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sur 306 notes

La possibilité d'une île …

Roman sensoriel dans lequel l'explosion des couleurs le dispute aux fragrances de haute montagne, L'île haute de Valentine Goby explore avec sensibilité le thème du territoire, à la fois lieu d'accueil, lieu de refuge et de cachette, lieu d'apprentissage, lieu de mémoire atavique offrant des racines auxquelles s'accrocher à un enfant dont les racines deviennent précisément des menaces, donc des racines à terrer et à taire. C'est un roman aussi beau que le promet la couverture dans lequel les paysages, au-delà de l'histoire narrée, m'ont enveloppée.

Valentine Goby retranscrit avec poésie la découverte d'un paysage totalement inconnu, la sidération produite, ici par la montagne et sa force tellurique, puis l'appropriation progressive du lieu au cours de trois saisons durant lesquelles la montagne se transforme, modelant par là-même les êtres.

Vadim, devenu Vincent Dorselles afin de cacher ses origines juives, arrive en hiver 1943 dans une région de haute montagne. Parisien de douze ans, il découvre la neige pour la première fois. Son asthme explique ce voyage, mais il n'est pas la seule raison : sa mère l'a également éloigné de la capitale car les juifs se font rafler. le paysage que le garçon découvre va être pour lui un choc immense…Malgré tout ce qu'il a pu apprendre à l'école sur la montagne, il découvre, émerveillé, un décor impensé, impensable, majestueux qui se dresse devant lui, cerné de pics et de glaciers qui par instant se dessinent dans l'épaisseur du brouillard. Là-haut, la nature règne en maître au rythme des saisons, ces cycles immuables au cours desquels des hommes et des femmes, des gosses, aux vies modestes mais d'une humanité décuplée par le sens et la nécessité de leurs tâches, vont partager leur monde avec ce citadin, ébahi. C'est avec son regard de garçon sensible qui associe à chaque mot des couleurs, que Valentine Goby nous offre un véritable hymne à la montagne.

« Son regard a changé. Au début, le blanc lui suffisait. C'était si nouveau cette texture aux métamorphoses constantes, tour à tour dure, molle, craquante, poudreuse, feutrée, lourde, légères, compacte, aérée, tendue, bosselée, mouvante et rampante et volatile dans l'avalanche, inerte au fond de la vallée, qui piégeait la lumière et la réfléchissait, accueillant toutes les nuances, bleue la nuit, diamantine ou mate le jour selon l'épaisseur des nuages, rose au coucher du soleil, grise dans l'ombre de l'envers et parfois translucide, quelle bizarrerie qu'un mot unique couvre un tel éventail d'images ».

Ce lieu magique et pour lequel les mots semblent si faibles pour parvenir à le décrire, c'est la possibilité d'une île… Vincent apprend qu'il y a des millions d'années, la mer recouvrait cet endroit. Et lui d'imaginer l'océan tout recouvrir, avec seule cette montagne des Aiguilles Rouges, la toute première montagne qu'il découvre à son arrivée, transformée en île, l'île haute…Les autres montagnes sous la mer contre lesquelles ondulent des algues turquoise, qu'habitent des bélemnites, devenus désormais fossiles végétalisés d'animaux marins.

Vincent, coupé de ses parents, accueilli par une famille aimante et bienveillante, entouré de nouveaux camarades extrêmement touchants, réunit sur ses dessins, la force tellurique de la montagne avec le berceau aquatique où la vie a commencé, réunit inconsciemment son père et sa mère en ce lieux totalement nouveau où il n'a, au début, aucun repère sur lequel s'appuyer…Un pays insoupçonné rien que pour lui. Avant que cette montagne devienne finalement, peut-être, un endroit pour vivre.

La possibilité d'une île, c'est un peu l'effet que procure cet endroit isolé en plein hiver, coupé de tout, les routes et les passages recouverts d'une épaisse couche de neige suite aux différentes avalanches. Isolée comme sur une île, une île en altitude, loin de la guerre, loin des allemands, loin des dangers. Un monde parallèle avec la possibilité de se réinventer, de pouvoir devenir un autre, de passer pour un enfant d'ici sans aucun compte à rendre à la vie antérieure, pour mieux oublier l'éloignement et la douleur. Se dissoudre dans l'espace face au feuilleté des reliefs à l'horizon. Éprouver à chaque nouvelle découverte la transe de la verticalité et s'intégrer peu à peu en faisant adhérer à ce paysage majestueux tous ses sens, le peintre devenant peu à peu tableau, le citadin désormais modelé par la montagne, en écho à l'altération sans fin du paysage.

« Droit devant, Vincent, c'est le mont Blanc – Ca ne l'aide pas, le mont Blanc est un caillou parmi des cailloux aux proportions tronquées par la distance. Ce qu'on ne peut pas mesurer, Dieu s'en empare, tous les dieux ou presque sont nés des montagnes. Dieu, ou l'art. C'est pourquoi au lieu d'écraser Vincent ce décor délirant in fine l'élève. Il flotte à l'intérieur de lui, pris d'un vertige pareil à la faim. Ça ne fait pas mal. Il se sent léger. Cristallin. A peine décollé du sol. Bizarrement reconnaissant. Il ne sait pas bien envers qui, envers quoi mais ça le submerge, il résiste à la vague et il cherche un appui, quelque chose à toucher, à serrer pour ne pas complètement se dissoudre ou plutôt se délester de ce trop plein d'euphorie, et c'est la main de Moinette qu'il rencontre ».

La possibilité d'une île, d'une île haute, avec sa faune et sa flore endémiques. Ses couleurs. Ses odeurs. Valentine Goby convoque tous les sens et donne à voir avec les yeux, avec la peau, les oreilles, les narines, les papilles. Des gerbes de couleur fusent en tous sens, au-delà du blanc de la neige peu à peu mangé par un éclatant nuancier de vert, se mélangeant aux effluves odorants, aux sons, aux sensations. Des violettes, des gentianes bleues, la douceur de l'herbe, le froid de la rivière, l'amertume du pissenlit, l'odeur du fumier, les odeurs qui varient en nuances subtiles selon l'altitude et l'ensoleillement, les cliquetis d'insectes et les pépiements d'oiseaux pour annoncer le petit matin, ce livre est une flamboyance des sens, une richesse de sensations.

« Parfum, ensoleillement, tiédeur, humide chatoient timidement dans son cerveau, violet, bleu électrique, viride, rose, qu'en faire sinon des seules taches de couleur ».

Cette façon de faire m'a enchantée et l'auteure use de cette sensorialité sur les trois saisons que le petit Vincent va passer dans la montagne. Chaque saison est l'occasion d'honorer la nature. C'est renversant de beauté. Là se niche la force véritable du livre, en ces mille et un tableaux.

« C'est un matin ambré, soleil doux, ciel jaune. On sent monter l'odeur de cire qui annonce les journées chaudes. Cartable au dos devant la maison, Vincent se tient immobile, scotché au paysage pelliculé de miel avec cette impression bizarre que le moindre de ses mouvements pourrait le déformer comme la toile d'un décor peint ».

Je ressors enchantée par cette lecture sensorielle et touchante dans laquelle nous voyons comment un paysage est capable de modeler un enfant, pour peu qu'il soit entouré d'adultes bienveillants.

Ce livre, c'est un regard poétique et magnifique sur un lieu, un regard de peintre, un regard immensément respectueux sur la montagne, certes sauvage et âpre, mais aussi à la fois vivante et salvatrice. « Ici, il n'a pas de paupières ».

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Quel dommage que ce roman soit émaillé d'autant d'erreurs !

Comment est il possible d'écrire, en page 242, « le 9 et 10 aout (1943) les allemands sont déjà à Rumilly » ?

Comment peut-on confondre une Messe et des vêpres et imprimer en page 65, « il y avait eu deux messes, celle du matin et celle des vêpres » ?

Comment peut-on insérer les versets 35-40 du chapitre 25 de l'évangile de Matthieu dans un office d'aout 1943, page 247, en bousculant le calendrier liturgique ?

Mussolini est renversé le 25 juillet 1943, l'armistice signé le 3 septembre, et la zone d'occupation italienne en Haute Savoie passe sous contrôle allemand le 8 septembre 1943, un mois plus tard que le romance Valentine Goby.

« Si j'ai violé l'histoire, je lui ai fait de beaux enfants » claironnait Alexandre Dumas, et Vadim Pavlevitch et Moinette sont incontestablement charmants, et « l'ile haute » un bel hommage aux savoyards et aux réseaux catholiques qui ont sauvé des centaines de persécutés durant la seconde guerre mondiale. Fabrice Grenard, dans « le choix de la résistance », raconte cette discrète épopée qui permet d'inscrire 108 savoyards parmi les « Justes parmi les Nations ».

Ce roman écrit d'une plume poétique, aurait mérité une relecture attentive pour gommer ces erreurs d'autant plus consternantes qu'il est édité par Actes Sud, maison présidée par une ex-ministre de la culture.

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Une île tout en haut de la montagne. La montagne qui enveloppe, enserre le jeune Vadim dans ses bras, maternelle, protectrice, vivifiante.

Le souffle de la montagne dans les poumons de Vadim, un jeune garçon asthmatique de douze ans, qui va lui redonner vie, l'éloigner aussi de la menace, de l'ennemi qui gangrène la France, en 1943, qui poursuit et arrête les Juifs.

Les parents de Vadim, chuchotent la nuit, dans l'appartement des Batignolles, à Paris. Un beau jour, la sentence tombe, Vadim va partir en train, accompagné d'une religieuse, qui va le remettre aux bons soins d'un couple de montagnards qui habitent Vallorcine, le dernier village de la vallée de Chamonix avant la Suisse.

Vadim Pavlevitch devient Vincent Dorselles. Vincent va découvrir la montagne, c'est un choc pour lui qui n'a vu jusque-là que le Sacré-Coeur pour plus haut sommet. Il s'émerveille devant tant de beauté, chavire. Quand Vincent arrive en gare à destination, tout est blanc, ouaté, cocon pour accueillir la chrysalide du jeune garçon.

Petit à petit, la neige va fondre, Vincent découvre avec une admiration sans cesse renouvelée les couleurs qui s'offrent à lui dans la valse des saisons qui se succèdent, chacune amenant une nouvelle palette de couleurs, de paysages, de reliefs, de surprises et de découvertes. Petit à petit, la montagne transmet ses couleurs au petit parisien blafard, qui en emplissant ses poumons d'un air pur auprès d'âmes justes et simples se libère des griffes de l'occupant allemand. Vadim va grandir, mûrir et se révéler à lui-même.

Au cours de sa mue de citadin en petit montagnard, Vincent est accompagné de la fidèle Moinette, fille de la voisine, de deux ans sa cadette. Moinette s'amourache du frêle parisien qu'elle va initier aux rites et coutumes de la montagne, en guide fidèle car Vincent n'a jamais rien vu, rien senti, rien touché dans son Paris tout gris, sans fleurs, ni plantes, ni animaux. Grâce à la montagne, les yeux de Vincent s'ouvrent à la beauté, l'artiste en herbe peint ses bouleversements, ses sensations, ce qui le renverse, le transperce.

Valentine Goby fait accoster le lecteur au coeur de son île imaginaire avec une plume poétique qui magnifie la montagne. Chaque phrase est ciselée avec soin, un véritable travail d'orfèvre, c'est très beau, mais pour être complétement conquise j'aurais eu besoin d'un peu plus de chaleur pour m'attacher aux personnages. L'histoire est belle, je regrette que ce livre très contemplatif ne m'ait pas permis de trouver mon compte en termes d'émotions.

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Vadim est né asthmatique et depuis des mois l'espace s'est drastiquement resserré autour de lui. Il faut qu'il s'en aille, qu'il quitte Paris, il y respire mal, la montagne c'est comme un médicament, elle aide à guérir, l'air y est meilleur. Et puis on s'est mis aussi à arrêter les enfants juifs. Vadim n'a jamais pris le train, il a douze ans. C'est la première fois qu'il voit une montagne. Dans la vallée des Ours, face aux aiguilles rouges, il sera Vincent, les Dorselles lui ont offert les papiers d'identité de leur fils.

Valentine Goby nous conte la vie dans les Alpes au début des années 40. Ici le climat est rude, les gens sont simples. Chaque jour des tâches doivent être accomplies, y compris par les enfants. Dans ce roman d'apprentissage, il y a tout ce qui me plaît dans un livre, une belle histoire portée par une écriture sublime, des personnages attachants ; Monette la petite voisine de dix ans, qui voit tout ce que personne ne voit, Martin qui est aveugle, il a ses yeux au bout de ses doigts, il collectionne les bruits, les odeurs, les goûts, les sensations. Vincent/Vadim perçoit des couleurs dans les sons et il aimerait être un enfant d'ici, pas un monchu, un touriste.

Valentine Goby nous décrit la métamorphose de la nature au fil des saisons et c'est somptueux. Que la montagne est belle sous la plume de Valentine Goby.

J'espère que les bonnes fées des prix littéraires se pencheront sur ce roman, il le mérite tant !

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Valentine Goby est passionnée de montagne et écrit beaucoup pour la jeunesse. Quand elle décide de faire découvrir à un petit parisien juif l'univers montagnard, cela donne un roman magique!

Magique oui, car l'émerveillement de Vadim, douze ans, est total. Et nous le partageons, tant l'écriture est belle, poétique, enfiévrée comme son excitation. Envoyé par sa mère dans les Alpes, officieusement parce qu'il est asthmatique mais surtout pour le préserver en tant que Juif ( l'histoire se déroule durant la seconde guerre mondiale), cette première fois avec la montagne le marquera à tout jamais, même s'il n'en connaitra que trois saisons, constituant les trois parties du roman. Trois couleurs: blanc, vert, jaune. Hiver, printemps, été. J'ai beaucoup aimé cette correspondance entre les mots et les couleurs, que Vadim établit secrètement. On pense aux couleurs voyelles de Rimbaud...

Au sein de cet univers si particulier , protecteur contre les menaces extérieures, Vadim va connaitre neuf mois initiatiques, qui le feront mûrir, connaitre l'amitié et l'amour, le manque aussi. Les descriptions sont peut-être parfois un peu longues mais on se laisse prendre par l'enthousiasme de Vadim, lors de ses découvertes de la faune, de la flore, et de l'évolution subtile de la montagne, au fil des saisons.

La fin s'avère frustrante mais porteuse d'espoir. Un roman émouvant, qui exalte l'observation minutieuse de la nature et nous plonge avec finesse dans les pensées d'un jeune garçon tombé en amour avec la montagne.Une bien belle escalade!

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C'est très bien écrit, mais il ne se passe rien, ou si peu de choses. Les descriptions sont superbes, mais il y en a tellement. Et puis on nous livre les informations au compte-goutte, ce qui fait qu'au tiers du roman on n'a que des bribes d'informations sur les personnages...

J'avais l'impression de ne pas avancer...

Par contre, j'ai trouvé que Valentine Goby évoquait très bien la synesthésie, ce phénomène fascinant où sons et couleurs s'associent mystérieusement pour donner une dimensions supplémentaires aux mots.

La rencontre ne s'est pas faite, dommage...

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En fuyant Paris, au motif qu'il est asthmatique, pour se réfugier à Vallorcine, un petit village situé dans la vallée de Chamonix-Mont-Blanc, au bord de la frontière Suisse, Vadim Pavlevitch est devenu Vincent. Pour la première fois, le jeune garçon âgé de douze ans découvre la montagne et ses paysages enneigés, constitués de pics, de monts et de crevasses. La sidération fait rapidement place à l'émerveillement. Aux côtés de Moinette, une gamine du cru âgée de dix ans, Vincent va peu à peu se familiariser avec ce monde nouveau dans lequel il faut s'en cesse trimer si l'on veut survivre, mais qui offre tant de richesses et de beautés que le labeur semble être un juste prix à payer.

Ainsi, dans cette petite vallée des Alpes, Vincent va passer de longs mois coupé du monde, protégé par l'hiver et par une nature qui a repris ses droits. Mais, le printemps arrive et la neige fond, découvrant les accès jusque là obstrués... La vallée s'ouvre progressivement à l'extérieur et Vincent voit dans cette ouverture une menace, comme une invitation lancée aux allemands…

J'avais oublié à quel point Valentine Goby était une magicienne des mots! Pourtant, j'avais déjà été bouleversée par la puissance de son écriture à la lecture de Kinderzimmer il y a quelques années de ça… Ce talent s'exprime avec encore plus de certitude dans “L'île haute”, cette histoire lente, propice à la description et à la contemplation, qui avance au rythme des saisons et du climat. Finalement, on pourrait dire qu'il ne se passe pas grand chose dans cette intrigue qui se résume à l'acclimatation d'un petit parisien à un univers qui lui est totalement inconnu, mais qu'il lui est nécessaire d'apprivoiser car sa survie dépend de sa capacité à se fondre dans ce nouveau décor… le roman est donc extrêmement descriptif et tend à rendre compte d'un quotidien somme toute banal pour les gens du coin, mais qui prend une dimension nouvelle sous le regard neuf et naïf de Vincent.

Pour cela, Valentine Goby, grâce à une langue fouillée et incroyablement évocatrice, parvient à nous offrir une immersion totale dans cet univers montagnard, où la rudesse et l'entraide coexistent en permanence. Comme Vincent, on sent le froid vif et piquant sur la peau, on est grisé par les premières fois en skis, on ressent avec enchantement la densité des reliefs et la palette des couleurs, on s'émerveille d'un premier vêlage… J'ai bien souvent eu l'impression d'être dans la peau de Martin, ce berger aveugle, qui s'il ne voit pas, perçoit tout et n'a pas son pareil pour décrire ce qui l'entoure et pour nommer les choses… Cette magie des mots passe par la richesse de la langue et par le recours au patois. Tout est nommé, sans cesse, et c'est cette acquisition d'un langage nouveau qui va permettre à Vincent de se forger une nouvelle identité.

Mais, malgré ce rythme lent et contemplatif qui pourrait paraître un peu lisse, Valentine Goby parvient à toujours faire planer une tension au-dessus de la vallée… On sent L Histoire en marche se rapprocher de cette bulle jusqu'alors préservée de la violence des hommes et on ne cesse de redouter cette épée de Damoclès qui menace de frapper à tout instant… Un texte d'une grande puissance littéraire et évocatrice, qui peut ne pas plaire à tout le monde en raison de ses nombreuses descriptions mais qui a su m'attacher à ses personnages et m'entraîner, l'espace de quelques heures, dans son univers!

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Le nouveau roman de Valentine GOBY, « l'île haute » est à la hauteur de mes attentes. Ce qui me plaît chez cette autrice, c'est l'art de nous surprendre. C'est toujours différent.

J'ai découvert à travers les yeux de Vadim, Heu ! non, de Vincent, la montagne comme jamais. C'est une explosion de sensations, tout d'abord le froid, la neige, l'humidité, le souffle, l'air pur, les montagnes, et avec quel ravissement ! Vincent tentera de dessiner les paysages qu'il voit ou plutôt, ce qu'il en saisit et pour cela il remontera très loin dans le passé. Martin lui décrira ce qu'il perçoit, lui en tant qu'aveugle. Vincent s'imprégnera des sensations décrites par Martin. Cela se reflétera dans ses dessins qu'il garde précieusement. Ensuite, il passera au printemps, qu'il attend avec impatience, tout en l'imaginant, mais il se fait attendre... Il participera à toutes les tâches qu'on lui confiera, car il y a bien des corvées à accomplir à cette époque, pour vivre et survivre. Il veut être un Vallorcin.

Vincent va s'attacher à la famille qui l'accueille et surtout à Blanche. Et à Moinette et à OIga… Il va connaître ses premiers émois, en même temps que le printemps resplendit.

Il est loin d'oublier qui il est, loin de là. C'est ancré en lui, tapit quelque part, mais Chut... la montagne l'aidera à passer les obstacles et à grandir.

Avant de redevenir Vadim.

« [...] Il n'y a peut-être pas de plus beaux artistes que les enfants qui ont l'imagination comme outil premier pour modeler le réel. Oui, c'est ça, je pense, l'histoire d'un émerveillement. » Valentine Goby

Magistral. Une très belle rentrée littéraire…

Bon, c'est pas tout, j'ai d'autre livres qui m'attendent…

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Vadim apprend des mots issus de la montagne qui l'emprisonne et lui offre une liberté à la fois. Peu à peu, respectant le souhait de parents de plus en plus lointains, il habite une nouvelle identité : Vincent. Et il grandit aussi au contact de son amie Moinette et de Sylvie qui l'a recueilli au sein de sa famille.

L'histoire se laisse happer par des paysages parlant d'eux-mêmes, tout en suivant le processus de survie de Vadim devenu Vincent, comme un enfant qui lâcherait sa chrysalide pour devenir adolescent.

Une belle lecture, tant par l'apprentissage de la montagne et de la vie, que par le témoignage sur le sentiment de danger vécu par les exilés de la seconde guerre mondiale.

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Vadim, un petit parisien de douze ans est envoyé par sa mère dans une famille de paysans vivant au pied du Mont-Blanc.

Pour deux raisons : soigner son asthme et surtout le protéger car on est en 1943 et la famille est juive.

Il devient Vincent.

La découverte de la montagne est un émerveillement.

L'enfant est très attentif aux formes , aux couleurs, aux mots, aux changements.

C'est un contemplatif d'une grande sensibilité.

Il observe tout avec enthousiasme.

Les longs mois d'hiver et de neige.

L'éveil du printemps.

L'es éléments de la nature, fleurs, arbres, animaux, ciel......

La nature rient une grande place dans ce roman.

Tout est parfaitement dépeint.

Encore une fois une belle écriture, encore une fois une belle histoire ;

mais encore une fois l'émotion passe difficilement.

Ça m'arrive fréquemment avec Valentine Goby.

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