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ISBN : 2746730731
Éditeur : Autrement (21/09/2012)

Note moyenne : 4.24/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Ronan Badel : illustrateur

Lyuba et sa famille originaire du Nord-Ouest de la Roumanie, se sont installés à la périphérie de Paris dans des abris de fortune. Depuis quatre ans, la vie est rude et l’intégration difficile pour la jeune adolescente qui passe ses journées à chanter dans le RER ou à s’occuper de ses frères et sœurs. Au gré des expulsions et des changements de camps, elle rêve d’une nouvelle vie. Mais lorsqu’elle croise le chemin de Jocely... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Ziliz
  21 septembre 2014
La collection jeunesse 'Français d'ailleurs' présente l'histoire de l'immigration française des dernières décennies. On suit dans chaque album un enfant d'origine étrangère, on découvre les conditions de son arrivée sur le territoire, sa vie, le parcours de ses parents.
En vedette ici : Lyuba et sa famille. Ils sont Roms, installés dans un bidonville en région parisienne. Pas facile de se débrouiller quand, faute de statut officiel, on ne peut trouver un "vrai" travail. Les parents de Lyuba chinent, chantent dans le métro, font la manche. Tout ça pour vivre dans des conditions insalubres, avec la menace permanente d'une expulsion. Les lois et les Gadgé (non-roms) leur montrent que leur place est ailleurs, n'importe où mais pas "chez nous". Lyuana a la chance de rencontrer Jocelyne, qui les aide et leur ouvre sa porte. « Ce n'est pas une Gadji comme les autres : les Gadgé du RER serrent contre eux leurs sacs, leur porte-monnaie, leurs enfants quand on entre dans la rame, et l'espace qu'ils nous font vient de la peur et du dégoût. »
A travers l'histoire de Lyuba et de ses proches, l'ouvrage montre les conditions de vie des Roms en France, les opportunités d'intégration qui leur sont offertes avec parcimonie et encadrées de manière stricte, les effets pervers des lois - pour l'AME notamment, aide médicale de l'Etat. La postface donne des précisions intéressantes sur l'histoire des Tsiganes (Gitans, Roms, Manouches) depuis le XIIIe siècle, leurs différentes cultures, leurs migrations, l'anti-tsiganisme qui est apparu au XIXe siècle, les lois actuelles en France.
J'ai été agréablement surprise en découvrant la version "poche" de cette série, dont je ne connaissais que les albums cartonnés. Mini-coût, mini-place, mais aussi présentation plus agréable, on abandonne le quadrillage en décalage avec le texte, les illustrations superflues. Et l'on voit plus clairement que cette collection est destinée à des collégiens - le format 'album' est souvent trompeur.
Sur cette thématique, j'ai préféré le superbe roman pour adultes "Grâce et dénuement" (Alice Ferney), qui présente un tableau plus contrasté - donc plus honnête, me semble-t-il - des problèmes de cohabitation Rom-Gadjé.
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murielan
  18 juillet 2013
Lyuba vit dans un campement de Roms, en Seine-Saint-Denis. A travers son quotidien pas toujours facile, on découvre les coutumes de cette population, les difficultés à s'intégrer, les expulsions, les absurdités de l'administration... mais aussi les belles rencontres avec des gens prêts à aider ces immigrés souvent exclus de la société...
La rencontre de Lyuba avec Jocelyne, une infirmière, lui permet de s'ouvrir aux autres et de découvrir l'astronomie.
Un album-documentaire vraiment très intéressant : on en apprend beaucoup sur les Roms et leurs conditions de vie.
La collection "Français d'ailleurs" (une dizaine de titres sont disponibles)s'adresse aux enfants à partir de 10 ans : elle a pour but d'expliquer l'histoire de l'immigration en France à travers le récit d'un enfant et le pari est réussi !
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orbe
  11 octobre 2014
Lyuba est en France avec sa famille pour pouvoir envoyer de l'argent au pays et plus tard retourner vivre en Roumanie.
C'est leur quotidien en France qui est ici raconté du point de vue de la petite fille. Nous découvrons la difficulté de cette immigration subie. Comment prouver l'existence d'un conjoint alors qu'au pays le contrat de mariage n'existe pas? Comment payer le loyer sans autorisation de travail?

De quelle manière expliquer qu'il faille aux hommes quitter le territoire, passer la frontière, faire signer le constat de leur départ à la douane pour ensuite... revenir aussi vite?
C'est une vie au jour le jour, faite d'espoir et d'efforts toujours renouvelés. C'est aussi la capacité de s'émerveiller pour les moments les plus simples et les plus beaux comme la découverte du ciel et de ses étoiles. L'écriture allie avec justesse ces deux facettes qui sont proches de cette réalité.
Dans l'album publié en 2012, le récit se faisait sur un fond style carnet de route qui renforçait la véracité de l'histoire. Les dessins à l'aquarelle étaient un atout dans cet album dur et fort.
Aujourd'hui ce très beau texte est publié dans un petit format sans perdre la force de ce texte qui reste accompagné de très douces illustrations crayonnées.
Il est complété par un dossier sur l'immigration Rom en France qui comporte une chronologie, une carte, un lexique et des informations nécessaires pour mieux comprendre ce peuple.
A qui destiner cet ouvrage? A toute personne désireuse de mieux connaître ceux que parfois nous croisons ! Un récit émouvant qui retrace le dénuement et la fierté de ces hommes et enfants.
Lien : http://www.nouveautes-jeunes..
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sylvicha
  15 juillet 2013
Lyuba jeune roumaine vivant dans un "platz" (squat / bidonville) en région parisienne nous raconte sa vie : tout d'abord l'exil de Roumanie où sa famille ne trouvait pas de travail, le quotidien sans eau ni électricité, la mendicité et les chants dans le métro, les policiers qui expulsent mais aussi de belles rencontres comme Jocelyne qui lui fait découvrir les étoiles....
Racontée comme un journal sur feuilles quadrillées et accompagnéé de dessins à l'aquarelle, cette histoire mi-documentaire mi-fiction nous montre l'absurdité de certaines situations ( droit à l'assistance médicale si résident depuis plus de trois mois mais expulsion du pays si là depuis trois mois...) et les différences culturelles ( vie en famille élargie, séparation des vêtements à la lessive...).
Cette intéressante collection "français d'ailleurs" a pour mission d'expliquer simplement mais sans raccourci l'histoire de l'immigration en France à travers le récit d'un enfant. Celui-ci est complété en fin d'ouvrage par un cahier documentaire.
Une bonne façon de mieux connaître les autres....
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Nadael
  07 octobre 2014
Quand on rencontre Lyuba, une jeune fille de quatorze ans, il fait nuit noire et elle est en train de laver du linge dehors dans une grande bassine, ses mains sont glacées, écarlates. Autour d'elle tout n'est que boue et flaques d'eau gelées. Elle ira ensuite étendre sur des fils les vêtements qui ne sècheront jamais mais qu'elle et sa famille enfileront tout de même... comment faire autrement ? Puis, elle prendra des bidons vides et marchera jusqu'à un point d'eau pour les remplir... « bidon, bidon, bidonville, vivre là-dedans c'est coton » chantait Nougaro.
La famille de Lyuba vient de Roumanie. Voilà quatre ans qu'ils ont laissé leur pays, à l'économie catastrophique, aspirant à une vie meilleure en France. Malgré l'entrée de la Roumanie dans l'Union Européenne, les conditions de vie n'ont absolument pas changé. Ils vivent pauvrement, dans des lieux insalubres d'où on les chasse régulièrement. Les hommes chinent, les femmes font la manche dans le RER. Lyuaba chante toute la journée, assise à même le sol, par tous les temps. L'argent manque, les expulsions sont fréquentes, l'hygiène est déplorable, les maladies nombreuses. La police veille, Lyuba vit la peur au ventre... comment suivre une scolarité normale ? Ses parents retournent parfois en Roumanie, une maison se construit là-bas et des maris potentiels attendents Lyuba, paraît-il.
Un jour, la jeune fille croise le chemin de Jocelyne, une infirmière. Cette dernière est passionnée d'astronomie. Lyuba qui a l'habitude d'observer les étoiles y voit un signe, un espoir.
Un docu-fiction issu de la collection Français d'ailleurs, qui retrace l'histoire de l'immigration en France. Une collection qui permet aux lecteurs (dès 10 ans) d'apprendre et de comprendre la réalité sur l'immigration à travers un personnage de leur âge ; conditions de vie, relations familiales, scolaires, culture,racisme, intolérance, clichés, intégration. À la fin du livre se trouve un dossier documentaire et pédagogique avec des repères historiques, sociologiques, culturels, des cartes, des photographies et un lexique. Une collection très réussie grâce au regard, aux mots, à la sensibilité de Valentine Goby l'auteure et Ronan Badel l'illustrateur.

Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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critiques presse (2)
HistoiresSansFin   22 février 2013
Un autre docu-fiction de la série très instructive et complète sur l'immigration en France. [...] L'auteure dresse volontairement une barrière d'incompréhension par le langage d'un français approximatif.
Lire la critique sur le site : HistoiresSansFin
Culturebox   10 octobre 2012
Le texte, sensible, est écrit à la première personne, donnant au récit une dimension réaliste et poignante. La mise en page appuie le parti-pris du journal de bord : pages quadrillées pour le texte, accompagnées des beaux croquis colorés de Ronan Badel.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
VilloteauVilloteau   21 décembre 2012
L'eau est glacée, mes mains sont rouges. Je regarde les deux tas de vêtements alignés sur la bâche, un pour chaque bassine : d'un côté les jupes, de l'autre le reste du linge. J'en ai assez. Vivement que mes parents reviennent de Roumanie, que ma mère rentre. Depuis trois semaines, je tiens seule la baraque, je m'occupe de Zimba et Sorin pendant que mon frère Spino chine toute la journée.
- Lyuba, regarde !
Zimba me tend un gobelet en plastique.
- Jette, il est cassé. Les petits reprennent leur course, enveloppés de leurs souffles blancs, la boue leur monte jusqu'aux genoux et ça me décourage. En face, derrière la palissade verte, l'anneau du grand stade s'allume dans la nuit. C'est l'heure des corbeaux dans le ciel du platz. Je rince mes bassines, je place les deux tas mouillés à l'intérieur. Il fait si sombre que je n'ai pas vu approcher ma cousine Terezia.
- Attends, je vais t'aider.
Nous marchons lentement jusqu'aux fils à linge, nous tenant le bras pour ne pas glisser. La glace craque sous mes bottes. Nous pendons les vêtements qui ne sécheront jamais, mon jean moins que les autres.
J'ai faim. D'abord, chercher de l'eau à la borne des pompiers. On attend la nuit parce que c'est interdit. Comme les Gadjé éteignent les lampadaires, de peur qu'on branche dessus des fils électriques, on est vite invisibles en hiver. Laura est là, et Sylvia et Amalia.
- Ton père ! crie Amalia. Il a appelé Liviu sur le portable ! Us seront de retour mardi ou mercredi.
Six jours encore ! Je remplis mes bidons, Terezia les siens, et nous retournons aux baraques en suivant le chemin de palettes. Spino est rentré. Assise sur ses genoux, Zimba frappe les touches d'un minuscule synthétiseur : «Tas vu, Lyuba, y a même les piles !» Plus ça fait de bruit, plus elle rigole. Je fais bouillir des oeufs sur le réchaud à gaz. On les épluche et on les mange en se brûlant la langue. Puis les flammes du réchaud meurent et il fait vraiment froid, alors on tire les couvertures.
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NadaelNadael   07 octobre 2014
« Quand il a fait noir, on a étendu des couvertures par terre. Pas besoin de jumelles ou de télescope, rien que nos yeux pour voir filer l'essaim des Perséides, qui ne sont pas des étoiles et qui ne filent pas. Ce sont des comètes, leurs poussières brûlent au contact de l'atmosphère. La Lune était grosse, ce serait moins spectaculaire que d'autres nuits blanche dans le ciel (…). Quarante huit en une heure. C'est fou ce qu'on voit quand on regarde, quand on s'arrête pour regarder. Quand on cesse de bouger. Alors c'est le monde qui se met en mouvement autour de toi, et tu ne le vois plus pareil. »
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ZilizZiliz   21 septembre 2014
- Vous n'avez pas l'AME ? L'aide médicale de l'Etat ?
- Non, j'ai dit, on n'a pas ça.
- Il faut la demander ! Tu dois donner une adresse, pas le platz, celle de Médecins du Monde, le papier que je t'ai donné la dernière fois, et prouver que vous êtes en France depuis trois mois. Ton inscription au collège, tu l'as bien faite en septembre ?
- Oui...
- Lyuba ! m'interrompt ma mère. On ne pourra pas demander cette chose d'assistance. Sinon ils vont savoir qu'on a passé plus de trois mois ici et on va encore avoir des ennuis.
(p. 13-14)
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AproposdelivresAproposdelivres   22 septembre 2014
L'eau est glacée, mes mains sont rouges. Je regarde les deux tas de vêtements alignés sur la bâche, un pour chaque bassine : d'un côté les jupes, de l'autre le reste du linge. J'en ai assez. Vivement que mes parents reviennent de Roumanie, que ma mère rentre. Depuis trois semaines, je tiens seule la baraque, je m'occupe de Zimba et Sorin pendant que mon frère Spino chine toute la journée.
- Lyuba, regarde !
Zimba me tend un gobelet en plastique.
- Jette, il est cassé. Les petits reprennent leur course, enveloppés de leurs souffles blancs, la boue leur monte jusqu'aux genoux et ça me décourage. En face, derrière la palissade verte, l'anneau du grand stade s'allume dans la nuit. C'est l'heure des corbeaux dans le ciel du platz. Je rince mes bassines, je place les deux tas mouillés à l'intérieur. Il fait si sombre que je n'ai pas vu approcher ma cousine Terezia.
- Attends, je vais t'aider.
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sylvichasylvicha   15 juillet 2013
Après un jour et une nuit de voyage, le minibus s'est arrêté devant le platz de Terezia. Elle a dit qu'à côté c'est Paris, la tour Eiffel. Je la crois sur parole. je n'ai vu que le platz, le RER en face du platz et les couloirs du RER, j'habite ici depuis quatre ans, aveugle à tout autre paysage.
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Vidéo de Valentine Goby
MURÈNE | ?J'ai été fascinée par la beauté insolite des jeux paralympiques de Rio. le parcours de François était pour moi une trajectoire forcément solaire.? Valentine Goby
? Paru le 21 août #RL2019 #RentréeLittéraire Également disponible en livre numérique https://rentree.actes-sud.fr/#Goby
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