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ISBN : 9782226229878
Éditeur : Albin Michel (01/08/2011)

Note moyenne : 3.29/5 (sur 97 notes)
Résumé :
"Vingt-sept ans d'absence. Vingt-sept anniversaires qui ont pris le dessus, année après année, sur le jour de naissance : ils n'ont plus compté l'âge écoulé de Sarah mais mesuré l'attente."


En 1982, Sarah a quitté la France pour Uummannaq au Groenland. Elle est montée dans un avion qui l’emportait vers la calotte glaciaire. C’est la dernière fois que sa famille l’a vue. Après, plus rien. Elle a disparu, corps et âme. Elle avait vingt-deux ans.... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
30 mai 2012
Vingt huit ans se sont écoulés entre le départ de Sarah vers le grand nord et celui de Lisa sa soeur, qui l'avait accompagnée à Roissy en compagnie de leur mère et l'avait vue s'engouffrer dans un tube transparent comme absorbée. 
Sarah, 22 ans, déjà en allée, tournée vers ce voyage qui l'attend, retient toute l'attention de la mère «déjà dans le manque». Lisa, elle, regarde ailleurs... «pour ne pas être obligée, par compensation, de déborder de sollicitude envers la mère soudain abandonnée. Elle ne veut pas endurer seule le poids de tant d'amour.»
Ce départ est un prélude à la douleur de la disparition qui va suivre. 
Car six semaines plus tard Lisa et ses parents attendront en vain le retour de Sarah. Elle ne reviendra pas de son voyage au Groenland effectué alors qu'elle n'a pas surmonter la perte de son amie Diane avec laquelle elle fusionnait à travers la musique.
«Et ce qu'elles entendent n'est pas de la musique, voyez leurs visages, c'est la résonance de leurs propres désirs, leurs chagrins, leurs peurs. (...) elles savent, comme elle (Martha Argerich), elles sentent, aux feux d'artifice allumés dans leurs ventres, que dans la musique elles sont à leur place ; en éprouvent la joie organique.» p 68
Même si on souhaite oublier, nier le corps pour se retirer de la vie, c'est impossible. Il se rappelle à nous dans les moments d'exaltation comme dans les pires douleurs, comme celle de la disparition d'un enfant, d'une soeur dont on ne sait si elle est encore vivante ou morte.
Ce doute, cette incertitude qui défait, cette attente qui mine, s'ajoute au vide laissé par l'absente. La mère se retranche dans sa douleur, le père vit avec et Lisa veut être aimée, exister, elle veut être regardée, elle s'envole à son tour vers l'Afrique, l'Asie.
Plus tard elle se rendra au Groenland sur les traces de Sarah sa soeur dont elle s'était pourtant promis de se démarquer.
«Un an plus tôt il n'est pas question de ce voyage. de toutes les destinations possibles le Groenland est celle que Lisa écarterait d'emblée. Mais elle y vient, pourtant, lentement, et presque à son insu.» p 33
Lisa à Uummannaq tente de reconstituer ce qu'aurait pu être Sarah dans ce milieu totalement différent, en train de peut-être s'effacer et disparaître lui-aussi. 

«Lisa fixe les flétans pas tout à fait morts dans les bacs de polystyrène, les joues intactes, les joues trouées, les ouïes béantes, obscènes et superbes comme une toile de Schiele.» p 149
Cette allusion à Egon Schiele m'a ramené à la lecture plus ancienne de «Qui touche à mon corps je le tue» texte plus viscéral, plus proche de l'oeuvre bouleversante de ce peintre.
Il y a une passion, une tension, une avidité, une soif de vie, une faim qui sourdent de l'écriture précise et énergique de Valentine Goby. Elle fait appel à tous les sens. Impossible de quitter ses livres une fois qu'ils sont entamés. Importance du corps, du ventre, de la peau qui sont exaltés dans des phrases parfois violentes où le sang circule. Valentine Goby aime ce qui brûle, fait brûler.
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Charybde2
29 janvier 2014
Magnifique clôture d'un drame familial, 30 ans après, au bord de la banquise qui disparaît.
Publié en 2011 chez Albin Michel, le huitième roman (hors jeunesse) de Valentine Goby marquait un bel aboutissement provisoire, poursuivant cette exploration intense de la manière dont le corps, et la part de corps qui traque l'esprit, agissent et réagissent face au malheur hors normes.
Vingt-huit ans après les faits, Lisa se rend au Groenland où sa soeur aînée Sarah a disparu à 22 ans. Dans un va-et-vient subtilement tramé, elle confronte chemin faisant une vie de souvenirs dédiés à la disparue et le présent d'une civilisation qui s'efface dans l'indifférence du monde, face au réchauffement climatique.
Souvenirs d'une soeur follement passionnée de musique classique et d'acoustique des salles de concert, de son idylle et de ses voyages avec l'Amie aimée, de son profond désarroi lorsque la maladie emporta celle-ci, de cette soudaine décision de se rendre là-bas, loin au Nord, de la terreur qui s'abat sur la mère et le père lorsque le vol retour de Copenhague ne leur rend pas leur fille, de l'attente, de la course aux autorités, de l'enquête privée, du basculement de la frénésie initiale dans la morne dépression, aux limites de la folie, figée dans l'attente irrationnelle, de l'indifférence développée pendant ce temps vis-à-vis de la cadette, Lisa, tant l'énergie parentale est vouée à la conjuration du destin probable de l'aînée, Sarah.
Souvenirs de la construction volontariste de soi qui succède à la mortification du corps, de la découverte patiente que pour, cadette désormais invisible, enfin pouvoir exister aux yeux des parents figés dans l'attente, devenir professeur de français à l'étranger, arpentant toutes les Alliances françaises du monde, nourrissant l'envie et la passion de devenir écrivain, constitue une catharsis autrement plus roborative et efficace, in fine, que l'enfermement dans la triste et mortifère camisole familiale.
Confrontation à la magie noire du soleil et de la glace, avec ces magnifiques échos parfaits, du narrateur perdu au Spitzberg de Christoph Ransmayr Les effrois de la glace et des ténèbres », 1984), du Captain Subzero frigorifié volontaire en terre de Baffin de William T. Vollmann Les fusils », 1994) ou encore et peut-être surtout, de la profonde empathie envers les Groenlandais de la Smilla de Peter Hoeg Smilla et l'amour de la neige », 1992), et tandis que le spectre de Jorn Riel est réellement présent, livre de poche emmené par la narratrice, confrontation enfin à la banquise qui disparaît, là-haut, détruisant les modes de vie, cassant économie et société groenlandaises aussi sûrement que n'importe quel programme de développement surgi des brumes techno-capitalistes au service d'une avidité toujours renouvelée, et dans cette ultime tentative de reproduire les bribes du dernier voyage de sa grande soeur, parmi les chiens de traîneau désormais condamnés et les pêcheurs de glace désemparés, cristallisation d'une compréhension et d'un apaisement…
Un livre d'une belle intelligence et d'une immense beauté. Car comme le dit Paul-Émile Victor dans sa préface à l'« Antarctique, désert de glace » de Claude Lorius, citation que Valentine Goby place en exergue de ce « Banquises » : « La vie polaire ne permet aucun maquillage, aucun subterfuge, aucune tricherie. On se montre tel qu'on est : l'homme que l'on est au fond de soi et qu'on ignore soi-même. ».
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spleen
22 septembre 2013
Une histoire émouvante de disparition d'une jeune fille Sarah, partie dans le Grand Nord et qui n'est jamais rentrée.
Désarroi des parents qui luttent chacun de leur façon, le père pudiquement, presque secrètement contrairement à la mère qui déploie toute son energie à la recherche de sa fille , attente qui devient obsessionnelle mais comment lui reprocher ce qui devient le seul but de son existence.
Et à coté d'eux , Lisa, la fille cadette dont la vie de petite fille puis d'adolescente est volée par l' absence de l'ainée. Elle n'a qu'une existence en négatif, transparente dans le coeur de ses parents .
En parallèle, nous suivons Lisa au Groenland, lorsqu' elle part sur les traces de sa soeur au moment où il faut bien la déclarer morte au bout de 28 ans comme un dernier espoir, une tentative ultime pour comprendre ce qui a pu arriver à Sarah la musicienne, anéantie par la mort de Diane, l'amie de coeur.
Et la vision du Groenland est bien différente de celle du prospectus que Lisa rapporte chez elle avant son départ.
Le regard sur la fonte trop prématurée de la glace, sur les pécheurs qui reviennent bredouille , qui se blessent , qui se suicident qui battent femmes et enfants et qui tuent leurs chiens devenus des bouches inutiles à nourrir .
La merde qui souille les paysages que l'ont voudraient immaculés et l'odeur des ordures lorsque le printemps arrive trop vite , constat amer d'un monde dont les changements liés à l'homme lui échappent comme une machine folle que l'on ne plus arrêter .
LE PARADIS BLANC EST LOIN !
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Corboland78
25 mars 2012
Née à Grasse en 1974, Valentine Goby a effectué des séjours humanitaires à Hanoi et à Manille après des études à Sciences-Po. Enseignante, elle a aussi fondé L Ecrit du Coeur, collectif d'écrivains soutenant des actions de solidarité.
J'avoue sans honte, car je n'ai jamais prétendu avoir une connaissance particulière du monde littéraire, n'avoir jamais entendu parler de Valentine Goby qui pourtant inscrit à son actif près de sept romans et une douzaine de bouquins pour la jeunesse, sans compter de multiples prix pour couronner son travail. Heureusement cette ignorance va enfin être réparée.
En 1982, Sarah – vingt-deux ans à cette époque - quitte la France pour Uummannaq au Groenland, depuis sa famille ne l'a jamais revue. Vingt-sept ans plus tard, sa soeur Lisa part sur ses traces. En deux lignes voici le résumé exact de ce livre, du moins dans les faits, car le propos est ailleurs, beaucoup plus dense, beaucoup plus riche que ce que ces deux misérables lignes pourraient vous laisser entendre.
Un livre sur la douleur et l'ignorance qui vous ronge, plus encore lorsque votre enfant disparaît sans qu'on sache si elle est décédée ou pas, s'il lui est arrivé malheur ou si elle a décidé de vivre sans vous à jamais. Cette tragédie sera ressentie différemment selon les membres de la famille, le père semble plus fort mais il intériorise « Et s'il avait moins mal qu'elle, en effet ? S'il pouvait vivre avec cette douleur au lieu de vivre en elle ? », la mère veut croire au retour de Sarah et ne vit plus que dans cet espoir, journées passées à l'aéroport pour guetter les voyageurs revenant du Groenland, affichettes distribuées, actions rituelles pour conjurer la malédiction etc., Lisa la soeur cadette voit sa place dans le giron familial contestée par cette absente et à sa douleur s'ajoute celle de ses parents « Lisa sait leur chagrin, et putain elle l'éprouve. Les hait de le lui imposer, en plus de celui qu'elle porte ». Des années de survie, dans l'attente d'un signe, d'une trace tangible que Sarah pourrait revenir si elle le désirait.
Entre temps, Lisa s'est mariée et a eu des enfants, un jour elle décide de se lancer sur les traces de sa soeur, non pas pour la retrouver physiquement, puisqu'on sait que « Sarah a quitté Uummannaq par bateau et n'a jamais atteint Ilulissat » mais pour sentir sa présence et partager avec elle, les derniers lieux qu'elle a fréquentés, grâce aux photos qu'on a retrouvées dans son sac à dos resté à bord du bateau.
Valentine Goby en profite pour nous plonger dans la vie des pêcheurs/chasseurs de ces régions reculées du monde, leurs conditions rudes et dépendantes de la nature, une nature qui subit les assauts du réchauffement climatique, la banquise qui fond et la vie qui meurt inexorablement. Parfois le style rebute, quelques phrases de construction atypique déroutent, mais tout est parfaitement décrit et documenté (recherches agronomiques sur l'oignon, vie dans le Grand Nord…) et nous sommes pris par ce texte absolument magnifique, gorgé d'émotions et de sensibilité. Sarah souffrait, ses parents et sa soeur souffrent de son absence, les populations de la banquise souffrent de la disparition de leurs terres, seul le lecteur se réjouit d'être tombé sur un si beau roman, même s'il le referme avec l'oeil humide. Un magnifique moment de littérature.
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ktylauney
18 novembre 2016
Année 1982, aéroport de Roissy. Sarah, vingt-deux ans s'apprête à partir seule pour le Groenland. Sa soeur de quatorze ans, Lisa, et leur mère l'accompagnent avant son départ.
Six semaines plus tard la famille est réunie pour venir chercher Sarah. Ils attendent le vol en provenance de Copenhague. Tout le monde a débarqué mais Sarah n'est pas là.
Sarah ne reviendra plus jamais.
Nous voilà ainsi emportés dans le tourbillon de la vie d'une famille dévastée, ravagée par la souffrance de l'absence.
C'est un récit sans répit, noir et glacial, où l'auteure écrit de longues tirades déstabilisantes qui au début, m'ont gênée. Tout s'enchaîne, tout va vite, trop vite. Chaque mot et chaque phrase sont percutants.
Je me suis demandé au bout d'un moment... et l'émotion dans tout ça? Jusqu'au moment où les larmes ont brusquement coulé le long de mes joues tellement certaines scènes sont brutalement émouvantes à en faire mal.
Je me suis sentie triste pour Lisa qui est en vie mais devient transparente aux yeux de ses parents. Elle survit dans l'ombre de sa soeur disparue, très certainement morte, mais omniprésente dans leur vie de tous les jours et de chaque jour des mois et des années qui vont suivre.
Les parents ne s'en soucient plus au point que la jeune fille se voit obligée d'attirer leur attention délibérément d'une façon bien douloureuse.
Ses parents n'abandonneront jamais leur quête. Sarah va revenir, elle doit être quelque part mais elle n'est pas morte. Sa mère ne veut pas accepter cette éventualité et se réfugie dans le déni et dans ses certitudes.
La mère va passer des jours dans l'aéroport à guetter les passagers en provenance de Copenhague.
A partir du moment où Sarah a disparu elle abandonne son statut de femme, fait l'impasse sur sa vie intime pour ne plus devenir qu'une mère gravement atteinte par la perte. Appuyée par un mari qui souffre autant et aura tendance à culpabiliser de se sentir à nouveau heureux en de rares occasions.
Le récit est axé sur la vie de la famille et surtout sur Sarah qui monopolise toutes les pensées de sa mère de manière exagérément obsessionnelle. Nous suivrons aussi les recherches qui n'aboutissent pas, les illusions perdues.
Quand vingt-sept années plus tard Lisa va au Groenland pour suivre les traces de sa soeur c'est pour y découvrir un monde dévasté, triste, glauque et sans espoir. La banquise se fragilise et disparaît suite au réchauffement des eaux, les pêcheurs crèvent de faim et beaucoup d'entre eux se suicident. le poisson n'est plus présent. Certaines scènes finales du livre sont vraiment cruelles, inhumaines et tristes à en pleurer.
"Banquises" de Valentine Goby n'est pas un livre coup de coeur à cause du style et de l'écriture de l'auteure donc je peux aisément comprendre que certains ne l'aient pas aimé.
C'est un roman noir, pessimiste et déprimant qui montre une structure familiale aussi soudée que disloquée.
La mère n'arrivera jamais à faire son deuil, trop obnubilée par Sarah.
"Banquises" est bien loin du paradis blanc ancré dans les esprits. Celui d'une époque révolue.
Le rêve est brisé en même temps que la glace qui fond et se transforme en une bouillie souillée et noire.
Ce nouveau monde est en équilibre précaire.
On fait malheureusement face à la triste réalité de la fragilité de la vie et de la finitude.
Des vies brisées et un paradis perdu aussi pour une famille.
Roman de la perte, de l'attente sans espoir et de la douleur qui ne peut en tout cas laisser une personne sensible indifférente.

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Les critiques presse (2)
LeMonde21 octobre 2011
Il y a dans ce livre de Valentine Goby une générosité et un espoir que les malheurs ne parviennent pas à altérer. Une foi, si l'on veut, s'arrachant à l'absence. Au vide. Au silence. D'aucuns appelleraient cela l'humanité. "Que pourrais-je vous donner de plus grand que mon gouffre ?", écrivait le poète Paul Valet.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Telerama21 septembre 2011
Après les affres de la passion sous l'Occupation (L'Echappée belle) et le supplice de l'avortement (Qui touche à mon corps je le tue), elle traite avec la même sensibilité ondoyante d'une autre détresse : la disparition.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda30 mai 2012
Dans les livres elle cherche des lieux pour elle. Pour se défaire, pour se trouver, fenêtres et miroirs. Elle casse le dos, corne les pages, trace des accolades, noircit de mots les marges, souligne au stylo-bille pour qu’il deviennent ses livres, singuliers, pas prêtables, qu’ils soient elle, elle y tient plus que tout. elle y note des dates, ses devoirs, les références d’un disque, un numéro de téléphone, constelle les pages de garde de petits signes tout droit issus du rêve, étoiles, spirales, sinuosités, lignes de chiffre, mots surgis de la torpeur d’un cours ou d’un trajet de bus, empreintes qui situent sa lecture dans le temps, l’espace, et réécrivent le livre à leur manière. p 128
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Corboland78Corboland7825 mars 2012
La mère n’a jamais changé de coiffure, ses cheveux tombent sur ses épaules, mais elle a fait une couleur hier, à cause des cheveux blancs. Un brushing ? Elle répond non, elle n’a jamais eu de brushing. Il pourrait parler à sa place, le père, il pourrait dire les mots qui cognent dans la tête de cette femme, il sent les vibrations de ses terminaisons nerveuses, devine le rythme de son cœur, il fait le compte, quarante-deux ans qu’ils se connaissent, il pense se connaissent plutôt que s’aiment non par manque d’amour, non parce qu’il doute, mais parce que à ce point de la vie ce n’est plus la question, l’amour, il est en elle, elle est en lui, distincts et soudés, bouturés, et ce qu’ils forment pourrait s’appeler chimère, du nom de ces organismes greffés l’un à l’autre, poire et coing, orange et mandarine, qui donnent un même plant mais conservent chacun leur patrimoine génétique. Mêmes, et différents.
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nadejdanadejda30 mai 2012
... dans les cagettes, les tuniques des oignons se fendent, s’effritent en miettes dorées comme une peau de croissant. Voyez, les bulbes outrepassent leur état de dormance, dans les limbes pointent des hampes qui gonflent, verdissent, traversent les collets, renflées en leur centre, effilées aux extrémités. Elles portent une inflorescence parfaite, sphérique, une ombelle composée de dizaine de fleurs jaunes minuscules douces au toucher, pinceau à maquillage. La floraison devient poussière, dénude les capsules renfermant les graines noires, elles poudrent le bois stérile des cagettes. p 123
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kathelkathel09 janvier 2013
Le détective payé pour enquêter au Groenland n’a rien trouvé. Sarah a quitté Uummannaq par bateau et n’a jamais atteint Ilulissat, c’est tout ce qu’il sait, ce qu’on savait déjà depuis le sac à dos. Il a tenté de laisser des affiches aux RG, à la police de l’air et des frontières, aux compagnies aériennes, en vain, ou plutôt si, ils les ont prises et les plieront en cocottes ou en petits avions, joueront au morpion au verso, c’est tout : la fille est majeure. Alors de minces frontières commencent à séparer le père, la mère, Lisa. De fines cloisons par lesquelles ils se préservent les uns des autres, de la contamination, délimitant des territoires distincts, et des espaces ténus pour se frôler.
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yv1yv129 août 2011
Elle [Lisa] dort, anesthésiée, jusqu'à ce qu'une main tambourine à sa porte. [...] De l'autre côté de la porte, la mère et le père prêts à partir, sac à main, clés de voiture. Lisa jette un oeil à la pendule, 7 heures trente, vous allez où ? A l'aéroport. Passer des annonces sonores, attendre dans les halls d'arrivée, faire la queue au comptoir Scandinavian Airlines, harceler les hôtesses, les douaniers, la police si Sarah ne se montre pas. Qu'elle reste à l'appartement, elle, surtout ne pas sortir il faut quelqu'un près du téléphone, qu'elle commande une pizza si elle a faim mais vite, pas de conversation prolongée, laisser la ligne disponible, à tout à l'heure. (p.51)
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