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EAN : 9782253012498
156 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/1976)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 76 notes)
Résumé :
A la terrasse de Chez Francis, place de l'Alma, quatre louches personnages complotent de mettre la ville en coupe réglée.
Dans un moment, le jeune Pierre doit dynamiter la maison de l'ingénieur qui interdit les forages du sous-sol parisien grâce auxquels ils espèrent appâter les " gogos ". Mais Pierre renonce. C'est son suicide manqué qui apprend à Aurélie, la Folle de Chaillot, sublime clocharde, que le nombre n'est ni si beau ni si pur qu'elle veut bien le ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Sarindar
  21 juillet 2015
Place à l'œuvre de Jean Giraudoux et non au jugement péremptoire et moralisateur. Il s'agit ici non d'un écrit sujet à caution, Pleins Pouvoirs, qui a fait couler beaucoup d'encre et qui n'a pas fini de faire polémique, mais bien d'une pièce de théâtre, la Folle de Chaillot, qui n'est en rien polluée par le discours tenu dans Pleins Pouvoirs : il ne faut pas tout confondre.
La Folle de Chaillot, encore donnée assez régulièrement, est une pièce en deux actes, assez plaisante, bien qu'elle soit un peu datée ( sa création par Louis Jouvet remonte au mois de décembre 1945 alors que l'auteur est mort peu avant la Libération en 1944) et bien qu'elle puisse faire sourire aujourd'hui par la manière dont le sujet est traité, car le sujet est sérieux : il s'agit de rien de moins que de la critique de notre société productiviste et consumériste prête à tout pour exploiter et vendre, y compris en transformant tout le paysage, ici urbain et plus précisément parisien, en allant jusqu'à projeter de forer le sous-sol de la capitale pour en faire jaillir du pétrole ! On voit ici ce qu'il y a d'absurde à présenter le problème sous cette apparence grotesque, d'autant que les personnes qui organisent la lutte contre ces profiteurs ont un léger grain de folie. On n'imagine pas que l'on puisse mettre en de telles mains, les personnages fussent-ils sympathiques et amusants, une affaire aussi sérieuse : le bien-être collectif menacé par des pratiques et des habitudes qui menacent notre qualité de vie et surtout celle des générations à venir en la sacrifiant aux facilités du monde moderne (transports individuels mangeurs d'énergies fossiles polluantes), problématique dont Giraudoux entrevoyait avec lucidité l'importance qu'elle revêtirait plus tard dans notre positionnement par rapport aux questions d'ordre écologique et environnemental. Et derrière la légèreté de surface et la préciosité du langage, il y a bien cette question centrale qui est posée en des termes assez forts et qui devraient faire réfléchir.
On voit bien, cependant, que les moyens dont disposent ceux qui essayent de concilier le progrès humain et la préservation du vivant dans des milieux plus sains sont dérisoires par rapport à ceux dont bénéficient les milieux de la finance et les magnats du pétrole. Lutte du pot de terre contre le pot d'argent, qui durera tant que l'on n'aura pas réduit le pouvoir de ces derniers ou du moins tant qu'ils ne se seront pas très sérieusement assagis.
La phrase la plus emblématique reste : "Ce qu'on fait avec du pétrole. De la guerre. De la misère. De la laideur". Cette phrase peut heurter, et pourtant elle est juste. Que de sang versé pour le contrôle des zones pétrolifères, car des hommes se sont affrontés armes à la main pour cela. Giraudoux pressentait bien qu'il en serait ainsi, le Deuxième Conflit mondial ne le lui montrait déjà que trop. Pour ne pas surdramatiser, il a abordé les choses moitié avec sérieux, moitié avec son humour et sa verve légendaires.
Reste que la pièce commence à vieillir un peu, et le rôle principal, celui d'Aurélie, la folle de Chaillot, a eu beau être tenu successivement par Marguerite Moreno, Edwige Feuillère et plus récemment Anny Duperey, on n'imagine pas l'humanité pouvoir faire le procès de ceux qui ont été les grands profiteurs du désastre écologique qui est en cours. Nos énergies doivent plutôt se mobiliser maintenant pour essayer d'en amoindrir les effets.
Gageons que l'on continuera pendant un temps de lire cette pièce comme un spécimen de littérature d'une époque révolue, pour analyse ou par intérêt personnel, plus qu'on ne la verra mise à nouveau en scène.
François Sarindar
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Louis_LUCAS
  22 octobre 2018
Écrite durant l'occupation par Jean Giraudoux, "La folle de Chaillot" a été jouée pour la première fois le 19 décembre 1945 au Théâtre de l'Athénée dans une mise en scène de Louis Jouvet. L'auteur étant décédé en 1944, il n'a pu assister à la première de sa pièce et il y a fort à parier qu'il n'imaginait pas non plus que son oeuvre traverserait le temps et accueillerait en son sein la dimension prophétique qu'on lui prête aujourd'hui.
"La folle de Chaillot" est une pièce en deux actes porté par le personnage loufoque, imprévisible, mais ô combien charismatique d'Aurélie, comtesse de je-ne-sais-quel comté qui "règne" sur Chaillot comme d'autres règnent sur Passy, Saint-Sulpice ou La Concorde.
De cette rencontre découle un second acte truculent aux dialogues incisifs, aux échanges succulents dans lequel cohabitent allègrement la folie des personnages et leur lucidité sur le monde des affaires, l'argent, le danger du pétrole.

La qualité de la pièce tient également à la diversité des deux actes, aussi différents que complémentaires. Il y a plus de mouvement dans le premier acte, l'attention du lecteur est souvent détourné du sujet principal par des apparitions fugaces. le deuxième acte a, quant à lui, presque des allures de huis-clos et offre un dénouement attendu mais néanmoins surprenant.
"La folle de Chaillot" est de manière générale une pièce qui bouscule, surprend, pousse à la réflexion en tout en étant absurdement drôle. Il me tarde d'ailleurs d'en voir une représentation mais également de la jouer car c'est cette pièce que ma compagnie a décidé d'interpréter l'an prochain.
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AugustineBarthelemy
  07 août 2018
Écrite sous l'Occupation, La Folle de Chaillot, pièce en deux actes, est la dernière pièce de Jean Giraudoux qui ne verra pas sa représentation sur scène. Moins qu'une comédie sociale, c'est une fantaisie naïve et poétique sur le bonheur d'une vie simple et joyeuse, défendue par Aurélie, la Folle de Chaillot, une vision s'opposant à celle des financiers et des spéculateurs, pour qui la recherche du profit prime sur tout le reste.
A la terrasse d'un café, sur une place populaire occupée par des chanteurs, chiffonniers, vendeurs de lacets ou de fleurs, quatre personnages complotent ; leur but : obtenir le droit de prospecter les sous-sols parisien à le recherche de pétrole. Ceux-ci ne sont pas définis par leur nom, mais par leur fonction sociale : le Président, le Baron, le Prospecteur et le Coulissier. Ils ne sont pas individualisés, ils représentent un groupe social sans âme, une masse que l'on devine dangereuse puisqu'ils veulent étendre leur uniformité à l'ensemble de la population : « Quelle est la seule sauvegarde, la seule condition d'un monde vraiment moderne : c'est un type unique de travailleur, le même visage, les mêmes vêtements, les mêmes gestes et paroles pour chaque travailleur. » affirme le Président à ses compagnons acquiesçant béatement.
Le portrait dressé du grand capital est rude : escroquerie, coups-bas, délit d'initiés sont affaires courantes, sinon normales. le spectateur est noyé sous un jargon incompréhensible pour tous ceux qui ne font pas partie de leur monde : « le titre était émis au pair, cent égal cent. Je fixe l'action d'actionnaire à cent dix, taux de l'action d'obligationnaire, ce qui me donne le droit de la revendre à cent douze, de sorte que sa quotation s'établit après flottement provoqué à 91 1/5… Légère rumeur de guerre lancée par mes agents. D'où l'émotion dans la clientèle. D'où rachat par nous. » annonce fièrement le Coulissier au Président qui vient apparemment de faire une bonne affaire, que l'on devine déshonnête. Mais tout ça ne serait rien s'ils ne restaient qu'entre eux. Mais ils ont l'ambition d'entraîner tout le monde dans leur course aux profits, créant des dépendances, privant les gens de liberté. Ainsi, quand la Folle de Chaillot demande au chiffonnier quel est le métier de ses spéculateurs, celui-ci lui répond, dans un avertissement sinistre [...]
Lien : https://enquetelitteraire.wo..
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Laureneb
  10 septembre 2020
Moi qui suis en admiration devant Electre, Ondine, Intermezzo, cette pièce m'a beaucoup moins convaincue. Il y a certes de beaux passages, célébrant la beauté des fleurs contre la pourriture du coeur des hommes d'affaires avides de profit plus que de douceur et de gaieté. Il y a quelques phrases très fortes à la fin quand on connaît le contexte d'écriture - sur les hommes qui sourient à nouveau car c'est l'armistice. Il y a le beau personnage de la Folle de Chaillot, incarnation de son quartier, presque un personnage merveilleux au sens du conte, avec son apparence de bonne fée, de marraine peut-être.
Oui, c'est un conte, les méchants sont punis grâce à un deus ex machina - une trappe qui donne sur les enfers, l'histoire d'amour se termine bien. Malheureusement, les autres personnages - à part les autres "folles" qui lui ressemblent - sont bien falots à côté du personnage-titre, aucun n'a vraiment de psychologie ou même d'intérêt dramatique. L'histoire d'amour entre Pierre et Irma est bien trop rapide. Dommage, moi qui aime tant beaucoup d'héroïnes de Giraudoux.
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helhiv
  22 septembre 2017
Jean Giraudoux a écrit une pièce bouffonne dans laquelle il a perdu un peu de sa poésie et de sa magie du verbe. La Folle de Chaillot ne me semble pas faire partie des meilleures pièces de l'auteur de la Guerre de Troie n'aura pas lieu, sublime moment de théâtre ; mais elle n'en demeure pas moins jubilatoire et même actuelle. Autant dire que la vision de Giraudoux était prémonitoire et qu'il a peut-être écrit une des premières pièces de théâtre radicalement écologiste.
L'idée est simple : si les gens de bon sens, guidé en l'occurrence par une comtesse excentrique, s'unissent contre les exploiteurs et les profiteurs de la nature et donc du peuple (là j'extrapole peut-être un peu sur les intentions sociales de Giraudoux), ils peuvent l'emporter pour que l'humain et la vie survivent. Giraudoux avait compris dès le milieu du 20e siècle vers quoi l'addiction au pétrole (à l'énergie ?) pouvait mener (ou plutôt conduire !) l'humanité. Sa fable semble utopique de nos jours mais qui dit qu'il est déjà impossible de mettre un terme aux agissements des adorateurs de la croissance ? Nous faut-il une Folle de Chaillot pour cela ?
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
CeCedilleCeCedille   25 novembre 2020
Quand nous aurons vidé notre planète des ses équilibres et de ses dosages internes, elle risque de prendre un jour le parcours non aimanté dans les chemins du ciel... Tant pis pour nous. Puisque l'homme a choisi d'être, non pas l’habitant, mais le jockey de son globe, il n'a qu'à courir les risques de la course.
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LaurenebLaureneb   07 septembre 2020
LE PROSPECTEUR.
La foi et les martyrs sont passés en ce siècle aux carburants. Mais la pire arme de nos ennemis est encore le chantage. Ils disposent à la surface de la terre, sous forme de sites ou de villes, des beautés que le respect humain empêche de livrer à notre exploitation, ou à notre saccage si vous voulez, car là où nous passons ni le gazon ni le monument ne repoussent. Ils convainquent les esprits rétrogrades que ces médiocres réactions que sont le souvenir, l'histoire, l'intimité humaine, doivent prendre le pas sur celle des métaux et des liquides infernaux. Ils font jouer ici-même des enfants sur les places désignées pour la fouille. L'or du Rhin est moins bien gardé par ses gnomes que l'or de Paris par ses gardiens de square.
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gorjussgorjuss   15 janvier 2013
Qu'avez-vous tous à vous lamenter, au lieu d'agir.

Vous pouvez tolérer cela, un monde où l'on ne soit pas heureux, du lever au coucher !

Où l'on ne soit pas son maître !

Seriez-vous lâches !
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genougenou   01 juillet 2015
Quelle est la seule sauvegarde, la seule tradition d'un monde vraiment moderne : c'est un type unique du travailleur, le même visage, les mêmes vêtements, les mêmes gestes et paroles pour chaque travailleur. Ainsi seulement le dirigeant en arrive à croire qu'un seul humain sue et travaille. Quelle facilité pour sa vue, quel repos pour sa conscience ! (p33/34)
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gorjussgorjuss   15 janvier 2013
Tous les vivants ont de la chance, Fabrice...

Évidemment, au réveil, ce n'est pas toujours gai.

En choisissant dans le coffret hindou vos cheveux du jour, en prenant votre dentier dans la seule coupe qui vous soit restée du service après le déménagement de la rue de la Bienfaisance, vous pouvez évidemment vous sentir un peu dépaysée en ce bas monde, surtout si vous venez de rêver que vous étiez petite fille et que vous alliez à âne cueillir des framboises.
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Video de Jean Giraudoux (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Giraudoux
"Siegfried" de Jean Giraudoux
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