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EAN : 9782746739536
63 pages
Autrement (10/09/2014)
4.47/5   19 notes
Résumé :

Fin janvier 1939. Séparés par la guerre civile espagnole, Antonio et sa famille quittent Barcelone pour traverser les Pyrénées. Comme eux, ce sont près de 450 000 Républicains qui franchissent en quelques mois le col du Perthus pour fuir le nouveau régime franquiste.

Beaucoup sont internés et entassés dans des camps de fortunes, appelés aussi les "camps sur la plage", dans le Sud-Ouest de la France.

D'évasions en migrations no... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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Ziliz
  26 novembre 2013
Le coup d'état militaire de Franco en 1936 a dégénéré en guerre civile : rebelles contre Républicains. En 1939, la chute de Barcelone a provoqué la Retirada : près de 500 000 Espagnols ont fui vers la France. Certains de ces émigrants ont été "accueillis" (ou tolérés) sur le territoire français, d'autres (militants ou civils) ont été enfermés dans des camps, notamment à Argelès-sur-Mer.
Cet ouvrage mi-fiction, mi-documentaire est très intéressant, mais plutôt ardu. Il est vrai que la situation est particulièrement complexe - une guerre civile et une guerre mondiale, avec un jeu d'alliances bien difficile à appréhender.
Le tout (la fiction autour d'un petit garçon réfugié, mais surtout la postface didactique) me semble trop touffu pour le public visé (9-13 ans). le propos gagnerait à être allégé, ce qui n'est pas toujours possible selon le contexte politique évoqué.
Cette collection, qui prétend expliquer les différentes vagues d'immigration des deux siècles passés en France, serait donc trop ambitieuse ? Oui, je dirais. Chaque ouvrage est en revanche passionnant pour les adultes.
Quant à la présentation, j'ai toujours les mêmes réticences d'un album à l'autre : texte non aligné sur fond quadrillé, dessins de bas de pages de droite superflus, ils pourraient être remplacés par des photos, ou la mise en page pourrait être légèrement plus dense...
PS : Quand on pense que la crise économique de 1929 - et la misère consécutive des populations - ont favorisé l'apparition des totalitarismes en Italie, Espagne, Allemagne... on peut craindre que les difficultés socio-économiques actuelles engendrent ce type d'effet désastreux. Et Franco est resté 40 ans au pouvoir en Espagne...
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Herve-Lionel
  30 octobre 2014
N°822 – Octobre 2014.
ANTONIO OU LA RESISTANCE – Valentine Goby – Ronan Badel- Éditions Autrement.
On connaissait la Guerre d'Espagne vue par des écrivains engagés (Hemingway, Bernanos, Malraux...), à ma connaissance, ce conflit n'avait encore jamais été évoqué à travers les yeux d'un enfant. Nous sommes en 1939 après la victoire de Franco, Antonio, 12 ans, rejoint, avec sa mère et sa soeur, Jorge, son père interné en France au camp d'Argelès sur mer. Pour cela ils ont traversé les Pyrénées et sont internés dans un « Campo civil » réservé au femmes et aux enfants. Ces hommes n'étaient libérés que s'ils trouvaient du travail en France et la déclaration de guerre a vidé les campagnes, leur permettant ainsi d'échapper à l'enfermement. C'est heureusement ce qui arrive à Jorge.
Nous connaissons tous les grandes batailles qui ont émaillé ce conflit, les noms de généraux, les exactions de part et d'autre mais bien entendu Antonio n'a vu que l'éclatement de sa famille, son père qui s'engage dans la Milice en 1936, son enfance volée par la guerre, les réfugiés qui fuient devant les troupes fascistes. Antonio n'est qu'un enfant mais il apprend vite le français qui lui servira plus tard quand toute la famille sera libre.
Il n'est peut-être pas inutile de rappeler que le républicains espagnols contre qui nous n'étions pas en guerre furent parqués comme des criminels dans le sud de la France dans des conditions indignes du « pays des droits de l'homme », au mépris des règles élémentaires de l'hospitalité et du respect de la personne humaine. Beaucoup y trouvèrent la mort à cause du froid, de la faim, des maladies et des mauvais traitements. On a parlé à ce sujet « des camps du mépris » ou même une partie de la population française locale a profité de la détresse de ces pauvres gens. Même séparés de leur famille, même maintenus prisonniers, ils n'ont pas perdu espoir en évitant le mensonge officiel qui voulait les faire revenir en Espagne où ils seraient immanquablement fusillés. Il faut aussi souligner qu'ils ne nous ont pas tenu rigueur de cette épreuve puisqu'ils ont pris une part active à la Résistance dans le cadre des FTP puisque ce combat contre le fascisme allemand était aussi le prolongement de leur guerre perdue. Ils se sont également engagés dans l'armée régulière puisqu'un contingent d'Espagnols, la 9° compagnie(la Nueve) de la 2°DB, a participé à la libération de la France et de Paris.
On a minimisé et même un peu oublié le rôle joué par ces combattants en faveur de la libération. Un tel engagement sans faille des Espagnols pour notre Patrie a amené certains chef de réseaux de résistance du sud de la France à donner leur parole de soldat d'aider, à la fin de la 2° guerre mondiale ces mêmes Espagnols a reconquérir leur pays contre Franco. Il y a même eu des coups de mains de l'autre côté de la frontière, mais le pouvoir politique s'est rapidement attaché à contrecarrer ce genre de velléités. La France ruinée par la guerre n'avait ni les moyens ni surtout l'envie d'entamer un nouveau conflit. Ce fut quand même vécu comme une trahison de la part des Espagnols. Cependant ils s'intégrèrent à la population, contribuèrent au redressement économique de la France qui mérita une nouvelle fois son qualificatif de « creuset », ce « melting pot » si cher aux USA !
Le style est naïf, simple, comme celui d'un enfant, ce qui apporte une note d'émotion dans ce récit dramatique d'une période volontairement et malheureusement oubliée par L Histoire. Je note que cette édition a une réelle valeur pédagogique pour le maintien de cette mémoire.
©Hervé GAUTIER – Octobre 2014 - http://hervegautier.e-monsite.com
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michel.carlier15
  16 novembre 2014
Ce petit livre de Valentine Goby s'adresse à un public jeune (9 à 13 ans ) , il nous raconte L Histoire (la fin de la guerre civile espagnole ) à travers les yeux d'un enfant de 11 ans , procédé littéraire inhabituel .
Ce roman est aussi un moyen d'expliquer aux jeunes générations les vagues d'immigration que la France a vécues pendant ce siècle passé (le XXème )
C'est à priori une fiction , mais tout y est : les dernières poches de résistance républicaines contre l'armée de Franco , la retirada (l'exode des réfugiés espagnols , estimés à 450000 personnes ) dans des conditions climatiques glaciales , le manque cruel de moyens pour accueillir des vieillards , des femmes et des enfants de tous âges , avec forcément une mortalité infantile catastrophique . Les adultes ne sont pas épargnés , on compte près de 15000 morts dans les camps d'accueil dès les premiers mois .
Antonio , le jeune garçon , retrouve son père au camp d'Argelès-sur-mer , près de Perpignan , il ne l'a pas revu pendant trois ans qu'ont duré les combats .
La famille d'Antonio se trouve réunie grâce au travail que trouve leur père dans une ferme du Midi , et là , finalement , tout recommence : Jorge , le père d'Antonio , a gardé l'esprit de résistance acquis pendant ses trois années passées à servir la République espagnole . Quand la France est envahie par l'armée nazie , Jorge et ses amis miliciens rentrent dans la résistance et cachent des armes , au grand dam de l'agriculteur qui l'emploie , mais aussi avec sa complicité .
Derrière sa simplicité , ce livre est un bouillonnement d'idées , la lutte contre l'arbitraire et le nazisme , l'esprit de résistance (l'opposé du conformisme béat) et la différence à l'école (les jeunes espagnols isolés au milieu des élèves français) .
Il est également un bon moyen d'apprendre cette histoire récente : il y a à la fin du livre tout un dossier sur l'origine de la guerre civile espagnole et ses conséquences . Et une petite anecdote qui vaut son pesant d'or : les premiers soldats arrivés dans Paris avec le général Leclerc sont espagnols .
On peut trouver des petits défauts à ce livre , quelques inexactitudes , mais j'en garde une excellente impression , il est facile à lire et parle très bien aux enfants des écoles des souffrances du peuple espagnol et de l'intégration qui a été faite (dans la douleur) de ces immigrés politiques .
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petitours
  28 décembre 2011
Les éditions autrement jeunesse ont eu l'idée brillante de réaliser une série de docu-fictions sur l'histoire de l'immigration. le tout en livre illustré, pour un public de jeunes lecteurs (9 à 13 ans ni plus ni moins), pour aller dans la suite d'une précédente collection destinée aux adultes, et le tout en collaboration avec la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, un musée à recommander pour les Parisiens de passage près de la porte Dorée. Dans cet opus, que j'ai eu la chance de recevoir dans le cadre du programme Masse Critique, c'est l'histoire d'une certaine immigration espagnole qui est écrite par Valentine Goby et mise en image par Ronan Badel. On mesure parfois ce que la catégorisation littérature jeunesse peut avoir de réducteur, c'est ici clairement le cas, tant ce livre qu'on pourra conseiller à un frère plus jeune, est riche, bien écrit, documenté, émouvant. J'y ai plus appris en ces vingt chapitres sur la résistance espagnole et la dictature franquiste que dans mes cours d'histoire de lycéens, asséchés par des chronologies vite oubliées. Les dessins au crayon sont coloriés avec soin, empreints de poésie et enrichissent clairement les textes, accessibles sans chercher à être simplistes. Un projet réussi, la collection devrait être au programme scolaire.
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orbe
  10 septembre 2014
1939. Antonio fuit l'Espagne de Franco et part avec sa mère et sa soeur retrouver son père détenu dans un camp à Argelès.
La France accueille avec suspicion ces immigrés politiques qui arrivent en masse, à pied et sans rien, en traversant les Pyrénées.
Pour être autorisé à partir, Jorge doit accepter de retourner en Espagne ou bien trouver un travail...
Cette occasion de quitter cet endroit insalubre, lui sera donnée par la guerre. Alors que les français sont mobilisés, le pays a besoin de mains pour travailler dans les fermes et les usines.
Mais ces hommes et femmes qui ont tout quitté pour défendre leurs valeurs, vont-ils pouvoir accepter l'occupation allemande, le nazisme, sans résister ?
Le parcours d'Antonio décrit la trajectoire d'un enfant ballotté par les guerres. Il montre un temps où se battre pour un idéal en risquant sa vie, étant pour certains, quotidien.
C'est la culture des républicains espagnols, leurs chants, leurs écrits leurs dessins qui en les unissant va les aider à rester en vie et résister !
Ce très beau récit offre un visage de l'immigration qui dénote avec nos préjugés. Les espagnols ont été nombreux à espérer que leur combat en France serait le premier pas vers la libération de l'Espagne et leur retour dans leur pays.
Intégration, Liberté, Combat, Valeur, Partage Enrichissement mutuel... Des notions à ne pas oublier !
Ce livre est complété par une partie documentaire très riche qui apporte des données chiffrées mais aussi des analyses sur les républicains espagnols en France, leur exil, leur culture, leur destin. Une carte , une chronologie, un lexique complètent la partie documentaire.
A lire absolument !

Lien : http://cdilumiere.over-blog...
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critiques presse (1)
HistoiresSansFin   28 novembre 2011
Le nouveau récit de Valentine Goby nous décrit la difficulté pour cette famille, que l'exil a déraciné par la force des choses, à trouver une nouvelle terre de paix et d'accueil.
Lire la critique sur le site : HistoiresSansFin
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
gambadougambadou   19 décembre 2011
"Devant nous, des barbelés. Derrière les barbelés, du sable à perte de vue soulevé en nuées cinglantes. Après le sable, la mer, furieuse sous le soleil. Sur la plage, des baraques, des cabanes, des centaines de tentes. On est en juin 1939, ce sont mes premières images du camp.
Au fond de ma poche, un papier plié en quatre. Un dessin de mon père, interné depuis février dans le camp des hommes, ici, à Argelès-sur-Mer. Il a peu écrit mais les crayonnés qu'il a envoyés ont parlé pour lui. On y voit des silhouettes d'hommes maigres à faire peur, affamés, malades, ou les deux, parfois ils sont enterrés dans le sable pour se protéger du froid et des rafales, sous un ciel noir qui fait mal à regarder. Ces hommes, on dirait des prisonniers, mais ce sont des soldats, les miliciens vaincus de la République espagnole. Des héros. Je me tourne vers ma mère. Elle tient la main de Marina, ma petite soeur, qui se serre contre sa cuisse. Le gendarme la pousse doucement, «allez, allez». Ma mère avance. Elle vient retrouver son mari. Elle a tout fait pour ça."
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NadaelNadael   02 décembre 2014
« Le gendarme indique une table au fond de la baraque. J'ai le trac. Est-ce que mon père va me reconnaître ? J'ai pris vingt-cinq centimètres en trois ans, et j'ai le crâne rasé à cause des poux qui grouillent dans le camp. Je marche à petits pas, j'apprivoise l'obscurité. Tout d'un coup un visage barbu, très maigre, apparaît. Aussi maigre que nous sommes maigres. Marina se cache derrière moi. On s'assoit autour de la table. Mon père nous mange des yeux. Caresse les cheveux de Marina qui n'ose pas le regarder, tend la main vers la joue de la mère, y passe des doigts tremblants, qu'elle serre contre sa bouche. Et puis ça sort d'un coup. Des flots de mots, de questions, ça déborde comme l'eau d'une rivière longtemps retenue... »
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ZilizZiliz   25 novembre 2013
[1939, camp de concentration d'Argelès-sur Mer pour républicains espagnols, enfermés par les autorités françaises]
- Il y a trois mois, la mer, c'était à la fois l'eau du bain, de la lessive, de la cuisine, et les toilettes.
(p. 13)
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Ma_vie_en_livresMa_vie_en_livres   22 janvier 2018
la neige entre Barcelone et le col du Perthus, dans les Pyrénées, au milieu des vaches, des chèvres, des camions, des charrettes pleines de blessés et de vieux, parfois je portais Marina qui n'avait plus de chaussures, parfois quelqu'un la laissait monter sur un cheval.
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orbeorbe   10 septembre 2014
"jamais sous Franco"
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Vidéo de Valentine Goby
En 1943, Vadim, alias Vincent, quitte Paris pour l'air vivifiant des Alpes. Il y découvre l'énormité des montagnes et l'étrangeté de ce nouveau monde. Un récit d'initiation qui mène dans les hauteurs, où l'enfant devient adolescent.
Olivia Gesbert reçoit la romancière Valentine Goby pour parler de son livre, "L'île haute".
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