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EAN : 9781021001153
Éditeur : Tallandier (29/08/2013)

Note moyenne : 4.42/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Dans une épigramme adressée à sa femme, Martial écrivait : "je veux bien que tu sois une Lucrèce pendant le jour tout entier, mais c’est une Laïs qu’il me faut la nuit". Il décrit en vers tout le paradoxe de l’érotisme féminin dans l’antiquité romaine. Comme une même femme ne peut pas être tout à la fois le parangon de la chasteté et une amante débauchée, Virginie Girod montre comment les femmes furent classées en catégories, selon leur statut social qui définissait... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
  19 octobre 2014
La sexualité à Rome a généré de nombreux fantasmes, principalement destinés à illustrer la décadence de l'empire. Cet essai tente d'offrir une vision plus précise de la situation, malgré la rareté des sources : les blogs n'existant pas encore à l'époque, savoir ce qu'il se passait dans les chambres à coucher des gens est loin d'être évident. Quelques historiens plus ou moins sérieux, des mythes offrant un modèle de comportement, des épigrammes et des satires, quelques graffitis retrouvés sur les murs, et c'est à peu près tout.
L'auteure trouve tout de même le moyen de les faire parler, ces sources ! Assez pour en tirer une division de la population féminine en deux catégories : les matrones, honnêtes mères de famille vouées à la reproduction, et les prostituées, de plus basse catégorie sociale, dont le but est de satisfaire les désirs des hommes. Cette division se retrouve jusque dans les vêtements autorisés pour les deux populations.
Aucun sujet n'est laissé de côté : avortement, contraception, pratiques sexuelles acceptées, tolérées ou franchement réprouvées, homosexualité masculine et féminine, … S'il n'est pas toujours possible de quantifier précisément ces pratiques, les sources indiquent au moins qu'elles existaient.
Essai intéressant sur de nombreux plans. On observe que des problématiques « modernes » étaient déjà à l'ordre du jour il y a 2000 ans, ou au contraire que des faits qui nous semblent évidents et universels aujourd'hui auraient provoqué un lynchage populaire à Rome.
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oran
  30 juillet 2017

L'histoire Romaine découverte au lycée, en cinquième grâce « au petit livre vert » de Jules Isaac et André Alba (il reste à portée de main !) me passionne.
Cet ouvrage résulte de la soutenance de thèse de l'auteur, docteur en histoire .Pour mener cette étude sociétale de grande qualité portant sur la sexualité féminine dans l'Antiquité (enjeu social prégnant car l'honneur et la dignité de la famille reposait sur les femmes) et étayer ses réflexions, Virginie Girod s'est appuyée, sur une documentation imposante : bien entendu sur les auteurs antiques (Tacite, Suétone, Dion Cassius, Tite-Live Plutarque, Catulle, Tibulle, Horace, Ovide, …)en s'attachant à distinguer la nature de leurs écrits car un poète, un satiriste, un historien, un philosophe, un médecin, un politicien, un peintre, un législateur..., ont des visions ,des objectifs différents et ne tiennent pas, par conséquent, le même discours. Elle s'est basée également sur les épigraphies, la numismatique, les objets de la vie quotidienne, les oeuvres d'art…
Dans la Rome antique (la période étudiée se situe entre 27 av J-C et 96 apr J-C, période qui correspond à une certaine émancipation féminine dans toutes catégories sociales), cadrée par les hommes , triste alternative , douloureux carcan : Une femme ne pouvait être que « "digne mère de famille" discrète, -pudica- docile, bien portante, féminine, féconde , bien entendu ou être "putain" , quelques fois vestales, « exemptes de souillure sociale, physique ou sexuelle », mais pour ce statut, les places étaient chères, et limitées …
Pour bien comprendre la lecture, il faut aussi s'adapter à l'époque et l'auteur nous met en garde « Ce qui est perçu comme obscène aujourd'hui pouvait lors avoir une valeur prophylactique ou cathartique. »
Un glossaire permet de retrouver certaines définitions.
Cette lecture a été un vrai moment de jouissance… intellectuelle ! Une lecture tout à la fois passionnante et édifiante ! Depuis, dans le domaine de la condition féminine, les choses ont, quelque, peu évolué...
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mimialibaba
  20 octobre 2013
Reçu dans le cadre de la masse critique Babelio, cet essai sur la sexualité féminine dans la Rome antique a de loin dépassé mes espérances. Virginie Girod a su habillement adapter sa thèse faite à la Sorbonne pour la transformer en un ouvrage accessible au grand public.

Car les forces de cet essai sont bien d'une part de se lire comme un roman, d'autre part de ne pas sombrer dans des explications d'une profondeur toute académique et écrite dans un langage abyssal. Tout argument et exemple est développé de façon claire, nette et précise, sans user de grandes phrases pour lesquelles il faut passer cinq minutes à décrypter. Il m'est arrivé de lire cet essai pendant plus d'une heure d'affilée, chose rare pour ce genre d'ouvrage. En effet, les propos de Virginie Girod était si intéressant qu'on avait envie de "lire la suite à tout prix", comme une sorte de roman à suspens. Comment les femmes traitaient leur chevelure? Quel sort était réservé aux femmes adultères? Comment vivaient les prostituées? Tant de questions auxquelles on a hâte de connaître la réponse. L'auteur a su appâter son lecteur de sorte qu'il reste captivé par sa lecture.
De plus, bien qu'elle utilise des exemples somme toute assez célèbres, qu'il s'agisse de Rhéa Silvia, Lucrèce ou autre Agrippine, elle a su les présenter sous un jour nouveau. En les mettant en perspective les uns avec les autres, elle s'est concentrée sur des cas particuliers pour élargir à une règle générale de la condition sexuelle féminine.
Néanmoins, la simplicité de style évoquée plus haut a aussi un pendant négatif. Ce livre suit une structure très scolaire. On pouvait si attendre puisqu'il s'agit au départ d'une thèse mais avoir l'impression de lire une dissertation est devenu à la longue légèrement gênant. Quand en lisant l'introduction, on en vient à se dire "ça c'est la phrase d'accroche; ça c'est l'analyse du sujet et le cadrage spatio-temporel; et ça c'est la problématique et l'annonce de plan", on a vite le sentiment frustrant de lire un bouquin pour les cours.
En bref, vous l'aurez compris, cet essai est recherché en ce qui concerne le fond et très agréable à lire! Si c'est un sujet qui vous intéresse, vous ne trouverez pas meilleure synthèse.
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Parthenia
  05 novembre 2013
Ayant déjà lu plusieurs livres sur le même thème (dont L'amour à Rome de Pierre Grimal et Pompéi, les visages de l'amour d'Eva Cantarella) je me demandais si en choisissant celui-là dans le cadre "Masse critique" de Babelio, j'allais pouvoir approfondir mes connaissances sur le sujet.
Eh bien, ma réponse est oui, un très grand OUI même !
L'auteure prend comme cadre de son étude le début de l'Empire (de 27 avant notre ère à 96 après), qui est une période charnière au niveau des moeurs où l'on assiste à une espèce d'émancipation féminine.
Virginie Girod s'appuie sur toutes les sources dont nous disposons aujourd'hui : littéraires, juridiques, épigraphiques, numismatiques, archéologiques, ainsi que sur les recherches historiques, anthropologiques et sociales plus contemporaines.
Et c'est absolument captivant d'un bout à l'autre ! L'auteure aborde à peu près tous les aspects liés à la sexualité féminine, que ce soit à travers le rôle social de la femme, ses pratiques sexuelles, les interdits, et même les critères de beauté de l'époque, sans que cela soit à aucun moment rébarbatif !
Cet essai, bien que très détaillé et très documenté, reste en effet accessible aux néophytes. Il est également d'une très grande clarté qui rend sa lecture agréable.
Bref, je ressors enchantée de cette découverte et je remercie Babelio et les éditions Tallandier pour ce partenariat.
Seul bémol : j'aurais apprécié que l'auteure joigne à son texte quelques photographies des pièces de monnaie, représentations épigraphiques ou fresques qu'elle évoque parfois pour étayer ses propos...
La seconde partie de ma chronique à lire sur mon blog reprend certains thèmes développés dans le livre...
Lien : http://parthenia01.eklablog...
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violette41
  04 novembre 2013
Quelle bonne surprise de découvrir une thèse claire, accessible et agréable à lire. Ce livre extrêmement bien documenté et parfaitement structuré, m'a appris énormément de choses. Les différentes parties et sous parties permettent une progression rapide et facile de la lecture. Aimant l'histoire mais n'étant pas une experte en antiquité romaine, j'ai redécouvert tout un monde sous l'angle des femmes et de la sexualité. Ce livre permet de mettre à mal un certains nombres de clichés sur les moeurs des romains et nous montre au combien la sexualité est régie par des normes très précises. Passionnant ...
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critiques presse (4)
NonFiction   08 octobre 2014
Virginie Girod réussit le double tour de force de nous faire pénétrer d’une part l’histoire de la sphère intime qu’est la sexualité et, d’autre part, de nous livrer, en contrepoint, le point de vue féminin sur cette question alors même que les sources disponibles qu’elle a pu utiliser [...] émanent en grande partie de celui des hommes
Lire la critique sur le site : NonFiction
Liberation   10 septembre 2013
Manuel cru et clinique pour détailler les actes, traité sociologique pour comprendre les rôles. Un tour d’horizon réussi.
Lire la critique sur le site : Liberation
Liberation   10 septembre 2013
Manuel cru et clinique pour détailler les actes, traité sociologique pour comprendre les rôles. Un tour d’horizon réussi.
Lire la critique sur le site : Liberation
LaLibreBelgique   03 septembre 2013
Docteur en Histoire, Virginie Girod a soutenu, à l’université de Paris IV-Sorbonne, une thèse sur la sexualité des Romaines au début de l’Empire; c’est de ce travail qu’est issu ce livre extraordinairement précis.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   16 octobre 2014
Dans l’Antiquité, on craignait beaucoup que les pensées de la mère au moment de la conception ne puissent s’imprimer sur la physionomie de l’enfant à venir. Soranos illustre ce concept par deux exemples. Les femmes qui auraient vu des singes – et cela ne devait pas être banal – pendant la conception auraient donné le jour à des enfants aux traits simiesques. Le tyran de Chypre, réputé pour sa laideur, forçait sa femme à regarder de belles statues pendant l’amour pour avoir de beaux enfants. On retrouve cette même idée développée chez Pline l’Ancien, Galien et même saint Augustin et Héliodore pour les périodes plus tardives. Ce concept des « imprégnations sensorielles » relève de la crainte des hommes face aux fantasmes des femmes pendant le coït. En outre, si l’enfant ne répondait pas aux attentes que les parents avaient placées en lui, la faute était rejetée sur la mère, qui aurait été traversée par de mauvaises pensées pendant la conception. Enfin, cela pouvait servir d’excuse à une femme qui aurait eu un enfant sans ressemblance aucune avec son mari.
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oranoran   31 juillet 2017
LE BAISER
Les Romains utilisaient trois mots pour évoquer le baiser : OSCULUM, SAUIUM, BASIUM(…)
Osculum est considéré comme le mot le plus ancien. Il dérive du mot os, qui signifie petite bouche. Il évoque un baiser sur la bouche ou avec la bouche.
Dans l’une de ses épigrammes, Martial propose à une femme qu’il n’aime pas un mariage de convenance mais jure de ne lui concéder que de rares baisers, comme ceux que lui ferait une grand-mère. Pour cela il utilise le mot osculum qu’il oppose au baiser lascif basium.
Le sauium, quant à lui est plus rare dans la littérature. Il dérive de suauitas (suavité) et implique une idée de douceur.
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LuniverLuniver   18 octobre 2014
Le discours de Caton rapporté par Aulu-Gelle ne laisse aucun doute sur la différence de traitement entre hommes et femmes : « Si tu surprenais ta femme en adultère, tu pourrais impunément la tuer sans jugement. Si tu commettais un adultère, elle n’oserait pas te toucher du bout du doigt. Ainsi le veut la loi. »
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oranoran   30 juillet 2017

La civilisation romaine était une société patriarcale dans la laquelle l’honneur familial reposait en partie sur le comportement sexuel des femmes. Afin d’éduquer et de maîtriser l’éros féminin, la mythologie politique a formé un moule dans lequel la personnalité des femmes devait se couler. Les qualités personnelles que les Romains espéraient retrouver chez les femmes achevaient de créer un idéal féminin, un carcan social rigide qui les enfermait dans la sphère privée. Toutes les femmes, honnêtes ou non, devaient se mettre au service des hommes et, par extension, au service de la patrie, les unes en veillant sur le foyer, les autres en assurant les distractions des hommes.
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rkhettaouirkhettaoui   11 avril 2018
Ainsi, les poètes ont été les artisans des sources les plus riches sur les rapports hommes-femmes. Le groupe des élégiaques est particulièrement intéressant à cet égard. Catulle, qui est en quelque sorte leur prédécesseur, a été le témoin d’un monde en mutation. Sa Lesbie, riche et indépendante, est la figure de proue de l’émancipation féminine de la fin de la République. Mais, à travers ses petits poèmes, Catulle évoque aussi différents types de prostituées, de la catin fiévreuse et bon marché à la courtisane amatrice de luxe. Le poète est également volubile sur différentes pratiques sexuelles qui allaient des plus tendres aux plus choquantes. Bien qu’ayant vécu à la fin de la République, il ouvre la porte sur le monde des femmes et de la chair à l’orée de l’Empire.
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Videos de Virginie Girod (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Virginie Girod
A Pompéi, on adore les serpents... surtout en bijoux. L'historienne Virginie Girod nous emmène faire du shopping à Pompéi où les bijoux serpentiformes faisaient fureur grâce à... Cléopâtre !
--- En quatre animations inspirées d'objets découverts lors de fouilles, Virginie Girod se transforme en Pompéienne pour vous faire découvrir la mode grâce à une bague serpent, les banquets et l'art de servir le vin dans un cratère ou les maisons Pompéiennes à travers les fresques et statues qui ornaient les demeures de la cité antique.
« Pompéi. Promenade immersive. Trésors archéologiques. Nouvelles découvertes », une exposition à découvrir en avant-première sur www.grandpalais.fr.
La date d'ouverture de l'exposition au Grand Palais sera communiquée ultérieurement. #ExpoPompei #GrandPalaisChezVous
Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux-Grand Palais et Gedeon Programmes, en collaboration avec le Parc archéologique de Pompéi. Cette exposition bénéficie du soutien d'Aurel BGC et de la MAIF.
Abonnez-vous à notre chaine YouTube : https://www.youtube.com/channel/UCyAiVPzrW_o5PuNl6UH3JNg
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