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EAN : 9782743633318
413 pages
Éditeur : Payot et Rivages (09/09/2015)
3.86/5   38 notes
Résumé :
Les nuages sont bas sur la ville de Naples. Durant la semaine qui précède le jour des Morts, on retrouve le cadavre d'un enfant. C'est un scugnizzo, un gamin des rues surnommé Tette. On pense d'abord qu'il est mort de malnutrition, mais il se révèle qu'il a ingéré de la mort aux rats. L'enfant avait été recueilli dans un foyer catholique où les mauvais traitements sont monnaie courante. Le commissaire Ricciardi (qui semble avoir perdu son don de communication avec l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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encoredunoir
  17 septembre 2015
« Regarde cette cochonnerie de ville : dès que tu soulèves un couvercle, les ordures débordent. »
Faire passer Naples pour une ville modèle de l'État fasciste mussolinien, débarrassée de la criminalité et des tensions sociales, ne sera pas chose aisée pour les autorités en ce mois d'octobre pluvieux de 1931, à la veille de la visite du Duce. Surtout quand le commissaire Ricciardi, appelé après la découverte du cadavre d'un gamin orphelin décide d'enquêter malgré l'autopsie menée par son ami Modo qui a conclu à une mort accidentelle.
Cette quatrième saison du commissaire Ricciardi n'est en fait pas la dernière (quatre autres volumes ont déjà paru en Italie) et, même, apparaît comme un épisode charnière. En effet, Maurizio de Giovanni y pousse un peu plus les pions qu'il place depuis L'hiver du commissaire Ricciardi : la chape de plomb du régime devient bien plus lourde avec notamment le rôle de plus en plus important de la police politique qui s'agite en coulisses, l'histoire d'amour platonique qu'entretient le policier avec sa voisine et l'intérêt de plus en plus fort que lui porte la belle, riche et sans doute vénéneuse Livia Lucani.
L'autre élément marquant, c'est qu'à l'approche de la fête des morts, le Fatto, ce don qu'a Ricciardi de voir les derniers instants des morts, semble le fuir. Son enquête ne peut avancer – et s'enfoncer dans ce qui semble être une multitude d'impasses – que par un important travail de recherche et d'interrogatoire de témoins qui, plus encore que dans les précédents volumes, donne à voir un portrait social de cette Naples des années 1930 dans laquelle la misère la plus noire s'étend au pied des riches hôtels particuliers, où l'Église encore toute puissante s'allie à la vieille noblesse et à la bourgeoisie dans d'hypocrites actions de charité qui dissimulent mal leur mépris des plus pauvres. Une ville qui semble dévorer ses enfants.
Bref, si après trois romans mettant en scène Ricciardi, Maurizio de Giovanni ne surprend plus vraiment, il sait toutefois faire en sorte que son héros garde de son intérêt en laissant transparaître à chaque nouveau roman de nouveaux éléments de sa personnalité. Et surtout, c'est avec une curiosité sans cesse renouvelée que l'on découvre sous les enquêtes de Ricciardi et de son adjoint Maione un édifiant portrait historique et sociologique de Naples et de ses habitants. de Giovanni continue ainsi d'offrir au lecteur un roman policier historique intelligent et parsemé de moments tour à tour violents, poétiques, amusants ou émouvants.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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miriam
  01 novembre 2015
Maurizio de Giovanni nous transporte à Naples en 1931 dans l'Italie de Mussolini, justement le duce annonce sa venue prochaine, ce qui met le commissaire divisionnaire dans tous ses états.
Publié dans la collection Rivages/Noir on ne peut pas imaginer de collection plus appropriée, pour la géographie mais surtout pour la noirceur de ce roman policier. Nous n'irons pas à Mergellina, ni à Capri, ni même au San Carlo...n'entendrons pas de chansons napolitaines...très loin de la cité ensoleillée que j'ai découverte comme touriste. A Capodimonte, quand même, puisque c'est là qu'on a trouvé le petit garçon sans vie. sous une pluie incessante qui confère au roman une atmosphère encore plus triste.
Le Commissaire Ricciardi ému par la fragilité et l'abandon du petit cadavre, contre l'avis de tous veut élucider le mystère du décès de l'enfant. Qui se soucie d'un enfant des rues, maigrichon, tellement mal en point que sa mort paraît à tous,naturelle.
Enfant des rues, il y en a tant à Naples, les scugnazzi, qui se soucie d'eux? On évolue dans une ambiance à la Dickens, frère de Gavroche, enfant des trottoirs de Bombay ou d'ailleurs.. le commissaire découvre un orphelinat patronné par un curé peu charitable, un sacristain ivrogne, des riches et nobles dames patronnesses , des colporteurs voleurs, les habitants des bassi, un travesti un peu indic, des malfrats, un noble déclassé, des enfants cruels....tout un monde interlope. La personnalité de la petite victime se dessine au fil des pages. N'importe qui aurait pu être responsable de la mort de l'enfant. les hypothèses se succèdent.
Je n'en dis pas plus!
Les caractères sont un peu convenus. L'intrigue un peu lente. Mais c'est un bon polar distrayant.

Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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galyalain
  27 février 2021
Comme me le répète ma femme, je fais toujours tout à l'envers ! J'ai commencé par lire "Des phalènes pour le commissaire Ricciardi", livre récent, pour continuer par ce roman, de 2015....
- Intérêt historique et social: peinture de Naples à l'époque mussolinienne, avec en particulier ces "scugnizzzi", enfants livrés à eux-mêmes..
- La ville de Naples, très particulière, me plaît beaucoup: c'est là où j'ai perfectionné ma conduite automobile, et mes réflexes ! Après un petit temps d'adaptation, faut se lancer, et ça passe !
- Une pincée de fantastique, avec un commisaire qui VOIT les morts, à l'endroit où ils sont morts, et qui ENTEND leurs dernières paroles, ou idées..
- Les personnages ont une réelle profondeur psychologique et on partage souvent leur inquiétude, ou leur joie (plus rare ! c'est un livre très mélancolique, et la pluie n'arrête pas...)
- de Giovanni sait aussi nous emporter dans des envolées poétiques, lyriques: voir le chapitre 12, avec ses anaphores (eau) et le chapitre 49 (Dimanche...)
On retrouve cette même veine dans "des phalènes..." avec les anaphores "je te déteste" et "je t'aime" au chapitre ..?
Un livre sans violence véritable (il faut bien un mort ou deux, quand même ! mais il n'y a pas de complaisance à décrire).
Certains ont dit que les personnages correspondent à des clichés ? Voire... à y regarder de plus près....en tout cas, cela ne m'a pas gêné, et chez les autres romanciers de polars, n'y a-t-il pas aussi des clichés ?
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mireille.lefustec
  18 juillet 2020
Il giorno dei morti. 2010
Un gamin est assis "en bas de l'escalier monumental menant à Capodimonte".
Immobile sous la pluie, un chien à ses pieds.
"Le chien attend. L'enfant ne rêve plus."
Aucune trace de violence et Ricciardi n'entend pas ses derniers mots. Cela l'intrigue. Comme il déteste voir les enfants mourir, il veut savoir ce qui est arrivé à ce gosse des rues, apparemment sans famille.
En dépit de l'incompréhension de son supérieur et même de son brigadier, il s'obstine à découvrir la cause de la mort.
On peut faire confiance à son instinct.
Ce n'est pourtant pas le bon moment, Naples attend la visite du Duce et le divisionnaire est sur des tisons !
Ce roman est à mon goût le plus étoffé, le plus accompli mais particulièrement triste : la maltraitance des enfants abandonnés sous un ciel lugubre.
Un roman plus intime aussi mais qui laisse le lecteur dans des situations non abouties : la douce Enrica se retire, Luigi Alfredo ne s'est toujours pas déclaré, Livia s'incruste.
Reste l'éventualité d'une suite.
En effet, après avoir lu les quatre tomes en continu, à raison d'un tous les deux jours, je n'ai qu'une envie : continuer. Surtout pour la partie sentimentale !!
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simonjean
  17 décembre 2017
Après avoir lu - et beaucoup aimé - les trois premières saisons du Commissaire Ricciardi , je me suis donc logiquement plongé
dans « L'automne » .
Notre sombre et mélancolique Ricciardi a précédemment enquêté sur les meurtres d'un ténor du San Carlo , d'une cartomancienne-usurière et d'une duchesse . Il en a identifié les meurtriers .
Cette fois , alors que le froid et la pluie sont arrivés , Ricciardi veut savoir ce qui a provoqué la mort d'un pauvre gamin des rues , Mattéo dit « Tétté » . Il semble que le gamin ait accidentellement avalé de la mort-aux-rats . Dossier à classer rapidement... enquête terminée ?
Le commissaire veut en savoir plus ...
Désobéissant aux injonctions de son supérieur , l'obséquieux Garzo , il va arpenter, sous un ciel bas et gris , par une pluie battante , les rues du vieux Naples, avec le brigadier Maione .
Dans ce 4e tome , l'auteur décrit encore très bien les motivations et souffrances des personnages , leur caractère et dépeint parfaitement la Naples populaire des années 30 . Selon le régime fasciste « Tout va bien ! » et comme le Duce a prévu une visite à Naples , la ville doit être impeccable pour l'accueillir . En réalité , le petit peuple souffre et des centaines de gamins sans-abri sont dans les rues , mendiant un peu de nourriture et de chaleur humaine .
Emu , touché par l'histoire de ce gamin, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire cet « Automne » dont le dénouement est terrible !
Bien sûr , ce n'est pas l'aspect « enquête » qui est le plus important .
Ce sont l'atmosphère et la description des personnages qui comme d'habitude m'ont beaucoup plu . On se plonge dans les livres de Maurizio de Giovanni avec délectation !
Vivement le prochain  car je me suis encore ré-ga-lé !
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
santorinsantorin   28 mars 2021
Le premier matin de froid a une saveur et une couleur qui n'appartiennent qu'à lui. Parce que le froid arrive toujours la nuit, quand les gens dorment, pour les prendre par surprise ; et il arrive juché sur les ailes du vent.
Il arrive en changeant le goût de la pluie, qui sentait un peu la mer et qui, maintenant , sent la glace ; il la transforme en aiguilles qui pénètrent les vêtements et les regards, et modifie la lumière jusque-là noire et jaune, en un mélange gris et uniforme.
Le premier jour de froid, on s'habille au lit : et il en sera ainsi durant tout l'hiver. On se tortille sous les couvertures pour retenir jusqu'à la dernière goutte de chaleur nocturne, on se bat contre la résistance de la chemise de flanelle qui s'accroche aux draps, on garde ses longues culottes de laine qui tombent jusqu'aux genoux, et on enfile bas et jarretières laissés prudemment auprès du lit, la veille au soir.
Et puis, c'est la course vers la cuisine, par les couloirs glacés, pour se débarbouiller à l'évier. Pendant ce temps, mères et épouses apportent en courant les autres vêtements réchauffés sur le poêle enviant les quelques bienheureux qui possèdent des toilettes à la maison ...
Les mères sortent les mitaines qui permettront aux doigts engourdis d'écrire et réveillent les enfants. Elles laveront les plus petits, encore endormis, découvrant juste le bout de frimousse à nettoyer, en prenant le savon de Marseille qui sert aussi à la lessives...
Les poêles marchent à plein régime. Le bois mis de côté ces derniers jours va finalement être brûlé. On se réchauffe les mains en les posant sur le tuyau, à travers un morceau de laine dont la bonne odeur se répand dans la maison...
Le premier matin de froid, même si on s'y est préparé, arrivera sans qu'on s'y attende et cueillera par surprise les anciens avec de nouvelles douleurs et la certitude qu'ils vont vivre leur dernier hiver. Avec un châle noir attaché autour du cou par une épingle, un chapeau usé porté même à la maison, une mélancolie nouvelle se lira dans les regards. Et ce n'est pas seulement à cause du temps qu'il fait qu'un frisson courra le long de la colonne vertébrale.
La première matinée de froid est porteuse d'idées noires.
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galyalaingalyalain   27 février 2021
Douillettement enveloppée dans sa robe de chambre, Livia fumait en laissant librement ses pensées vagabonder. Elle avait toujours craint le dimanche en fin de soirée ; c’était le moment où la solitude allongeait ses doigts, comme l’obscurité, et se répandait dans les vies humaines, en mettant les âmes face à elles-mêmes, dans l’impossibilité de se mentir une nouvelle fois.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   17 juillet 2020
Le dimanche sous la pluie est une chose particulière.
Il te met dans une situation que tu n'attendais pas, que tu n'avais pas souhaitée. Il t'empêche, dans la rue, de plonger dans la foule, de te rassasier de lumières et de couleurs...
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galyalaingalyalain   26 février 2021
- Qu’est-ce que tu prends ?
- Mais rien, commissaire, je rentre à la maison pour dîner, Lucia et les enfants m’attendent. A la rigueur, trois beignets, une sfogliatella avec de la crème et un verre de rosé, merci.
- Parfait, comme cela tu restes léger pour le ragoût de ta femme, hein ?
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encoredunoirencoredunoir   17 septembre 2015
Regarde cette cochonnerie de ville : dès que tu soulèves un couvercle, les ordures débordent.
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