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ISBN : 2743628340
Éditeur : Payot et Rivages (04/06/2014)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 32 notes)
Résumé :
En ce mois d'août 1931 à Naples, Ricciardi est chargé d'enquêter sur la mort de la duchesse de Camparino, assassinée dans sa somptueuse demeure. Le double sens d'un mot, prononcé par la duchesse, va l'emmener sur une fausse piste... Dans une ambiance estivale, les fêtes populaires où se côtoient danses échevelées et dévotions à la Vierge battent leur plein. Mais les manifestations du fascisme se font également de plus en plus visibles. On retrouve avec plaisir les p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Ambages
  09 juillet 2017
« A partir de quand, mamma, on n'est plus un enfant ? Quand on est grand et fort, et qu'on peut décider par soi-même . Ou qu'on est capable d'aider, de travailler, ou d'avoir des enfants ? Selon moi, tu sais, mamma, on est adulte quand on voit clair. »
Naples. Années 30. Alors que le fascisme italien se met en place, un crime est perpétré. Une duchesse est assassinée chez elle, par balle. Son époux est mourant dans une pièce voisine. Son beau-fils arrose ses fleurs à l'étage supérieur. Personne n'a rien entendu, pas même les domestiques. Ce soir, il y avait fête dans le quartier et la population était en liesse. le commissaire Ricciardi est dépêché sur place. C'est alors que j'ai fait sa connaissance. Qu'il est bizarre cet homme. Solitaire, renfermé, bourreau de travail, fin limier. C'est un drôle d'être. En fait, il a une particularité qui déteint sur sa vie, il voit les morts et entend leurs dernières paroles ou pensées au moment du dernier soupir ; une malédiction qui obscurcit sa vie et éclaire son travail. Pas facile dès lors d'avoir une vie tranquille quand au détour d'une rue il retrouve les premiers accidentés de la circulation, les débuts de l'automobile à Naples. Et pourtant il ressent au fond de lui de manière de plus en plus douloureuse et physique, cette envie d'amour romantique, une envie forte depuis un an qu'il observe Enrica derrière sa fenêtre. Afin de trouver le coupable de ce meurtre, il sera aidé d'un fidèle compagnon de route, le brigadier Maione. Un homme droit, juste et sensible. Ils forment une excellente équipe. Ils découvrent rapidement que le meurtre est sans doute lié à la vie particulière que menait la duchesse de Camparino. Ancienne infirmière de la première épouse du duc, elle a vite franchit le pas et est passé des soins de la mourante au lit du mari. Mais le duc âgé a très vite compris que la nouvelle duchesse aimait séduire.
J'ai beaucoup apprécié ce roman policier qui parle de la vie des napolitains sous le fascisme. Les personnages sont bien campés. La construction est subtile avec des pensées mélangées au récit impersonnel, parfois c'est même surprenant. L'auteur alterne plusieurs songes de divers personnages dans un même chapitre, sans unité de lieu, cela m'a un peu désarçonné au début. Et puis Maurizio de Giovanni a réussi à mélanger les genres dans ce roman très complet : une touche d'histoire (situation de la presse, vie politique, société napolitaine), un brin de fantastique, une pincée d'enquête policière, une pointe d'humour, le tout saupoudré d'amour, de passion, de trahison, d'amitié. Une bien belle recette à déguster sous la chaleur étouffante du soleil italien, un jour d'été.
« En regardant par la fenêtre la ville encore assoupie, il comparait l'amour à un liquide. Comme de l'eau, mais plus dense, de la fluidité de l'huile, qui envahit chaque espace en prenant la forme du contenant, se faufilant dans les interstices et laissant sa trace sur son parcours. »
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encoredunoir
  24 août 2014
Troisième saison pour le commissaire Ricciardi qui, en ce mois d'août suffocant de 1931 doit enquêter sur le meurtre d'une femme volage issue – même si ce n'est que par la grâce d'un mariage – de la noblesse napolitaine.
Après un passage au printemps du côté du quartier populaire de la Sanità, Ricciardi retrouve donc la haute société de Naples dans laquelle son absence de diplomatie provoque quelques remous. Pourtant apparaissent toujours en toile de fond, par le biais notamment de cette famille aux enfants gloutons au service de la victime, les relations et tensions sociales de la ville.
Surtout, même si Maurizio de Giovanni entend humaniser un peu plus son personnage à travers l'histoire d'amour – de moins en moins – platonique qui le lie à sa voisine avec laquelle il entretien un dialogue muet à travers sa fenêtre et laisse donc plus de place à la romance, il ouvre un peu plus le champ à l'intrusion du politique dans la vie quotidienne. L'omniprésence des nervis du fascisme se fait plus pesante que dans les volumes précédents et s'incarne à travers un personnage ambigu d'espion au service du régime ; la surveillance de la population et la nécessité de faire attention à ses paroles devient plus prégnante, y compris dans le cercle rapproché de Ricciardi.
Alors, certes, la manière dont l'auteur mène sa barque peut par certains aspects paraître routinière (on pense notamment à la relation entre Maione et sa femme ou à la manière dont de Giovanni se plaît à parsemer son intrigue de fausses pistes) mais il me semble que derrière la façade de cette structure récurrente, Maurizio de Giovanni donne de l'ampleur à son propos. le « Fatto », ce don qui est aussi malédiction que possède Ricciardi de voir les derniers moments des morts prend une place de plus en plus importante, moins d'ailleurs dans la résolution des enquêtes que dans la manière dont il permet d'appréhender la psyché du personnage principal et la violence ou la fatalité du quotidien napolitain. de la même manière ainsi que je l'ai déjà dit plus haut, le tableau de cette Naples des années 1930 ne cesse de se dévoiler à chaque fois un peu plus, révélant un peu plus brutalement la tension des relations sociales et la manière dont le fascisme s'insinue partout dans le quotidien.
Bref, voilà encore un très bon livre qui, derrières ses atours de simple roman d'enquête, brosse un tableau tout en finesse et en profondeur d'une ville et d'une époque.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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BMR
  23 septembre 2015
À Naples sous le fascisme des années 30, les saisons se suivent et ne se ressemblent pas : après un délicat hiver et un savoureux printemps, L'été du commissaire Ricciardi s'avère une saison bien ennuyeuse.
Ou plutôt non : les saisons se suivent et se ressemblent. Trop, beaucoup trop.
On retrouvait pourtant avec envie le flic récurrent de Maurizio di Giovanni, le flic qui a le don de “voir” les derniers instants vécus par ceux qui ont été emportés par une mort violente. À chacun de ces flashs, il partage la souffrance de ceux qui passent ainsi de vie à trépas (et recueille leurs obscurs propos parfois fort utiles à l'enquête). Malheureusement, cela ne surprend plus et il ne nous est rien proposé de nouveau pour exploiter ce filon, une bonne idée au départ, un vieux truc ressassé avec ce troisième épisode.
[...] Donc, Ricciardi Luigi Alfredo, commissaire à la brigade mobile depuis presque trois ans. Né à Fortino, province de Salerne, il y a trente et un ans. Orphelin de père et de mère. Vous êtes un étrange sujet, vous savez ? Riche à millions, des hectares et des hectares de terres en métayage, un paquet de rentes. Et pourtant vous travaillez pour trois lires et vous ne vous foulez même pas pour faire carrière. Un homme intéressant, je dirais.
Notre commissaire est toujours aussi asocial et toujours aussi vieux garçon : là encore, ses affres romantiques et platoniques avec la voisine d'en face à sa fenêtre commencent, elles aussi, à nous porter sur le système.
Bref, en dépit de la chaleur de cet été, la coupe de glace est pleine et on est franchement déçu que de Giovanni nous resserve le même plat sans même changer ni l'eau de cuisson des pâtes, ni la sauce napolitaine qui les accompagnent.
Franchement cette fois-ci, avec le retour de la belle Livia et les histoires de couple de son adjoint Maione, ça tourne même au vaudeville policier.
C'est d'autant plus rageant que dans la dernière partie du bouquin, lorsque les ombres se dessinent enfin derrière les principaux suspects, lorsque Ricciardi se rend au bureau du parti fasciste, on voit bien à quel beau polar on a échappé ...
Par fidélité à l'ami Ricciardi et par reconnaissance envers cet auteur qui nous avait donné précédemment deux beaux coups de coeur, oui, on ira bien à Naples en automne d'ici quelques temps, le bouquin est déjà dans la pile. Mais c'est bien parce que c'est lui.
Et en espérant bien que cette dernière saison nous réconcilie avec la série.
Alors pour ceux qui ne connaîtraient pas encore (honte à eusses !) : précipitez-vous sans plus attendre sur les deux premières saisons (dans l'ordre : l'hiver puis le le printemps) et pour les bienheureux qui connaissent déjà, allez donc en vacances ailleurs pour cet été !
Pour celles et ceux qui aiment les glaces napolitaines.
Lien : http://bmr-mam.blogspot.fr/
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simonjean
  06 décembre 2017
Pour la troisième fois , Maurizio de Giovanni nous entraîne avec son Commissaire Ricciardi dans les rues de Naples , à l' époque du fascisme . Cette fois , c'est une duchesse qui est assassinée . L'enquête va se dérouler dans des rues plus aristocratiques que dans l'enquête du printemps . le Commissaire Ricciardi a toujours des visions ( il voit et entend les derniers instants des victimes de mort violente ) et son adjoint Maione entame un régime ! Dans cette histoire , le cadre historique ( le Duce et ses Faisceaux ) a un peu plus d'importance et y joue un rôle . L'auteur sonde l'âme humaine et décrit toujours aussi bien les tourments , motivations , frustrations et sentiments de tous les personnages . A la toute fin , on découvre que l'assassin n' est pas celui qu'on croit et on se demande si Ricciardi va enfin faire le premier pas pour se déclarer auprès de sa charmante et troublante voisine, Enrica ( qui en pince aussi pour lui ... ) . Même si l'histoire est un peu moins prenante que celle du " Printemps" , j'ai passé un très bon moment à lire ce 3e opus . Bientôt , j'entame "L'automne "....
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jfponge
  20 août 2017
Dans ce troisième opus des "Saisons" du commissaire Ricciardi, une lueur se distingue enfin au fond de sa solitude amoureuse ; déclarera-t-il enfin sa flamme à la tendre et douce Enrica ? Heureusement, sa tante et logeuse veille au grain et va tenter de faire bascule le destin en faveur des deux timides tourtereaux. Mais tel n'est pas le sujet principal de ce polar napolitain, comme on s'n doute. Il s'agit cette fois-ci de rechercher l'assassin de la duchesse de Camparino, tuée d'une balle en plein milieu de son sublime visage de madone. Drôle de famille, ces Musso de Camparino, avec un mari grabataire, un fils d'un premier mariage ne s'intéressant qu'à ses orchidées de collection, et une jeune épouse ne pensant qu'à plaire aux hommes. Drôle d'époque aussi, où le fascisme triomphant ferme les bouches et contraint sans cesse au mensonge. Une enquête difficile, donc, où notre cher commissaire va devoir développer tout l'éventail de ses talents, aidé par sa célèbre intuition et ses visions de "la chose". Un polar tout en finesse, sachant ménager les surprises, mêlant une intrigue complexe à une reconstitution minutieuse de la Naples des années 1930. Il est souvent difficile de s'expliquer pourquoi on a un coup de coeur pour tel ou tel auteur. le sujet ? le récit ? L'écriture ? Ici les trois semblent réunis pour faire de la lecture un instant magique, et pourtant il semble qu'il y ait bien plus encore…
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
BMRBMR   23 septembre 2015
[...] Quand elle s'asseyait pour broder à la fenêtre de la cuisine, elle lui faisait un petit signe de la mai. Cela pouvait paraître peu de chose, mais pour elle c'était énorme.
[...] Pourquoi, sinon, se trouverait-il chaque soir entre neuf heures et neuf heures et demie à sa fenêtre pour la regarder broder ? Ce n'était qu'une question de temps. Or Enrica Colombo avait un caractère tranquille et déterminé. Et elle savait attendre.
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BMRBMR   23 septembre 2015
Portrait du commissaire Ricciardi brossé par un fasciste :

[...] Donc, Ricciardi Luigi Alfredo, commissaire à la brigade mobile depuis presque trois ans. Né à Fortino, province de Salerne, il y a trente et un ans. Orphelin de père et de mère. Vous êtes un étrange sujet, vous savez ? Riche à millions, des hectares et des hectares de terres en métayage, un paquet de rentes. Et pourtant vous travaillez pour trois lires et vous ne vous foulez même pas pour faire carrière. Un homme intéressant, je dirais.
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AmbagesAmbages   09 juillet 2017
Plus elle constatait combien il était difficile d'entrer en syntonie avec cet homme mystérieux, plus elle se sentait attirée par lui.
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BMRBMR   23 septembre 2015
[...] La demoiselle Colombo avait vu Ricciardi avec une dame. Une dame décrite comme vulgaire et un peu âgée, vêtue de manière voyante et presque excentrique : en traduisant le jargon des coiffeuses et des jeunes amoureuses Rosa avait compris qu'il s'agissait d'une dame, belle et courtisée, richement vêtue et très élégante.
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AmbagesAmbages   08 juillet 2017
Une relation sans avenir, mais avec un présent peut-être.
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