piège classique du carnet de voyage : il extrapole vite des généralités concernant l'Italie et les Italiens à partir de petites observations très sommaires. Il tricote des impressions personnelles, qu'on partage ou pas. Mais si l'on accepte son prémisse (« Je ne suis pas venu ici pour connaître l'Italie, mais pour être heureux »), alors on goûte son style fait de belles tournures joliment fleuries. Ce n'est pas une ouverture sur l'Italie, c'est un petit traité de bonheur simple, c'est de la poésie bucolique en prose, nourrie d'une philanthropie chaleureuse, égaillée de quelques touches d'autodérision salutaire, et parfois de vérités profondes (humaines plus qu'italiennes) bien senties (« Il faut plus de courage –et du plus beau- pour être maçon pendant cinquante ans que pour organiser et parfaire une expédition à l'Himalaya. Et du courage plus probant. »). Ça se laisse lire donc, sans trop d'enthousiasme mais avec pourquoi pas quelques plaisirs, si on ne se trompe pas d'objet.
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alexandrebertin
  21 avril 2016
Mon premier Giono m'a un peu déconcerté je dois bien l'avouer. Peut-être ne suis pas habitué à cette écriture des années 50 ?
Giono l'annonce d'entrée, il n'aime pas les voyages. Et bien je trouve qu'il nous le rend bien tout au long du livre. Certes, certaines descriptions fugaces de lieux et de personnages sont croustillantes mais pour connaître les villes contées par Giono, j'ai l'impression que son voyage a été une souffrance pour lui. Seul le chapitre sur Venise m'a vraiment convaincu pour le reste j'ai moins apprécié.
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lDavidl
  24 février 2016
Premier Giono pour ma part, et je dois avouer que son style est assez plaisant. Il s'accorde particulièrement à ce voyage inspiré, qui donne envie de voyager comme il fait marcher, pour notre plus grand bonheur, notre imagination. Les récits de voyage, quand ils sont bien écrits, peuvent être vraiment plaisant à lire, et "Voyage en Italie" en fait amplement partie. Lui qui n'aimait pas voyager, il nous permet à nous, lecteurs, de voyager sans bouger de notre fauteuil. A lire, sans aucun doute, car il est très agréable.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
brigetounbrigetoun   12 janvier 2011
mais finalement dormir est le très grande affaire ; et surtout "dormir le jour", voilà le signe de la richesse, du bien-être, "de la grandeur". C'est un monsieur qui dort le jour ! On le salue, on le respecte... Ce n'est pas l'agitation du révolutionnaire qui impressionne : c'est la puissance de celui qui peut se permettre de "dormir le jour", que personne n'a le droit d'interrompre. En effet, il y a là motif à prudence. Cela signifie que celui qui dort a su dompter, domestiquer (ou massacrer) tout l'entourage ou alors qu'il a un fameux courage (ce qui revient au même). Pisanello aurait dû peindre son Saint Georges profondément endormi. Les héros dorment souvent dans l'Arioste. Un homme qui dort en plein jour (et représentez-vous le même dans la chambre que n'a que le lit et le fil électrique) est, le plus manifestement du monde un héros. Il méprise amour, délices et orgues venant d'ailleurs que de lui-même ; il méprise commerce et industrie, politique, intrigue et pouvoir. C'est évidemment le signe d'une très grande puissance ou celui d'un très grand courage. De toute façon, c'est un monsieur.
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Corboland78Corboland78   13 juin 2013
Il s’agit maintenant de trouver cette foire aux chevaux. Les rues qui avoisinent Sainte-Anastasie sont drôlement emboitées les unes dans les autres. Nous voilà partis en humant ; six milles bêtes doivent avoir une odeur. Rien de semblable : l’odeur d’une ville de Sud au soleil. Vérone sent le melon fait. Les seuls cavaliers qu’on rencontre sont ceux qui prennent le frais au seuil des portes en chevauchant des chaises. Finalement, nous demandons. « Il n’y a pas de foire automnale de chevaux, nous dit-on en souriant ; il n’y en a qu’une en mars ; l’autre n’est indiquée dans les gares, les hôtels, les dépliants et les affiches que pour le cas où il nous prendrait envie d’en faire deux.
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brigetounbrigetoun   12 janvier 2011
On a souvent cette impression de choses vues en rêve. Si l'on a peur de ne pas y arriver cependant tout seul (ce que tout être sensible fera fort bien après un ou deux jours d'abandon) il 'y a qu'à prendre pour cicerone un de ces enfants tristes mais paisibles qui jouent à contempler leurs orteils sur les quais de la Dogana di Mare.... Il suffira.. de lui acheter dans n'importe quelle boutique un de ces sifflets de noyaux d'abricot percés qu'on fait tourner autour d'une ficelle et qui imite si parfaitement le cri mélancolique des mouettes.
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brigetounbrigetoun   12 janvier 2011
À quinze ans j'entrais dans la banque pour vingt francs par mois. J'avais sous les yeux le spectacle constamment renouvelé des passions humaines les plus communes. C'était une porte ouverte vers la vérité. Les autres m'étaient fermées. Malgré la très grande habileté à rêver que je tiens de mon père, je ne considérais pas cette invitation à raisonner comme une injustice ou une insolence.
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brigetounbrigetoun   12 janvier 2011
C'est une purée de fenouil de Padoue. On écrase dans de l'eau-de-vie les grosses tiges de ce fenouil qui pousse au bord des marais. Cette pâte, fine comme de l'argile à poterie, macère dans l'alcool pendant des mois. On en prend gros comme un poing d'homme.
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Videos de Jean Giono (44) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Giono
A l'occasion de la 11ème édition du salon international du livre en format livre de poche Saint-Maur En Poche, le libraire Jean-Edgar Casel et le journaliste David Medioni (ernestmag.fr) recevaient l'auteur et le parrain de SMEP 2019 Ron Rash...
Un silence brutal de Ron Rash et Isabelle Reinharez aux éditions Gallimard https://www.lagriffenoire.com/145502-divers-litterature-un-silence-brutal.html
Un pied au paradis de Ron Rash et Isabelle Reinharez aux éditions Folio https://www.lagriffenoire.com/145625-nouveautes-polar-un-pied-au-paradis.html
Le chant du monde de Jean Giono aux éditions Folio https://www.lagriffenoire.com/71308-poche-le-chant-du-monde.html
Moby Dick de Herman Melville et Jean Giono aux éditions Folio https://www.lagriffenoire.com/48529-poche-moby-dick.html
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