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EAN : 9782897861469
256 pages
Éditeur : Ada éditions (11/05/2018)

Note moyenne : 2.91/5 (sur 54 notes)
Résumé :
Une mère désespérée surprenant l’innommable dans le quatre pièces et demie miteux qu’elle partage avec son salaud et leur couple de jumeaux.

Un frère et une soeur télépathes ayant sauvagement perdu leur innocence, avidement convoités par les serviteurs de Satan.

Une adolescente rebelle à l’enfance éclatée servant de guide dans une métropole abritant anges et démons.

Un prêtre et une sorcière cherchant à accomplir la plus ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Antyryia
  14 avril 2019

A l'origine, Hansel et Gretel était un conte des frères Grimm.
Tout comme dans le petit poucet, quand menace la famine, leur horrible belle-mère demande à son mari d'aller perdre ses enfants dans la forêt. Ca fera toujours deux bouches de moins à nourrir. Mais Hansel retrouvera leur chemin à l'aide de petits cailloux semés tout du long.
En revanche, les miettes de pain, mangées par les oiseaux, ne leur permettront pas de retrouver leur route la seconde fois.
Perdus, ils finiront par tomber sur une maison en pain d'épice et pourront se sustenter et se régaler avec toutes ces sucreries.
Mais cette demeure construite pour attirer les enfants est habitée par une sorcière qui fera de Gretel sa servante, et qui engraissera Hansel comme une oie avant de pouvoir le jeter au four pour le manger.
Mais les deux complices ne se laisseront pas faire. Gretel usera de nombreux subterfuges, profitant de la mauvaise vue de leur geôlière, et c'est la sorcière qui finira brûlée.
Oui, une gentille petite histoire sur le cannibalisme, la pédo-anthropophagie.
Un conte où on dévore des enfants ? Pas de quoi en faire tout un plat !
Les contes interdits sont une série de livres d'auteurs québécois reprenant les contes de notre enfance dans une version plus moderne, plus adulte, et surtout plus horrifique.
Il y en a douze à ce jour : Raiponce côtoie ainsi le petit chaperon rouge, Peter Pan les trois petits cochons et la reine des neiges Hansel et Gretel.
Et si ces romans ne font pas particulièrement dans la dentelle et ne brillent généralement pas par la qualité de leur écriture, leur prix abordable, leurs couvertures magnifiques et leurs thématique intrigante ( comment transposer La petite sirène dans le monde réel contemporain ? ) leur assurent un certain succès.
Ainsi, tout en respectant l'étymologie des prénoms d'origine, Hansel et Gretel seront rebaptisés Jeannot et Margot dans la version d'Yvan Godbout ( également auteur d'un des volumes de la série Cobayes ).
Jeannot et Margot vivent dans la misère la plus totale avec leurs parents : Leur douce mère Alice, attentionnée et protectrice. Et leur affreux beau-père Gaston, stéréotype du gros dégueulasse, brutal, incarnation du mal.
Violeur d'enfants.
"Le chaos s'installe sur le lit aux draps blancs souillés par l'ignominie."
Les deux jumeaux mettront tout en oeuvre pour secourir leur mère, qui elle même a voulu intervenir en comprenant à quel point son compagnon était le plus ignoble des porcs.
Après cette première partie illustrant la cruauté du beau-père, l'amour maternel, le lien qui unit Alice à Jeannot et Margot qui est aussi un lien télépathique, les deux enfants de huit ans ne se retrouveront pas perdus dans la forêt.
Mais livrés à eux mêmes. Dans la maison de la sorcière. Rassurante de l'extérieur ( une église ), elle s'avère être l'antre d'adorateurs de Satan. Parmi lesquels la vieille Ursula et son fils Samaël, et un rottweiler jouant le rôle de Cerbère.
Après une première partie terrible, également marquée par de nombreuses allusions à d'autres personnages de contes ( le petit poucet, le prince charmant, Alice aux pays des merveille, la petite fille aux allumettes ), on sombre dans le grand n'importe quoi avec la préparation d'un rituel risible pour faire revenir l'antéchrist. Hansel et Gretel devient alors une réécriture assez grotesque du conte original, à base de sacrifices humains et de nouvelles relations sexuelles contre nature.
Mais peu importe l'histoire, peu importe la qualité du roman.
Tout ça est secondaire.
Puisque ce livre, devenu pour l'instant en tout cas exclu de toute commercialisation, ayant fait l'objet d'une saisie chez l'éditeur ( AdA ), est devenu tristement célèbre au Québec. Et ce sont surtout ces raisons qui m'ont poussé à braver l'interdiction et à me faire ma propre opinion avant de réagir au scandale médiatique provoqué par la parodie malsaine d'Yvan Godbout.
Voilà ce que prévoit la loi canadienne :
- « tout écrit […] qui préconise ou conseille une activité sexuelle avec une personne âgée de moins de dix-huit ans qui constituerait une infraction à la présente loi »;
- et « tout écrit dont la caractéristique dominante est la description, dans un but sexuel, d'une activité sexuelle avec une personne âgée de moins de dix-huit ans qui constituerait une infraction à la présente loi ».
Une enseignante sainte-nitouche a été tellement choquée par les passages où Gaston était coupable de pédophilie dans des scènes pas excessivement détaillées mais pas non plus uniquement suggérées qu'elle a porté plainte en 2018. Ca n'était pas la première.
Le 14 mars dernier, l'auteur et le directeur général des éditions AdA ( Nycolas Doucet ) ont été arrêtés. Ils sont accusés de production et de distribution de pornographie juvénile.
Les stocks de l'infâme roman ont été retirés des commerces, saisis chez l'éditeur.
Les deux hommes comparaîtront ce mois-ci devant le tribunal.
S'ils sont déclarés coupables, alors je pourrais être accusé de détenir du matériel de pornographie juvénile puisque j'ai ce livre dans ma bibliothèque. C'est d'une aberration !
Et pendant ce temps, les véritables prédateurs sexuels sont toujours dans la nature, des enfants bel et bien réels vivent ce cauchemar au quotidien sous leur propre toit.
Oui, l'horrible beau-père est bien coupable de sodomie sur le personnage de Jeannot. Il a également souillé Margot, procédant à un ignoble chantage si les gamins de neuf ans refusaient de se laisser faire.
Oui, il y a dans Hansel et Gretel des scènes de pédophilie qui soulèvent le coeur et l'estomac. Dire qu'elles sont dérangeantes serait un euphémisme.
Et oui, conformément à la ligne directrice de la collection, le conte est revisité de la façon la plus horrible qui soit, mais en misant sur le malsain davantage que sur l'hémoglobine.
"Il préfèrerait être prisonnier d'une cage pleine de vipères pour l'éternité plutôt que de sentir à nouveau le membre durci d'un homme forcer le passage de son corps d'enfant."
Alors quoi ? Je conçois que ça puisse mettre très mal à l'aise certains lecteurs ( c'est aussi le but recherché, il faut aussi admettre une forme de complaisance et de surenchère, mais pas de gratuité ), mais on fait quoi alors ? On fait comme si la pédophilie n'existait pas ?
On en fait un sujet proscrit en littérature ? On choisit soigneusement ses mots pour ne pas trop choquer les lecteurs et la censure ? Ou on fait l'autruche en en faisant uniquement un vague concept et quelque chose qui n'arrive de toute façon que dans les autres familles ?
Pour reprendre ce que dit la loi canadienne, Hansel et Gretel ne préconise absolument pas d'avoir une relation sexuelle avec un mineur. Et les descriptions de ces scènes chocs n'ont pas un but sexuel. Elles sont là pour provoquer un dégoût, et certainement pas une érection. Ce que fait Gaston est tout bonnement ignoble, et le personnage antipathique au possible est décrit comme un monstre, une sous-merde.
"S'approchant de Margot, celui qui ne mérite pas d'être considéré comme un homme retire son caleçon."
Mais des Gaston, il y en a dans la vraie vie. Ce qu'ils font aux gosses n'a pas à être édulcoré. Plus ça l'est et plus ça pourrait paraître comme à la limite de l'anodin pour certaines familles.
La France est toujours en pleine affaire Christian Quesada, et je ne parle pas des scandales étouffés par l'église catholique qui devrait peut-être un jour se résoudre à laisser ses hommes d'église se marier pour éviter certains débordements inacceptables.
J'ai lu un article il y a deux semaines sur une gamine de 13 ans abusée, que personne ne voulait croire, et qui a du enregistrer son père en train de lui demander de garder leur petit secret pour enfin être prise au sérieux.
Deux de mes connaissances ont été violées par un membre de leur famille dans leur petite enfance. Elles ont parlé à leurs parents de ce qu'on les avait obligé à faire. Même constat des deux côtés : Les géniteurs leur ont donné une claque et les ont accusé de mentir. C'est tellement plus pratique ! Et qui vit ensuite pendant des années avec un traumatisme enfoui, laissant pourtant des traces ?
Donc au Canada aussi la pédophilie est tabou ? On ne veut surtout pas savoir ? Et si un auteur ose, au lieu d'une claque on le met en prison ?
Et Patrick Senécal aussi devra comparaître devant la justice pour son chapitre se déroulant en Gaspésie ? Ce moment charnière du roman durant lequel Maxime Lavoie perd définitivement toute foi en l'humanité et sans lequel son chef d'oeuvre le vide n'aurait plus aucun sens ?
L'auteur d'Aliss a d'ailleurs déclaré au sujet de cette affaire :"Mettre un roman sur le même pied qu'un criminel qui consomme du matériel pédophile est aberrant."
Je ne peux qu'être d'accord avec lui.
Et Christophe Siébert, dont l'oeuvre pullule de scènes incestueuses, faut-il l'interner ? Parce qu'il décrit un peu trop dans les détails les rapports charnels entre une mère et son jeune adolescent - tueur en série en devenir - dans Nuit noire ?
Ou l'ascension de l'horreur dans sa nouvelle étouffante "Je ne voulais pas mourir", dans laquelle les attouchements d'un père de plus en plus gourmand, de plus en plus odieux, vont progressivement plonger sa fille dans la terreur de ce qui l'attend chaque soir tandis que sa mère ferme les yeux. Etait-ce la peine de donner des détails de ce que cette victime a subi des années durant ? Je le pense. Cette escalade de violence physique autant que psychologique va provoquer la fugue de cette adolescente complétement démolie et sans repères. Qui finira par se suicider. le lecteur devient voyeur contre sa volonté, mais croyez-moi, il n'en n'éprouve aucun plaisir. Bien au contraire un malaise parce qu'on lui met le visage dans la fange humaine en lui disant "Tu vois, la pédophilie, c'est ça. Ca n'est pas juste une vague déviance, c'est répugnant et ça détruit des vies."
Alors même si l'éditeur aurait peut-être du mentionner "Pour un public averti" comme il l'a fait pour ses quatre dernières publications, parce qu'Hansel et Gretel n'a en effet pas à se retrouver entre toutes les mains, il ne faut quand même pas tout mélanger. Yvan Godbout est un romancier, il n'a pas mis de photos d'enfants nus sur le Darkweb, il n'en n'a pas non plus regardées, et il n'a jamais violé personne.
Il n'a pas écrit un livre de cul s'adressant aux pédophiles dans une collection réservée aux adultes perturbés.
Je ne m'insurge pas contre la liberté d'expression parce qu'il faut tout de même certaines limites à celle-ci quand elle bafoue la vie privée d'autrui, et parce qu'il n'est pas question de voir un jour chez mon marchand de journaux des magazines X avec des enfants nus en couverture aux côtés d'autres revues déjà très discutables.
Mais ça n'est pas la problématique ici.
Nul n'est censé ignorer la loi.
Quand un panneau indique que la limite de vitesse autorisée est de 30 km/h, même si on pourrait rouler à 70 sans danger, on respecte la limite autorisée aussi idiote soit-elle.
Mais avouez que la législation canadienne est très floue. Qu'organiser un autodafé de ce roman au nom d'une censure bien pensante nous ramènerait à de sombres heures de notre histoire.
Hansel et Gretel est une histoire qui n'a pour but que de divertir ( et de mettre mal à l'aise ) son lecteur sans promouvoir la moindre religion ou idée politique. Et encore moins la pédophilie.
La justice est en train de mettre une étiquette "Pédophile" sur l'écrivain québécois, qui risque de lui coller à la peau même s'il est finalement jugé innocent.
Ce que je trouve honteux, même si tous ne seront pas de mon avis.
Si Yvan Godbout venait à habiter votre quartier, je suis convaincu que vous l'accepteriez bien plus volontiers que Marc Dutroux.
Et qu'il ne représenterait pas la moindre menace pour vos enfants.

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LaSalamandreNumerique
  09 novembre 2018
Ce livre est très riche, surtout rapporté au nombre limité de pages. Rendez-vous compte, vous y trouverez :
- de très nombreuses scènes de viols d'enfants, d'incestes, le tout avec des détails scabreux nombreux mais une certaine limitation dans le descriptif des actes eux-même.
- 2 enfants télépathes (mieux que dans « Shining » donc, deux pour le prix d'un).
- Une adolescente héroïque de 15 ans.
- Un meurtre horrifique de mignon petit lapin (blanc, j'ignore l'importance de ce point mais le précise au cas où).
- Une secte satanique, avec croix à l'envers bien entendu, voulant concevoir le fils de Satan (lors d'un rite bien plus sordide et sanglant que dans « Rosemary's baby », il va de soi).
- Une mère courage un peu dépassée mais tellement déterminée que son incroyable stupidité doublée d'un abyssal aveuglement en deviendrait presque touchant.
- le Necronomicon cher à Lovecraft.
- Des références à des contes, qui se limitent il est vrai quasiment à des noms (« la petite fille aux allumettes » ne se rencontre pas au détour de chaque livre, il faut savoir en profiter).
- Un « parler populaire et enfantin » destiné à renforcer la crédibilité des personnages qui rendrait jaloux, côté réalisme, Georges Sand avec ses paysans : « Je sais que tu m'caches quec'chose Jeannot » … « J'vais devoir te laisser, Margot, j'entends quelqu'un qui s'en vient. On's reparle plus tard ». J'aurais aimé croire à une faille du traducteur mais c'est un livre québécois…
- Des hommes tous pervers et obsédés sexuels, répugnants à tous les points de vue (de toute façon la sexualité ne l'est pas moins).
- Un méchant qui « reprend vie » avec la même énergie que Glen Close dans « Liaison fatale ».
- Beaucoup de violence, des méchants vraiment très, très méchants, des nobles sentiments, de l'héroïsme (chez les gentils : https://www.youtube.com/watch?v=DDRXFtXN8zY )… mais pas de raton laveur hélas.
Bref, je cesse une liste qui pourrait encore se compléter aisément (hélas). le but de cette critique n'est pas (même s'il est possible de le croire) de faire un jeu de massacre, si facile ici, mais de contrebalancer les critiques positives qui ont pu m'amener à lire cet ouvrage, heureusement court (même si pas assez) afin de mettre en garde l'éventuel curieux que j'étais encore il y a peu.
Oui, c'est un livre d'horreur. Oui, il est donc avec des scènes horribles attendues, mais là où d'autres réussissent à donner du sens, à créer un suspens, à ce que l'on s'attache aux personnages nous trouvons ici une écriture pauvre, plate, des personnages vides… Diverses descriptions sont répugnantes, soit mais, plus encore, elles sont ridicules, semblant juste vouloir flatter un imaginaire aussi pauvre que fasciné par la laideur sous diverses formes très convenues (le Mal, le sexe, la violence). Quant à l'histoire, l'auteur lui-même semble avoir renoncé à lui donner sens et accumule pêle-mêle divers « ingrédients » ayant fonctionné ailleurs, le tout sans réel liant. le résultat est pour le moins indigeste et indigent.
Si vous désirez un bon livre d'horreur il n'y a que l'embarras du choix chez d'autres auteurs, idem si vous cherchez du suspens, du paranormal, des histoires touchantes d'enfants... Si, même (chacun ses expériences) vous cherchez un ouvrage catégorisé comme « malsain », il y a tellement plus intense ailleurs !
Musil a écrit "L'Homme sans qualités", et c'est remarquable, Godbout a écrit "Le livre sans qualités" et cela ne l'est pas. Je laisse le mot de la fin à Desproges : « Il est plus économique de lire Minute que Sartre. Pour le prix d'un journal, on a à la fois la nausée et les mains sales ». Ici s'ajoute une benzodiazépine sans ordonnances. Pour autant faut-il toujours aller au plus économique ?
Cet avis, ici sans plus de nuances que la plume de l'auteur, n'engage que moi.
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Neneve
  10 janvier 2020
J'adore cette collection... j'adore les contes revisités... mais là, franchement, je n'adhère pas du tout à cette version que propose Godbout ! J'ai eu l'impression de lire l'apologie de la pédophilie et de l'inceste... Des scènes sont très explicites, dégueulasses... J'ai fini par lire ce bouquin en diagonale, en passant par dessus ces scènes très hard... Et au final, il ne restait presque rien à lire... Passez votre chemin !
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Lysette
  30 mars 2019
Non, non, et non.
La violence dans les romans j'y adhère, je dirais même, que plus un roman est violent, plus j'en attends beaucoup. Hélas, ici, je n'ai eu le droit qu'a une succession de violence gratuite et cela m'a fortement dérangé.
Le prologue met pourtant la puce à l'oreille, avec cette horreur gratuite et cette violence injustifié, mais j'ai été têtu et j'ai poursuivie ma lecture, mais lorsque Satan c'est glissé dans la partie, autant vous le dire, j'ai survolé le restant des pages...
Alors que dire, à part cette violence, le roman est vide... Les personnages sont fades et peu développés (à croire qu'ils ne sont là que pour se faire violer ou tuer), l'écriture est longuette, voir par moment anarchique, et c'est quoi cette manie de coller des majuscules tous les deux paragraphes afin de faire crier les personnages ? A la lecture c'est insupportable.
Et c'est rare, mais j'ai bien du mal à trouver des qualités à ce livre... Je vais donc me contenter d'aller piocher un autre roman dans ma PAL, afin de chasser le goût amer de cette lecture de mes pensées.
Bonne lecture à tous.
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Frogzine
  02 mai 2018
OMG… Quel roman! Encore une fois, Yvan m'a bluffée. Après avoir chroniqué Olivier de la série Cobayes, Yvan m'avait avisé que son prochain récit se montrerait trash, glauque et vraiment difficile émotivement. Voilà, le verdict est tombé et c'est exactement ce à quoi j'ai eu droit. Une bonne histoire d'horreur à faire glacer le sang. Je me dois malgré tout de vous mettre en garde que ce dernier s'adresse à un PUBLIC TRÈS AVERTI. En aucun cas, il ne doit être laissé entre les mains d'un enfant… Voire d'un adolescent. Il faut avoir le coeur bien ancré pour résister à ce moment d'effroi ainsi qu'aux scènes horribles et très troublantes. Dans mon cas, j'ai même eu des envies d'aller tuer les méchants du livre. Chose certaine, vous ne serez jamais au bout de vos surprises avec ce duo mère-fils.
L'histoire commence avec les jumeaux télépathes, Jeannot et Margot. Ils vivent avec leur mère Alice, qui travaille d'arrache-pied pour faire vivre ses enfants ainsi que son « salaud » de mari. Cette dernière recevra le choc de sa vie au retour du boulot. Dès cet instant, tout est chamboulé et file à vitesse grand V. Leur vie deviendra un véritable enfer, jusqu'au jour où ils réussiront à fuir ce monstre qu'ils appellent leur père. Durant leur fuite, la mère et ses deux enfants feront la connaissance du « prêtre » Samaël, qui leur tend la main afin de leur venir en aide… Ne dit-on pas parfois que les apparences se révèlent trompeuses?
Ah! Ce cher Yvan… Il se trouve en tête de liste pour devenir l'un de mes auteurs incontournables et chouchou… Il manie les mots avec brio et sait très bien comment faire vibrer LA corde sensible. Celle qui viendra nous chercher, voire nous amener sur le point de vomir, tellement les images qui nous viennent en tête nous marquent par leur degré d'horreur. Il a le don de nous offrir des récits à la fois addictifs et tellement dégoutants que nous finissons par être tiraillés entre le poursuivre ou l'arrêter sur-le-champ. Dans ces moments-là, je me dis que l'auteur a écrit une véritable pépite de la littérature. Lorsque notre âme et tout notre être vibrent tout au long de l'histoire. Lorsque l'histoire et notre âme vibrent à l'unisson et créent un moment inoubliable!
Ce roman constitue un chef-d'oeuvre. Il est d'ailleurs finaliste pour le prix littéraire Aurora Boréal dans la catégorie meilleur roman de science-fiction, fantastique et fantasy. Cet auteur, à mon avis, dépasse sans contredit Patrick Senécal. Une nouvelle vague d'auteur de roman d'horreur émerge depuis quelques années. On n'a qu'à penser aux séries littéraires Clowns vengeurs, Cobayes et récemment Les contes interdits. Je n'étais pas une adepte de romans d'horreur dans le passé, mais malgré le côté plus que sombre de ces nouvelles séries, je dois dire que je deviens accro. Malgré le dégoût que je peux ressentir lors de certains passages, je suis plus qu'addict.
Un véritable petit bijou de la littérature québécoise qui doit définitivement être découvert! Certains seront surement offensés par les propos du récit. Certains seront définitivement outrés par les images que l'auteur gravera sauvagement en eux. Mais gardons en tête que cette histoire reste une fiction et que, malgré des propos très tabous, ce n'est qu'un conte.
Crédit : Frogzine
Lien : https://frogzine.weebly.com/..
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
julielitaulitjulielitaulit   23 avril 2019
Le chaos s’installe sur le lit aux draps souillés par l’ignominie. Coups, crachats et hurlements s’affrontent dans un ultime combat. À l’étage du dessus, un locataire mécontent frappe lourdement du pied contre le plancher. Le plafond tremble, l’une des ampoules du plafonnier brûle. Au milieu de ce capharnaüm de violence, la petite Margot se recroqueville au pied du lit. Elle ferme les yeux, se bouche les oreilles, se berce d’avant en arrière. Le poison de la peur s’accouple à celui de sa honte, remplaçant le sang irriguant ses veines. Son cœur lui fait mal, son ventre aussi. D’abominables images emplissent sa tête. Elle est trop jeune pour celles-ci, beaucoup trop jeune. Elle voudrait se transformer en poupée de porcelaine pour ne plus rien voir, entendre, ressentir.
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Sabrina1988Sabrina1988   18 juillet 2019
D'un seul coup, les parois de l'esprit de Jeannot s'effondrent, remplacées par d'opaques voiles noirs. La mort, partout, tout le temps. Elle le poursuit comme la peste, se colle à lui comme une sangsue, jette une ombre dévastatrice sur sa vie. Rien ni personne ne parviendra à éloigner cette salope trop bien agrippée.
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rkhettaouirkhettaoui   16 avril 2018
Des gars éméchés ne pensant qu’avec leurs queues. Des hommes défoncés, voulant défoncer. Des salauds sans scrupules,entrant dans sa chambre sans invitation lorsqu’elle dormait à poings fermés. Des bites puantes, elle en avait vu une, puis une autre. Des petites, des croches, des molles, des monstrueuses. Aucune ne s’était privée de la taquiner. De se glisser dans sa bouche pourtant scellée. De se faufiler entre ses cuisses retenues serrées. De s’introduire entre ses fesses qui leur en refusaient pourtant l’entrée. Chaque fois, l’enfant en elle s’effaçait un peu plus, jusqu’à disparaître à jamais une certaine nuit. Une nuit infernale, la plus longue de sa vie.
Une nuit qui la hante et qui l’habite encore aujourd’hui.
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Sabrina1988Sabrina1988   19 juillet 2019
Le plus clair de son temps, elle le passe à dormir ; ça l'empêche de réfléchir, ça l'empêche de ressentir, mais ça l'empêche surtout de souffrir.
[...]
Sa vie n'est rien de plus qu'une enfilade de malheurs cousus de désespoir.
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rkhettaouirkhettaoui   16 avril 2018
Dormant à poings fermés, le garçon suce son pouce comme un bébé, malgré ses neuf ans bien sonnés. Alice porte une main à son cœur de maman. Son fils est si petit, si chétif pour son âge. Elle a peur pour lui. Peur qu’il ne devienne jamais assez fort pour affronter cette chienne de vie. Un lourd sentiment de culpabilité choisit ce moment pour prendre ses aises contre sa poitrine. Elle peine à respirer. Comment a-t-elle pu mettre au monde des enfants au beau milieu de cette existence de merde ? Pourquoi ? Par égoïsme, pour ne pas se sentir seule dans cette horrible et perpétuelle tourmente ? Tout à fait, elle ne peut le nier.
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