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ISBN : 2258146712
Éditeur : Les Presses De La Cite (18/01/2018)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Août 2016, en Haute-Savoie, sous un soleil de plomb, trois hommes se retrouvent à la mort de celle qui a broyé leur vie. Souvenirs et confidences de chacun jaillissent pour faire éclater le secret de la défunte...
Morte et muette à jamais, Germaine, fauchée par un sapin. C'est son mari, Tronchet, qui en fait la macabre découverte ce jour d'août 2016. Le travail harassant de la ferme, le soin constant porté aux bêtes n'auront été finalement que le ciment et le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
isabelleisapure
  08 mars 2018
Un tiers roman du terroir, un tiers roman psychologique, un tiers polar !
Voilà un cocktail au dosage parfait.
Je l'ai savouré sans modération.
J'ai tout aimé dans ce roman ! L'écriture est particulièrement imagée et addictive, les paysages sont magnifiquement décrits faisant de la vallée de Chamonix un personnage à part entière.
Le roman commence lorsque Germaine est retrouvée morte, écrasée par un sapin. Son mari la dégage et la porte dans ses bras jusqu'à la ferme familiale.
C'est un drôle de couple que celui de Germaine et Joseph Tronchet, entre haine et amour.
Germaine est une femme froide, calculatrice, brutale, incapable d'aimer.
Joseph fait figure de benêt, sorte de cocu magnifique, il espère un geste, un sourire de sa femme, comme un chien attend une caresse. Bien souvent c'est au bistrot du coin qu'il trouve un peu de réconfort.
Antoine leur fils, est parti, à la ville où il a construit sa vie.
Seul Edmé, l'ami d'enfance d'Antoine est resté et aide le couple dans les travaux de la ferme en tentant d'échapper aux avances de plus en plus pressante de Germaine.
Vous l'aurez compris, l'atmosphère est chargée de gros nuages, comme ceux qui coiffent les montagnes avant l'orage.
L'auteur nous entraîne rapidement à nous demander si Germaine est vraiment morte par accident.
Les personnages dévoilent peu à peu ces parts d'humanité ou de violence, de silence et de secrets, de solitude et d'incompréhension qu'ils cachent aux autres, et qui posent questions.
Gérard Glatt signe un roman surprenant et un peu désespéré qui m'a totalement conquise.

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hcdahlem
  05 février 2018
« C'est vrai que Germaine elle est cruelle »
Comme l'a chanté Jacques Brel, la personne au coeur du nouveau roman de Gérard Glatt – qui meurt dès la première page – n'est pas une Sainte.
Trois hommes et une femme. Trois hommes réunis pour enterrer Germaine découverte sous un sapin, à quelques mètres de la ferme de montagne située au-dessus de Sallanches en direction du Grand Arvet. le premier à entrer en scène est son mari. Tronchet a découvert son épouse sous un sapin, apparemment écrasée par le conifère. C'est du moins ce que conclue le docteur echenoz dépêché sur place.
Edmé, le garçon de ferme, arrive ensuite pour tenter de soulager Tronchet. Cela fait des années qu'il aide à la ferme et fait quasiment partie de la famille. Il est du reste de la même génération qu'Antoine, le troisième homme de cette histoire qui a choisi de «monter» à Paris et qui rejoint père et ami, quasi-frère, pour les obsèques.
Si les émotions affleurent à peine, c'est sans doute à cause de la rudesse du climat et du travail ingrat qu'ils ont à effectuer pour produire le lait et le fromage, mais c'est aussi parce que Germaine avait un caractère aussi difficile que les hivers de Haute-Savoie. C'est peut-être du Québec que vient le portrait le plus juste de cette femme. Là-bas, l'expression «être une germaine» – un jeu de mots créé par la combinaison des verbes gérer et mener – sert à décrire une femme autoritaire et «contrôlante». Au fil des pages, on va découvrir comment elle a jeté le grappin sur Tronchet, comment il a été décidé qu'elle l'épouserait, comment Antoine et Edmé son entrés dans la famile et comment la situation s'est dégradée année après année.
Görard Glatt sait mieux que personne planter le décor de ses romans. Après l'Auvergne et les Monts du Forez dans Retour à Belle Étoile et dans Les Soeurs Ferrandon, voici le décor somptueux et écrasant des Alpes que l'on peut sans conteste compter comme l'un des personnages du livre. Car ici la géographie rencontre l'histoire. Ici, on doit tous les jours compter avec les caprices de la nature, en sachant qu'au mieux on réussira à en tirer de quoi nourrir sa famille.
Une fois de plus, on peut convoquer Jacques Brel: « Ces gens-là ne parlent pas ». Ou alors par bribes…
Quand Antoine retrouve son père, il n'est du reste guère besoin de mots. Ils se connaissant et s'aiment. Leurs souvenirs sont aussi le terreau de l'intrigue que l'auteur tricote patiemment jusqu'au dénouement qui, comme on peut s'en douter, réservera son lot de surprises.
Il n'y a, à mon sens, aucune raison de ranger les romans dits «de terroir» dans une catégorie inférieure. Si vous daignez vous plonger dans celui-ci, vous aurez l'éclatante démonstration que l'inverse est vrai. Ce roman est un grand roman.

Lien : https://collectiondelivres.w..
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AudreyT
  16 mars 2018
****
Avant toute chose, je tiens à remercier Babelio et les Éditions Presse de la Cité pour l'envoi de ce roman...
Germaine... Qu'on la déteste ou qu'on la craigne, tout le monde connait Germaine. Là bas en haut, dans les montagnes de Haute Savoie, elle vit avec Joseph dans une ferme qui demande beaucoup de labeur. Mais Gerlaine est avant tout connue pour sa méchanceté, ses cris et ses insultes, et sa violence aussi parfois. Tout le monde en paie les frais... Mais ceux qui souffrent le plus, ce sont bien les 3 hommes de sa vie : Joseph son mari, Antoine son fils et Edmé son fils de coeur. Réunis autour de cette femme brutale, ils ont chacun à gérer les sentiments qui les assaillent...
C'est déjà grâce à Babelio que j'ai découvert mon premier roman de Gérard Glatt, et je ne le regretté pas !!! Avec une écriture toute en finesse, très détaillée, très rythmée, il nous plonge à chaque fois tout autant au milieu de personnages que de paysages. Cette fois c'est en Haute Savoie, auprès d'hommes bons et sincères, pour qui la méchanceté et la violence ne sont pas des sentiments naturels. On se sent tellement inutile et impuissant face à leur douleur, leur colère et leur incompréhension...
Un roman sur ce que la douleur peut engendrer de plus noir, froid et sombre. Un roman sur ce que l'amour sans limite peut pardonner, renoncer à la vengeance et pousser à l'indulgence...
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Patience82
  22 mars 2018
J'ai reçu ce livre par erreur à la place d'un autre. Je dois dire que sans ça, je ne serais jamais allée de moi-même vers ce genre de lecture. Ca reste un genre qui ne me correspond pas vraiment, mais je ne regrette pas d'avoir découvert quelque chose de nouveau.
Toute histoire mise à part, ce livre a eu une résonance personnelle, car j'ai passé pas mal d'étés en Haute-Savoie. Tous les lieux cités m'étaient donc familiers.
C'est l'histoire de Germaine, personnage détestable, mère indigne et épouse odieuse. Sa mort accidentelle va permettre à son mari et à son fils de retracer toute sa vie. La première partie est lente, l'auteur fouille dans la psychologie des personnages, prend le temps de décortiquer. On revient sur toutes ces années gâchées par Germaine.
La deuxième partie va être un peu plus active. On va basculer vers un polar. La mort de Germaine n'est peut-être pas si accidentelle que ça et le lecteur voit arriver dés réponses aux questions qu'il se posait depuis le début. A travers cette histoire pleine de haine et d'amour, l'auteur aborde un sujet difficile et émouvant.
Merci aux Editions Presses de la Cité pour cette découverte.
Lien : https://www.facebook.com/Les..
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MAMIEJAUNE
  22 janvier 2018
Je viens de lire « Et le ciel se refuse à pleurer.. ». La très belle couverture et le résumé fort alléchant m'ont de suite interpellée. En effet, cette histoire se déroule dans les Alpes du Nord, région où je réside.
Gérard GLATT nous emmène en 2016 dans un hameau Haut-Savoyard où Joseph Tronchet, un fermier, retrouve, dans les bois, le cadavre de Germaine son épouse. Alors une question se pose : Germaine a-t-elle été victime d'un accident ou a-t-elle été assassinée ?
Au fil des pages, l'auteur nous narre les préparatifs liés aux funérailles de la défunte et nous faisons plus ample connaissance avec Joseph, l'époux, Antoine, le fils et son ami Edmé, tous trois semblant soudain libérés de l'influence négative de Germaine....
L'écriture est simple et sensible. L'intrigue habilement menée et le secret fort bien gardé, tenant ainsi le lecteur en haleine jusqu'aux dernières pages où le dénouement est au demeurant fort surprenant...
Les dialogues entre les protagonistes de ce livre et l'analyse fine des traits physiques et de caractère faite par l'auteur, les rendent tellement authentiques que l'on s'imagine les connaître. Il en est de même pour les descriptions des magnifiques paysages de cette région montagnarde qui sont fidèles à la réalité.
J'ai beaucoup aimé ce roman régional à suspense, émouvant, ponctué d'une touche d'humour noir certes, que j'ai dévoré pratiquement d'une traite et avec lequel j'ai passé un très bon moment de lecture.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   07 février 2018
Ce 17 août, après l’avoir un tant soit peu arrangée robe et savates, cheveux aussi -, Tronchet avait soulevé Germaine, et, tout en ayant soin d’éviter les ornières du chemin, il avait entrepris de la ramener à la ferme, le regard porté loin devant, jusqu’où, semblait-il, l’horizon se heurtait aux montagnes. Son regard, que pas une larme ne troublait, ne ñxait rien de précis, hormis ce que sa mémoire fidèle à quelques instants de sa vie lui avait alors imposé. Tel ce joyeux rire, le rire d’Antoine, le fils qu’il avait eu de Germaine, le rire aigrelet, déjà très lointain d’un enfant heureux d’apporter avec lui, comme un trésor entre ses mains, ce que sa maîtresse, un jour, lui avait appris à l’école. Cette phrase que Victor Hugo avait écrite cent quatre vingt-onze années plus tôt, en août 1825 : «La vallée de Sallanches est un théâtre; la vallée de Servoz est un tombeau; la vallée de Chamonix est un temple... », comme lui et Adèle, son épouse, accompagnés de leur petite Léopoldine, alors âgée de un an, voyageaient à travers les Alpes. « La vallée de Sallanches est un théâtre... » Antoine l’avait répétée à ses parents, lors du repas du soir, tandis que sa mère s’occupait à remplir son assiette. Tronchet, en l’écoutant, avait tenté un léger sourire. Ce que Hugo avait écrit était si vrai.
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hcdahlemhcdahlem   07 février 2018
« Le 17 août 2016. Pour le coup, ce n’était pas de la blague, Tronchet faisait vraiment la tronche quand le docteur Echenoz est enfin arrivé. Parce que ça faisait déjà une bonne heure qu’il l’avait appelé, regrettant de n’avoir pu le faire de là où il était, bien au-dessus de la ferme où pâturaient ses vingt vaches, sur le chemin du Grand Arvet, lorsqu’il avait découvert Germaine, sa femme, sous le tronc d’un sapin qui s’était abattu sur elle et l’avait aplatie comme une crêpe. Il était d’autant plus chagrin que, de son côté, pour la dégager de là-dessous, ce qui n’avait pas été une mince affaire, on le comprendra aisément, à cause du branchage, plus épais qu’un roncier, puis la ramener, la portant dans ses bras, il lui avait fallu tout l’après-midi, en exagérant à peine. C’est assez dire que si vraiment on avait pu espérer un instant la sauver, ce qui n’était pas le cas, l’arrivée de l’homme de science, bien trop tardive, n’avait plus d’intérêt que pour constater le décès et délivrer le permis d’inhumer.
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hcdahlemhcdahlem   07 février 2018
Tronchet n’était déjà plus là. L’esprit tenaillé par des émotions contradictoires, il aurait désiré oublier cette terrible journée. Au lieu de quoi, il voyait Germaine sans la voir vraiment, allongée sur le lit de la petite chambre, celle où tout ce qui avait appartenu à Antoine, gamin, était rangé depuis des lustres. Une décision de Germaine, qui disait toujours, quand la bile lui remontait dans la bouche, presque quotidiennement, qu’il n’avait jamais été son fils que par procuration. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Une chose comme bien d’autres, qu’elle n’avait jamais expliquée. La belle garce que c’était, pour faire tant de mal à un gosse qui ne demandait rien !
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