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EAN : 9782364742628
86 pages
Thierry Magnier (15/05/2013)
3.83/5   53 notes
Résumé :
Lecture imposée : Les Misérables. Ce jour-là dans la classe, le débat s’amorce autour du personnage de Fantine : est-elle une mauvaise mère pour avoir abandonné sa fille Cosette, ou au contraire une mère exemplaire qui se sacrifie pour la sauver ? La discussion est animée, les avis divergent, quand tout à coup Abdou se lève et quitte la classe. Il ne revient pas au collège durant quelques jours. Quand Sonia le croise en ville et l’interroge sur son absence, elle déc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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ordinary_reader
  17 juin 2021
Je ne connaissais pas ce titre jeunesse de l'auteure (publié en 2013) avant de le lire le week-end dernier.
Tout commence par l'étude d'une oeuvre littéraire dans une classe de 4ème : "Les Misérables" de Victor Hugo. le professeur de français invite ses élèves à s'exprimer librement, à exercer également leur esprit critique. Sonia est vivement intéressée par le débat suscité par l'histoire de Fantine abandonnant Cosette, mais elle remarque que dans son coin leur camarade Abdou semble particulièrement troublé...
Une touchante histoire de quête d'identité, de mimétisme, de solidarité et d'amour. le caractère universel de la littérature classique est également bien mis en évidence, à travers les extraits choisis des Misérables. Et malgré une chute un peu facile, ce fut une plaisante découverte.
(4e : Individu et société - confrontation de valeurs / Dire l'amour)
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trust_me
  05 décembre 2013
Fantine a abandonné Causette (vous savez, dans Les Misérables). Est-ce pour autant une mauvaise mère ? Certains élèves pensent qu'elle n'avait pas le choix. D'autres au contraire estiment que si elle n'était pas capable de s'occuper d'une enfant, elle aurait mieux fait de ne pas en avoir. le débat est houleux et le prof de français à du mal à tenir ses troupes. Pour Simon « abandonner son enfant, c'est dégueulasse ». Pour Sonia, « elle aurait mieux fait de pas naître Cosette. » Soudain, Abdou se lève en renversant sa chaise et déclare : « Ce qu'elle fait Fantine, c'est une preuve d'amour. » Tout le monde se tourne vers lui. Abdou, arrivé depuis peu dans la classe et dont personne ne sait rien. Abdou qui jamais ne prend la parole. Pour Sonia, sa réaction a forcément un lien avec son histoire personnelle et les circonstances vont l'amener à découvrir qu'elle a malheureusement raison…
Valentine Goby met en scène des gamins quelque peu cabossés avec la sensibilité qui la caractérise. La situation d'Abdou est compliquée et présentée sans fard mais sans non plus en rajouter des tonnes, sans jamais chercher à nous tirer des larmes. Sonia a elle aussi une vie difficile mais elle ne se plaint pas. Allez savoir pourquoi, j'aime beaucoup l'image de son père, un homme qui a dû l'élever seul : « Mon père m'a baignée. Nourrie. Coiffée. Acheté des robes. Consolée. Soigné la varicelle avec un bout de coton trempé dans un liquide bleu, bouton par bouton, pendant huit jours. Il m'a raconté des histoires le soir pendant des années. […] Il a été, il est, mon père et ma mère depuis tellement longtemps, et ça m'étonnerait pas que dans son ventre il sente la même douleur que Jean Valjean, si je devais partir. Quand je partirai. »
Il est aussi question dans ce texte d'amitié, d'entraide et d'amour. La fin est positive, il y a une note d'espoir, mais rien n'est réglé pour autant. Valentine Goby évite de nous faire croire que les miracles existent. On finit par quitter les personnages à regret et on se dit qu'il va vite falloir fait découvrir ce petit roman à des élèves de 5ème-4ème parce qu'il y a de très fortes chances qu'ils le trouvent formidable.
Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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LabiblideVal
  31 janvier 2021
« Dans Abdou il y a une cocotte- minute, il est sous pression, il va finir par exploser. Je le regarde, ses mains tremblent, jusqu'à ce qu'il se lève soudain, renversant sa chaise et fixe Joseph droit dans les yeux.
- Ce qu'elle fait Fantine, c'est une preuve d'amour. »
Dans ce court roman jeunesse, Valentine Goby débute son intrigue en plein milieu d'un cours de français dédié à l'étude des « Misérables » de Victor Hugo. Nous sommes au collège et les élèves sont vifs, emportés, même s'ils sont parfois moqueurs, par les questions de l'enseignant quant au geste de Fantine, qui a abandonné Cosette. Mais celui qui réagit le plus, et de manière inattendue, est Abdou, un élève arrivé en cours d'année, dont on ne sait rien. Il va en effet ramasser ses affaires et sortir en plein cours.
La réaction disproportionnée de ce garçon interloque Sonia, la narratrice du récit. Sa curiosité naturelle la pousse à en savoir plus, à comprendre les mystères qui entourent son camarade de classe. Au fur et à mesure des confidences à demi- avouées, Sonia va découvrir la quête qui obnubile Abdou et tenter de lui apporter son aide. Son père et son amie Nathalie seront de la partie, motivés eux aussi par l'envie de voir un sourire illuminer le visage du jeune migrant.
Un joli roman sur la tolérance et l'humanité, des thèmes chers à l'auteure, qui a d'ailleurs exercé le métier de professeur de français en collège et a su si bien retranscrire l'ambiance d'une salle de classe !!!
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Juin
  16 octobre 2020
Ce roman a été réédité en 2017 avec une nouvelle couverture, plus parlante et plus forte. Dans une classe les élèves étudient Les misérables, s'en suit une discussion animée ( à chaque cours) autour du personnage de Fantine puis de Jean Valjean. Dans la classe Abdou, jeune garçon africain est plutôt effacé semble bouleversé. Quel est son secret. Sonia s'intéressera à ce camarade jusqu'à s'en faire un ami ( et plus). Livre qui traite du sujet des mineurs isolés, il pointe le problème et permet aux adolescents de découvrir leur vie.
le parallèle entre les personnages des Misérables est intéressant mais pas si évident à comprendre.
Après l'histoire est sans doute un peu trop belle, mais un peu d'optimisme ne peut pas faire de mal.
Je découvre après lecture que ce roman est issu de la collection "le feuilleton des Incos ". L'auteur l'a donc écrit avec des élèves et de nombreux échanges ce qui explique sans doute le ton général et les dialogues très vivants. Un roman intéressant qui devrait plaire aux ados. Accessible et vite lu sur un sujet de société qui peut que les (nous) interpeller.
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Syl
  14 février 2015
Sonia est la narratrice de l'histoire.
« Les Misérables » de Victor Hugo font débat dans une classe de collégiens. Afin de comprendre les personnages, le professeur pose des questions sur Fantine. « Est-ce que Fantine a été une bonne mère en abandonnant sa fille Cosette ? » Avant d'approfondir le sujet, les réponses fusent dans un charivari d'objections.
« – Moi je dis qu'abandonner son enfant, c'est dégueulasse.
- Sérieux, ça se fait pas, laisser sa fille comme ça…
- Fantine, les Thénardier elle les connaît même pas, sûr qu'elle abandonne sa fille. Si elle l'aimait vraiment, elle l'aurait gardée avec elle. Ma mère elle est comme Fantine, seule avec moi, elle travaille aussi mais elle m'a pas placé chez les Thénardier. »
Sonia regarde tous ses camarades prendre part de façon unanime et remarque que seul Abdou ne participe pas. Plongé dans un silence, absorbé par une feuille blanche, il est ailleurs. Ou peut-être pas… Nerveusement sous le bureau, ses jambes tressautent ; Abdou est une pelote de nerfs.
Le professeur continue sur cet abandon, en incitant les élèves à plus de réflexions…
« – Je disais donc, reprend le prof, on congédie Fantine. Que fait-elle alors pour gagner sa vie ?
Je lève la main :
- Elle vend ses cheveux.
- C'est tout ?
- Et ses dents.
- C'est tout ?
- Elle a fait la… comment vous dites…
Des rires au fond de la classe. Je rougis, et je murmure :
- … la prostituée. »
Mais lorsque Abdou explose en disant que l'acte de Fantine est une preuve d'amour, Sonia pressent que l'histoire de Fantine pourrait bien être celle de la mère d'Abdou.
Difficile de sonder ce camarade ! Abdou s'échappe de la classe et disparaît pour quelques jours. Malade ? C'est l'excuse qu'il donne.
Curieuse, déjà un peu amoureuse de ce mystérieux garçon, Sonia va essayer de l'apprivoiser et de l'aider. Abdou est une âme soeur.
Lorsque je tourne la dernière page de ce livre, je me demande comment l'auteur a fait pour écrire autant d'émotions, d'images, de parfums, dans ce tout petit roman. La plume, la voix, elle l'a laisse à Sonia la conteuse, une jeune fille courageuse et réfléchie, qui, très tôt, a eu aussi sa part de peines. Moins meurtrie que le jeune Malien, élevée par un père aimant, elle va l'aider à se construire, se réconcilier avec son histoire de déraciné, d'orphelin, et lui offrir une belle amitié nuancée de sentiments amoureux.
Une mère qui abandonne son enfant n'est pas forcément une mauvaise mère. Abdou Traoré sait que cela peut être une preuve d'amour d'une abnégation absolue. Sans papier, sans famille, sans argent, Mariama a eu la force de laisser son fils aux services sociaux et de partir. Il aimerait tant le lui dire !
Abdou et Sonia ont identifié leur Fantine, Valjean et Javert…
L'amour décliné sur toutes ses facettes ; ce roman est très beau. Il est écrit avec finesse, générosité, et malgré le sujet dur, déchirant, j'ai ressenti de la douceur. Abdou charrie la violence de son pays, les miasmes de la rue, le désespoir et l'espérance de sa mère. Sonia paraît aussi légère qu'un char à voile qui s'enfuit dans le vent, elle a une odeur iodée, elle est la fille qui regarde l'océan, libre et heureuse. Ils forment un beau duo, fort et confiant.
Ce livre est à recommander, je vous souhaite une bonne lecture.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
SylSyl   12 février 2015
"- Moi je dis qu'abandonner son enfant, c'est dégueulasse.
- Sérieux, ça se fait pas, laisser sa fille comme ça...
- Fantine, les Thénardier elle les connaît même pas, sûr qu'elle abandonne sa fille. Si elle l'aimait vraiment, elle l'aurait gardée avec elle. Ma mère elle est comme Fantine, seule avec moi, elle travaille aussi mais elle m'a pas placé chez les Thénardier."
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SylSyl   12 février 2015
"- Je disais donc, reprend le prof, on congédie Fantine. Que fait-elle alors pour gagner sa vie ?
Je lève la main :
- Elle vend ses cheveux.
- C'est tout ?
- Et ses dents.
- C'est tout ?
- Elle a fait la... comment vous dites...
Des rires au fond de la classe. Je rougis, et je murmure :
- ... la prostituée."
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JangelisJangelis   24 janvier 2017
Mon père se penchait tous les quarts d’heure par dessus la rambarde, demandait si tout allait bien, si on avait froid, si on s'ennuyait. Il ne fallait pas descendre se mettre entre nous, mon père l'a compris. Il était là, mais à distance.
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DocBirdDocBird   09 février 2014
Ce qui te manque pas, c'est comme si ça n'existait pas.
Je comprends qu'on ne voit que ce qui nous intéresse. Le reste, ça se fond dans le décor, ça devient Phalène Sillonnée, invisible. On a des yeux égoïstes.
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LesPapotisdeSophieLesPapotisdeSophie   23 août 2013
Tout d'un coup, je sais pourquoi je cherche Abdou. Fantine, c'est sa mère. Jean Valjean c'est mon père. Et personne, où quasi, ne croit que c'est possible.
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Videos de Valentine Goby (69) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Valentine Goby
Découvrez l'émission intégrale ici :
https://www.web-tv-culture.com/emission/valentine-goby-l-ile-haute-53426.html Née au pays de la lavande, d'un père parfumeur et d'une mère tisserande, Valentine Goby suit ses études à Sciences Po avant de partir quatre ans en Asie avec des associations humanitaires. de retour en France, elle enseigne les lettres en collège et le théâtre et se lance dans l'écriture. Passionnée de littérature, elle publie son premier roman en 2002, chez Gallimard, « La note sensible » salué par la critique. Très vite, la jeune femme se fait un nom auprès des lecteurs mais aussi auprès de ses collègues auteurs et elle s'implique dans les instances de la vie littéraire tels le Conseil permanent des Auteurs ou la Sofia, militant pour la défense des droits des auteurs. Avec des intrigues souvent inédites et audacieuses et des personnages forts, Valentine Goy à a coeur de confronter la tragédie à la lumière, le drame à la résilience. Ce sont des thèmes que l'on retrouve dans l'oeuvre de l'autrice, que ce soit « Banquises », « Kinderzimmer », « Un paquebot dans les arbres » ou plus récemment « Murène ». Au-delà du public adulte, Valentine Goby s'adresse aussi à la jeunesse avec des romans destinés aux ados. « L'anguille », « Tu seras mon arbre », « Une preuve d'amour » par exemple sont disponibles aux éditions Thierry Magnier,. L'adolescence, il en est justement question dans ce nouveau roman, « L'île haute ». Vadim est un jeune gamin, il a 12 ans. Il ne connait du monde que son quartier parisien. Mais le monde en guerre le rattrape. Nous sommes dans les années 40, il est juif, il doit fuir. On l'envoie dans les Alpes, dans une vallée oubliée, proche de la frontière italienne. Là, au-delà de la tristesse d'être éloigné des siens et l'appréhension d'intégrer une nouvelle famille va s'ouvrir pour lui un autre univers, celui de la montagne. Et c'est bien le coeur du roman de Valentine Goby. Comment des paysages, des saisons, des sensations vont-elles permettre à ce gamin de se reconstruire, s'imaginer un avenir, passer de l'enfance à l'adolescence. Dans cette ferme où il est accueilli, il y aura la découverte du travail des champs et des bêtes, les nouveaux copains, les premiers émois amoureux, l'adorable et impertinente Moinette, les saisons qui passent et cette montagne qui à la fois terrifie, intrigue, rassure et panse les blessures. On se laisse complètement happé par ce roman qui prend le temps, porté par une écriture d'une grande sensibilité, où les couleurs sont omniprésentes, où chaque mot déclenche une sensation. Une histoire dans laquelle les personnages sont finalement des seconds rôles puisque c'est bien la montagne, cette île haute, telle un refuge, qui est au premier plan. Ce livre est une formidable réussite, c'est un coup de coeur « L'île haute » de Valentine Goby, est publié chez Actes Sud.
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