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EAN : 9782070120574
144 pages
Gallimard (25/08/2008)
3.28/5   171 notes
Résumé :
"Elle n'avait pas vraiment cru à la grâce. Au début oui, ils avaient l'air si sûrs. Et puis l'idée s'est érodée, lentement, sous l'effet de l'attente. Et maintenant ils viennent lui trancher la tête. Pour de vrai. Tout de suite. Ils avaient donc raison, ces juges, elle est un monstre, le jour du procès ils ont dit que les monstres commettent le mal sans même en avoir conscience. Tout d'un coup elle pense que c'est peut-être juste, alors, qu'elle doive mourir."
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Critiques, Analyses et Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
3,28

sur 171 notes

NathalC
  08 octobre 2020
Petit livre d'à peine 140 pages.
On retrouve la jolie plume de Valentine Goby, son rythme, son tempo...
Dans ce livre, elle met les mots au service des corps. le corps des 3 protagonistes de cette histoire. Une jeune avortée, une faiseuse d'anges et un exécuteur de la peine de mort. Dans ce livre, ils ne se rencontrent pas, l'auteur couche ici quelques heures qu'ils vivent de façon parallèle. La jeune Lucie vient de se faire avorter, Marie G. attend son heure et l'exécuteur subit l'attente de la peine qu'il doit exécuter.
Personne n'est là, à l'instant présent, par hasard. Leur histoire, leur passé, leurs relations les a amenés à cet instant. Valentine Goby nous invite à leur introspection personnelle, consciente ou non consciente...
Ce n'est pas un livre qui m'a emballé plus que cela. Peut être parce qu'il n'y a pas vraiment d'histoire, pas de fil conducteur, pas de début, pas de fin... Juste un instant suspendu.
Seule la jolie écriture de Valentine Goby m'a emportée dans ce livre.
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Roggy
  06 mai 2022
Dans ce cinquième roman de Valentine Goby, les personnages sont torturés par leurs péchés et leurs idées.
Leurs destinées, pourtant si différentes, finiront par converger en une seule et même tragédie.
L'auteure française a encore une fois cette façon bien propre de compresser ses histoires avec subtilité, prenant sur le vif d'infimes fragments d'existences.
Ses romans sont des parfaites rénovations de l'expression de l'intime.
Lire ces lignes chargées d'émotion signifie marcher dans ses traces, se laisser bercer par son art de conter tout en simplicité et poésie.
Valentine Goby excelle dans l'art de jouer avec les silences et les ellipses pour mieux faire surgir la vérité des personnages.
Dans cette courte traversée de vies ordinaires ravagées, la romancière met magistralement en scène l'amour, la frustration et l'auto-destruction, dans un roman aussi prenant que douloureux.
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carre
  28 février 2014
Trois destins qui vont se croiser par la force des choses. L'un dans vingt quatre heures sera décapité, son crime faiseuse d'anges. L'autre à l'image d'une de ces femmes avortées dans la clandestinité, le troisième, le bourreau, l'exécuteur et ces questionnements. Trois solitudes pour un récit âpre et pesant. Valentine Goby lache son récit comme une longue plainte parfois à la limite du supportable.
Le roman peu mettre mal à l'aise c'est certain, tant la souffrance de ces personnages est rendue sans la moindre complaisance. L'écriture de Goby est fiévreuse, à la limite d'une transe, elle égrène ces heures insoutenables comme un long chapelet sans espoir. C'est noir, c'est cru, ça traite d'un sujet sensible. C'est forcement à découvrir. Moi, j'ai aimé.
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Foxfire
  18 mars 2022
Assommant ! « Qui touche à mon corps je le tue » c'est typiquement le type de bouquin que je déteste. le thème était intéressant et je me suis lancée dans cette lecture plutôt confiante. Hélas, j'ai détesté le traitement du sujet et surtout le style de Valentine Goby. Que l'écriture est prétentieuse ! C'est artificiel, tout semble fabriqué pour sonner intelligent, c'est inutilement alambiqué. Cette complication dans l'écriture semble crier « regarde comme j'écris avec du style et regarde comme ce que je raconte est intelligent ». Justement, je ne trouve pas. Ce manque de simplicité est un symptôme du manque de style et semble vouloir cacher sa vacuité derrière des dorures.
Je me suis beaucoup ennuyée lors de cette lecture malgré la brièveté du roman (137 pages). En fait, c'était pire que de l'ennui et j'ai fini le bouquin en diagonale.
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ladesiderienne
  13 septembre 2016
Ce livre m'aurait sûrement procuré davantage d'émotions si je l'avais lu à un autre moment. Pendant les vacances, j'ai envie de légèreté, de dépaysement et là, je reconnais que ce fut l'erreur complète de le mettre dans ma valise. Les thèmes abordés m'ont poussée à un premier abandon mais comme je n'avais rien d'autres sous la main, la seconde tentative, contrainte et forcée, a été la bonne.
J'avais beaucoup apprécié "Kinderzimmer" de Valentine Goby mais je n'en garde pas le souvenir d'une écriture si complexe. Ici, l'auteure nous raconte trois destins que la vie va dramatiquement lier en 1943 : celui de Lucie qui a choisi de mettre fin à la vie qu'elle porte en elle, celui de Marie la faiseuse d'anges qui attend sa condamnation à mort et enfin celui d'Henri, l'exécuteur des hautes oeuvres c'est-à-dire le bourreau en charge de la guillotine à cette époque (inspiré de l'histoire vraie de Jules-Henri Desfourneaux). Dans l'urgence, chacun confie sa vie passée et ce qui l'a conduit là, au lecteur. On peut noter l'importance des relations avec la mère, la quête d'identité, la vision de la société sur la vie des femmes, le rapport au corps assez tabou. C'est à la fois poignant et tellement confus car sans ordre chronologique, l'émotion se délite en passant d'un personnage à l'autre. J'ai ressenti ce roman comme une demande ultime au lecteur de ne pas juger ces trois personnes qui tentent de justifier le fait qu'elles aient toutes donné la mort.
Une lecture très noire que j'ai eu du mal à apprécier à cause du style et à laquelle j'accorde 10/20.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
MorganeJollivetMorganeJollivet   14 mai 2012
Qu'un homme la prenne, me prenne, entière, la peau, le dedans le dehors, les nerfs, le sang les cavités les creux les bosses, les trous noirs, la lumière dans le ventre les pupilles, tout ça serré dans une étreinte totale, qu'on la tienne fort sans que rien ne dépasse qu'on l'embrasse qu'on la presse qu'on la lèche, qu'on la suce et qu'elle jouisse à pleurer, qu'on l'épluche, patiemment, couche après couche, qu'on la délivre des j'ai peur, des je ne peux pas, il ne faut pas, je ne sais pas, des peut-être, du bien, du mal, des bonnes intentions, des craintes de mal faire, de la morale bourgeoise, qu'on lui plaque une main sur la bouche et qu'on noue ses poignets, tais-toi, qu'on la force à jeter une à une toutes les chairs artificielles superposées depuis l'enfance et dans lesquelles elle s'est perdue, où je me perds, invisible, inconnue à moi-même, qu'un homme arrache toutes les peaux mortes et qu'il la trouve recroquevillée dessous, lave brûlante, me trouve, au lieu de ça elle a fait toute sa vie l'amour vêtue comme en hiver, étouffant, elle a vécu comme ça, ensevelie vivante et pourtant persuadée d'être heureuse et en donnant l'image, elle n'a pas fait l'amour elle a fait la morte, sans savoir. Au lieu de l'homme qui aurait pris creusé son corps, l'aurait trouvée à l'intérieur et dont elle aurait dit j'ai envie de toi les muscles tendus comme un arc pensant j'ai envie de moi, un autre homme, raisonnable, a déposé son sperme en elle, s'est déposé lui-même, avec amour sûrement, et puis parce que c'était ainsi, un mariage un enfant, prends donc ce vêtement supplémentaire pour te tenir chaud, son sperme, avec tendresse, ce n'est pas elle, ma mère, qu'il a trouvée au bout de son sexe, ce n'est pas cette matière sanguine et palpitante qui ne ressemble à aucune autre, c'est lui, c'est moi. Moi l'enfant qui a poussé et qu'elle a pris pour elle, toi l'enfant qui tombe avec la sonde, qui s'en va. Je dors encore tout habillée, j'attends l'homme qui me mettra nue, qui me mettra moi, dans je t'aime il y a "je", sans "je" rien n'est possible, mon père mon mari sont des hommes admirables, ils ont lu Kant et Smith, admirent Monet et Renoir et tout le Louvre, ils sont allés à Rome et à Athènes, ils discourent sur le cinéma, fabriquent des machines, savent cuisiner le poulet basquaise et réparer un moteur de voiture, ils goûtent le vin, parlent trois langues, font des dons aux œuvres de charité, vont à l'opéra, ils ont des opinions politiques, ce sont des hommes bons qui épongent nos visages quand nous sommes malades, serrent nos mains dans la douleur, baisent nos fronts au coucher par-dessus toutes les strates accumulées depuis le début de la vie, et aucun n'a su nous en extirper, nous faire jouir, vraiment, nous dépouiller de tout ce que le monde extérieur a jeté sur nos épaules, nous sommes lourdes et rongées de mousses, de coquilles, de lichens, nous mettre à vif, ils ont tout fait, tout su sauf ça, ils ont donné leur sperme, je l'ai rejeté, ma mère l'a pris, elle m'a eue à la place d'elle, voilà, et moi j'espère encore l'homme qui m'attendra, aura cette patience, cette impatience et m'atteindra, par qui je deviendrai vivante une fois pour toutes, qui aimera le goût de mon sel, le goût de mon sexe dans sa bouche par-dessus tout le reste, et moi pareil et définitivement parce que ça ne peut pas être autrement, s'il me trouve je le trouve je le garde, peut-être il sera incapable d'autre chose, d'éplucher les champignons, d'allumer le gaz, de changer un fusible, de remarquer ma nouvelle robe, de discourir sur le naturalisme, de danser la valse, de distinguer le bœuf de la carpe sur sa langue, d'assortir sa chemise à son pantalon, parfois j'en souffrirai parce que je n'y suis pas habituée, je lui apprendrai, ou pas, ça n'a pas d'importance; j'espère cet homme, à en crever, qui ne pourra se passer de ce qu'il aura vu, touché, délivré: moi, ma jouissance, moi vraie, sans défenses, moi dans le désir, dans l'abandon, moi dans la faim, et belle, vraiment je serai belle, ressuscitée, il me dira je t'aime et je pourrai lui répondre, yeux grands ouverts, et sans mentir d'aucune parcelle de mon corps parce que, enfin, j'existerai. Pendant ce temps mon mari a faim, il a froid, là-bas, en Allemagne, peut-être est-il malade, je lui manque sans doute, au moins l'idée d'une femme, consolatrice, j'ai peur pour lui, souvent, et je perds tout mon sang. Je le perds, lui. Lui que j'ai aimé à cause de son amour. Lui que je n'ai pas choisi, je n'ai jamais choisi personne, personne sinon ceux qui m'ont aimée, m'ont enrobée prise en otage dans leur amour, je les ai aimés en retour mais je n'ai choisi que celui que j'attends, il n'a pas même idée de mon existence et c'est lui que je veux. Lui seul. L'homme que j'attends existe, il le faut ou je meurs, j'ai bien une chose à moi, une voix, mais elle ne me tiendra pas toute la vie. Je veux jouir ensemble. Jouir. Jouir. Vivre. Aimer. À en pleurer.
Est-ce que j'ai eu tort, qui a eu tort de ma mère ou de moi, de mon père, de mon mari, qui n'a pas vu n'a pas su qui j'étais avant que je n'en vienne à ça, risquer ma mort pour survivre, qui n'a pas eu les yeux pour voir, pour me voir, pour ne pas se mirer en moi, qui aurait pu balayer son reflet et me chercher en dessous, me trouver, est-ce que j'ai aimé qu'on me dessine, était-ce plus facile, ai-je voulu ce rapt de moi-même, ai-je le droit d'être en colère, triste, contre qui, contre quoi? Est-ce ma faute? Suis-je victime, bourreau, les deux à la fois, quelle est ma part de consentement, de libre arbitre, où est "je", où est-ce qu'il commence, quand aurait-il dû naître et s'ancrer et dire non refuser repousser tout ce qui n'est pas lui? Quand devais-je être quelqu'un et qui pouvait m'aider, ai-je été faible ou juste pas avertie, le temps est-il rattrapable, est-ce que je peux espérer l'homme qui me tiendra au bout de son sexe, dois-je sangloter sur un fantasme, existe-t-il des réponses à mes questions, en moi, hors de moi, faut-il cesser de penser, de sentir, ou bien cette torture en vaut la peine parce qu'à la fin, peut-être, il y a une promesse de bonheur, une sorte de plénitude où coexistent mon corps ma voix ma tête dans une seule enveloppe palpitante, et tout bat en même temps? Ai-je raison de vouloir? D'espérer?
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NathalCNathalC   06 octobre 2020
Marie G. perçoit tout à cette heure qui n'est ni la nuit, ni le jour. Tout, la pousse des racines de l'arbre étique planté dans la cour, les cliquetis de clés aux ceintures des nonnes, les gardiens auront beau se déchausser, marcher pieds nus dans les couloirs au matin de l'exécution, elle percevra, elle en est sûre, le frottement des chaussettes sur la dalle nue, les souffles épaissis par le mauvais sommeil, le rhum, l'odeur du tabac noir, le froissement de leurs vêtements à chaque pas, et bien avant, depuis le milieu de la nuit, l'emboîtement sourd des pièces de la guillotine, la notation des vis dans les perforations du bois, des boulons fixés au couteau, le son de la corde à travers la poulie graissée, chaque glissement de galet dans les rainures des montants jumeaux alors qu'on hisse la lame jusqu'au chapiteau, et maintenant elle compte les silences ; pas de vis ; de boulons ; de galets ; de clés ; de chaussettes sur le sol froid. Le silence goutte.
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ladesiderienneladesiderienne   04 septembre 2016
Lucie n'est pas le prénom de l'absent. Il y en a tant, des absents, sous chaque prénom de la famille, tant de morts sous les vivants : quatre Sabine, quatre Marthe et trois Hortense, mères, filles et sœurs mortes les unes avant les autres, comme cette jolie petite cousine aux cheveux roux emportée par une leucémie, remplacée l'année suivante par un bébé homonyme, une autre Hortense L., elle-même décédée peu après la naissance, donnant son nom à une troisième fille, fantôme chétif et triste qui tua sa mère en couches. On compte trois Jean et cinq Léon, il suffit de suivre les branches de l'arbre généalogique. Lucie n'est pas le nom d'un mort, nulle part dédoublée en lettres noires, bouclées, sur le papier jaune pâle . Lucie n'est pas l'absente, elle est l'unique, la vivante, elle est "lux", la lumière qui ne s'éteint jamais.
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RoggyRoggy   10 mai 2022
Qu’il soit un têtard, une membrane informe, elle le veut de toutes ses forces, elle supplie que cela tombe et n’ait pas de contours reconnaissables. Elle imagine la petite fille qu’elle aurait eue si seulement elle en était capable, si elle était sûre de ne pas confondre son tout petit corps et le sien, sûre de de ne pas l’aimer trop fort, de ne pas la manger, de ne pas être mangée. Cette petite fille est brune et sans visage, elle d’appelle Else, elle gonfle ses joues de sirop de grenadine qu’elle recrache en riant, la robe tachée d’auréoles roses.
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MorganeJollivetMorganeJollivet   14 mai 2012
Si on se colle très doucement au dos de Lucie L. juste tombée dans le sommeil, si on sent la brûlure de son corps en fièvre, les frissons minuscules qui la parcourent, qu'on respire là, dans le creux de son cou, l'odeur de jasmin et de menthe et celle, plus aigre, de sa transpiration ; si on approche sa peau, qu'on passe le doigt, sans les toucher, sur les grains de beauté, comme les enfants relient entre eux des points sur une page d'illustré pour faire apparaître une silhouette, chat, princesse, étoile de mer, sans rien tracer de plus que des arabesques virtuelles, incomparables à celles d'une autre peau ; si on aperçoit les taches de sang noir sur sa chemise de nuit, sur le bord du drap, et aussi ce soleil tranquille, qui palpite sur sa tempe en auréoles floues ; si on regarde autour de soi à partir de ce point du lit où Lucie L. est allongée, où elle dort miraculeusement, qu'on devine les vêtements jetés par terre,la ligne de lumière à l'endroit où les rideaux se séparent, le pupitre vide au fond de la chambre, les partitions en tas sur une commode, piles hautes, vacillantes, que le miroir fend en leur milieu,cette pièce fermée sur ce corps qu'à cet instant la terre entière ignore, on sait que Lucie L. est seule avec sa douleur, elle a mal dans sa chair et dans ces mots, sa chair, c'est le premier, sa, qui compte le plus. Qui peut prendre sa douleur ? Qui peut la lui voler ? Qui peut prendre sa chair ?
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Videos de Valentine Goby (69) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Valentine Goby
Découvrez l'émission intégrale ici :
https://www.web-tv-culture.com/emission/valentine-goby-l-ile-haute-53426.html Née au pays de la lavande, d'un père parfumeur et d'une mère tisserande, Valentine Goby suit ses études à Sciences Po avant de partir quatre ans en Asie avec des associations humanitaires. de retour en France, elle enseigne les lettres en collège et le théâtre et se lance dans l'écriture. Passionnée de littérature, elle publie son premier roman en 2002, chez Gallimard, « La note sensible » salué par la critique. Très vite, la jeune femme se fait un nom auprès des lecteurs mais aussi auprès de ses collègues auteurs et elle s'implique dans les instances de la vie littéraire tels le Conseil permanent des Auteurs ou la Sofia, militant pour la défense des droits des auteurs. Avec des intrigues souvent inédites et audacieuses et des personnages forts, Valentine Goy à a coeur de confronter la tragédie à la lumière, le drame à la résilience. Ce sont des thèmes que l'on retrouve dans l'oeuvre de l'autrice, que ce soit « Banquises », « Kinderzimmer », « Un paquebot dans les arbres » ou plus récemment « Murène ». Au-delà du public adulte, Valentine Goby s'adresse aussi à la jeunesse avec des romans destinés aux ados. « L'anguille », « Tu seras mon arbre », « Une preuve d'amour » par exemple sont disponibles aux éditions Thierry Magnier,. L'adolescence, il en est justement question dans ce nouveau roman, « L'île haute ». Vadim est un jeune gamin, il a 12 ans. Il ne connait du monde que son quartier parisien. Mais le monde en guerre le rattrape. Nous sommes dans les années 40, il est juif, il doit fuir. On l'envoie dans les Alpes, dans une vallée oubliée, proche de la frontière italienne. Là, au-delà de la tristesse d'être éloigné des siens et l'appréhension d'intégrer une nouvelle famille va s'ouvrir pour lui un autre univers, celui de la montagne. Et c'est bien le coeur du roman de Valentine Goby. Comment des paysages, des saisons, des sensations vont-elles permettre à ce gamin de se reconstruire, s'imaginer un avenir, passer de l'enfance à l'adolescence. Dans cette ferme où il est accueilli, il y aura la découverte du travail des champs et des bêtes, les nouveaux copains, les premiers émois amoureux, l'adorable et impertinente Moinette, les saisons qui passent et cette montagne qui à la fois terrifie, intrigue, rassure et panse les blessures. On se laisse complètement happé par ce roman qui prend le temps, porté par une écriture d'une grande sensibilité, où les couleurs sont omniprésentes, où chaque mot déclenche une sensation. Une histoire dans laquelle les personnages sont finalement des seconds rôles puisque c'est bien la montagne, cette île haute, telle un refuge, qui est au premier plan. Ce livre est une formidable réussite, c'est un coup de coeur « L'île haute » de Valentine Goby, est publié chez Actes Sud.
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