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EAN : 9782743622558
267 pages
Éditeur : Payot et Rivages (24/08/2011)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 83 notes)
Résumé :
Nous sommes à Naples en 1931. En cette fin du mois de mars, un vent glacial souffle sur la ville et une nouvelle choquante frappe les esprits : le grand ténor Arnaldo Vezzi, voix sublime, artiste de renommée mondiale, et ami du Duce a été retrouvé sans vie dans sa loge du Théâtre royal San Carlo, juste avant le début d’une représentation du Paillasse de Leoncavallo. Sa gorge a été tranchée avec un fragment acéré de son miroir qui a volé en éclats.

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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  13 octobre 2019
Naples, mars 1931, an 9 du fascisme italien. Un vent glacial souffle sur la ville, dernière offensive de l'hiver avant la douceur du printemps. Loin de ces considérations météorologiques, le théâtre San Carlo est en effervescence. le célèbrissime ténor Arnaldo Vezzi est dans les murs pour y jouer deux pièces. Adulé des foules et grand ami de Mussolini, l'homme est moins apprécié de ses collègues qui lui reprochent ses caprices et son arrogance. Aussi, les suspects sont-ils nombreux lorsque le chanteur est retrouvé assassiné dans sa loge. En charge de l'enquête, le commissaire Luigi Alfredo Ricciardi découvre le ténor baignant dans son sang, la gorge tranchée par un éclat de miroir, les murs rouges d'éclaboussures et le manteau et l'écharpe de l'artiste curieusement immaculés. Une larme coule sur sa joue et de sa bouche sort un air de Cavalleria rusticana. Mais cela, seul Ricciardi peut le voir et l'entendre. Depuis sa tendre enfance, le commissaire voit les morts. Un don, mais aussi un poids, qui l'a rendu triste, solitaire et a fait de cet aristocrate un policier doué mais trop étrange pour être aimé de ses collaborateurs.
Malgré le froid et la mort du ténor, Maurizio de Giovanni nous convie à une belle promenade dans la ville de Naples. On parcourt avec son commissaire les rues populaires comme les quartiers résidentiels, on déguste une sfogliatella chez Gambrinus, on entre dans les coulisses du magnifique théâtre San Carlo. Mais la balade est loin d'être bucolique. Au vent glacial s'ajoutent l'ambiance maussade induite par le fascisme et les morts que voit Ricciardi. Un policier taciturne mais attachant. Si ses supérieurs ne l'apprécient pas, il peut compter sur la vieille Rosa pour s'occuper de lui à la maison et sur son adjoint Maione qui l'accompagne dans son travail. Sans cesse confronté à la souffrance et aux morts violentes, Ricciardi se console aussi en observant Enrica, sa jeune voisine, dont la vue lui apporte paix et sérénité.
Quant Vezzi, l'ami personnel du Duce, il s'avère extrêmement antipathique malgré sa voix enchanteresse. Seul le monde lyrique pleure sa disparition, son entourage étant unanime pour dénoncer son comportement déplorable envers les femmes, le personnel et les membres de la troupe. Pour enquêter au théâtre, le commissaire demande de l'aide à un passionné d'opéra qui lui dévoile les secrets de ce monde qu'il ne connaît pas.
Un whodunit classique a priori mais qui dégage un charme particulier, sans doute grâce à la personnalité de Ricciardi et à la belle ville de Naples. Premier tome d'une série, cet hiver se prolonge au printemps et on a hâte de retrouver l'univers créé par Maurizio de Giovanni.
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Walktapus
  10 janvier 2016
Je crois que j'ai compris pourquoi les polars me mettent mal à l'aise, du moins les "mystery novels" basés sur un crime à résoudre. Je pense qu'un bon polar est une oeuvre de prestidigitation montée comme un mécanisme d'horlogerie, qui doit tourner de manière implacable et manipuler le lecteur de manière invisible jusqu'au déclic final.
En parallèle, ils nous donnent souvent à contempler une réalité sociale, un milieu particulier, etc. Or comment ne pas être étreint par l'horrible soupçon que l'auteur ne nous manipule pas autant côté face que côté pile ? Peut-on être sincère tout en manipulant ?
Bref les polars me rappellent cruellement que la littérature, c'est de la littérature. C'est sans doute pour ça que je leur en veux.
Ca ne m'a pas empêché de beaucoup apprécier cette première enquête du professeur Ricciardi. Côté pile, un crime survenant dans un théâtre lyrique, le soir d'une représentation de Cavalleria Rusticana et de Paillasse, et qui mêle adroitement l'enquête au milieu du théâtre et à l'intrigue des oeuvres. Si le commissaire Ricciardi n'aime pas l'opéra, ça ne doit certainement pas être le cas de de Giovanni.
Côté face, un portrait pittoresque et acéré de Naples en 1931 : l'opposition entre deux mondes sociaux, l'hypocrisie du fascisme, la flagornerie et le mépris qui accompagnent les relations de pouvoir, et la misère, la faim, le crime, mais aussi le code d'honneur des pauvres.
Entre les deux, de très beaux portraits, dont un commissaire Ricciardi fascinant, doué d'un talent très particulier, obstiné mais écrasé par la misère du monde. J'ai envie de lire la suite pour savoir s'il va oser franchir la rue.
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mariecesttout
  19 avril 2014
C'est encore l'hiver en cette fin mars à Naples, "et l'enfant mort se tenait debout , immobile, au carrefour entre Santa Teresa et le musée. Il regardait les deux garçons qui, assis par terre, faisaient le tour d'Italie avec des billes. Il les regardait et répétait: «  Je descends? Je peux descendre? »"
Ce sont les premières phrases de ce roman, et d'emblée, on est saisi.
L'enfant mort ne parle plus, , mais Luigi Alfredo Ricciardi a, depuis l'enfance, un don qui est pour lui une malédiction et le plonge dans une douleur constante. Il "voit " où qu'il soit, les derniers instants de ceux qui ont eu une mort violente. Pour rendre la justice à certains de ces morts, assassinés, après des études de droit, il est rentré dans la police .

Nous sommes en 1931, l'ère fasciste a 9 ans. Dans son bureau, deux portraits, obligatoires, le roi Victor- Emmanuel III et Benito:
"Qu'ils sont beaux, ironisa en lui-même Ricciardi , avec un demi-sourire. le petit roi sans forces, le grand commandant sans faiblesses. Les deux hommes qui avaient décidé d'éliminer le crime par décret. Il se souvenait toujours des paroles du directeur de la police, un lèche-cul tiré à quatre épingles, qui avait fait de la complaisance absolue envers les puissants le but de son existence: les suicides n'existent pas, les homicides n'existent pas, les vols et les blessures n'existent pas, à moinsqu'ils ne soint inévitables ou nécessaires. Ne rien dire au monde, ne rien dire surtout à la presse: la ville fasciste est propre et saine, elle ne connait pas d'horreurs."
Mais, hélas pour cette vision de l'ordre, il va être difficile de décréter que le célèbre ténor Arnaldo Vezzi , un ami du Duce, s'est malencontreusement tranché la carotide en se rasant dans sa loge, avant d'aller interpréter le personnage de Canio dans l'opéra Paillasse sur la scène du théâtre royal San Carlo..
Lors de sa première vision du cadavre, Ricciardi fait certains constats , de vraies larmes ont coulé sur ses joues maquillées, il y a du sang partout sauf sur un manteau et un coussin. Et.. grâce à son don particulier de vision des derniers instants de la victime, , le commissaire Ricciardi entend chanter «  Io sangsue voglio , all'ira m'abbandono, in odio tutti l'amor moi fini."
Le traducteur précise en note que c'est extrait de Cavalleria rusticana , l'air d'Alfio. Donné en première partie du spectacle, avant Paillasse. C'est le ténor lui-même qui avait décidé de cela..
Alors qui a tué Arnaldo Vezzi? Roman policier classique, quand et où on sait, il nous reste qui , comment et pourquoi . La succession des interrogatoires va très vite montrer que la mort de cet homme est peut être une vraie perte pour l'art lyrique, mais pour le genre humain, pas vraiment! Tout le monde se rejoint sur ce point.. En tout cas, pour moi, suspense jusqu'au bout, l'histoire policière est bien menée.
Mais plus que cet aspect , c'est le contexte historique qui est intéressant, tous les détails sur ces opéras ( Ricciardi qui n'aime pas l'opéra se fait aider par un vicaire , grand connaisseur et très sympathique personnage) , des costumes aux textes eux-mêmes.
Et puis, surtout, les personnages, et essentiellement bien sûr ce Ricciardi solitaire, qui porte la souffrance des autres, sur lequel veille quand même Rosa placée très jeune dans sa famille, ce rebelle aux menaces de la hiérarchie, celui qui ne retrouve un peu de calme qu'en regardant le soir par la fenêtre la jeune fille d'en face , Enrica. Ce qu'il ne sait pas par contre, c'est que…
C'est que vivement qu'arrivent le printemps et l'été du Commissaire Ricciardi!
Merci à MaitéBsAs qui m'a intriguée avec son commentaire et m'a permis de découvrir cet auteur italien.
Lien : http://www.youtube.com/watch..
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adtraviata
  17 juin 2019
Le cadre : la ville de Naples en 1931. Naples, ville divisée entre quartiers aisés et quartiers populaires, pauvres, très pauvres, dont le enfants jouent pieds nus dans le caniveau avec un ballon de chiffons en plein hiver. 1931, l'an 9 du fascisme en Italie.
Une enquête dans le milieu de l'opéra, au théâtre San Carlo où l'on joue successivement Cavalleria rusticana et Paillasse, deux oeuvres assez courtes où la jalousie mord le coeur des personnages et où la réalité se confond avec la fiction. Vous comprendrez tout de cet univers grâce à Dom Pierino. La victime, le ténor Arnaldo Vezzi, à la voix d'or et au caractère de cochon, tout le monde ou presque aurait aimé la voir morte.
Et puis surtout le personnage principal, l'enquêteur, le commissaire Ricciardi, entouré de fantômes, hypersensible aux derniers instants des victimes de mort violente qui le hantent jusqu'à ce qu'il ait résolu l'énigme, n'a trouvé d'autre moyen de calmer un peu ses voix que d'entrer dans la police alors qu'il pourrait mener une existence dorée. Il promène ses yeux verts et sa mélancolie dans tous les quartiers de Naples en compagnie de son fidèle brigadier Maione, le seul qui ose travailler avec lui. Et bien sûr, en ces temps troublés, Ricciardi ne se laisse influencer par personne, ignore les menaces voilées liées au pouvoir, il reste honnête et humain de bout en bout. Il y a bien un petit « défaut » dans la cuirasse du solitaire : une fenêtre ouverte sur la nuit et sur une petite main gauche qui brode en face de chez lui.
Le premier tome de cette série est déjà un grand coup de coeur, surtout pour le commissaire Ricciardi, et je la continuerais rien que pour savoir si un jour il va traverser la rue, mais je suis curieuse aussi de continuer à découvrir Naples avec lui et surtout observer l'évolution de l'époque qui, je l'imagine, ne risque pas de s'améliorer.
A très bientôt, Commissaire Ricciardi !
Lien : https://desmotsetdesnotes.wo..
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krzysvanco
  19 décembre 2017
Avis mitigé sur ce livre, contrairement aux critiques déjà publiées ici...
J'en ai certes apprécié l'ambiance, la description du monde de l'opéra, l'analyse des deux opeéras eux-mêmes (Cavalleria rusticana et Pagliacci), Naples et ses deux mondes distincts (les riches et les pauvres), Naples sous le fascisme enfin.
J'ai aimé certains personnages, principalement celui du prêtre, Don Pierino Fava, mais également celui de l'adjoint du commissaire, Maione, et celui de la veuve, Livia Vezzi.
Le roman se lit facilement.
Pourquoi alors ces réticences ?
Elles ne sont pas dues au personnages de l'illustre ténor assassiné, Arnaldo Vezzi, que tous ceux qui l'ont côtoyé détestent mais au protagoniste principal, le commissaire Ricciardi.
J'avoue avoir du mal à imaginer un homme pareil qui sent la douleur des victimes assassinées et qui contemple de sa fenêtre une femme dans l'immeuble d'en face, en est amoureux sans oser jamais lui parler.
Je suis trop cartésien sans doute...
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critiques presse (1)
Lexpress   27 juillet 2020
Ceux qui sont déjà allés à Naples reconnaîtront, sous la plume de Maurizio De Giovanni, ce qui en fait le charme vénéneux. La Via Toledo qui la traverse de part en part, le café Gambrinus, la belle Ischia au loin, la chartreuse San Martino sur les hauteurs, l'ambiance du lungomare (le bord de mer) le dimanche après-midi quand la moitié de la ville y déambule.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
WalktapusWalktapus   10 janvier 2016
(l'opéra)
Il y avait la lumière, la chaleur, et même la musique. Moi, la musique, je ne l'avais jamais entendue, commissaire. Un peu de piano à la radio, l'été, par les portes-fenêtres. Mais cette musique-là, jamais. Elle te prend le coeur, elle te fait te sentir vivante. Et puis, ils riaient, ils dansaient. Et en plus ils me payaient pour vivre au milieu de cette fête ! Moi, la veille encore, je me disputais les ordures avec les rats et les chiens !
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santorinsantorin   16 juin 2018
La vérité n'est pas toujours celle qu'on l'imagine. Et même, elle ne l'est presque jamais. Elle est un peu comme la lumière étrange de ces lampadaires, tu vois, Livia ; elle éclaire un coup à droite, un coup à gauche. Jamais tout ensemble. Alors on doit deviner ce qu'on ne voit pas. On doit le deviner à une parole dite ou non dite, à une trace, à une empreinte. A un signe minuscule, parfois.
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WalktapusWalktapus   07 janvier 2016
« L'enfant mort se tenait debout, immobile, au carrefour entre Santa Teresa et le musée. Il regardait les deux garçons qui, assis par terre, faisaient le tour d'Italie avec des billes. Il les regardait et répétait : Je descends ? Je peux descendre ? »
(incipit)
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santorinsantorin   12 juin 2018
Ses pensées n'allèrent pas à Arnaldo, il lui semblait ne l'avoir jamais connu. Au travers de la fumée de sa cigarette, elle revit deux yeux verts, fébriles. La fierté, le désespoir étaient inscrits dans ces yeux, la solitude et le besoin d'amour imprimés au fond du cœur. ainsi que la douleur, une immense douleur. Pourquoi ne m'as tu pas laissé l'apaiser ? En aspirant une dernière bouffée, elle regarda à nouveau la mer déchaînée. A travers l'écume qui éclaboussait la rue, elle vit une silhouette se déplacer face au vent. Elle la reconnut. Et son cœur se mit à battre la chamade.
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santorinsantorin   12 juin 2018
A l'hôpital dans la chambre mortuaire, ils trouvèrent le docteur Modo en blouse blanche. Le médecin resta visiblement frappé par la beauté sculpturale de Livia, à qui il présenta ses condoléances.
"Merci docteur. J'aimerais pouvoir vous dire que j'éprouve une inconsolable douleur. Mais je n'éprouve qu'un sourd regret ; de la mélancolie. Peut-être la nostalgie d'un temps révolu. Mais aucune douleur.
- Je suis désolé, madame. Tout à fait désolé. Il n'y a rien de plus triste que de partir sans causer de douleur."
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