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ISBN : 2330038348
Éditeur : Actes Sud (08/10/2014)

Note moyenne : 4.16/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Valentine Goby aborde ici ouvertement le récit autobiographique. Pour Essences, elle revisite son enfance à Grasse, pays des parfumeurs et territoire du père, à travers les odeurs qui ont façonné les premières années de sa vie, de séduction en crises d'asthme. Plus tard, à Paris, à New York, à Hanoï et Manille, elle creusera la distance avec l'entreprise familiale, l'univers olfactif des origines, pour se forger une identité singulière dont la forme achevée sera le ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
  11 octobre 2014
L'enfance de Valentine Goby qui se déroule à Grasse, aura été envahie par les odeurs qu'elle réunit en un tout « l'odeur d'usine », l'odeur envahissante de son père parfumeur rentrant à la maison imprégné d'un mélange d'odeurs d'essences pures, insupportable pour cette petite fille, une barrière qui la sépare de son père, qui l'étouffe.
« Dans mes souvenirs d'enfance mon père n'a pas de visage et quasi pas de corps. Son corps et son visage sont en voyage d'affaires ou dissous dans l'odeur d'usine.

Sa mère, elle, porte un parfum qui permet à l'enfant de la reconnaître, qui la distingue :
« L'Air du Temps est mon corridor olfactif, il me conduit vers ma mère, vers le foyer, chez moi.
C'est en lisant que Valentine Goby va pouvoir fuir l'odeur du père, du « corusine » comme elle le nomme.
« Lire c'est pour décamper » mais elle va retrouver les odeurs sur sa route avec le livre de Patrick Süskind « Le Parfum ».
« …dès la première page, je suis saisie à la mesure de mon arrogance : l'écriture de Süskind fabrique des odeurs ; des odeurs puissantes comme des essences pures. La langue est sa matière première. Mon père traque les plantes à parfum à travers le monde, Süskind débusque les mots dans la jungle de la langue et à la fin, tous les deux fabriquent des odeurs.
Et ce livre va la conduire, après un passage à New-York où elle sert de Peau, dans une entreprise pour tester les parfums et des séjours dans des pays asiatiques saturés d'odeurs, vers l'écriture.
Elle finira par rejoindre son père un matin de Noël 2013 dans une odeur d'iris de Florence qui leur plaît à tous les deux :
« Et peut-être l'iris nous plaît-il alors, à lui et à moi, pour les effets que le temps opère sur sa matière, et par extension sur toute matière ; pour ce qu'il révèle de sa beauté insoupçonnée. »
J'ai beaucoup aimé ce livre plein de sensualité, qui développe le parcours initiatique d'une enfant qui va se découvrir elle-même à travers les parfums ceux qu'elle rejette et enfin ceux qu'elle choisit qu'elle met sur sa peau mais aussi qu'elle crée avec ses mots.
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Commenter  J’apprécie          340
Josephine2
  20 octobre 2016
Si vous avez lu « Un paquebot dans les arbres» de Valentine GOBY et si vous lisez « Baumes », vous trouverez des similitudes entre les deux, notamment en ce qui concerne le rapport au père ; Comment ne pas passer inaperçu à ses yeux, exister en tant que personne.
C'est un livre très intimiste, et aussi un CRI à son père, pour lui dire J'EXISTE. Valentine a beaucoup souffert de son indifférence. A travers le sens de l'odorat, tout en pudeur, Valentine raconte son rapport au père, directeur d'une usine de distillation de fleurs à Grasse, et fait l'ébauche des problèmes qu'ils ont eu à communiquer.
Le comble, c'est que Valentine fait des crises d'asthme. Mais peut-être que ces crises sont justement là pour faire prendre conscience à son père qu'elle existe, c'est un acte de résistance à son indifférence.
Un très beau moment de lecture qui tourne autour de l'odorat et des parfums, odeurs intimement liées à son enfance.
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sylire
  08 octobre 2015
Ce petit livre est publié chez Actes Sud dans la collection « Essences » qui regroupe diverses productions littéraires sur le thème des odeurs. C'est sous l'angle autobiographique que Valentine Goby apporte sa contribution.
L'enfance de la romancière a été fortement imprégnée de souvenirs olfactifs et pour cause : fille d'industriel du parfum, Valentine Goby a été élevée dans la capitale du parfum, Grasse. Un de ses premiers souvenirs est lié à son père, qui rapportait du travail «l'odeur de l'usine », un mélange d'essences diverses servant à fabriquer des parfums. La petite fille n'appréciait guère les moments où son père rentrait de l'usine et imposait le mélange de parfums dont il était imprégné. Valentine préférait le joyeux désordre qui régnait dans la maison en son absence ainsi que l'odeur rassurante et légère de sa mère. Entre le père et la fille, c'était mal parti et cela ne s'arrangera pas vraiment à l'adolescence.
Baumes - Valentine Goby (audio)
A l'heure des choix, Valentine décidera de ne pas rejoindre l'affaire familiale pour se tourner vers la littérature (elle a bien fait !) mais avant cela, elle fera un petit stage dans une firme américaine qui commercialise des parfums. Voilà une autre expérience intéressante qu'elle raconte à merveille, tout comme sa rencontre avec le roman de Patrick Süskind "Le parfum".
Valentine Goby a un réel talent de conteuse et un très joli timbre de voix. Je me suis régalée avec ce petit récit poétique. Je l'ai écouté plusieurs fois, savourant le choix des mots et des métaphores.
Baumes - Valentine Goby (audio)
Un très joli voyage au pays du parfum et une façon de connaître un peu mieux Valentine Goby
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myriampele
  16 avril 2016
Quelle merveille que ce court ouvrage à la lecture duquel je me suis sentie envahie de parfums. Descriptions, contacts, tout ici est odorant et encore une fois l'écriture sensuelle ( ou sensorielle)de Valentine Goby m'enchante.
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ennapapillon
  24 octobre 2016
J'ai lu deux romans de Valentine Goby Kinderzimmer » et « Un paquebot dans les arbres ») et ce furent deux coups de coeur ! Et après avoir rencontré l'auteur, j'ai eu très envie de lire « Baumes » qui est un texte plus personnel et autobiographique. Grâce à Sylire, j'ai pu le lire en audio, lu par l'auteur.
J'ai été un peu inquiète au début car sa lecture était un peu artificielle mais très vite, elle semble avoir pris de l'aisance et c'est devenu très agréable à écouter, très naturel.
Valentine Goby revient sur son enfance à Grasse où elle vivait avec sa famille et où son père travaillait dans une usine de parfum et ses souvenirs d'enfance sont tous nimbés, de parfums -puissants et envahissants quand il s'agit de ceux que son père ramène sur lui de l'usine, identitaires quand il s'agit du parfum qu'elle se choisi pour être le sien, pour être « elle » et plus tard, émotionnels quand elle parle de ceux des pays découverts : alimentaires, culturels, toujours plein d'images.
Ce texte est très beau, très littéraire et pourtant très personnel et très touchant. C'est sensuel et viscéral : un témoignage, une introspection très réussie.
Pour conclure ce billet, je me souviens que le parfum que ma mère portait quand j'étais petite était « Je reviens » de Worth (que plus grande je l'avais cherché mais qui n'existait plus) et mon père portait l'après rasage « Old Spice » et plus tard « Brut » de Fabergé. Ces odeurs me font penser à eux !
Lien : http://ennalit.canalblog.com..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
nadejdanadejda   11 octobre 2014
D’un bout à l’autre de mon enfance, l’odeur d’usine signe le retour de mon père. L’odeur puissante des cuves à distiller, qui excède toutes les odeurs connues de la nature, les aggrave prodigieusement. Odeur d’essences pures, lavande pure, rose pure, orange pure, vanille pure, parfois additionnées, citron pur et griotte pure, menthe pure et tubéreuse pure, trop compactes pour se dissoudre, s’annuler l’une dans l’autre : iris contre gingembre, encens contre violette, luttant à même la fibre des vêtements. L’odeur incruste les vestes de mon père, ses écharpes de laine, ses mouchoirs de soie, ses costumes, ses chemises, ses nœuds papillon, le cuir de ses chaussures, et aussi ses cheveux, la peau de son visage, la peau de ses mains, ses ongles, ses poils. Dès son entrée dans la maison, l’odeur d’usine dissout toute concurrence, le fumet de soupe et de gratin en train de cuire, les effluves de savon de Marseille de la salle de bains, le tabac froid, l’humidité des murs. L’odeur précède mon père, l’escorte dans les couloirs, marque son sillage comme l’herbe couchée le passage d’un animal.
(...) L’odeur dessine un territoire, le territoire de mon père.
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fanfanouche24fanfanouche24   10 janvier 2015
Je me demande si le père de mon père, que je n'ai pas connu, portait l'odeur d'usine dans toute sa peau et tout son vêtement. S'il rentrait lui aussi imprégné d'essences pures, si sa présence provoquait de semblables , silencieuses apocalypses, pouvait défaire le monde dans lequel il surgissait, en imposer un autre, avec ses propres protocoles, que sa disparition renversait aussitôt et les souris dansaient. S'ils se sont transmis ça, en même temps que le patronyme, le patriarcat, la maison magnifique parmi les oliviers: cette capacité à occuper l'espace, le saturer. Le confisquer. (p.20)
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fanfanouche24fanfanouche24   27 novembre 2014
Dans mon enfance tout le monde porte un parfum par-dessus ses phéronomes (...)
Ma mère c'est -L'Air du temps- Un bouquet de printemps d'où jaillit l'image pastel de cerisiers et d'amandiers en fleurs. (...)
L’Air du Temps est mon corridor olfactif, il me conduit vers ma mère, vers le foyer, chez moi. (p.16)
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fanfanouche24fanfanouche24   10 janvier 2015
Pour l'instant, je n'en suis qu'à cette allégation positive, merveilleuse: ton odeur c'est toi. Tu existes, intrinsèquement, grâce à ton odeur, tu es quelqu'un. (p.35)
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myriampelemyriampele   16 avril 2016
A cause de l'odeur, je sais qu'il est dans la maison.
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Videos de Valentine Goby (57) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Valentine Goby
MURÈNE | ?J'ai été fascinée par la beauté insolite des jeux paralympiques de Rio. le parcours de François était pour moi une trajectoire forcément solaire.? Valentine Goby
? Paru le 21 août #RL2019 #RentréeLittéraire Également disponible en livre numérique https://rentree.actes-sud.fr/#Goby
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