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ISBN : 2081422263
Éditeur : Flammarion (28/02/2018)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Il possède un énorme cerveau – quasiment autant de neurones qu’un chat – localisé en partie dans ses huit bras. Il « voit » et « goûte » avec la peau, dont la couleur change instantanément pour mieux le camoufler. Dépourvu d’os, il se faufile à travers la moindre fente – oubliez les cages ! Il joue, adore collectionner les objets, apprend de ses erreurs comme de ses succès et reconnaît les humains… Ce prince des profondeurs, c’est le poulpe, dont on commence simplem... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Nelja
  23 mars 2018
Merci à Babelio et à l'opération Masse Critique pour m'avoir offert ce livre !
Contrairement à ce que j'avais cru, l'auteur n'est pas un scientifique mais un philosophe, ainsi qu'un plongeur sous-marin. Mais il a lu un grand nombre d'articles, a discuté avec plusieurs scientifiques spécialistes, et a un bon esprit scientifique, ce qui fait que cela ne pose aucun problème. Il est même plus rigoureux que la plupart des livres de vulgarisation que j'ai lus et cite chacune de ses sources individuellement plutôt que d'en faire une liste à la fin en bloc.
Non seulement il récapitule ce qu'on sait sur les poulpes et dans une mondre mesure les seiches, sur leur biologie, leur place dans l'évolution, leur perception, leur intelligence, mais il part de là sur des questions philosophiques et scientifiques à la fois très intéressantes mais jamais hors-sujet. La question fréquente de l'émergence de la conscience est accompagnée de questions beaucoup plus précise sur la nature de la conscience que dans d'autres livres. La partie sur l'origine de la mort de vieillesse était également fascinante. Il raconte aussi ses propres expériences de rencontres avec des poulpes en plongée, sans jamais tout centrer sur lui.
C'est vraiment un excellent livre ! Je regrette juste qu'il ne parle pas de quelques anecdotes que j'ai entendues sur les poulpes qui m'ont semblé intéressantes, comme les tests sur les mouvements d'art, ou la nature changeante de leur ADN. Etait-ce de l'intox ? Jugé pas assez important par l'auteur ? Trop récent pour être dans un livre sorti il y a deux ans ? C'est ce qui m'a sans doute manqué, une petite liste "les idées fausses sur les poulpes". Je devrai aller la chercher ailleurs. :-)
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igaluck
  03 avril 2018

Les deux premiers chapitres sentent le passage obligé : un étayage de connaissances de base pour appuyer la suite sur un ton qui se veut ludique et accessible. Peter Godfrey-Smith s'appuie sur l'image de l'arbre phylogénétique constitué de racines et de branches qui partent vers le ciel. C'est étonnant car il y a aujourd'hui des représentations sous forme de buisson sphérique composé de trois branches s'épanouissant à partir d'un centre qui sont beaucoup plus intéressantes, intellectuellement stimulantes et représentatives du foisonnement de la vie. Elles évitent toute idée de hiérarchisation, de supériorité de l'homme ou d'une croissance qui tendrait vers un but.
"Tous les animaux qui ressentent ne sont pas forcément conscients." (147)
La vie surgit au troisième chapitre. L'attention fraternelle que Peter Godfrey-Smith porte aux poulpes et aux seiches, "cette sensation d'implication mutuelle qu'ils vous procurent", donne tout de suite beaucoup de chaleur à son écriture. Récits, réflexions philosophiques et connaissances scientifiques alternent avec bonheur. Il nous invite à faire de la plongée et à réfléchir avec lui en compagnie de ces êtres dont le "corps est à la fois partout et nulle part" et dont le "bavardage chromatique continuel" ne s'adresse - la plupart du temps - à personne. Sa pensée progresse au fil de questions et d'hypothèses tout en restant ouverte. J'ai pris plaisir à me laisser guider dans cette exploration de la sentience et de la conscience, de la pensée complexe hors langage, domaines riches de possible et touchant aux fondements de l'existence.
"Le discours intérieur peut prendre une telle place qu'il en devient envahissant chez certaines personnes, qui ont recours à la méditation pour faire taire ce bavardage continuel." (227)
"Peut-être que les formes de pensée consciente les plus vivantes sont celles durant lesquelles nous portons l'attention sur nos propres processus de pensée, y réfléchissons et les expérimentons comme les nôtres." (231)
Je trouve cependant qu'il passe à côté de deux pistes. D'une part, la méditation comme champ d'expérimentation direct de la conscience. D'autre part, la possibilité d'une conscience qui ne soit pas exclusivement individuelle. Nombre d'êtres vivants ne se conçoivent pas comme des entités séparées, même si leur unité corporelle en donne l'impression. Les recherches sur le cerveau et la génétique ont à ce sujet des choses à nous dire.
"Je ne peux jamais, à aucun moment, me saisir moi-même sans une perception, et jamais ne je ne puis observer autre chose que la perception." [David Hume] (211)
David Hume aurait pu aller plus loin dans son observation s'il avait pratiqué la méditation (dite de pleine conscience, par exemple), qui consiste à identifier, observer et laisser passer les phénomènes qui se manifestent dans l'esprit sans jugement et surtout sans saisie. Une expérience qui remet en cause la question d'un "soi-même" permanent et localisable, effectivement, mais qui peut aussi s'ouvrir sur une conscience d'être au-delà du cadre de l'identité, qui transcende la construction mentale et émotionnelle de notre personne. David Godfrey-Smith reste cantonné à une vision utilitaire et fonctionnelle et écarte trop facilement la possibilité d'une conscience du vide, du rien, d'une conscience impersonnelle et originelle qui ne nous appartient pas et nous rend fondamentalement vivants.
[Lu dans le cadre des fabuleuses masses critiques]

Lien : http://versautrechose.fr/blo..
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InhumaineAeternam
  08 avril 2018
À tous ceux qui hésitent : ce livre est une découverte intéressante. Il ne parle pas uniquement de poulpes, bien au contraire, il se focalise sur de nombreux aspects de la vie et de l'intelligence.
Les premiers chapitres peuvent sembler obscurs, parce qu'ils posent les bases de notre histoire, de notre évolution. D'une certaine façon, les explications sont très précises et pointues mais elles servent pour la suite et apportent des informations inconnues vis-à-vis de notre monde. Les parallèles entre les différentes espèces, tout au long du livre, sont plutôt bien placés. J'ai eu la surprise de lire des comparaisons avec des babouins et, si au début je ne m'y attendais pas du tout, j'ai trouvé cela assez utile. Certains récits d'expériences sont surprenants, même s'ils entraînent quelques questions d'éthique. Il y a de quoi voir que contrairement à des idées reçues, l'homme n'est pas le seul à faire preuve d'intelligence, on en trouve des traces un peu partout dans le règne animal, sous des formes variées.
L'écriture est facilement lisible, ce n'est pas de la science pure et dure avec des zones floues. Les schémas qui accompagnent parfois les mots sont des petits plus, de même que les photographies en couleur des poulpes et des seiches. Ces deux espèces sont les plus mises en avant par l'auteur et elles donnent envie de plonger dans les profondeurs pour les rencontrer réellement.
Je remercie Babelio et les éditions Flammarion pour cet envoi pour la masse critique, j'ai passé un bon moment en compagnie de tout ce petit monde.
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gloubik
  17 mars 2018
Voilà encore un ouvrage qui me confronte à la difficulté d'en dire quelque chose qui ne se résume pas à « il est bien » ou « je l'ai trouvé génial »... même s'il y a un peu de ça.
Livre passionnant écrit par un passionné, Peter Godfrey-Smith nous fait partager son attrait pour les céphalopodes. Leur aspect et comportement étranges et déroutants, leur intelligence ; tout y passe. Mais aussi un topo sur l'intelligence en général. comment a-t-elle émerger, peut-on comparer les intelligences de deux espèces différentes. L'histoire du vivant et comment les céphalopodes actuels sont cousins avec les gastéropodes, même si les premiers, il y a très longtemps, ont abandonné, à l'exception du nautile, leur coquille protectrice. Vous y découvrirez aussi que le poulpe ou la seiche ont un cerveau proportionnellement à leur taille beaucoup plus gros que le nôtre, mais qu'il n'est pas comme pour nous enfermé dans une boite. Non, il est réparti dans tout le corps de l'animal, conférant une forme d'indépendance intellectuelle à chaque tentacule. Étrange, non ? Les céphalopodes ne vivent pas longtemps. Quelques années au plus. Alors comment et pourquoi cette intelligence exceptionnelle s'est-elle développée ? Leur mode de communication est également fort attrayant pour ceux qui se lancent dans l'étude de ces animaux.
En bref : Vous l'avez deviné. Bien que moyennement intéressé par la biologie et la psychologie animales, j'ai dévoré ce livre... en exploitant très peu, comme à mon habitude, les 50 pages de notes et d'index pourtant riches d'informations utiles. Je ne peux donc que conclure cette chronique en vous invitant à lire ce livre.
Lien : http://sciences.gloubik.info..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
igaluckigaluck   27 mars 2018

Hamilton est mort en 2000 après avoir attrapé la malaria lors d'un voyage en Afrique, où il enquêtait sur les origines du VIH. Environ dix ans avant sa mort, il avait décrit par écrit les funérailles qu'il désirait. Son corps devait être transporté dans les forêts brésiliennes et abandonné là pour être dévoré de l'intérieur par un énorme scarabéé "Coprophanaeus" ailé dont les larves émergeraient de son corps pour s'envoler.

"Pas de vers pour moi, ni de mouche sordide, je grésillerai dans le crépuscule comme un énorme bourdon. Je me multiplierai, je vrombirai comme un essai de motocyclettes, je serai porté par un corps volant sous les étoiles de la nature brésilienne, soulevé par ces magnifiques élytres que nous aurons tous dans le dos. Et finalement, moi aussi, je brillerai comme un scarabée violet sous une pierre."
(p255)
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Peter Godfrey Smith: "Other Minds: The Octopus, the Sea, and the Deep Origins..."
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