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EAN : 9782258161894
464 pages
Éditeur : Les Presses De La Cite (17/01/2019)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Pendant la seconde moitié du xxe siècle, le roman d'une indéfectible amitié entre deux jeunes hommes, et l'initiation parfois douloureuse de l'un d'eux, Guillaume, à la vie d'adulte. Un parcours ancré dans le décor puissant des Alpes.
La montagne comme une évidence, comme une renaissance...
Hiver 1952. Loin des siens, pendant six mois, Guillaume part en convalescence à Chamonix. Il découvre, ébloui, le décor grandiose des Alpes. Le petit citadin de hui... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
isabelleisapure
  24 mars 2019
Ce que j'aime lorsque j'ouvre un roman de Gérad Glatt c'est la certitude que j'ai d'être entrainée là où je ne pensais pas aller.
En ouvrant son précédent opus « Et le ciel se refuse à pleurer… »,
j'étais persuadée de lire un roman du terroir et par la magie littéraire de quelques pages, je me suis retrouvée en plein thriller psychologique.
Dans « L'enfant des Soldanelles », Guillaume à la santé fragile est conduit par ses parents au préventorium des Soldanelles en Haute-Savoie.
Six mois de séjour pour recouvrer la santé. Six mois pour contempler et parler au Mont-Blanc qui domine la vallée et se découvrir une passion pour la montagne.
Jour après jour le garçonnet se fond dans le paysage qu'il quitte avec la certitude d'y revenir pour y passer sa vie.
Bien des années plus tard, Guillaume accompagné d'Augustin son ami d'enfance revient au pied de la montagne majestueuse. Julien leur fait découvrir les joies de la randonnée.
Ce qui parait être une simple et belle histoire d'amitié prend des allures de polar lorsque quelques morts mystérieuses viennent assombrir le paysage.
Gérard Glatt est un conteur, un raconteur. Un vrai, un talentueux. de ceux qui inventent des histoires ou narrent les leurs. Il n'a pas son pareil pour créer des situations pleines de passion.
Il met en scène des personnages complexes, parfois noirs, parfois tendres, mais souvent attachants, on a envie de les plaindre, et pourtant parfois on les déteste, ils ne laissent jamais indifférents.
Comme toujours, la nature est magnifiée sous la plume de l'auteur et devient un personnage de l'histoire.
Une magnifique lecture.
Merci à NetGallet et aux Editions Presses de la Cité
#LenfantDesSoldanelles #NetGalleyFrance

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hcdahlem
  15 février 2019
Après «Et le ciel se refuse à pleurer», Gérard Glatt revient dans les Alpes avec une histoire à la fois très personnelle et très romanesque. «L'Enfant des Soldanelles» tient à la fois du roman d'initiation et du thriller. Une double réussite!
Solide pilier de la collection «Terres de France», Gérard Glatt nous offre tous les ans un roman solidement ancré dans le paysage, doublé d'un scénario qui sonde l'âme de ses personnages. Après Retour à belle étoile, Les soeurs Ferrandon, Et le ciel se refuse à pleurer, voici L'enfant des Soldanelles.
Ce nouvel opus lui permet de retrouver les Alpes et plus particulièrement la région de Chamonix qu'il connaît depuis son enfance, comme il prend soin de nous le rappeler dans un avant-propos éclairant: «J'ai passé six mois à Chamonix, un hiver et un printemps, du 27 décembre 1952 au 30 juin 1953. Je n'avais pas encore neuf ans. C'était aux Soldanelles, un préventorium». J'imagine que les premières pages du livre qui racontent comment Guillaume, atteint d'une maladie contagieuse, prend la direction des Alpes à la fois pour son air pur et pour l'éloigner de ses deux frères, Etienne et Benoît sont assez fidèles à ses souvenirs d'enfance. Qu'il a ressenti ce mélange de crainte face à l'inconnu et à l'éloignement de sa famille et de fascination pour ces montagnes et la découverte d'un nouvel univers, de nouveaux amis.
Sur cette base du vécu et du ressenti de l'enfant, Gérard Glatt a imaginé «le roman de l'initiation parfois douloureuse, toujours subie, de l'enfant, bientôt devenu adolescent, puis adulte. du passage d'une vie à une autre. D'expériences humaines à d'autres.»
Le séjour de Guillaume aux Soldanelles va se prolonger, solidifier l'amitié avec Augustin et l'amour pour ces montagnes que les garçons rêvent de maîtriser. Très vite, l'un et l'autre vont devenir indispensables à Guillaume, ne s'imaginant pas vivre ailleurs. Et s'il fera une parenthèse par la Bourgogne avec sa famille, il reviendra parcourir tous les sentiers, explorer tous les massifs. Augustin et Guillaume vont trouver en Julien un guide parfait, rêver de nouvelles conquêtes.
De belles perspectives qui viendront se fracasser le jour où Julien est victime d'un accident, lui qui pourtant connaissait si bien «ses» montagnes. La présence d'Augustin et Guillaume va alors mette un peu de baume au coeur des Villermoz, ravis de voir les jeunes garçons fidèles à leur pacte d'amitié.
Augustin va s'engager au Peloton de Haute-Montagne de Chamonix, rencontrer Catherine et devenir père de famille. Guillaume, du retour de son service militaire, va se voir proposer de rejoindre l'entreprise de décolletage des Villermoz: «Tu ne remplaceras jamais Julien, c'est certain, lui avait dit Villermoz, parce que tu n'es pas notre enfant. Mais là n'est pas la question. On a confiance en toi, comme on aurait eu confiance en Augustin, pour assurer la continuité. Moi, je fatigue. de plus, tu as tous les diplômes qu'il faut. Pas de la même école que notre Julien, mais c'est tout comme. Enfin, tu feras ce que tu voudras… Faut que tu réfléchisses, gamin.»
L'avenir s'annonce sous les meilleurs auspices, d'autant qu'il fait la rencontre d'Aurélie et que très vite il comprend qu'elle sera celle qui partagera sa vie.
Du beau roman sur l'amitié et sur l'amour, on bascule alors dans le thriller.
La mort de Julien ne va pas rester la seule à jeter un voile noir sur le Mont-Blanc. Aurélie est fauchée par une voiture.
C'est alors que Gérard Glatt peut déployer tout son talent, remonter les parcours de chacun, lâcher ici et là quelques indices pour que le lecteur se mette en quête de l'effroyable vérité.
Refermant le livre, on est à nouveau bluffé par les talents d'alchimiste de l'auteur qui sait fort habilement marier le caractère des hommes à leur environnement. On n'imagine pas cette histoire ailleurs que dans ce paysage, tout à la fois majestueux de beauté et impitoyable, forgeant les caractères les plus trempés et les folies les plus passionnelles. C'est beau, c'est dur. C'est réussi.

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leolechat
  23 février 2019
Affaibli par des maladies infantiles à répétition et un début de tuberculose, Guillaume, un jeune parisien âgé de huit ans, est hospitalisé au préventorium des Soldanelles, situé à Chamonix au coeur des Alpes. Ce séjour inoubliable sera déterminant pour le petit garçon et conditionnera sa vie future. Devenu adolescent, il fera découvrir sa passion à son meilleur ami Augustin et l'initiera aux joies de la montagne. Liés par le même enthousiasme débordant, les deux inséparables complices passeront chaque année leurs vacances dans la vallée de l'Arve, partant à l'ascension des sommets escarpés avec Julien pour guide, un natif de la région de quinze ans leur aîné. Ce dernier, pour qui la montagne n'a aucun secret, deviendra très vite leur mentor et ami. Malheureusement, la cruauté de la vie mettra fin brutalement à la belle complicité du trio, la grande faucheuse s'emparant de l'un d'entre eux.
Aussi douloureux qu'il soit, ce drame ne suffira pas à éloigner les deux survivants de cette vallée et de ses pièges. Pourtant, cette fuite aurait pu leur éviter bien des déboires, car il n'y a pas que la montagne qui puisse s'avérer dangereuse pour l'homme...
Contrairement à ce que j'ai d'abord supposé, en rapport au titre du roman et à sa couverture, L'enfant des Soldanelles n'est pas qu'un récit relatant les souvenirs d'enfance d'un jeune garçon tuberculeux envoyé en convalescence dans un sanatorium de la Haute-Savoie. A mi-chemin entre le récit d'apprentissage et le polar, ce roman qui célèbre l'amitié et l'amour des hautes cimes, va petit à petit basculer dans la tragédie et le crime. Quand la déraison s'en mêle, les passions peuvent s'avérer aussi dévastatrices qu'un tsunami frappant les côtes de l'océan indien.
Avec de belles descriptions et une plume sensible et élégante, on ressent l'amour de l'auteur pour cette vallée alpine qu'il connaît bien, pour avoir séjourné lui-même au préventorium des Soldanelles lorsqu'il était enfant.
Aussi tendre que cruel, ce roman aux accents authentiques devrait combler les amoureux de la montagne qui aiment pimenter leur lecture d'une belle part de suspense !
Je remercie Babelio et les éditions Presses de la cité pour cet excellent moment de lecture.
Lien : https://leslecturesdisabello..
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vertescollines
  21 février 2019
Je suis allée au bout du récit mais en m'accrochant et avec une promesse en tête J'avais eu ce livre par Masse Critique de Babelio : je devais le finir. Pourtant, j'avais repéré cette histoire, la couverture prometteuse. Je l'aurais surement acquis. J'aime tant les romans du terroir. Bref, j'avais impatience de me plonger dans cet ouvrage. J'ai lu avec intérêt les premières pages puis rapidement j'ai été déçu. Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé. Je dirais simplement que j'ai l'impression bizarre d'être passée à côté d'une très belle histoire. Pourtant, l'histoire était prometteuse, les personnages étaient bien implantés et très agréables. Mais deux choses m'ont décontenancé d'abord le style de l'auteur pour cet ouvrage et la construction du récit.
Le style m'a paru bizarre, saccadé, écrit rapidement comme si l'auteur avait voulu se défaire rapidement de l'histoire, la jeter le plus vite possible sur le papier et s'en débarrasser (peut-être est-ce dû à son histoire personnelle). le récit est précipité. le style laisse le lecteur essoufflé de mots comme à bout de souffle après quelques pages lues. D'ailleurs, je ne lisais que quelques pages à la fois, n'arrivant pas à me concentrer plus d'une demi-heure sur cet ouvrage. Ce style peut peut-être se comprendre par l'émotion de l'histoire tragique de ces deux garçons, de cette mère jalouse au point de tuer pour garder « ses » enfants Julien puis Guillaume, mais dont elle cause la perte.
Et la construction du récit aurait été plus aisée avec un seul point de vue, un seul personnage. Ou deux maximums. J'aurais pris le point de vue d'Augustin, le meilleur ami de Julien, d'autant plus aisé qu'il est gendarme dans l'histoire et qu'il peut donc mener une enquête. J'en aurais fait le narrateur. Celui qui s'interroge . Pourquoi ? Pourquoi son ami a disparu dans la montagne ? Aurélie s'est-elle suicidée ? Est-ce un accident ? Est-ce lui qui a tué Camille ?
J'aurais aimé aussi plus de rencontres avec cette montagne. Pourquoi la passion leur est-elle venue ? Pourquoi ne pas décrire des ballades, des impressions, des paysages pour nous donner envie. J'aurais aimé aussi qu'il s'attarde plus sur les relations humaines, comment Guillaume rencontre Augustin, comment ils rencontrent leurs épouses, leurs compagnes. J'aurais aimé plus d'histoires au sanatorium comme des bêtises d'enfants, des amitiés, des grimpettes avec le médecin, les aides-soignantes…
J'ai parfois eu l'impression de lire un brouillon d'histoire couché au style haletant. J'en ressors frustrée. Dommage !
Me reste une seule envie après cette lecture : parcourir la montagne, la découvrir comme un jour les héros l'ont découverte, comme mon ami l'a découverte et aimée , lire des récits d'ascension (John Hunt Victoire sur l'Everest / Pierre de Ruskin Annapurna premier 8000 et John Ruskin), gravir aussi les pentes de Chomolungma, l'Everest en Tibétain ou Népalais, découvrir le monastère de Thyangbochi.
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Freelfe
  11 mars 2019
L'enfant des Soldanelles est paru aux Editions Presse de la Cité, Collection Terres de France. Son prix est de 21 euros. La couverture est très belle, le livre de bonne qualité et le format d'écriture très agréable pour le lecteur.

L'histoire se déroule en Haute-Savoie, près du Mont-Blanc et démarre en 1952. Guillaume, petit garçon de huit ans, reste 6 mois en convalescence à Chamonix. Il va découvrir la montagne et apprendre à l'aimer. de ce séjour, lui restera un besoin irrésistible de revenir s'y installer adulte avec son ami d'enfance Augustin.
Guillaume et Augustin sont inséparables. A l'adolescence, ils partent en vacances à Chamonix et rencontrent Julien, un jeune homme qui va leur faire découvrir la montagne dans toute sa splendeur. Une réelle amitié va naître entre eux trois. Plus tard, Guillaume et Augustin passeront leurs vacances chez les parents de Julien, dont la mère, Marguerite, va les aimer comme si c'était ses fils.
L'enfant des Soldanelles est un roman qui se lit facilement. L'auteur, par ses descriptions, nous initie à la montagne, nous en fait découvrir la beauté, mais aussi les dangers, l'attrait qu'elle peut exercer sur l'homme.
Mais avant tout, il me semble qu'au travers de ce roman, Gérard GLATT veut nous parler d'amour. D'amour qui rend heureux, entre de êtres qui se découvrent et s'aiment. D'amour fraternel entre de jeunes qui même s'ils ne sont pas frères sont liés au-delà d'une amitié. Mais aussi d'amour exclusif d'une mère pour son fils, d'une mère qui ne voit pas que son amour peut devenir dévastateur. Beaucoup de sentiments dans ce roman, d'émotion, de tristesse et de joie.
Le suspens est aussi au rendez-vous, et ceci jusqu'à la fin de notre lecture où l'auteur dénoue brillamment l'intrigue.
Bon moment de lecture.
Je tiens à remercier les Editions Presse de la Cité et Babelio.com pour m'avoir fait parvenir ce roman de Gérard GLATT.

Lien : https://freelfe.blogspot.com..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   15 février 2019
Avant-propos
J’ai passé six mois à Chamonix, un hiver et un printemps, du 27 décembre 1952 au 30 juin 1953. Je n’avais pas encore neuf ans. C’était aux Soldanelles, un préventorium. Pierre-Jean Remy, de l’Académie française, y séjourna également en 1951. Pour des raisons semblables aux miennes. Dans sa préface à Portraits de guides, de Roger Frison-Roche, outre la révélation que fut pour lui Chamonix, de son séjour aux Soldanelles il conserva, ce sont ses mots : « … un peu la nostalgie d’une manière de paradis perdu… ». Le préventorium, alors composé de trois chalets, a été rasé aux alentours des années 1980. Inutile d’y aller voir. A la place, une résidence assez luxueuse a été construite. Un chemin tout proche porte cependant le même nom. En 1953, à la tête des Soldanelles : le docteur Aulagnier et son épouse. Elle, des plus effacées comme souvent les femmes à cette époque. Et lui, l’être le plus affable qui fût pour les parents qui lui confiaient leur enfant, et le plus à l’écoute, tel un père, pour les enfants dont il prenait la charge. Le docteur Aulagnier, selon ce que m’a appris Christine Boymond Lasserre, guide conférencière à Chamonix, est mort en 1972. Longtemps, j’ai considéré que je lui devais ma santé recouvrée. Je l’ai pensé, et chaque jour, tandis que l’âge avance, je le pense plus fort encore… Qu’il sache, là où il est, qu’il m’a fallu du courage pour écrire ce livre, à ce point qu’il m’a éprouvé nerveusement et physiquement ; et sache que je ne regrette rien tant est grande la gratitude que je lui dois et lui devrai toujours d’être encore de ce monde…
Ce livre est-il un roman? un roman plutôt qu’un récit? ou tout bonnement mon histoire, comme Guillaume le revendique quelque part? Peut-être, au fil des pages, le lecteur se posera-t-il ces questions? Des questions qui mériteraient sans doute des réponses… Alors pourquoi différer et les remettre à demain, ces réponses que j’ai là, auxquelles j’ai donné la forme symbolique du roman et qui n’attendent que d’être dites ? Parce que, oui, mon histoire est dans ces pages. Elle est là, telle que je l’ai voulue ; elle est là, mais pas toute. Pour une simple raison, tout d’abord. C’est que je n’en évoque qu’une trentaine d’années, ces années qui ont couru de 1944 à 1974, tandis qu’en ce mois d’avril 2018, j’y mets le point final. Quarante-quatre années se sont donc écoulées et, du chemin, depuis, j’ai eu le temps d’en parcourir. A cette raison, une autre s’imposait à moi : Je voulais écrire un roman ; le roman de l’initiation parfois douloureuse, toujours subie, de l’enfant, bientôt devenu adolescent, puis adulte. Du passage d’une vie à une autre. D’expériences humaines à d’autres. C’est pourquoi cette histoire, mon histoire, est aussi, est surtout immensément rêvée. Car le cauchemar est aussi un rêve. Une convention comme une autre… Certes, nombre de pages, comme la relation de ce séjour à Chamonix, relèvent davantage du récit que du roman. Comme la découverte éblouie, par Guillaume, l’enfant que j’étais à douze, treize ans, de cette ferme abandonnée, au Bréau, près d’Auxerre. Ou cette espérance un peu folle, sous une forte pluie, de ce miraculeux ami – mes jambes, aujourd’hui, en tremblent encore – dont l’ombre mouvante sur les murs d’une chambre m’assurait qu’elle ne serait pas vaine. De nombreux autres passages pourraient être cités, mais ce serait altérer la lecture de ce livre où l’imaginaire, comme une nécessité littéraire, l’emporte malgré tout et de loin sur les faits. De mes principaux personnages, pour plus de distance, j’ai changé les prénoms. L’un est devenu Guillaume, et j’ai nommé l’autre Augustin. Des frères de Guillaume également, Etienne et Benoît, mes deux frères. Mais des autres personnages, qu’il s’agisse des parents de Guillaume ou de ceux d’Augustin, j’ai tout conservé de la personnalité de chacun, de leurs joies comme de leurs tristesses.
Ces derniers mots encore: le soir du 2 avril 1974, j’étais à Chamonix, dans le salon de l’hôtel Gourmets & Italy, rue du Lyret. Mariés trois jours plus tôt, le 30 mars, Madeleine et moi regardions L’Homme de Kiev à la télévision. Ce soir-là, je m’en souviens, un saint-bernard était couché à nos pieds. Il s’appelait Lord, et Lord, de temps à autre, entre de longs et profonds soupirs, levait les yeux comme pour s’assurer que nous étions toujours là… Depuis lors, nous n’avons cessé d’être deux… Chamonix, c’était aussi notre premier voyage. Et pour moi, le sentiment d’offrir le plus beau cadeau qui fût : mon cœur battant.
Rueil-Malmaison, le 3 avril 2018
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leolechatleolechat   23 février 2019
A ce moment, le mont Blanc était un ami ; le seul vrai, se disait Guillaume, qu'il ait jamais eu. Par la suite, entre eux deux, les liens s'étaient encore resserrés, à la manière de ceux qui unissent un père à son fils ; et Guillaume, plus d'une fois, se surprit, tout en parlant, à tendre la main vers cette image, perchée tout là-haut dans le ciel, qui ressemblait à s'y méprendre à un visage. Celui d'un vieux sage. Philosophe des temps anciens. Il disait alors au mont Blanc que, tôt ou tard, il le rejoindrait et, bien que celui-ci, toujours impassible, se gardât de lui répondre, sa confiance demeurait inébranlable et, intact, cet espoir un peu fou de l'étreindre.
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hcdahlemhcdahlem   15 février 2019
INCIPIT
L’histoire de Guillaume avait commencé le 27 décembre 1952, un peu à la manière d’un conte, bien qu’il fût né le 2 juillet 1944, un dimanche matin, avec la pluie. 
Ce 27 décembre 1952, il avait donc huit ans et demi.
Il ne savait pas encore ce que c’était que la montagne ; ses premières vacances, en 48 ou 49, il les avait passées au bord de la mer, en Normandie ; aussi, malgré l’inquiétude qui lui serrait la poitrine à l’idée de rester six mois loin des siens, perdu au milieu de gens qu’il ne connaissait pas, c’était plein d’impatience qu’il attendait, à chaque instant, après chaque virage, que surgissent devant lui ces fameuses aiguilles dont on lui avait tant parlé : les aiguilles de Chamonix, que dominait, depuis la création du monde, superbe, immuable, le mont Blanc. 
Le train s’arrêta dans un crissement assourdissant.
Il devait être 9 heures.
Etienne, le frère aîné de Guillaume, descendit le premier ; leur mère lui tendit les bagages, puis elle descendit à son tour ; et elle se tourna vers Guillaume qui, les lèvres tremblantes, lui sauta sans hésiter dans les bras.
En sortant de la gare, sous un soleil éclatant, Chamonix était blanche – la gorge serrée, respirant à peine, Guillaume n’avait rien trouvé de mieux pour la qualifier –, et elle brillait, aveuglante, presque agressive, surtout ses toits que recouvrait une épaisse couche de neige.
A présent, Guillaume avait des larmes dans les yeux.
Mais pouvait-il en être autrement?
A l’idée qu’on l’abandonne, de rester là, tout seul, entouré d’inconnus, quel enfant de son âge n’aurait pas été ce même jour, comme il l’était, en aussi grand désarroi? Quel enfant aurait pu imaginer que, six mois plus tard, au moment où sonnerait l’heure de repartir, au début de l’été suivant, ses yeux s’embueraient une nouvelle fois, mais pour une tout autre raison? Quel enfant aurait supposé que Chamonix serait alors devenue son berceau, la vallée de l’Arve, ce pays où il serait né, et qu’en le sortant du préventorium des Soldanelles, après l’y avoir laissé durant ces six mois de convalescence, ses parents le couperaient alors de ses véritables racines?
Peut-être cet enfant aurait-il dû exister?
Peut-être, oui.
En tout cas, Guillaume n’était pas pourvu de cette imagination ni de cette force qui, par la suite, après bien des années, lui auraient grandement simplifié l’existence. 
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hcdahlemhcdahlem   15 février 2019
La maladie était contagieuse. Il était essentiel de tenir l’enfant éloigné de ses deux frères, Etienne et Benoît. Surtout de Benoît, le plus jeune de la bande. Né en 1945, au mois de juillet lui aussi. Handicapé mental. Bien chargé par la nature à la naissance. Quasi léthargique. Et d’une sale teinte. Qu’il avait fallu secouer la tête en bas, les pieds en l’air, avec la vigueur du désespoir, pour qu’il daigne enfin pousser son premier cri. Qui ne saurait jamais ni lire ni écrire. Ni parler comme il faut. Mal foutu dans sa tête, assurément, mais aussi dans son corps. Car le diabète veillait au grain. Alors, inutile d’en rajouter!… Ce qui n’était pas prévu dans cette histoire d’éloignement, c’est qu’au lieu de durer une dizaine de jours, ou deux, trois semaines, il se poursuivrait pendant des mois. Des mois pendant lesquels Guillaume serait alité les trois quarts du temps. Car après les oreillons, il s’était empressé d’attraper la rougeole. Une rougeole carabinée, avait-on déploré. Fièvre. Toux épaisse. Diarrhée. Et paupières gonflées. La parfaite panoplie ! Pauvre gamin. On le plaignait. «Dire qu’il était si heureux d’aller à l’école. D’apprendre la grammaire et le calcul, la géographie et l’histoire de France… Déjà, il aimait tant sa maîtresse…» répondaient ses parents à qui les questionnait sur l’évolution de sa santé. Son père, à ses collègues de travail. Sa mère, aux personnes qu’elle rencontrait dans la rue, commerçants et voisins. Des boutons, il en avait eu sur tout le corps. Comment il avait pu attraper ça? et où? Mystère et boule de gomme! En bref, quelques promenades dans le bois de Vincennes, après les oreillons, avaient eu raison de sa résistance. C’était un fait. Une constatation. Que dire de plus?
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hcdahlemhcdahlem   15 février 2019
Guillaume ne parlait pas du mont Blanc. Il faisait comme les autres. Pourtant, en cachette, il lui adressait souvent la parole. Ainsi, le matin, après le petit déjeuner, ou dans l’après-midi, en rentrant de promenade. Il se mettait alors à la fenêtre et profitait de ce que ses camarades jouaient entre eux, comme un peu de temps qu’il leur aurait dérobé, pour lui raconter ce qu’il pensait ne pouvoir dire à personne d’autre, pas même à Nathalie.
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