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ISBN : 2253032441
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 41 notes)
Résumé :
Un ouvrage qui révolutionne les sciences humaines.
Parallèlement à une analyse approfondie des mécanismes qui règlent la vie des sociétés, René Girard développe et commente magistralement ce qu'il estime être l'antidote contre la violence : la parole biblique.
Une lecture et une réflexion stimulantes des grands mystères de notre monde. Le système Girard ne laissera personne indifférent.

4ème de couverture de l’édition originale
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
NMTB
  26 août 2015
Ce livre rassemble une série d’entretiens de René Girard avec deux psychiatres. Cette forme de conversation rend la lecture plutôt agréable, et elle permet de prendre connaissance de l’ensemble de la théorie de René Girard, telle qu’il a pu la développer jusqu’en 1978.
La théorie est la suivante : Tout le monde admet que l’imitation est primordiale dans le développement de l’homme (et d’autres animaux d’ailleurs), c’est d’abord en imitant que l’homme apprend (le babillage n’est que l’imitation du langage structuré). Jusqu’ici tout va bien. Mais pour René Girard, il y a dans ce système d’imitation, la mimésis, une imitation particulière qui commence à poser problème parce qu’elle est source de conflit, c’est la mimésis d’appropriation. Pour bien comprendre le problème, il faut imaginer le phénomène très simple d’un individu tendant le bras vers un objet et d’un autre individu imitant son geste vers le même objet. C’est là que le conflit intervient, pour l’appropriation de cet objet, et ce simple phénomène peut engendrer une série de conséquences dramatiques dans une communauté. Cette théorie, se voulant une théorie de la religion et de la culture, comporte une deuxième phase que René Girard nomme la mimésis d’antagonisme, où le conflit s’exacerbe alors que l’objet à la source du conflit est oublié.
Dans la première partie du livre, en s’inscrivant dans une perspective anthropologique et ethnologique (tout en se distinguant du structuralisme de Lévi-Strauss), René Girard soumet l’hypothèse que la religion, et tout d’abord les rites primitifs, trouvent leur source dans ce conflit et sa résolution. La résolution d’un tel conflit, aux antagonismes violents mais sans plus d’objet, devenu en quelque sorte incompréhensible et impossible à résoudre, passe par le sacrifice d’une victime émissaire. On désigne arbitrairement un coupable à cette crise et on le sacrifie, ainsi toute la violence des antagonistes se reporte et s’assouvie sur la victime émissaire et la paix est rétablie au sein de la communauté. Cette victime, en même temps accusée d’être la cause de la crise et de l’avoir résolue par son sacrifice, est ensuite divinisée dans les rites, qui seraient des mises en scène pour reproduire l’ensemble de la crise mimétique, sorte de ressouvenir et de conjuration. Ainsi, toutes les religions et même toute la culture humaine auraient pour fondement la violence.
Mais le christianisme aurait une particularité. Et c’est ce qu’essaye de démontrer René Girard à travers son interprétation des textes bibliques dans la deuxième partie. Pour résumer grossièrement, René Girard propose de ne pas voir la passion du christ comme un sacrifice mais comme la monstration du mécanisme décrit plus haut. C’est la grande révélation : toutes les religions, toute la culture humaine, est un déni de la violence des hommes, de sa propre violence, et le christ montre la seule voie qui permet d’échapper à ce mécanisme, la non-violence.
Dans la troisième et dernière partie, René Girard revient rapidement sur la mimésis d’appropriation pour souligner l’importance que joue le désir. Il est donc plus précisément question de psychologie individuelle et Girard laisse davantage la parole à ses deux interlocuteurs (particulièrement Jean-Michel Oughourlian), qui expliquent l’importance que pourrait revêtir une telle théorie dans le cadre de la psychiatrie. Tout cela aboutissant sur une remise en cause de l’Œdipe freudien.
Difficile de critiquer un texte qui passe beaucoup de temps à répondre aux critiques et mêmes aux éventuelles critiques. Difficile, aussi, d’être relativiste face à la pensée de René Girard, quand lui-même prend pour cible le relativisme moderne. Mais tant pis, je le trouve intéressant et abusif, rigide et riche de réflexions, et finalement je ne le trouve pas plus convaincant que Freud. Tout ça me parait un peu forcé.
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Henri-l-oiseleur
  28 novembre 2015
René Girard, récemment disparu, a créé une doctrine philosophique originale fondée sur l'observation dans les textes littéraires, du désir mimétique : l'objet qu'un homme désire sera désiré par un autre, non pour ses qualités, mais parce qu'il est désiré par un autre. La concurrence ainsi générée produit à la fin une extrême violence qui se résout en l'assassinat rituel d'un bouc émissaire qui porte sur lui les péchés de la collectivité. A partir de là, Girard élabore non seulement une théorie de la société, mais aussi une théologie et une apologétique, puisque pour lui, cette logique infernale du désir et du meurtre est dévoilée par la crucifixion du Christ, qui désamorce à jamais cet enchaînement. On lira avec intérêt l'ouvrage qui expose ces vues, mais il est recommandé de s'abstenir de lire certains autres, où l'auteur s'efforce de retrouver dans les textes anciens (comme le livre de Job) des traces et des preuves de sa théorie : il force et sollicite les textes, et n'est plus du tout convainquant. Sa première étude de documents littéraires (Mensonge romantique et vérité romanesque) sera plus intéressante.
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Snarkk
  24 août 2014
Le genre d'essai qui vous met une véritable claque, pour peu que l'on accepte de faire table rase d'un certain nombre de nos préjugés et que l'on ai l'esprit assez alerte pour saisir au vol la puissance de la pensée de René Girard.

Je ne ferai pas ici un commentaire ou une analyse de sa théorie, car le format de la critique ne s'y prête pas. Je ne ferai qu'en donner les grands axes, à savoir que le désir, le mimétisme et les rivalités qui dérivent d'un acte violent "originel" sont la base même de la culture de notre société. S'ensuit ensuite une "étude de cas" déroutante puisqu'elle s'articule autour de la lecture judéo-chrétienne, thème trop peu souvent utilisé et rejeté d'emblée par toutes les bonnes âmes pétries de bonnes intentions, à défaut d'esprit critique.

La dernière partie de l'essai s'oriente sur un aspect plus purement psychanalytique, faisant ainsi perdre de sa substance à l'ouvrage pour le lecteur ou la lectrice non initié-e. Néanmoins, ce n'est pas suffisant pour occulter toute la puissance de la logique de René Girard. Une théorie qui vaut son pesant de cacahouètes et vous fera reconsidérer ou voir sous un autre angle un certain nombre de choses...
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Roicarotte
  15 septembre 2018
L'homme est une espèce imitative. Il n'acquière rien sinon par l'imitation. Et son désir n'est pas autonome. Il a besoin d'un médiateur pour lui designer l'objet a désirer. Et ce qu'il désir n'est pas l'objet mais être l'être qui possède cet objet.
Pour comprendre l'hypothèse de René Girard, il suffit, au contraire des sectes imbéciles freudiennes ou autres, de mettre son histoire de vie à son épreuve.
Et pour ce qui est du concept de bouc-émissaire, chacun en occident est en mesure de le reconnaître et de le défendre.
Les mandarins satisfaits de l'université française n'aimèrent jamais René Girard. Ils se pâmèrent pour Lacan, Foucault ou d'autres imposteurs, comme aujourd'hui ils se pâment pour l'indigénisme ou la théorie du genre. Nier le monde c'est rigolo, sauf quand ce sont mes impôts qui payent.
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Anabase
  04 août 2013
l'écriture judéo-chrétienne, la psychologie, le roman relus au travers de la théorie du mimétisme prennent une nouvelle dimension, et se mettent à parler de la victime émissaire. Sa lecture est indispensable pour négocier le virage en train de s'accomplir dans les sciences humaines, le monde n'est plus pareil après lui !
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
NMTBNMTB   26 août 2015
On ne se défait d’un puritanisme, dans le monde moderne, que pour tomber dans un autre. Ce n’est plus de la sexualité qu’on veut priver les hommes, mais de quelque chose dont ils ont plus besoin encore, le sens. L’homme ne vit pas seulement de pain et de sexualité. La pensée actuelle, c’est la castration suprême, puisque c’est la castration du signifié. Tout le monde est là à surveiller son voisin pour le surprendre en flagrant délit de croyance en quoi que ce soit ; nous n’avons lutté contre les puritanismes de nos pères que pour tomber dans un puritanisme bien pire que le leur, le puritanisme de la signification qui tue tout ce qu’il touche autour de lui ; il dessèche tous les textes, il répand partout l’ennui le plus morne au sein même de l’inouï. Derrière son apparence faussement sereine et désinvolte, c’est le désert qu’il propage autour de lui.
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NMTBNMTB   26 août 2015
Quand les hommes parlent des moyens nouveaux de destruction, ils disent « la bombe » comme s’il n’y en avait qu’une et qu’elle appartenait à tout le monde et à personne, ou plutôt comme si le monde entier lui appartenait. Et elle apparaît en effet comme la Reine de ce monde. Elle trône au-dessus d’une foule immense de prêtres et de fidèles qui n’existent, semble-t-il, que pour la servir. Les uns enfouissent dans la terre les œufs empoisonnés de l’idole, les autres les déposent au fond des mers, d’autres encore en parsèment les cieux, faisant circuler sans fin les étoiles de la mort au-dessus de l’inlassable fourmilière. Il n’est pas la moindre parcelle d’une nature nettoyée par la science de toutes les antiques projections surnaturelles qui ne soit réinvestie par la vérité de la violence. De cette puissance de destruction, on ne peut pas ignorer, cette fois, qu’elle est purement humaine, mais, sous certains rapports, elle fonctionne de façon analogue au sacré.
Les hommes ont toujours trouvé la paix à l’ombre de leur idoles, c’est-à-dire de leur propre violence sacralisée, et c’est à l’abri de la violence la plus extrême, aujourd’hui encore, qu’ils cherchent cette paix. Dans un monde toujours plus désacralisé, seule la menace permanente d’une destruction totale et immédiate empêche les hommes de s’entre-détruire. C’est toujours la violence, en somme, qui empêche la violence de se déchaîner.
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AunryzAunryz   25 novembre 2015
Il s'agit de mourir parce que continuer à vivre signifierait la soumission à la violence.


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NMTBNMTB   26 août 2015
Etre fils de Satan, c’est hériter du mensonge. Quel mensonge ? Le mensonge de l’homicide lui-même. Le mensonge est doublement homicide puisque c’est toujours à nouveau sur l’homicide qu’il débouche pour dissimuler l’homicide. Etre fils de Satan, c’est la même chose qu’être le fils de ceux qui ont tué leurs prophètes depuis la fondation du monde.
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DanieljeanDanieljean   31 mars 2018
En traitant des manuels de succès érotique : « Ces manuels en savent beaucoup plus que Freud sur le jeu du désir, non parce qu’ils sont écris par des auteurs plus intelligents que lui, mais parce que les choses, depuis Freud, ont évolué dans le sens d’un mimétisme toujours plus déchaîné, toujours plus visible, et c’est là ce qui leur confère leur caractère purement immonde : la dissimulation stratégique est elle-même vulgarisée. »
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Videos de René Girard (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de René Girard
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=58265
L'ALTER DE MON EGO
Empathie, mimétisme et éducation
Joël HILLION
Professeur d'anglais pendant 40 ans, l'auteur a pratiqué ce qu'il appelle la pédagogie du lien. Sous l'influence de René Girard, d'Antonio Damasio, et plus récemment des découvertes de neurones miroirs, il a appliqué une pédagogie originale où l'empathie tient une place centrale. L'apprentissage s'appuyant sur un mécanisme mimétique l'auteur donne des pistes pour valoriser l'imitation et tirer profit de l'empathie spontanée dans un cadre scolaire.
Joël Hillion a enseigné en lycée et classes préparatoires. Il est l'auteur de plusieurs essais sur l'éducation. Il est également traducteur des Sonnets de Shakespeare et de plusieurs essais à son sujet.
Broché - format : 13,5 x 21,5 cm ISBN : 978-2-343-13623-3 ? 1 décembre 2017 ? 160 pages
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>Religion>Religions : généralités>Philosophie et théorie du christianisme (52)
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