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EAN : 9782370730411
171 pages
Éditeur : Allary Editions (26/02/2015)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Djihad au cœur de Paris, croisade anti-européenne de Poutine, FN premier parti de France, stars négationnistes du web : des forces réactionnaires que tout semble distinguer à première vue lancent un défi commun à nos principes et nos modes de vie. Jamais depuis 70 ans notre modèle démocratique ne fut si contesté. La tentation du repli gagne les peuples européens. Le face-à-face entre les islamistes et l'extrême droite menace la France de Voltaire, Brassens et Charli... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
michfred
  30 août 2015

- « Vous avez remarqué qu'on ne parle plus de défense des droits de l'homme mais de « droit-de-l'-hommisme » ? Qu'on n'évoque plus la fraternité et le droit à la liberté, quand on veut, par exemple, régulariser les réfugiés politiques, sans être accusé d' « angélisme »?
Notre vocabulaire voltairien et républicain est frappé de caducité, de ringardise. Honteuse, gênée aux entournures par cet « idéalisme » naïf qui faisait sa marque, la république a adopté le langage de ses pires ennemis. Parce qu'elle n'a plus d'histoire à raconter, parce qu'elle ne croit plus à ses propres valeurs. Parce qu'elle reste aphone, apathique, aboulique face au discours réactionnaire et ultra-droitier à l'honneur… »
La remarque, ici livrée en substance, (ma citation n'est pas littérale…j'étais en train de conduire…) était faite au micro de Laure Adler, hier, sur France-Inter, à l'excellente émission « Permis de penser ». Elle émanait d'un jeune philosophe, au patronyme familier à ma génération, mais dont le prénom, neuf, indiquait qu'il faisait, lui, partie de la suivante, de la Génération Gueule de Bois, le titre de son livre. Je venais d'entendre Raphaël Gluksmann intervenir dans une émission ayant pour thème l'immigration. A mon arrivée, je me suis précipitée sur le livre en question…
Pas déçue du voyage…
Son « Manuel de lutte contre les réacs », -c'est le sous-titre- , un essai politique et philosophique, en quelques chapitres bien sentis, démontre l'état catastrophique de nos démocraties européennes, livrées à la vulgate extrême-droitière qui ne « sévit » pas mais règne .. benoîtement (comme Alain de Benoît, le « penseur » du FN) par le biais de son langage – islamophobie pour racisme, par exemple- et le repli sur ses valeurs –état-nation, sécurité, frontière, identité, religion.
Comme si son idéologie était devenue la seule alternative face à la menace du terrorisme et au vaste magma de la mondialisation.
Analysant le reliquat des révolutions arabes, l'après Maïdan, et l'après Charlie, Raphaël Gluksmann s'arrête sur ce nouveau monde « horizontal », sans plus la moindre référence verticale –un chef, un parti, une idéologie- un monde fait de la juxtaposition d' individualités connectées, réunies par une même affirmation de liberté…mais dans une cacophonie de désirs, d'horizons et de credos contradictoires.
La place Tahrir, la place Maïdan, la place de la République après les 7 et 9 janvier 2015.
Mais cette mondialisation civique a son revers : celui de la mondialisation de la terreur, de la mondialisation des intégrismes.
Face à cette alternative - entre le rêve d'un monde meilleur et le cauchemar de la déferlante du pire, ce sont les réactionnaires, hélas, qui ont su trouver le mot juste, capter la dialectique qui a su faire des uns, des rêveurs dépassés par les événements et des autres, l'épouvantail idéal.
Les premiers ont déjà perdu, presque partout ; les autres n'ont pas encore gagné, mais ceux qui se dressent en rempart contre leur ultra-violence exercent d'ores et déjà leur pernicieuse progression. Avec Poutine en sous-main et en soutien bancaire, les partis néo-fascistes (tout est dans le néo..), en toute légalité et proprettement relookés, sont déjà à l'oeuvre partout contre les valeurs des Lumières, les idéaux démocratiques, laïques et républicains, la construction d'une Europe politique et culturelle – et non plus l'usine à gaz économique et bureaucratique actuelle .
C'est fort- je vous recommande le chapitre d'anticipation sur la Victoire Tranquille de Marine le Pen en mai 2017 : glaçant !
C'est d'une lucidité décapante, d'une vérité tragique, mais cela donne aussi des coups de pieds au cul salutaires.
Pour lutter efficacement contre ces « réacs » -ne pas confondre avec les conservateurs, qui s'accrochent à des valeurs obsolescentes, les réacs sont ceux qui veulent un grand bond en arrière, vers ce qui n'existe déjà plus- Gluksmann prône le retour à une langue revivifiée par une vraie vision, un vrai projet politique et culturel. .
« Il va vous falloir trancher chez vous, comme nous l'avons fait en Algérie », disait en mourant le grand poète et philosophe algérien Abdelwahab Meddeb à son ami. « Ils veulent enlaidir le monde en supprimant l'équivocité, en abolissant le mélange. Ils veulent tout réduire à un sens et un visage uniques….Le monde s'engage dans un va-et-vient suicidaire entre la laideur islamiste et la laideur nationaliste… »
Oui, il va nous falloir trancher… En retrouvant le fil d'un récit perdu, en redonnant du sens, en attaquant, sans peur, les contre-sens. En confondant les non-sens.
En faisant appel à l'éducation, au service civique, à la littérature.
La mère de Gary dans La Promesse de l'aube, le flamboyant esprit humaniste De La Renaissance, le Discours sur la servitude volontaire de la Boétie, le scepticisme souriant de Montaigne, la lutte contre le fanatisme de Voltaire viennent au secours d'un monde menacé par la haine virulente d'un Alain Soral et celle, pernicieuse, d'un Eric Zemmour.
Dans notre histoire des idées, un Voltaire aura toujours le dernier mot sur un Joseph de Maistre, non ?

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flolunaire
  03 mars 2018
Au travers d'une expérience politique et citoyenne, R. Glucksmann inscrit une logique militante au coeur d'une société française qui semble s'être assoupie. A l'aulne des révolutions de l'Est et des attentats en France, l'essayiste tente d'analyser la contestation du modèle démocratique dans notre société.
Ce livre est surtout un appel au mouvement politique et à la conscience citoyenne ici et ailleurs. Un ouvrage intéressant qui pousse à s'interroger sur la situation de la démocratie et son avenir sous notre ciel et ailleurs.
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Wilena
  03 janvier 2016
Un très bon livre, qui décrit vraiment bien ce que beaucoup pensent tout bas, et qui nous rappelle que nous avons tous une responsabilité et que c'est à nous de faire bouger les lignes car nos dirigeants ont sombré dans un immobilisme qui nous mène droit dans le mur. C'est un livre qui fait du bien et qui donne envie de se bouger !
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Lilla
  11 septembre 2015
Réflexions intéressantes sur l'après Charlie. Eh oui, que faire maintenant ? Pas de solutions toutes faites dans ce livre mais un constat et un rappel sur la nécessité d'agir vite face à l'obscurantisme et au fascisme religieux...Au boulot :)
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Trop_Libre
  15 février 2016
Cet ouvrage est à la fois un plaidoyer républicain et un réquisitoire adressé aux « réacs » en tous genres. Il s'adresse d'avantage aux passions du lecteur qu'à la raison. En tant que « Manuel de lutte contre les réacs », il utilise la polémique, le combat idéologique contre les mouvements réactionnaires, à des fins politiques, pour réanimer les sentiments républicains de chacun dans une prise de conscience active de ce qui signifie être Français aujourd'hui. Il s'agit de redonner du sens au terme « politique », pour contrer le remplissage sémantique par une pensée antirépublicaine, d'un mot devenu vide de sens.
Le compte-rendu complet est à retrouver ici :
Lien : http://www.trop-libre.fr/pla..
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critiques presse (1)
Lexpress   13 avril 2015
Raphaël Glucksmann dénonce la panne d'idées des Occidentaux face à Poutine, à Le Pen ou à l'islamisme. Manuel engagé.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   30 août 2015
Les autorités allemandes et pétainistes voulaient montrer que la résistance était le fait d'"étrangers" , ils mettaient en image sans le savoir le cœur même du récit national. Manouchian, Rajman, Alonso et les autres n'avaient pas une goutte de sang "français" et ils versèrent le leur pour la France. Pourquoi? Parce qu'elle était plus qu'un sol sur lequel ils avaient échoué, elle était une idée qu'ils avaient épousée, un livre ouvert qu'ils voulaient contribuer à écrire.
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RenodRenod   15 octobre 2016
Pierre Mendès France proclamait en 1957 : « La République se construit sans cesse, elle ne peut qu’être éternellement révolutionnaire, à l’encontre de l’inégalité, de l’oppression, de la misère, de la routine, des préjugés, éternellement inachevée tant qu’il reste des progrès à accomplir. » Comme il reste toujours des « progrès à accomplir », la République est consubstantiellement « inachevée » et « révolutionnaire ». Elle est un projet d’émancipation sans début ni fin, un chantier permanent. Quel message correspond plus à notre monde horizontal que cette « éternelle » révolution républicaine ? En se figeant dans le marbre, notre République meurt. En se pensant, se disant, se vivant comme un perpétuel devenir, elle est la réponse que nous cherchons aux défis du temps.
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michfredmichfred   30 août 2015
Le réactionnaire fleurit dans les périodes de crise. Seule la déchéance des clercs permet l'essor de Zemmour. Si les professeurs d'université avaient encore voix au chapitre, ses approximations historiques n'auraient jamais rencontré un tel écho.
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chrislavchrislav   11 avril 2015
Les autorités politiques, syndicales, intellectuelles ou médiatiques habilitées à sélectionner les orateurs ou à valider les contenus ont leur place au musée Grevin ou dans des mausolées.Il n'y a plus ni Trotski ni Mahomet pour présider au changement, révéler la finalité de l'instant vécu.Pas non plus de Maurice Thorez pour "savoir finir une grève" comme en 1936.Personne ne peut siffler la fin de la partie et décréter l'échec ou la réussite d'un mouvement.
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michfredmichfred   30 août 2015
L'extrême-droite semble aux portes du pouvoir et tous les autres partis se demandent comment lui barrer la route, oscillant entre la "solution" suédoise (un pacte de non-agression unissant droite et gauche pour contrecarrer ses progrès) et son inverse danoise ( la faire entrer au gouvernement pour administrer la preuve de son inefficacité ou la "normaliser"). les deux modèles comportent des risques immenses.
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Vidéo de Raphaël Glucksmann
Trois semaines après les élections européennes, Mediapart réunit sur le même plateau les représentants des différents partis de gauche. Que sont-ils prêts à faire ensemble ? Quels sont leurs désaccords ? Ils s?expliquent et débattent. Avec Manon Aubry pour la France Insoumise, Ian Brossat pour le Parti communiste, Raphaël Glucksmann pour le PS/Place publique, David Cormand pour Europe Écologie les Verts, et Guillaume Balas pour Génération.s.
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