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EAN : 9782226229878
246 pages
Albin Michel (01/08/2011)
3.32/5   144 notes
Résumé :
"Vingt-sept ans d'absence. Vingt-sept anniversaires qui ont pris le dessus, année après année, sur le jour de naissance : ils n'ont plus compté l'âge écoulé de Sarah mais mesuré l'attente."


En 1982, Sarah a quitté la France pour Uummannaq au Groenland. Elle est montée dans un avion qui l’emportait vers la calotte glaciaire. C’est la dernière fois que sa famille l’a vue. Après, plus rien. Elle a disparu, corps et âme. Elle avait vingt-deux ans.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
3,32

sur 144 notes

NathalC
  30 août 2020
La présence de l'absente, le trop-plein de cette absence. Valentine Goby décortique dans ce roman l'absence d'une personne et tout ce que celle-ci engendre sur la vie des proches.
Le vide remplit la vie de la famille.
Ce n'est pas le roman de Valentine Goby que j'ai préféré. Malgré la jolie plume de Valentine, j'avoue ne pas être rentré à 100 % dans cette lecture. La banquise a dû me refroidir !!
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nadejda
  30 mai 2012
Vingt huit ans se sont écoulés entre le départ de Sarah vers le grand nord et celui de Lisa sa soeur, qui l'avait accompagnée à Roissy en compagnie de leur mère et l'avait vue s'engouffrer dans un tube transparent comme absorbée. 
Sarah, 22 ans, déjà en allée, tournée vers ce voyage qui l'attend, retient toute l'attention de la mère «déjà dans le manque». Lisa, elle, regarde ailleurs... «pour ne pas être obligée, par compensation, de déborder de sollicitude envers la mère soudain abandonnée. Elle ne veut pas endurer seule le poids de tant d'amour.»
Ce départ est un prélude à la douleur de la disparition qui va suivre. 
Car six semaines plus tard Lisa et ses parents attendront en vain le retour de Sarah. Elle ne reviendra pas de son voyage au Groenland effectué alors qu'elle n'a pas surmonter la perte de son amie Diane avec laquelle elle fusionnait à travers la musique.
«Et ce qu'elles entendent n'est pas de la musique, voyez leurs visages, c'est la résonance de leurs propres désirs, leurs chagrins, leurs peurs. (...) elles savent, comme elle (Martha Argerich), elles sentent, aux feux d'artifice allumés dans leurs ventres, que dans la musique elles sont à leur place ; en éprouvent la joie organique.» p 68
Même si on souhaite oublier, nier le corps pour se retirer de la vie, c'est impossible. Il se rappelle à nous dans les moments d'exaltation comme dans les pires douleurs, comme celle de la disparition d'un enfant, d'une soeur dont on ne sait si elle est encore vivante ou morte.
Ce doute, cette incertitude qui défait, cette attente qui mine, s'ajoute au vide laissé par l'absente. La mère se retranche dans sa douleur, le père vit avec et Lisa veut être aimée, exister, elle veut être regardée, elle s'envole à son tour vers l'Afrique, l'Asie.
Plus tard elle se rendra au Groenland sur les traces de Sarah sa soeur dont elle s'était pourtant promis de se démarquer.
«Un an plus tôt il n'est pas question de ce voyage. de toutes les destinations possibles le Groenland est celle que Lisa écarterait d'emblée. Mais elle y vient, pourtant, lentement, et presque à son insu.» p 33
Lisa à Uummannaq tente de reconstituer ce qu'aurait pu être Sarah dans ce milieu totalement différent, en train de peut-être s'effacer et disparaître lui-aussi. 

«Lisa fixe les flétans pas tout à fait morts dans les bacs de polystyrène, les joues intactes, les joues trouées, les ouïes béantes, obscènes et superbes comme une toile de Schiele.» p 149
Cette allusion à Egon Schiele m'a ramené à la lecture plus ancienne de «Qui touche à mon corps je le tue» texte plus viscéral, plus proche de l'oeuvre bouleversante de ce peintre.
Il y a une passion, une tension, une avidité, une soif de vie, une faim qui sourdent de l'écriture précise et énergique de Valentine Goby. Elle fait appel à tous les sens. Impossible de quitter ses livres une fois qu'ils sont entamés. Importance du corps, du ventre, de la peau qui sont exaltés dans des phrases parfois violentes où le sang circule. Valentine Goby aime ce qui brûle, fait brûler.
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MELANYA
  20 mai 2022
Ecrivaine française, Valentine Goby est née à Grasse, dans une bien jolie région aux mille parfums.
Son récit « Banquises » est un magnifique livre sur le thème de la perte - de l'absence d'un être cher et du deuil impossible à faire.
L'histoire : Depuis que Sarah, sa grande soeur a disparu lors d'un voyage au Groenland, alors qu'elle avait 22 ans, le temps s'est arrêté dans la famille de Lisa et le vide a tout rempli... C'est le doute - l'incertitude - l'espoir - l'attente pour toute la famille.
La mère est détruite par la douleur mais veut croire au retour. Elle hante l'aéroport - affiche des tracts partout - dort à côté du répondeur - ne sort plus de la maison - engage un détective privé et n'hésite pas à passer à la télé pour faire un appel à témoins. Mais Sarah est majeure : elle a le droit de disparaître pour toujours et de changer de vie sans donner de nouvelles aux siens...
Le père s'oublie et tente d'oublier dans ses recherches la disparition de sa fille. Il souffre pourtant autant que son épouse. Mais il a besoin de faire avec...pour avancer.
Enfin il y a Lisa, la narratrice, la petite soeur. Elle avait 14 ans quand Sarah est partie. Elle essaie de grandir et de se construire dans l'ombre de cette soeur qui aura toujours 22 ans...Elle devient totalement transparente pour ses parents.
Elle va fuir à son tour la douleur et ses parents, surtout sa mère.
Mais Sarah a-t-elle vraiment disparu ? Est-elle morte ? A-t-elle décidé de vivre sans eux pour toujours ? Comment vit-on quand on ne peut pas faire son deuil d'une personne aimée ?
C'était en 1982, Sarah est partie en avion et n'a plus jamais donné de nouvelles. Seul son sac à dos sera retrouvé, intact, sur le bateau à destination de Illulissat, petite île qu'elle n'a jamais atteint.
Peu à peu le lecteur découvre que : Sarah était malheureuse - elle souffrait beaucoup - elle venait de perdre sa meilleure amie avec qui elle partageait la musique, les voyages et beaucoup d'autres instants inconnus des parents qui pourtant croyaient tout savoir de leur fille.
Depuis celle douloureuse perte elle n'avait plus goût à rien jusqu'à ce jour où elle a annoncé qu'elle partait au Groenland.
Tout le monde a repris espoir. La vie redeviendrait comme avant...
Mais c'est le pire qui est arrivé puisqu'elle n'est pas revenue.
Vingt-sept ans après, Lisa décide, alors qu'elle est adulte et mère de famille, de partir là-bas pour mieux comprendre.
Sur l'île d'Uummannaq, Lisa ne retrouve rien mais elle tente de marcher sur les pas de Sarah en se servant des clichés trouvés dans le sac à dos.
Elle retournera en France après avoir exploré l'étendue des possibles qui vont l'aider à accepter l'inacceptable et à surtout à se reconstruire.
Valentine Goby nous plonge dans la vie des chasseurs-pêcheurs de la côte groenlandaise. Une vie rude, sans concession où l'on n'hésite pas à tuer les chiens lorsqu'ils ne servent plus à rien et sont des bouches à nourrir inutiles - où les hommes voient la banquise fondre et les poissons fuir au loin vers des eaux plus froides - où les pêcheurs se suicident faute de pouvoir influer sur la nature et le climat et tout ça dans l'indifférence du monde entier.
Mais Lisa prendra conscience de la difficulté de vivre de tout un peuple et relativisera ses propres problèmes.
C'est un livre triste. Certains passages qui décrivent la dépression de la mère sont très lourds à porter par le lecteur mais réalistes.
Valentine Goby sait alterner le temps : le présent, le passé, les espaces. Les souvenirs arrivent en désordre comme dans la vie. La douleur des parents les immobilise et paraît incompréhensible.
Le lecteur comprend qu'il y a des non-dits dans cette famille, des choses qu'ils ont peur de découvrir sur leur fille ou sur eux-mêmes.
Avec « Banquises », Valentine Goby m'a tentée pour faire un voyage dans le Grand Nord, mais ça, on le sait depuis longtemps et j'ai pensé à « Persévérer » de Jean-Louis Etienne.
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Charybde2
  29 janvier 2014
Magnifique clôture d'un drame familial, 30 ans après, au bord de la banquise qui disparaît.
Publié en 2011 chez Albin Michel, le huitième roman (hors jeunesse) de Valentine Goby marquait un bel aboutissement provisoire, poursuivant cette exploration intense de la manière dont le corps, et la part de corps qui traque l'esprit, agissent et réagissent face au malheur hors normes.
Vingt-huit ans après les faits, Lisa se rend au Groenland où sa soeur aînée Sarah a disparu à 22 ans. Dans un va-et-vient subtilement tramé, elle confronte chemin faisant une vie de souvenirs dédiés à la disparue et le présent d'une civilisation qui s'efface dans l'indifférence du monde, face au réchauffement climatique.
Souvenirs d'une soeur follement passionnée de musique classique et d'acoustique des salles de concert, de son idylle et de ses voyages avec l'Amie aimée, de son profond désarroi lorsque la maladie emporta celle-ci, de cette soudaine décision de se rendre là-bas, loin au Nord, de la terreur qui s'abat sur la mère et le père lorsque le vol retour de Copenhague ne leur rend pas leur fille, de l'attente, de la course aux autorités, de l'enquête privée, du basculement de la frénésie initiale dans la morne dépression, aux limites de la folie, figée dans l'attente irrationnelle, de l'indifférence développée pendant ce temps vis-à-vis de la cadette, Lisa, tant l'énergie parentale est vouée à la conjuration du destin probable de l'aînée, Sarah.
Souvenirs de la construction volontariste de soi qui succède à la mortification du corps, de la découverte patiente que pour, cadette désormais invisible, enfin pouvoir exister aux yeux des parents figés dans l'attente, devenir professeur de français à l'étranger, arpentant toutes les Alliances françaises du monde, nourrissant l'envie et la passion de devenir écrivain, constitue une catharsis autrement plus roborative et efficace, in fine, que l'enfermement dans la triste et mortifère camisole familiale.
Confrontation à la magie noire du soleil et de la glace, avec ces magnifiques échos parfaits, du narrateur perdu au Spitzberg de Christoph Ransmayr Les effrois de la glace et des ténèbres », 1984), du Captain Subzero frigorifié volontaire en terre de Baffin de William T. Vollmann Les fusils », 1994) ou encore et peut-être surtout, de la profonde empathie envers les Groenlandais de la Smilla de Peter Hoeg Smilla et l'amour de la neige », 1992), et tandis que le spectre de Jorn Riel est réellement présent, livre de poche emmené par la narratrice, confrontation enfin à la banquise qui disparaît, là-haut, détruisant les modes de vie, cassant économie et société groenlandaises aussi sûrement que n'importe quel programme de développement surgi des brumes techno-capitalistes au service d'une avidité toujours renouvelée, et dans cette ultime tentative de reproduire les bribes du dernier voyage de sa grande soeur, parmi les chiens de traîneau désormais condamnés et les pêcheurs de glace désemparés, cristallisation d'une compréhension et d'un apaisement…
Un livre d'une belle intelligence et d'une immense beauté. Car comme le dit Paul-Émile Victor dans sa préface à l'« Antarctique, désert de glace » de Claude Lorius, citation que Valentine Goby place en exergue de ce « Banquises » : « La vie polaire ne permet aucun maquillage, aucun subterfuge, aucune tricherie. On se montre tel qu'on est : l'homme que l'on est au fond de soi et qu'on ignore soi-même. ».
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sld09
  20 mai 2022
C'est un roman profondément émouvant, tant sur la question du deuil de la fille et soeur disparue de manière inexplicable que sur le sujet de la catastrophe écologique que représente la fonte de la banquise au Groenland.
Le style du texte rappelle des pensées qui vagabondent, laissant libre cours aux émotions et aux souvenirs , et pourtant les nombreux parallèles entre passé et présent, entre les événements extérieurs et les pensées de l'héroïne montrent l'intrigue est très travaillée.
Objectivement, je sais que c'est un bon roman, mais je n'ai pas accroché à l'histoire qui m'a paru trop triste, trop lente, trop ancrée dans la psychologie.
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critiques presse (2)
LeMonde   21 octobre 2011
Il y a dans ce livre de Valentine Goby une générosité et un espoir que les malheurs ne parviennent pas à altérer. Une foi, si l'on veut, s'arrachant à l'absence. Au vide. Au silence. D'aucuns appelleraient cela l'humanité. "Que pourrais-je vous donner de plus grand que mon gouffre ?", écrivait le poète Paul Valet.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Telerama   21 septembre 2011
Après les affres de la passion sous l'Occupation (L'Echappée belle) et le supplice de l'avortement (Qui touche à mon corps je le tue), elle traite avec la même sensibilité ondoyante d'une autre détresse : la disparition.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   30 mai 2012
Dans les livres elle cherche des lieux pour elle. Pour se défaire, pour se trouver, fenêtres et miroirs. Elle casse le dos, corne les pages, trace des accolades, noircit de mots les marges, souligne au stylo-bille pour qu’il deviennent ses livres, singuliers, pas prêtables, qu’ils soient elle, elle y tient plus que tout. elle y note des dates, ses devoirs, les références d’un disque, un numéro de téléphone, constelle les pages de garde de petits signes tout droit issus du rêve, étoiles, spirales, sinuosités, lignes de chiffre, mots surgis de la torpeur d’un cours ou d’un trajet de bus, empreintes qui situent sa lecture dans le temps, l’espace, et réécrivent le livre à leur manière. p 128
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NathalCNathalC   26 août 2020
Au sous-sol, le niveau départ, sous chape de ciment brut, plafond traversé de bouquets de fils électriques à nu, de câbles et de néons en barres. On y est sans y être, à l'aéroport. Des portes automatiques trouent ça et là le béton, laissant voir des portions de la route circulaire, silhouettes floues, carrosseries de voitures et de cars Air France mal détourés dans l'obscurité - dehors, à vingt mètres de ce boyau, invisible, le plein jour. Au niveau supérieur, loin à hauteur de la piste de décollage, des vitres étroites taillent des triangles, des quadrilatères dans le ciel cru, dans les talus d'herbe fluo, les barbelés, les fuselages d'avions. Les yeux levés, on aperçoit parfois des carlingues traversant les vitres segment par segment, au pas sur le tarmac, puis ce sont les queues des avions comme des ailerons à la surface de l'eau. Dans l'abîme le niveau départ, privé du tricotage en fer et verre en forme de coupole par lequel, de Francfort à Bangkok, on amorce l'envol avant même le comptoir d'enregistrement. Ici, empilement de béton sur béton sur onze niveaux, départs, arrivées, parking rouge, parking bleu, parking vert, et au sommet, la délivrance, un chemin de ronde ceint de bureaux d'où la vue s'ouvre enfin sur le ciel, et champs après champs, après champs, noeuds d'autoroutes, hangars étincelants, un château d'eau pour seul obstacle en travers de l'horizon morne, et même, du vent.
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Corboland78Corboland78   25 mars 2012
La mère n’a jamais changé de coiffure, ses cheveux tombent sur ses épaules, mais elle a fait une couleur hier, à cause des cheveux blancs. Un brushing ? Elle répond non, elle n’a jamais eu de brushing. Il pourrait parler à sa place, le père, il pourrait dire les mots qui cognent dans la tête de cette femme, il sent les vibrations de ses terminaisons nerveuses, devine le rythme de son cœur, il fait le compte, quarante-deux ans qu’ils se connaissent, il pense se connaissent plutôt que s’aiment non par manque d’amour, non parce qu’il doute, mais parce que à ce point de la vie ce n’est plus la question, l’amour, il est en elle, elle est en lui, distincts et soudés, bouturés, et ce qu’ils forment pourrait s’appeler chimère, du nom de ces organismes greffés l’un à l’autre, poire et coing, orange et mandarine, qui donnent un même plant mais conservent chacun leur patrimoine génétique. Mêmes, et différents.
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sld09sld09   05 septembre 2017
La file progresse lentement entre les bandes déroulantes. Lisa pousse son chariot , ça coince encore. Il fait trop chaud, à cause d'avril, de l'aération mal réglée, des chaussures en Goretex et du blouson de ski hors-saison. Lisa dézippe son blouson, le balance sur le chariot, se baisse et décroche à nouveau les sangles du sac à dos prises dans les roues. Elle devrait compacter le sac dans une gaine de film transparent, une valise en démonstration pivote continûment sur un socle à quelques mètres, mais la queue avance, dense à cause du mauvais fonctionnement des bornes d'enregistrement, Lisa ne prend pas le risque de s'éloigner pour la recommencer, cette queue, alors à chaque déplacement du chariot vers les comptoirs Scandinavian Airlines, le même mouvement nerveux pour rabattre ses mèches de cheveux derrière les oreilles, puis se pencher et dégager les roues. Elle n'y est pas, dans le voyage. Elle n'a pas une pensée pour Copenhague où elle atterrira ce soir, pour Kangerlussuaq, sur la calotte groenlandaise, qu'elle atteindra demain, avant la remontée vers le nord.
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nadejdanadejda   30 mai 2012
... dans les cagettes, les tuniques des oignons se fendent, s’effritent en miettes dorées comme une peau de croissant. Voyez, les bulbes outrepassent leur état de dormance, dans les limbes pointent des hampes qui gonflent, verdissent, traversent les collets, renflées en leur centre, effilées aux extrémités. Elles portent une inflorescence parfaite, sphérique, une ombelle composée de dizaine de fleurs jaunes minuscules douces au toucher, pinceau à maquillage. La floraison devient poussière, dénude les capsules renfermant les graines noires, elles poudrent le bois stérile des cagettes. p 123
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Videos de Valentine Goby (69) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Valentine Goby
Découvrez l'émission intégrale ici :
https://www.web-tv-culture.com/emission/valentine-goby-l-ile-haute-53426.html Née au pays de la lavande, d'un père parfumeur et d'une mère tisserande, Valentine Goby suit ses études à Sciences Po avant de partir quatre ans en Asie avec des associations humanitaires. de retour en France, elle enseigne les lettres en collège et le théâtre et se lance dans l'écriture. Passionnée de littérature, elle publie son premier roman en 2002, chez Gallimard, « La note sensible » salué par la critique. Très vite, la jeune femme se fait un nom auprès des lecteurs mais aussi auprès de ses collègues auteurs et elle s'implique dans les instances de la vie littéraire tels le Conseil permanent des Auteurs ou la Sofia, militant pour la défense des droits des auteurs. Avec des intrigues souvent inédites et audacieuses et des personnages forts, Valentine Goy à a coeur de confronter la tragédie à la lumière, le drame à la résilience. Ce sont des thèmes que l'on retrouve dans l'oeuvre de l'autrice, que ce soit « Banquises », « Kinderzimmer », « Un paquebot dans les arbres » ou plus récemment « Murène ». Au-delà du public adulte, Valentine Goby s'adresse aussi à la jeunesse avec des romans destinés aux ados. « L'anguille », « Tu seras mon arbre », « Une preuve d'amour » par exemple sont disponibles aux éditions Thierry Magnier,. L'adolescence, il en est justement question dans ce nouveau roman, « L'île haute ». Vadim est un jeune gamin, il a 12 ans. Il ne connait du monde que son quartier parisien. Mais le monde en guerre le rattrape. Nous sommes dans les années 40, il est juif, il doit fuir. On l'envoie dans les Alpes, dans une vallée oubliée, proche de la frontière italienne. Là, au-delà de la tristesse d'être éloigné des siens et l'appréhension d'intégrer une nouvelle famille va s'ouvrir pour lui un autre univers, celui de la montagne. Et c'est bien le coeur du roman de Valentine Goby. Comment des paysages, des saisons, des sensations vont-elles permettre à ce gamin de se reconstruire, s'imaginer un avenir, passer de l'enfance à l'adolescence. Dans cette ferme où il est accueilli, il y aura la découverte du travail des champs et des bêtes, les nouveaux copains, les premiers émois amoureux, l'adorable et impertinente Moinette, les saisons qui passent et cette montagne qui à la fois terrifie, intrigue, rassure et panse les blessures. On se laisse complètement happé par ce roman qui prend le temps, porté par une écriture d'une grande sensibilité, où les couleurs sont omniprésentes, où chaque mot déclenche une sensation. Une histoire dans laquelle les personnages sont finalement des seconds rôles puisque c'est bien la montagne, cette île haute, telle un refuge, qui est au premier plan. Ce livre est une formidable réussite, c'est un coup de coeur « L'île haute » de Valentine Goby, est publié chez Actes Sud.
+ Lire la suite
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