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EAN : 9782743625962
426 pages
Éditeur : Payot et Rivages (04/09/2013)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 48 notes)
Résumé :
Luigi Alfredo Ricciardi, commissaire à la questure royale de Naples, a un don particulier : il voit la souffrance des morts et les entend "parler". Aidé de son fidèle adjoint, il enquête dans les quartiers pauvres de la ville où on a découvert le corps de la vielle Carmela Calise, cartomancienne et usurière à ses heures. Que va révéler la morte au commissaire ? Les secrets de ses clients sont bien gardés.

En ce printemps de l'année 1931, la ville de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  02 novembre 2019
Naples, avril 1931. Un petit vent printanier souffle sur la ville. Pourtant, malgré les vestes légères, les canotiers et les robes virevoltantes, le commissaire Ricciardi traîne sa mélancolie sous les timides rayons du soleil. Chacune de ses promenades est constellée des morts qu'il voit et dont il entend les derniers mots, la ''Chose'' ne lui laisse aucun répit. C'est pour rendre justice à ces êtres arrachés violemment à la vie qu'il est devenu policier et qu'il mène ses enquêtes avec son fidèle adjoint Maione, le seul à comprendre cet étrange commissaire, triste et ombrageux. Les deux collègues vont d'ailleurs devoir résoudre une nouvelle énigme, celle de l'assassinat d'une vieille cartomancienne, usurière à ses heures, dans le quartier populaire de la Sanita. S'il s'investit comme d'habitude dans l'enquête, Maione est cette fois un peu déstabilisé par sa rencontre fortuite avec Philomèna, la plus belle femme de Naples. Depuis la mort en service de son fils aîné, sa femme s'est repliée sur elle-même et leur couple bat de l'aile. Saura-t-il résister à la douceur, la gentillesse et la prévenance de Philomèna ?
Nouvelle saison et nouvelle enquête pour l'attachant commissaire Ricciardi. Celle-ci est des plus classiques : un meurtre et une foule de suspects, chacun d'entre eux ayant un excellent mobile pour trucider la vieille femme. En parallèle, on suit aussi la triste histoire de cette femme trop belle pour être heureuse car elle attire la convoitise des hommes et la jalousie des femmes. Ce deuxième tome est à la hauteur du premier avec ses personnages secondaires bien campés, ses deux héros auxquels on s'attache comme à des amis et la belle Naples. Autre personnage et non des moindres, le printemps apporte ici une touche de douceur et un vent de liberté dans une ville marquée par la misère et la crainte des autorités. Car même si Ricciardi ne se mêle pas de politique, il n'est pas sans savoir que critiquer le régime fasciste de Mussolini, s'en moquer, ou même afficher son défaitisme, est passible d'une lourde peine de prison.
Cette série est décidément une belle surprise et Maurizio de Giovanni un auteur sensible et très humain, à l'image de son commissaire tourmenté que l'on aimerait voir un peu plus heureux. Peut-être avec l'aide de l'épouse de son adjoint ? Peut-être en été ?
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adtraviata
  13 juin 2020
On pourrait croire que le meurtre d'une vieille femme malade d'un quartier très populaire de Naples, qui se révèle être une usurière et une mystiicatrice sur son soi-disant don de lire dans les cartes, n'a pas beaucoup d'importance. Sûrement pas pour le commissaire Ricciardi : riche ou pauvre, célèbre ou invisible, le moindre mort n'est laissé pour compte par le commissaire, qui a un don particulier pour ressentir la souffrance des morts par violence et pour être longtemps hanté par leurs dernières parole, leurs derniers sentiments. L'enquête piétine pendant pas mal de temps mai le printemps adoucit les moeurs au coeur de Naples. Parallèlement à cette enquête pour meurtre, le (tout aussi sensible) brigadier Maione cherche à savoir pourquoi la plus belle femme des « bas » quartiers a été lacérée au visage.
Bon, je dois avouer que j'ai traîné ans ma lecture. Peut-être ce roman a-t-il souffert de mon enthousiasme pour ma précédente lecture,ui sait ? Mais quand même, il a fallu plusieurs pages très éclatées entre divers personnages de la Sanita avant de découvrir le meurtre de Carmela Calise et l'enquête a piétiné pendant pas mal de temps.Vous allez dire que je suis une épouvantable voyeuse mais c'est quand la vie privée (les amours très secrètes) et la vie professionnelle du commissaire se téléscopent que mon intérêt s'est réveillé et est resté en alerte jusqu'à la fin.

Au final, c'est Naples au printemps qui ressort de cette lecture. Et l'amitié teintée d'humour noir entre le médecin légiste et le commissaire. Et la vie qui renaît dans le foyer de Luca Maione. Et bien sûr, l'espoir plus réel et la fenêtre toujours ouverte sur une petite main qui brode…
Lien : https://desmotsetdesnotes.wo..
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encoredunoir
  24 janvier 2014
Deuxième saison pour le commissaire Ricciardi. le printemps de l'année 1931 souffle enfin sur Naples après un hiver rigoureux, mais les crimes ne cessent pas pour autant. Une cartomancienne assassinée et une femme sublime défigurée vont occuper les premiers beaux jours de Ricciardi et de son assistant Maione.
Toujours aussi baroque dans son écriture en ce qu'il se plait à mêler les contraires, à faire avancer des personnages masqués et à jouer sur l'abondance de bruits, de couleurs, ou d'odeurs de la Naples des années 1930 ; en ce qu'il place aussi au centre de son intrigue mort et amour tout en jouant avec une pointe de fantastique – ce don de Ricciardi qui lui permet de voir les derniers instants des morts – Maurizio de Giovanni nous offre une nouvelle fois un roman surprenant et délicieusement charnel.
On retrouve donc ici ce qui faisait le charme du volume précédent : une ville parfaitement incarnée et une description parfaitement équilibrée de la réalité sociale qui ne tombe ni dans le cliché ni dans l'exercice un peu facile de la dénonciation des inégalités. La description des lieux comme des rapports sociaux se suffit à elle-même et les magnifiques pages d'ouvertures de chapitres qui entrainent le lecteur d'un personnage – principal, secondaire ou qu'il ne reverra plus – à l'autre, des taudis de la Sanità aux quartiers plus aisés, dressant un portrait vivant et coloré de Naples et de ceux qui l'habitent valent d'ailleurs à elles-seules que l'on lise ce livre.
Et puis il y a les personnages. Morts, vivants – car si Ricciardi ressent « La Chose », « Il Fatto », et entend les morts, tous les habitants de Naples vivent avec eux – ils donnent aussi de la chair au récit. Plus que l'enquête, intéressante mais accessoire, ce sont bien eux qui portent le roman. Leurs amours, leurs haines, leurs malheurs, permettent à de Giovanni de broder sur des thèmes aussi classiques pour ne pas dire éculés que l'amour, le mensonge, la relativité de la beauté et les difficultés des relations familiales ou conjugales, sans sombrer dans la caricature. Parce qu'il sait toucher le lecteur grâce à la finesse avec laquelle il décrit les sentiments et leur ambivalence. Parce qu'il ya Naples, aussi, et cette atmosphère si particulière qu'il parvient à créer.
C'est dire si on attend maintenant avec un plaisir anticipé l'été du commissaire.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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simonjean
  22 novembre 2017
J'ai fait connaissance du commissaire Ricciardi avec " L'hiver " . Après qu'il nous ait emmenés dans les coulisses du merveilleux Téatro San Carlo et qu'il ait identifié l'assassin d'un célèbre ténor , on le retrouve au printemps .
Cette fois , c'est dans le quartier de la Via Tolédo que l'emmène une nouvelle affaire : le meurtre d'une vieille cartomancienne-usurière .
Maurizio de Giovanni commence , tel un peintre impressionniste , à nous présenter , par petites touches , tous les personnages . Puis , peu à peu , l'intrigue prend forme ; les personnages se rencontrent , s'affrontent et le meurtre est commis . le commissaire Ricciardi est toujours aussi mélancolique : par flashs , il voit des gens , victimes de mort violente vivre leurs derniers instants et il entend leurs dernières paroles ; c'est "la chose " et cette fois , il n'est pas le seul à avoir ce "don" !
J'ai trouvé ce roman très bon , encore plus prenant que le premier ; Maurizio de Giovanni a le talent de nous décrire Naples qui réunit , dans le même quartier , palais des XVIIIe et XIXe siècles aux façades élégantes et austères et rues populaires aux immeubles vétustes ou délabrés .
L'auteur nous fait vivre avec des bourgeois ou des petites gens , nous décrit leurs rêves , leurs secrets , leur mal-être ou leurs souffrances . Même Maione, l'adjoint du commissaire, s'interroge sur son couple .
Plus qu'un policier , c'est un portrait sociologique de Naples . Aucune longueur , des chapitres assez courts , une histoire prenante , une belle écriture .... un très bon livre , encore meilleur que le premier de cette série de quatre .
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VALENTYNE
  04 août 2019
L'action se passe en Italie en 1931.
Le commissaire du titre a une particularité que l'on apprend dès les premières pages du livre : les morts lui parlent. Pas n'importe quels morts, ceux de mort violente.
Inutile de dire que ce « don » rend le commissaire plus que mélancolique. Sa vocation est de découvrir les assassins.
Une usurière vient d'être assassinée. le commissaire et son adjoint Maione enquêtent…
En parallèle, on suit les autres habitants du quartier : l'adjoint du commissaire a perdu son fils dans un accident et essaie de survivre à cette perte, il essaie aussi de venir en aide à la belle Philomèna (pour moi c'est la jeune femme de la couverture du livre, couverture que je trouve très « moche » au passage, le livre est beaucoup mieux que ne le laisse penser la couverture)
Les autres personnages semblent avoir tous quelques chose à se reprocher : le pizzaiolo qui devait beaucoup d'argent à la vieille, l'avocat dont la femme est amoureuse d'un acteur, la concierge de l'immeuble de l'usurier….
La vie du quartier se déroule entre pauvreté et truculence. C'est bien la pauvreté et le chômage qui dominent avec en toile de fonds quelques allusions aux fascistes au pouvoir en Italie depuis une dizaine d'années. A plusieurs reprises, le Duce est évoqué : entre crainte de la prison et moquerie discrète…
Un roman policier sans prétention mais qui a su me surprendre plusieurs fois avec ses personnages attachants….. grâce aussi à cette idée originale de policier qui « entend » et vois « parler » les morts…. Et je n'avais pas trouvé le coupable avant la fin.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
santorinsantorin   04 mai 2019
Au milieu de la matinée, à mesure que forcissait le vent du sud, arriva un parfum indéfinissable, et plus qu'un parfum, une sorte d'arrière-goût, de senteur. Il était fait de fleurs d'amandiers et de pêchers, d'herbe nouvelle, d'écume de mer brisée sur les rochers lointains.
Personne ne le remarqua, pas d'emblée, mais quelqu'un s'aperçut qu'il avait ouvert le col de sa chemise, en avait déboutonné les poignets, avait rejeté son chapeau en arrière. Et une sorte de bonne humeur, comme lorsqu'on attend quelque chose de positif, on ne sait pas quoi au juste, ou qu'il est arrivé une chose agréable, même minime, à un ami : on se sent bien, mais on ne saurait pas dire pourquoi.
C'était le printemps…….
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santorinsantorin   04 mai 2019
Le Dr Bruno Modo était chirurgien et médecin légiste. Il avait été formé en Italie du Nord comme officier, mais il pensait que les pires choses, il les avait vues plus tard, en constatant le mal que les gens étaient capables de faire, sans la justification de la guerre. Si toutefois on pouvait reconnaître et tolérer que la guerre fût une justification, pensait-il avec amertume. Il s'étonnait lui-même de son absence de cynisme ; il pouvait encore sentir glisser sur sa peau la douleur des blessures, le flux du sang des pauvres gens qui passaient du matin au soir entre ses mains. Mais il ne s'était jamais décidé à fonder une famille : il n'aurait jamais accepté de lancer un fils dans ce monde qui était devenu un égout sans fond….
Il analysait son époque avec distance et sans la moindre complaisance pour ce nouveau régime (1) fondé sur la violence. Il n'acceptait pas que l'on puisse faire le mal au nom du bien : il le disait haut et fort, et cela lui valait d'être tenu à l'écart de la haute société napolitaine et le privait de la carrière que son talent lui aurait permis de faire.


(1) 1931 Régime de Mussolini
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santorinsantorin   20 mai 2019
"La Calise, par exemple. Elle était malade, une forme sévère de cancer des os. Elle avait peut-être six, huit mois à vivre. Ton assassin a dépensé une énergie inutile, il a juste un peu accéléré le processus de mort naturelle.
Six, huit mois, pensa Ricciardi. Et ça te semble peu ? Un printemps, un été, un automne. Les fleurs, l'odeur de l'herbe nouvelle et le parfum de la mer sur les rochers ; le premier vent frais du nord, les châtaignes grillées dans les rues. Quelques flocons de neige, des mômes qui plongent nus ou qui regardent, le nez en l'air, à quoi ressemble ce nuage. La pluie sur la chaussée, les sabots des chevaux. Les cris des marchands ambulants. Elle aurait peut-être eu un autre Noël avec les sonneurs de cornemuse sur les places et dans les maisons.
Six, huit mois. Est-ce qu'elle n'aurait pas eu droit, l'abominable usurière, la cartomancienne menteuse, à même six ou huit minutes supplémentaires, si la vie les luis avait concédées, au nom des illusions et des rêves qu'elle avait prodigués ?
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santorinsantorin   20 mai 2019
Le destin. Encore lui, le maudit, l'impénétrable destin. Le rempart derrière lequel se cachent les peurs, les responsabilités : "c'est le destin", "laisse faire le destin", "ça se passera comme le veut le destin". Dans les chansons, dans les contes. Dans la tête des gens.
Comme si tout était ordonné ou écrit et que rien n'était laissé au libre arbitre des hommes. Mais non, il n'y a pas de destin, pensait Ricciardi en arrivant, flanqué de Malone, devant la porte du divisionnaire, il n'y a que le mal et la douleur.
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BardaneBardane   21 mars 2014
Les files de marins et d'ouvriers s'allongeaient devant les portes des bordels : la saison nouvelle brouillait le sang comme par magie.
Quelques jeunes femmes pleuraient leur amour perdu. Et le printemps riait, narquois, de toutes les promesses qui ne seraient pas tenues.
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