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Critique de Alzie


Alzie
  18 février 2014
Collection mémoire de l'art, éditions Assouline

Rien de tel que d'ouvrir un livre sur Matisse pour conjurer la grisaille. Et pourtant c'est sur "la tempête à Nice", que je tombe en le reprenant. C'est lors d'un second séjour à Nice, de novembre 1918 à 1921, que Matisse, installé à l'hôtel Méditerranée et de la Côte d'Azur, peint cette tempête que l'éditeur a inséré en double page au 2/3 du livre. On retrouve le soleil et la lumière de part et d'autre. Matisse a voyagé autour de la Méditerranée avant 1917 (Collioure, Tanger, l'Espagne, Marseille) mais c'est à la fin de cette année là et jusqu'à sa mort en 1954 qu'il choisit Nice pour des séjours qui seront parfois de longue durée. C'est une approche très synthétique de cette période que propose Xavier Girard avec ce livre au format attractif, ni trop grand, ni trop épais, dont les pages ne demandent qu'à se laisser tourner et à être contemplées.

Au gré des séjours niçois, on retient qu'à peine installé à l'hôtel Beau-Rivage fin 1917, il rend visite à Renoir dont il nous dit que la peinture peuplée de nymphes "nous sauve de l'abstraction pure, de ce qu'elle a de desséchant ». de grandes natures mortes restent de cette époque.

La période que l'on désigne généralement comme "la période de Nice" s'étend de 1921 à 1930. Il a choisi d'habiter alors 1, place Charles Félix (il y demeurera en alternance avec Paris jusqu'en 1938). Il réalise à ce moment là un premier cycle de peintures d'intimité (lié à la présence d'Henriette Darricarrère, son modèle entre 1920 et 1927) : le temps des odalisques. Au milieu du livre, on peut admirer sur deux pages, "L'odalisque au coffret rouge" (1926).

Des voyages viennent ponctuer les séjours niçois : Tahiti (2 mois en 1930) lui permet de se détacher de ses rêveries décoratives dont il tentait de se défaire depuis 1928. En 1930 également, Matisse commence à travailler pour Barnes et sa célèbre fondation de Merion près de Philadelphie. Plusieurs voyages aux Etats-Unis seront nécessaires pour finaliser ce projet de décoration monumentale, ayant pour thème la danse, et pour lequel il loue même un garage 8, rue Désiré-Niel, recréant les conditions exactes de l'endroit où cette composition immense prendra place. Trois ans de travail seront nécessaires pour cette oeuvre (nombreux dessins et études conservés au musée Matisse de Nice) :

Danse inachevée 1931, Danse de Paris 1931-1933, Danse de Merion 1932-1933.

[...] "Un jour la peinture de chevalet n'existera plus à cause des moeurs qui changent. Il y aura la peinture murale. » C'est Merion qui lui donne cette conviction.

Entre 1935 et 1939, il renoue avec le thème de l'odalisque sur des formats de chevalet. Il approfondit la technique des gouaches découpées et travaille à des projets de tapisserie (1935 à 1943). La photograhie prend alors une place centrale dans le processus de création de son oeuvre.

"Intérieur bleu et jaune" (1946), "Intérieur rouge, nature morte sur table bleue" (1947) sont deux tableaux réalisés à la villa le Rêve à Vence, qui illustrent la dernière grande série de son oeuvre consacrée à des intérieurs vencois. de 1938 à 1954, il réside à l'hôtel Régina sur les hauteurs de Cimiez d'où il va mener à bien le projet de la chapelle de Vence de 1948 à 1951, dessinant directement sur les murs et sur le plafond de sa chambre à l'aide d'un long bambou.

« Privilégier la pureté des moyens » était pour lui une nécessité.

On referme le petit livre jusqu'à un prochain jour de pluie.




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