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EAN : 9782070420520
267 pages
Gallimard (31/01/2002)
4/5   26 notes
Résumé :
Manu Borelli est enfermé dans le quartier de haute surveillance à la prison de la Santé, avec quatre compagnons de cellule. Les cinq hommes ont décidé de s'évader : ils percent un trou dans le sol de leur cellule.
Commence alors une exploration minutieuse de toutes les issues possibles dans les sous-sols de la grande prison.
Le trou a été porté à l'écran par Jacques Becker en 1960. Il a représenté la France au Festival de Cannes et dans le monde entier... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique

Depuis longtemps, sans savoir pourquoi, j'aime les histoires dans le milieu carcéral. Dans ce registre, « le trou » de Giovanni fait figure de classique. Ce statut est amplement mérité, « le trou » est un très bon livre.

Il ne faudrait pas réduire le roman de Giovanni a un récit d'évasion, « le trou » est bien plus que cela. C'est un roman profond et subtil qui parle avant tout de l'enfermement. L'auteur sait de quoi il parle, il a lui-même été incarcéré, il a goûté à cette existence en dehors du monde. Avec un indéniable talent d'écriture, il évoque de façon saisissante les souffrances, les angoisses et les espoirs des détenus. On suit les 5 détenus d'une cellule de la prison de la Santé qui veulent se faire la belle. A leur morne et répétitif quotidien de détenu succède une autre routine, obsessionnelle, celle de la préparation de l'évasion. Les mêmes gestes se répètent nuit après nuit, creuser, explorer les sous-sols, creuser encore… Ce trou dans leur cellule finit par devenir le centre de leur vie, cristallisant leurs rêves, leurs espoirs.

Le roman ne tombe jamais dans l'écueil du simplisme. Les personnages principaux sont complexes, fouillés. Giovanni ne les présente jamais comme des anges ni comme des monstres, l'homme est toujours séparé de son crime. Loin de tout manichéisme, l'auteur ne cède pas au cliché des méchants matons. Chacun des gardiens évoqués a sa propre personnalité, certains sont sympas, d'autres moins. Ils font juste leur boulot.

Au-delà de la véracité du récit qui fait sa force, ce qui m'a vraiment frappée dans cette lecture, c'est la qualité d'écriture de Giovanni. C'est un véritable auteur, avec un style. « le trou » est un beau roman, bien écrit. le style épuré laisse parfois la place à de courtes mais jolies envolées poétiques.

Si l'homme est douteux, l'écrivain a du talent. Je lirai sans doute d'autres romans de cet auteur.

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Récit haletant d'une tentative d'évasion, le Trou nous plonge dans l'univers gris de la prison, au sein d'une cellule où un groupe d'hommes, chacun avec ses rêves, le poids de ses secrets, caresse l'espoir de se faire la malle.

Ces prisonniers vont associer leur intelligence, leur volonté, leurs doutes aussi, pour travailler, jour après jour, semaine après semaine, à la grande épreuve où deux seules issues sont possibles: la réussite, et la promesse d'autres épreuves à venir, ou l'échec, total, le retour à la case départ, sans toucher les 20 000, juste une peine supplémentaire et une certaine ruine de l'âme.

La force de ce livre s'explique en grande partie du fait que l'histoire respire le vécu. de fait, José Giovanni a lui-même usé ses basques derrière des barreaux et tenter de se faire la belle. D'où la grande pertinence de l'histoire, les personnages sentent le vrai, leurs paroles, leurs pensées, les craintes et les terreurs, tout est juste.

On en vient à oublier que ces malfrats en sont, et des fameux. Et ma foi, on a presque envie de boire à la santé de cette équipe, qui n'aspire qu'à la quitter...la Santé.

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Le livre est fort. L'écriture épurée, fouillée, juste. le film tiré du livre est tout aussi excellent. L'histoire autour du livre est stupéfiante...

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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation

-J'ai quelque chose d'important à déclarer, annonça-t-il.

Le silence s'installa. L'avocat intérieurement inquiet, les plaignants déjà contre tout ce que le misérable dirait pouvant l'avantager, le juge un peu ému bien que blasé, le greffier très important beaucoup plus royaliste que le roi suivant la coutume.

-C'est votre intérêt. C'est votre intérêt, insinua le juge d'un timbre persuasif.

-Eh bien, voilà, dit Manu. J'ai beaucoup réfléchi. Chacun tempête et crie de son côté alors qu'il est impossible de rien modifier. Je suis là, c'est le principal. Payez-vous et foutez-moi la paix. En d'autres termes, tuez-moi, et, entre-temps, laissez-moi vivre.

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Deux robots vinrent chercher Manu avec un petit bulletin rose. Les rouages ayant mentionné sur le bulletin qu'ils devaient se présenter à deux, ils étaient deux....Les gardes mobiles le fouillèrent, et lui attachèrent les mains derrière le dos....Les robots mesuraient une tête de plus que lui et leur ceinturon sanglait une forte masse de chair et d'os. Un orgueil primaire les inclinait à la raillerie afin de garder une contenance. Ils se trouvaient diminués d'être deux pour acheminer ce type au visage émacié, de taille moyenne, mince, presque frêle.......

Manu et ses robots suivirent un couloir jusqu'à une porte sur laquelle on lisait "Cabinet X". Ils se trouvaient à proximité d'un rouage....

Un robot frappa respectueusement à la porte n° X

- Entrez.., cria-t-on. Et ils entrèrent. Un juge d'instruction concrétisait le rouage; c'était un grand juge, les crimes de Manu étaient de grands crimes, les avocats étaient assez connus pour que l'on puisse en dire qu'ils étaient grands, le greffier du juge s'estimait grand puisqu'il travaillait dans un bureau où se réglaient de grandes choses. Les robots s'assirent, gonflés d'importance, et Manu ne fut pas loin de penser qu'ils étaient grands, eux aussi.

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La machine tenait Manu; elle avait déjà gagné et il avait déjà tout perdu. La réunion d'aujourd'hui était de pure forme. Il s'agissait d'une politesse entre les rouages. Il existait trois rouages terminaux, à la fin du cycle. Le premier rejetait dans le courant de la vie un être hébété qui titubait comme un homme ivre, et se remêlait au troupeau, cahin caha. Le second canalisait dans des prisons centrales à l'hospitalité de longue haleine. Le troisième séparait la tête du tronc.

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Chaque cellule concrétisait un petit monde à part, une petite parcelle de société complète en elle-même, autonome, avec ses vices, ses blasphèmes, sa pureté parfois, ses larmes et sa révolte, son espérance, et son marasme, son spleen du soir et son glaviotement du matin.

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Lorsque derrière leur front les projets d'évasion se groupaient, se pressant en foule comme une multitude romaine en attente d'une bénédiction pontificale, ils détournaient la tête ou fermaient les yeux, afin de ne pas trahir leur secret. C'est lourd, un secret. Ça penche vers le bas. Ils ne voulaient pas le voir tomber par leurs orbites, le voir s'échapper d'eux.

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