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ISBN : 2367950083
Éditeur : Chèvre-feuille étoilée (13/03/2014)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 6 notes)
Résumé :
«Dépêchez-vous, finissez de vous habiller, on vous emmène.»
Quelques secondes de flottement, comme le temps suspendu avant un basculement, puis l'ordre est réitéré d'un ton menaçant :
«Allez, vous deux, faites vite... et si vous ne vous dépêchez pas, vous n'emporterez rien !» «Vous deux !», la mère a bien entendu; «Et mes deux autres filles ?» fait-elle en désignant Léa et Betty. «Elles ne figurent pas sur la liste ! Et on va pas y passer la journée.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
MicheleP
  04 avril 2014
J'ai aimé ce livre. Vous me direz que ce n'est ni le premier, ni le dernier sur cette effroyable rafle qui a frappé de stupeur tous ceux qui en ont été victimes, mais j'ai trouvé dans celui-ci un ton d'authenticité, sans pathos, qui m'a parfois donné la chair de poule. L'histoire est simple : quatre jeunes femmes, une jeune et jolie mère et ses trois filles arrivent de Bessarabie, elles ont vendu leurs biens à la mort du père et sont parties trouver refuge dans la France bientôt nazie. (Comme bien d'autres : je pense à ce joli « Voici venir l'orage » dont Nina Companez nous a fait un feuilleton, mais là, nos jeunes femmes sont très pauvres, triment et vivent dans la misère). Une ignorance administrative les fait classer comme citoyennes soviétiques – roumaines, elles auraient été sauvées !
Le jour de la rafle du Vel d'hiv, la mère et la fille aînée sont arrêtées et envoyées à Drancy, la narratrice, Léa, et sa petite soeur supplient en vain qu'on les emmène aussi. Elles lutteront pour sauver leur mère et leur soeur, coups d'épée dans l'eau bien entendu, et souffriront à tout jamais du syndrome des survivants. Les déportées ne reviendront pas, la fille attend sa mère pendant plus de deux ans et croit la voir dans les rues, comme l'on croit voir l'homme qu'on aime…
Une histoire simple, narrée avec une simplicité très forte, une pointe d'humour, une grande dignité : Léa, qui est maintenant une vieille dame de plus de quatre-vingts ans, dont la blessure ne s'est pas refermée, conte son témoignage à une auditrice-auteure qui intervient en off, demandant à la vieille dame de préciser certains points. La vieille dame ne sait pas, elle était encore enfant, et c'est cette ignorance qui donne toute son intensité à l'histoire de ces quatre victimes, emportées par un irrésistible destin. La narrativité est intéressante : Léa est la seule narratrice, Léa du passé, Léa du présent, l'auteure n'est que le témoin, l'intervieweuse…
Un livre tout simple et très beau sur un sujet puissant et terrible.
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Capsule
  29 juin 2014
En 1929, Paula, juive de Bessarabie, quitte son pays avec ses trois filles, dont Léa. Malade, elle doit se faire soigner et les trois filles, à peine arrivées dans ce pays inconnu, sont hébergées dans un pensionnat juif où elles vont attendre le retour de leur mère. Elles reprennent ensuite à quatre une vie de famille. Cette vie de famille et l'amour maternel sont au centre du roman, une mère seule avec ses filles qui deviennent de jeunes adultes. Une vie de famille très simple, de labeur, où on se parle peu, et surtout pas du danger dans le Paris cosmopolite des années 1930... Ce danger va apparaître brutalement le matin du 16 juillet 1942, la mère et la soeur aînée sont raflées par la police française. J'ai beaucoup aimé ce roman écrit comme un témoignage, avec Léa, vieille dame de 95 ans, qui raconte son histoire à l'auteur. Elle fait des allers-retours entre ce qu'elle a vécu avant 1942, les années 1950 et aujourd'hui. Par ailleurs, même si c'est un sujet qui m'intéresse, je n'ai pas souvenir d'avoir lu de description aussi précise du camp de Drancy et des conditions d'internement.
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vf
  23 juin 2014
Pudique, sans voyeurisme. Une belle histoire d'amour entre une mère et ses trois filles, mais malheureusement elles sont juives et nous sommes dans les années 40. Tout d'abord est raconté l'univers de ces quatre personnes, puis la rafle. Deux partent, deux restent... Un déchirement... Nous suivons la vie de celles qui restent, seul le souvenir reste. Ce roman est écrit avec respect. J'ai aimé l'originalité de chaque fin de chapitre où l'auteur transcrit le point de vue de Léa au jour d'aujourd'hui. Une méthode originale.
Je remercie Babelio masse critique et les éditions Chèvrefeuille étoilée de m'avoir fait découvrir ce roman.
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Elilawenn
  02 juillet 2014
Une histoire d'amour entre une mère et ses trois filles. Leur histoire commence avec leur arrivée à Paris, venant de Bessarabie en Roumanie, cette femme et ses trois jeunes filles sont juives, elles espèrent connaître le bonheur en France. Mais la guerre arrive et la France devient nazie et se produit l'un des plus horrible événement de la guerre : les rafles.
Un émouvant témoignage partagé entre roman biographique et point de vue actuel de l'une des trois filles : Léa. Elle y raconte, avec un regard actuel, ses émotions, son avis concernant certains passages de l'histoire.
Dans la partie romancée, c'est un narrateur extérieur qui raconte, un narrateur omniscient qui nous laisse percevoir toutes les émotions des scènes.
J'ai beaucoup aimé cet ouvrage, c'est vrai que ce n'est pas le seul témoignage existant, mais c'est l'un des témoignages qui a réussi à me tenir en haleine et à me faire vivre l'histoire en même temps que "l'héroine".
J'ai eu un peu plus de mal avec les points de vue actuel de Léa, je trouve que cela casse trop l'histoire, ils devraient être plutôt ajoutés en guise d'épilogue ou quelque chose du genre.
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TinkerbellsReadings
  17 avril 2014

Alors pour ceux qui me suivent sur Facebook et pour ceux qui ne me suivent pas je suis allé dimanche dernier au Salon du Livre de Berd'huis. Si vous ne connaissez pas ce n'est pas grave car c'est une très petite ville. Bref encore une fois j'ai craqué. Et notamment sur ce livre. Je suis une grande amatrice de tout ce qui concerne la Seconde Guerre Mondiale. C'est pourquoi j'ai décidé de prendre ce livre, qui plus est l'auteur était extrêmement gentille nous avons pris au moins 10/15 minutes à parler de ce livre. Avant de commencer la chronique je tenais à dire quelque chose. NON il ne faut pas arrêter de parler de ce sujet car malheureusement les génocides ont toujours lieu, les guerres également et il faut garder en mémoire ce qui c'est passé auparavant et ne pas oublier ceux qui se sont battu pour que notre pays soit libre.

Résumons un peu. Léa, jeune immigrée juive de Bessarabie, arrive à Paris avec sa mère et ses deux soeurs en 1929. le 16 juillet 1942, elle assiste à la rafle de sa mère et de sa soeur aînée. Toute sa vie, elle s'est demandée pourquoi elle et sa cadette ont été épargnées. Dans ce livre, Dominique Marie Godfard tente de répondre à cette question tandis qu'elle recueille les souvenirs de Léa, âgée aujourd'hui de 92 ans. Une amitié va naître entre les deux femmes mais l'auteure saura-t-elle éclairer toutes les zones d'ombre de ce drame ?

Alors pour commencer cette chronique vous avez compris il s'agit d'un thème qui me tient à coeur. Et je dois dire que j'ai totalement adhéré à ce livre. Je pense qu'il doit être lu au moins une fois. Approfondissons un peu.
(suite lien en dessous)
Lien : http://tinkerbells-reading.s..
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critiques presse (1)
Bibliobs   02 octobre 2014
Livre nécessaire, puisqu’il a pu apporter à Léa une forme d’apaisement, il l’est aussi pour nous tous. Témoignage, il vient continuer un travail de mémoire devenu de plus en plus difficile au fur et à mesure que disparaît la génération directement impliquée dans cette époque.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
MichelePMicheleP   04 avril 2014
Mon Dieu, il va encore falloir vous expliquer que hormis Jacquot, nous ne connaissions pas grand monde, que nous ignorions le pays auquel était attachée la Bessarabie, (...) Au-delà, aurions nous contesté ce coup de tampon fatal auprès d'un employé bien décidé à rayer le nationalité roumaine pour la remplacer par un tampon de 'citoyenne soviétique' ? En l'ignorance des conséquences, sans doute pas. Je vous parle souvent des gens pauvres, de leur temps accaparé par d'interminables journées de travail, mais pas seulement ! A l'époque, c'étaient des gens timides, plus enclins à s'effacer devant la volonté d'un agent administratif qu'à la contrarier.

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vfvf   23 juin 2014
Léa examine longuement son visage dans le miroir contre lequel elle colle son nez avant de reculer brusquement comme pour surprendre une tare qu'elle n'aurait pas saisie dans la revue de détail. Qu'a-t-elle de différent, cette figure ? Et de nouveau le bout de son nez frôle la glace à la recherche du trait sémitique, propre au Juifs et tel qu'on le représente caricaturalement... Non ! elle n'a pas un nez crochu, non ! elle n'a pas des yeux de grenouille !
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CapsuleCapsule   18 juin 2014
Comment vous faire comprendre que nous vivions en osmose, repliées sur nous-même, à l'écart du monde ? Votre imagination bute sur le quotidien de quatre fourmis laborieuses, avant tout préoccupées de gagner leur pitance, enfermées dans un périmètre très restreint autour du deux-pièces de l'avenue d'Italie.
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