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ISBN : 2020002655
Éditeur : Seuil (01/04/1957)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 9 notes)
Résumé :
François est devenu un saint mythique dans l'histoire chrétienne d'Occident. Nul sans doute n'a poussé aussi loin, dans un contexte certes changé puisqu'on était au cours du Moyen Age, l'imitation de jésus. Ne l'a-t-on pas appelé " la plus parfaite copie du Christ ", " le très saint miroir de la sainteté du Maître " ? François, comme tous les mythes, a sa légende, consignée dans les merveilleux fioretti. Mais au fond, qui était-il, le petit pauvre d'Assise ? Dans qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Sarindar
  25 novembre 2015
Ivan Gobry était sans doute le mieux placé pour évoquer la figure quasi-christique de Saint François d'Assise (1181-1226), regardé comme celui qui quitta tout pour entendre un appel et suivre le chemin de la Pauvreté et de la Grâce : il lui était demandé, dans un rêve, de relever une Église menacée de ruine, et l'image d'un édifice risquant de s'effondrer lui fit d'abord penser qu'il devait travailler à la réparation de sanctuaires abandonnés ou à l'édification de nouveaux temples, jusqu'à ce qu'il comprenne que ce n'était pas d'édifices en pierre qu'il s'agissait, mais de la constitution d'une nouvelle communauté religieuse appelée à jouer un rôle important dans l'histoire de l'Église au XIIIème siècle, l'ordre franciscain, son ordre, sur lequel il appela la protection de la Papauté, comme lui-même avait été pris sous l'aile et le manteau de l'évêque d'Assise lorsqu'il avait décidé de tout abandonner, et jusqu'aux riches vêtements sortis de la boutique de son père, Pietro Bernardone, un marchand drapier, qui s'était enrichi et fait un nom grâce à ce commerce, et s'était retrouvé nu comme un ver, accueilli par l'Église comme un enfant prodigue retrouvé et comme un Adam repenti de ses péchés.
On connaît la jeunesse dissipée de François, son goût pour la fête, la poésie, et sans doute pour le commerce de chair, mais aussi son désir de s'illustrer en épousant la carrière militaire, dans l'espoir, pour ce fils de bourgeois, de monter à la noblesse et à la chevalerie. Mais l'aventure tournera court, et après un temps de captivité, François va faire la grande rencontre de sa vie, celle du Christ.
On sait la suite, l'accueil de "disciples", la volonté de créer un Ordre choisissant la Pauvreté comme un don de Dieu pour mieux le servir, et n'attendant sa survie que de la Grâce du Ciel et des bienfaits des donateurs, acceptant aussi de n'être pas toujours et partout reçus avec le même sourire ou le même élan de générosité ; François étant un contemplatif et un admirateur de la Création, bien des historiettes verront le jour qui en feront un amoureux de la nature et un ami de la gent animale, ainsi qu'un "adorateur" du Frère Soleil, non comme un idolâtre, mais comme un Enfant de Dieu, remerciant celui-ci pour toutes ses Oeuvres, aussi bien sur la terre que dans le ciel.
L'idéal de pauvreté voulu par François pour les membres de son ordre sera à l'origine d'un débat interne à la communauté entre ceux qui le partageront et ceux qui voudront lui apporter des accommodements : la tension deviendra de plus en plus vive, avec le temps, entre ces deux groupes, et la hiérarchie ecclésiale n'arrangera rien, qui, se méfiant d'un état d'esprit qui pouvait virer à la critique de la vie dispendieuse menée et l'état de richesse affiché par certains évêques et cardinaux, préféra condamner ceux qui se radicalisaient dans le parti pris de la pauvreté militante.
Il en fut de même entre ceux qui voulaient ne rien avoir à faire avec la connaissance et la science et ceux qui estimèrent que l'on n'avait pas le droit de cultiver l'ignorance, car ce qui était pour certains un signe d'innocence et de pureté paraissait plutôt irréaliste et condamnable aux yeux de ceux qui voulaient que l'Ordre aidât les Frères dominicains, autre grande grande communauté constituée à la même époque, à lutter contre l'hérésie dite improprement "cathare".
François vécut douloureusement tous ces déchirements, et accueillit sans doute comme un signe la formation dans ses chairs, aux poignets, aux pieds et sur le côté, des stigmates qui devaient le rendre encore plus semblable au Christ crucifié, en marche vers sa Résurrection.
Le créateur de l'Ordre franciscain pouvait maintenant s'en aller, laissant à d'autres le soin de trancher entre les deux courants aux prises au sein de la Fratrie spirituelle dont il avait été le Père fondateur. Les querelles intestines n'allaient pas cesser de s'envenimer après sa mort.
Mais François, même si aucune oeuvre humaine n'est parfaite, laisse dans l'histoire de l'Église et de la Chrétienté, et même dans celle de l'humanité, une marque personnelle unique, qui fait de lui un être à la fois exemplaire et attachant, et le Fils le plus ressemblant à la personne de son Maître et Seigneur, Jésus-Christ. Quand on pense à lui, on se reprend à espérer.
François Sarindar
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