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EAN : 9782841728862
Éditeur : L'Atalante (24/01/2019)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 44 notes)
Résumé :
Novembre 2016. Ilya rentre à Moscou après sept années de détention dans la zone – une de ces régions de Sibérie peu peuplées où la Russie installe des camps pénitentiaires –, bien décidé à tourner la page et à reprendre une vie normale.
À peine arrivé, il est confronté à la mort de sa mère, à une fin de non-recevoir de la femme qu’il aimait et à un monde qu’il ne reconnaît plus. La nuit même de son retour, l’esprit embrumé par l’alcool et la rage chevillée au... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Floyd2408
  09 janvier 2019
C'est une masse critique Babelio qui m'a fait découvrir cet auteur et ce roman Dmitry Glukhovsky et son Texto, je remercie encore L'Atalante et Babelio pour cette merveilleuse pépite, ce joyau russe, la Russie ombre de beaucoup d'ouvrage, soleil écarlate d'un peuple slave narré par beaucoup d'âme torturé, un pays perdu dans des traditions profondes au coeur même de leur chair, une administration débordante d'absurdité humaine, Texto est un kaléidoscope moderne d'une Russie à la poupée russe, empirique de ses adages historiques.
Dmitry Glukhovsky est un auteur russe, originaire de Moscou, ayant fait des études en relations internationales à Jérusalem, vagabond terrestre, il parle plus de six langues, il a travaillé pour les chaînes Russia Today, EuroNews et Deutsche Welle, il se consacre pleinement à l'écriture, il a notamment travaillé et continue encore de publier des articles pour le journal Novaïa Gazeta où travaillait la journaliste Anna Politkovskaïa, assassinée en 2006. Dmitry Glukhovsky a marqué de son empreinte le monde littéraire avec Métro 2033, publié en 2005, un roman anti-utopiste comme 1984 de Georges Orwell et plus récemment La servante écarlate de Margaret Atwood en 1985. Ce roman enfantera une suite avec Metro 2034 et Métro 2035, une trilogie dystopie post-apocalyptique, couronné par un jeu vidéo du même titre, explosant des records ventes. Outre cette trilogie, Dmitry Glukhovsky a écrit d'autres romans comme Sumerki, traduit et publié en 2014, FUTU.RE en 2015 et dernièrement Texto.
Texto est un roman actuel, moderne, perçant la Russie moderne à travers la chevauchée tumultueuse d'un jeune étudiant sortant de prison après une peine de sept ans de prison pour détention de drogue. Une vie s'entrecroise, s'entremêle, se diffuse, s'étiole, s'effrite, se consume, s'évapore, se dédouble entre cet étudiant piégé par un jeune flic fougueux et surtout véreux, par le téléphone portable de ce dernier, tombé dans les mains de la victime, la vie intime du téléphone sera une voix nouvelle pour ce jeune banlieusard de Moscou, résidant à Lobnia.
Ce préambule est une petite friandise sublime, Texto est comme une architecture d'un trompe l'oeil, un édifice au coeur double, comme pouvait le faire plus simplement Stefan Zweig, narrant ses histoires à y travers le récit d'une tierce personne ou d'une lettre comme Lettre d'une inconnue, Texto tisse sa toile au fil de la mémoire d'un téléphone avec celle maladroite du tueur de son propriétaire, Moscou trône sa majestueuse grandeur au côté de tous ses personnages rongés par la société de corruption russe.
Moscou semble être une terre promise, une ville en mutation, au vestige passé oeuvrant sa force vitale dans une croissance vertigineuse, les périphériques sont surchargés, au contraire de Lobnia, statique sous les yeux de notre héros, Ilya, libéré de prison, dite la Zone, au bout de sept ans, son regard innocent perce la mutation de cette ville et de sa banlieue. Dmitry Glukhovsky entraine le lecteur dans une intrigue moderne d'une Russie contemporaine où navigue comme un écho, l'esprit critique de sa patrie, comme tant d'autres, Moscou et ses habitants piégés dans une caste absurde. Ce Moscou est la vision de celui qui le visite et de son guide, Moscou vibre de sa mutation, toujours une linéarité Moscovite trébuchante.
« la terre moscovite ne voulait pas être aplanie »
Ce n'est pas comme l'a fait Alexandre Soljenitsyne avec son roman vérité L'Archipel du Goulag. 1918-1956, essai d'investigation littéraire, parlant du Goulag et monde du travail forcé, juste une parenthèse sur le monde carcérale et de sa sous-culture, une plongé timide de Ilya brisé d'avoir été lancé en pâture par un jeune flic, aux dents longues, dans cet univers à l'animalité de survit, celle de la loi du plus fort et de l'argent, avoir en soi le silence absurde d'une hiérarchie enclavant toute éducation sociétale, devenir le jouet des autres et attendre la libération au prix trop lourd à survivre, vivre de cette Zone non humanisme. Tiraillé entre deux clans s'opposant, la zone libère sa loi, les blatnoy, les mouchards, les matons, tous s'affrontent dans une guerre de pouvoir, même l'administration est corrompue, l'argent domine la société russe, pour avoir une libération anticiper il faut toujours donner quelque chose en échange, Ilya ne cédera pas à cette hiérarchie de la corruption, refusant de sortir six mois plus tôt, refusant de dénoncer à tort celui qui l'a pris sous son aile, le protégeant de l'animalité malsaine de la prison, refusant de se pervertir , Ilya résiste à la zone pour être celui qui l'anime au plus profond de son être.
Ilya est le miroir de la société Russe, son regard va de corruption en corruption, même devant la télé, la propagande contre la démocratie à travers des jeux animés par des bobos, les apparitions du chef de l'état avec son discours ficelé, les informations relatant la force de la Russie face aux nations jalouses, même le passeport est un tour de magie administratif vénale, payer pour obtenir une liberté perdue dans cette zone pour un sachet de drogue dissimilé par une jeune flic véreux, sept d'une vie pour de la drogue qu'il n'avait pas, sept à perdre son amoureuse, sept à survivre, sept sans sa mère, morte deux jours avant sa libération, cet héros comme la plupart des russes narré par Dmitry Glukhovsky se perd dans la vodka, mais s'aspire dans des monologues sans fin sur sa condition. La vodka perce une Russie dans les méandres de ce breuvage festif et collectif, les vapeurs solitaires annihilent l'esprit et le corps, l'âme Russe navigue dans ses eaux troubles mais la cocaïne fissure peu à petit cet héritage.
Ce roman à la trinité des sons, la mémoire du téléphone, les pensées d'Ilya et la narration des événements, cette triple voix bouscule le lecteur à naviguer dans les ruissellements de cette rame dramatique. Dmitry Glukhovsky avec son personnage principal Ilya, entraine l'intrigue dans une schizophrène folle de notre jeune repris de justice, tirailler entre la vie de sa victime, le jeune flic l'ayant fait arrêté, et sa propre vie, ce dédoublement aspire le lecteur dans une entrainante cascade d'événement multiple, scénarisé comme un film, ou les personnages annexes, des figurants sont présents de leur voix, un couple dans la rue bavardant, des jeunes dans un bar, tous sont éphémères et inertes à l'intrigue mais participe à ce roman multiple.
Ilya se noie petit à petit dans la vie du jeune flic Petia Khazine, entre ses parents, sa petite amie Nina enceinte, ses contacts et sa hiérarchie, mais aussi sa propre vie, avec la mort de sa mère encore à la morgue, désirant partir de la Russie en obtenant un passeport, devoir gagner de l'argent grâce business de trafiquant de drogue pour s'enfuir. Cette trame s'étire avec beaucoup de puissance, un vertige des sens où le final se fait cabotin, un roman policier, critique d'une Russie gangrénée de toute part, une Russie sur son piédestal de ses dirigeants trompeur et truqueurs, une Russie se métamorphosant dans un capitaliste ou le rêve se vend à prix d'or, une Russie contemporaine s'axant vers une destinée nouvelle, gardant son despotisme légendaire avec un Poutine ultra présent.
Ilya sera-t-il faire face à cette dualité, survire à sa vie, jouer la comédie de la vie d'un autre, perde contact avec ses convictions, aller s'enfuir dans un éden lointain en oubliant ses racines et ses convictions, Dmitry Glukhovsky fera de son héros un martyr Russe tel jésus ou un Juda de sa propre vie, venez-vous perdre dans Texto et vous évaporer dans une intrigue fort réaliste.
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Le_chien_critique
  25 février 2019
Si toi aussi tu tentes de survivre dans cette société des apparences, dans ce monde où l'individualisme règne, où écraser son prochain pour gravir un échelon de l'échelle de la réussite est un sport de haute lutte, lis Texto et réfléchis à ton épitaphe !
De la littérature blanche avec de vrais mort-vivants ou des vivant-morts et des fantômes.
Dmitry Glukhovsky fait parti des auteurs dont j'achète chaque parution. Ici, au vue du pitch, je croyais qu'il s'agissait d'une anticipation sur le téléphone. Après lecture de quelques chapitres, je commençais à me poser de sérieuses questions sur le côté SF du roman, me demandant comment l'auteur aller retourner la situation. Ce qu'il ne fit pas : nous sommes devant un texte de littérature général. Mais même si j'ai été assez déstabilisé de me retrouver devant un roman sans voitures volantes, sans petits hommes verts et sans imprimantes 3D, le récit m'a vite pris dans ses filets, me demandant comment ce jeune sortant de prison allait se sortir du bordel où il s'est mis.
Ilya Lvovitch vient de finir de purger sa peine de sept ans de prison. Il retourne vivre chez sa mère, pensant en avoir fini avec l'horreur. Mais cette chienne de vie lui réserve quelques chausse trappe dont elle a le secret. Nous allons découvrir peu à peu pourquoi il a été emprisonné, et les conséquences sur sa vie, et celles de quelques autres.
Roman qui aurait pu être assez conceptuel, car le smarthphone est tout de même l'un des personnages principaux. Mais l'écueil est évité avec brio, l'auteur se jouant des interstices vides entre les photos, les sms, les vidéos et autres applis capturant notre quotidien. On ne partage que ce que nous voulons bien, le reste demeurant notre vie privée. Notre anti héros va devoir jongler avec cette mémoire technologique incomplète pour dénouer l'écheveau d'intrigues.
Derrière tout cela, Dmitry Glukhovsky nous parle de la société russe, du sens de la peine, de la justice, de l'éducation, des valeurs. Comment se tenir droit et honnête lorsque ceux qui "réussissent" sont ceux qui se jouent du système, qui sont le système. Comment vivre sa vie lorsque celle ci vous a été prise, dont on vous a privé quelques années. Ilya Lvovitch tente de vivre une nouvelle vie par procuration, de rattraper les erreurs du propriétaire du smartphone. Mais peut on se racheter ? C'est aussi une réflexion sur l'apparence, celle que les gens ont de nous, dans la vie réelle, mais aussi par les réseaux sociaux. Nous n'avons qu'un aperçu d'une personne, forcément subjectif. Se connait on vraiment, connait on réellement ceux qui nous entourent ?
Bémol cependant qui m'a fait tiquer à certains moment : le pistage possible si l'on a un smartphone sur soi, qu'il soit éteint ou allumé. L'auteur laisse sous entendre qu'une fois éteint, nous sommes invisibles. Mais comme le narrateur n'est pas une source fiable, à la limite de la parano, est ce que ce n'est pas lui qui se fait un film ?
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Maks
  11 février 2019
Dmitry Glukhovsky est un de mes auteurs préférés, et surtout il a écrit mon roman préféré « Futu.Re » ainsi que le « monde » très étendu de « Métro 2033 » en écrivant 3 romans et en y intégrant plusieurs jeux vidéos ainsi que des romans d'autres auteurs (amateurs) qu'il publie enfin d'étendre encore cet univers. Tout cela pour dire que j'attendais beaucoup de ce nouveau roman, même sachant que ce n'était pas de la science-fiction, nous sommes ici dans un thriller, et malheureusement je suis déçu de ma lecture, cela me laisse un goût amère et me fait espérer un prochain roman plus dynamique.
Ce que je reproche à « Texto » n'est autre qu'une énorme lenteur qui s'installe après 150 pages et qui reste jusqu'au bout. Je me suis ennuyé malgré un sujet intéressant, jusqu'à me forcer à lire pour le finir (en me disant à chaque fois : mais mince pourquoi, pourquoi Dmitry Glukhovsky à donné ce rythme à son livre…).
Il y a une autre chose avec laquelle j'ai eu du mal, c'est « Ilya », le personnage principal de l'histoire, il est juste insupportable, j'avais envie de le secouer, de lui dire mais réveille toi, dans quel monde tu vis, bouge toi. En plus j'ai trouvé ses réactions assez spéciales. Alors je lui laisserai le bénéfice du doute sur son mental car il sort de plusieurs années de prison dans laquelle il à été placé jeune, et en plus en étant innocent. Il n'empêche qu'il est complètement à coté de ses pompes.
Aller, une bonne chose, le scénario.
Dmitry Glukhovsky sort cette histoire de sa tête d'un coup de baguette magique, toujours aussi inspiré que pour ces précédents romans, c'est ici vraiment le point positif de cette synthèse, si seulement il y avait mis plus de rythme et un personnage moins agaçant nous aurions pu avoir encore une fois un chef d'oeuvre comme pour Métro 2033 ou Futu.Re. C'est dommage car le potentiel était là.
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Marie-Nel
  06 juin 2019
Je ne connaissais pas du tout Dmitry Glukhovsky, et pourtant, son roman Metro est célèbre. Je suis contente d'avoir pu le découvrir grâce à ce dernier roman qui me donne envie maintenant de lire ses romans précédents.
On suit ici Ilya. Il revient chez sa mère après avoir été emprisonné sept ans. Il arrive malheureusement trop tard car sa mère est décédée. Il accuse difficilement le coup et noie sa douleur dans l'alcool. Il décide le soir de retrouver celui à cause de qui il est allé injustement en prison. Leur rencontre se passe mal, il le tue. Se rendant compte le lendemain de son geste, il décide de rassembler de l'argent pour payer une sépulture pour sa mère. Il va ainsi utiliser le téléphone volé à sa victime et faire ainsi croire à ses contacts qu'il est toujours en vie et pouvoir leur soudoyer l'argent. Car cette victime n'est autre qu'un officier véreux qui trempait dans des magouilles pas claires. Ylia sait qu'il a peu de temps pour récolter de l'argent, le corps de l'officier pouvant être découvert à tout moment. Ylia va s'immiscer dans la vie du mort, prendre des décisions personnelles à sa place, chercher le pardon auprès de ses proches. Mais à force de jouer le rôle du mort, Ylia finit par en perdre sa propre identité…comment va-t-il pouvoir s'en sortir ? Les contacts sont-ils se rendre compte de la supercherie ? Quelle sera leur réaction ? Comment tout cela va-t-il se finir ?
Toutes ces questions, je me les suis posées régulièrement tout au long de ma lecture. J'avais beaucoup de mal à me dire qu'il pouvait s'en sortir sans dégâts. Prendre l'identité d'un autre est dangereux, et encore plus en Russie, avec, comme si ce n'était pas suffisant, un policier ayant des contacts très louches et influents. Toute l'action se passe en 2016, sur un espace temps assez court, moins d'une semaine. On suit Ylia avec appréhension, on a peur pour lui, il a parfois des idées tellement farfelues qu'on se demande comment il va pouvoir se dépêtrer de tout cela. Je l'ai trouvé très culotté et en même temps irresponsable et surtout impulsif. Il prend des décisions sans réfléchir aux conséquences, il ne prend pas le temps de réfléchir à la portée de ses actes et paroles. Car par texto, il rend le policier plus humain auprès de ses proches, chose assez étonnante. Je n'ai pas réussi à m'attacher à Ylia, mais je pense que ce n'était pas ce à quoi cherchait l'auteur. J'ai trouvé Ylia parfois lymphatique et lent, j'avais parfois envie de le secouer.
Pour ce qui est de l'écriture et du style de Dmitry Glukhovsky, je me suis régalée. Il parle à merveille de Moscou, la dépeint sans fards, brute de pomme, sans chercher à la rendre belle, elle est décrite comme elle est. L'ambiance est également très bien retranscrite, que ce soit dans les petites rues et quartiers sombres ou dans le métro, comme les cafés et les grandes places célèbres. J'ai ressenti le froid de l'hiver, la chaleur d'un bistrot, tout ce qui peut-être représentatif de cette ville. L'auteur livre un portrait de Moscou, comme il l'a fait pour ses personnages. La ville tient autant de place que le héros.
Le style d'écriture est incisif, puissant, parfois brute ou contemplatif. Les chapitres sont assez longs mais il se passe tellement de choses pendant que je ne les ai pas vus défiler. J'avais lu des avis où il était mentionné des longueurs. Je n'ai pas trouvé pour ma part. Cette impression de longueur est pour moi rendue à cause de la nonchalance et une certaine lenteur d'Ylia à certains moments. Il faut dire aussi qu'Ilya, étant seul tout au long du roman, se parle à lui-même très souvent, réfléchissant à ce qu'il doit faire. Ces passages sont écrits en italique, sont généralement à la première personne du singulier, ce qui permet de se mettre encore mieux dans la tête du héros. Il s'adresse à lui-même ou à sa mère ou aux autres personnes qu'il côtoie. J'ai bien aimé ce procédé.
J'ai vraiment beaucoup aimé cette histoire. L'auteur met l'accent sur les travers du téléphone portable, que ce soit dans les comportements des gens qui ne se parlent plus, ayant les yeux rivés à leur téléphone ou que ce soit dans les dangers de voir des informations privées divulguer si le téléphone tombe dans d'autres mains. Un phénomène de société qui a déjà chamboulé celle-ci dans les comportements ou les relations. Combien de fois, je vois des couples aux terrasses de café préférant regarder leur téléphone plutôt que profiter de l'autre ou du paysage. Et je ne parle même pas des informations privées contenues dans ces objets qui peuvent être découvertes ou encore à l'opposé de l'absence de traces, d'écrits, tout se passant maintenant par Sms et non plus par courrier… Quand on y pense, on se rend compte des changements qui ont pu avoir lieu ces dernières années…Bref…tout ça pour dire que ce roman questionne, interroge, pousse à la réflexion, et ça j'aime beaucoup.
Texto est donc un roman noir, sombre, psychologique, prenant, on a tellement envie de savoir comment tout cela va se terminer, savoir comment le héros va se dépêtrer des situations parfois difficiles, que l'on tourne les pages assez rapidement. Et pour aboutir à un final auquel je ne m'attendais pas, et pourtant en y réfléchissant bien, je ne vois pas vers quelle fin on pouvait aboutir. Ce roman doit être adapté au cinéma, et franchement, l'auteur a tellement une écriture très visuelle que j'avais l'impression de voir défiler l'histoire sur grand écran. Je serai curieuse de découvrir cette adaptation d'ailleurs, même si c'est en VO.
Je pense que je vais me procurer rapidement son autre roman Métro qui est apparemment un grand succès de Dmitry Glukhovsky. Je suis très contente d'avoir lu ce roman, il sort de mes lectures habituelles par l'ambiance slave et c'est toujours plaisant d'explorer d'autres lieux.
Un roman que je vous recommande donc, un auteur russe à lire assurément.
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collectifpolar
  22 novembre 2019
Moscou, novembre 2016. Ilya rentre chez lui après sept années de détention dans un camp de Sibérie. Sa mère est décédée et sa femme le quitte. Eméché, il tue le policier qui l'a piégé des années plus tôt et s'empare de son téléphone. Son seul but est d'offrir une sépulture décente à sa mère avant d'être arrêté. Il s'emploie dès lors à faire croire à ses proches que l'homme est toujours vivant.
Texto n'a rien de commun avec ce que l'on peut lire habituellement.
Je pensais entrer dans thriller, et bien il n'en est rien. Ce livre est bien plus complexe que ça
D'ailleurs difficile de classer ce texte. Pourtant il entre dans de nombreuse catégorie. Il a un petit coté anticipation quand on y réfléchi, le net, ces applications, le virtuel qui deviendrait la vie réelle. Il a quelque chose du roman noir, corruption à tous les étages, société à deux vitesses on y parle de rédemption aussi. Il y a un petit coté roman policier, pas vraiment une histoire de vengeance, quoique !
Bref difficile de parler de Texto, il faut le lire pour comprendre. Dmitry Glukhovsky nous parle du pouvoir et de ses dérives, de ses compromissions, Il nous parle de corruption... Il nous montre une Russie qui change, ou le fric est devenu le graal et ou pour l'obtenir on est prêt à tout. Un monde ou la mesquinerie est loi.
Lorsque Ilya cherche à faire revivre sa victime à travers de simple textos, il essaie juste de gagner un peu de temps. Pourtant très vite tout cela lui échappe, et il va devenir l'autre. En s'emparant de son smartphone, il s'empare de tout ce qui a fait sa victime. Il y découvre les secrets d'une vie, celle de l'homme qui l'a envoyé injustement en prison. Et bientôt ses secrets le dépassent.
Et puis il y a le rythme du bouquin, il y a ce texte, ces textes devrais-je dire. Car le bouquin est émaillé de texto, de photos, d'instants de vie pris au piège. L'auteur distille lentement tous ses éléments. Durant 150 pages, il ne se passe pas grand-chose finalement dans cette histoire. Non, on est là, simple spectateur. Et cette inaction est troublante, déstabilisante même. 150 pages qui auraient pu me lasser, que j'aurai pu abandonner. Mais il n'en a rien été.
Car je ne me suis pas ennuyée à la lecture de Texto, j'ai été juste bousculée. Je n'ai pas réussi à parler de ce livre, je ne savais quoi en penser. Surtout que de Dmitry Glukhovsky je connaissais les excellents romans post-apocalyptiques, ses thrillers fantastique. Ici, Dmitry Glukhovsky se fait la voix critique de la Russie contemporaine. Il radiographie la société russe, il nous donne à voir l'envers du décor :  inégalités, surveillances, corruptions, violences Et j'avoue qu'au final, il m'a bien bluffée.

Lien : https://collectifpolar.com
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critiques presse (1)
Liberation   17 mai 2019
Dmitry Glukhovsky sait y faire pour nous tenir en haleine, nous plonger peu à peu dans cette Russie déchirée entre tout puissants et pauvres types, corrompus et innocents.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
collectifpolarcollectifpolar   22 novembre 2019
— Tu t’es rééduqué, Ilya Lvovitch ? laissa tomber le lieutenant en se retournant enfin.

Pourtant, il tenait toujours le document qu’il entreprit de plier en deux. Moscou s’éloignait derrière lui, se réduisait à la taille d’une maquette, les ciels filaient en se repliant sur eux-mêmes, le tumulte de la foule et les rugissements des moteurs s’assourdissaient. La bedaine du lieutenant, sa veste tachetée et sa trogne éclipsaient la capitale. Son instinct soufflait à Ilya que l’autre ne pouvait rien lui faire ; qu’il fallait seulement lui laisser ressentir la mesure de son pouvoir. Cette tension relâchée, il le relâcherait à son tour. C’était pour cela qu’il se trouvait ici, pour cela qu’il s’était enrôlé.

— Tout à fait, monsieur l’agent.

— Tu te rends à ton domicile ?

— À Lobnia.

— À l’adresse enregistrée ?

— Depovskaïa, au no 6.

Le lieutenant vérifia l’information dans le passeport en froissant sans raison les pages adjacentes. Il avait sans doute le même âge qu’Ilya, mais les pattes d’épaule le faisaient paraître plus âgé ; alors que c’était pour le détenu – et non pour le lieutenant – que chacune des sept dernières années avait compté triple.

— Tu rentres chez toi. Comme tu en as le droit, lâcha-t-il, avant de se remettre à lire. Article 228. Premier alinéa. C’est quoi, ça ? Rappelle-moi.
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collectifpolarcollectifpolar   22 novembre 2019
La fenêtre laissait voir une palissade continue de sapins brouillée par les parasites blancs de la tempête de neige ; les poteaux télégraphiques défilaient comme les premiers plans d’un film en noir et blanc. C’était la Russie qu’on montrait par la vitre, toujours la même depuis Solikamsk : les sapins, la neige, les poteaux, puis une clairière avec des isbas ratatinées, une gare avec, en arrière-plan, des bâtiments anémiques à un étage aux parements de silicate, et de nouveau une forêt infranchissable d’un million de sapins plantés si dru le long des voies qu’on aurait dit un mur de barbelés. C’était dans cette construction naturelle répétée à l’infini que résidaient la puissance, la grandeur et la beauté du pays qui s’étendait par-delà la vitre. Une putain de beauté, ouais !
— Qu’est-ce que tu vas faire ?
— Je vais vivre. Tu ferais quoi, toi ?
— Je le buterais.
— Eh ouais. Moi, je lui ai pardonné. Je veux vivre, maintenant. Dis, tu peux me filer ton téléphone, une seconde ? J’sais pas pourquoi, mais ma mère ne répond pas.
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Le_chien_critiqueLe_chien_critique   25 février 2019
La prison est une punition, non ? Afin de payer pour ce qui a été commis. Ou est-ce juste une leçon ? Réponds-moi comme une enseignante. C’est pour se venger de celui qui a volé ou tué ou pour apprendre aux autres à ne pas voler ou tuer ? Qu’est-ce que j’ai fait ? J’ai mis des petits flotteurs lumineux dans la rivière. C’est pour ça que j’ai pris sept ans ? Donc ce n’est pas une punition mais une leçon, pour que je ne contredise plus jamais un flic. Ou était-ce une leçon de la vie qu’il m’a fallu sept ans pour assimiler ? On fait moins d’études pour devenir médecin, putain, qu’est-ce que c’est que cette leçon ? Et pourquoi a-t-on inculqué d’autres leçons à Petia ? Qu’il ne faut pas payer, mais qu’il faut resquiller. Que si on bouffe les autres avec assez d’aplomb, ils n’auront pas le temps de penser à la vengeance.
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collectifpolarcollectifpolar   22 novembre 2019
À l’époque, il prenait le train de banlieue pour rejoindre Moscou depuis sa Lobnia natale et se rendre à l’université, dans les clubs, aux concerts, et à chaque fois il s’imaginait moscovite. Il n’aurait qu’à terminer ses études, trouver un travail dans le centre-ville et prendre une collocation avec des amis. La terre de la capitale était magique, enrichie aux hormones de croissance : il suffisait d’y planter ses souhaits pour qu’apparaissent un travail bien rémunéré, des amis trendy, et les plus belles filles. Moscou était ivre d’elle-même et partageait son ébriété avec chacun. Tout y était possible. Et la ville n’aurait rien perdu si Ilya avait prélevé sa petite part de bonheur de sa pâte sucrée.
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Le_chien_critiqueLe_chien_critique   25 février 2019
Il étudia le trajet. L’application lui suggéra non seulement un parcours, mais calcula le temps de déplacement : une heure porte à porte. Elle était bien pratique, cette appli. Si seulement on pouvait faire de même avec le destin : saisir au point A la position actuelle, au point B ce à quoi on voulait arriver. Puis on laisserait Yandex prendre en main le récit : d’abord, mille kilomètres à pied, puis trois ans de train, puis deux mariages, trois enfants, ne travailler qu’à certains endroits bien précis pour une durée déterminée. Un trajet de quarante-cinq ans, mais il existe un itinéraire bis.
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Videos de Dmitry Glukhovsky (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dmitry Glukhovsky
Extrait de "Métro 2035" de Dmitry Glukhovsky lu par Julien Chatelet. Parution le 13 mai 2020.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/metro-2035
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