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EAN : 9782754828246
152 pages
Éditeur : Futuropolis (26/08/2020)
4.02/5   89 notes
Résumé :
Mai 1945. Dans les ruines de Berlin, deux orphelins juifs assistent apeurés à la victoire soviétique. Réfugiés à Leipzig, Konrad et Andreas Werner deviennent citoyens est-allemands. C'est la marche de l'histoire.
Juin 1956. Les deux frères ont rejoint les rangs de la Stasi pour échapper au camp de rééducation. Ils seront les fils de l'Est.
Juin 1974. Lors de la 10e coupe du monde de football, un match historique va opposer la RFA et la RDA. C'est le ma... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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saigneurdeguerre
  21 septembre 2020
Berlin. Mai 1945.
Ils sont deux. Deux orphelins. Juifs !
Comment ont-ils fait pour rester vivants tout au long de la guerre ? Mystère !
Que reste-t-il de Berlin ? Rien ! Enfin, si ! Des ruines. Des cadavres aussi, enfouis sous les décombres.
Ils sont inséparables et ne savent où aller. Ils savent juste qu'ils doivent fuir la capitale du Reich. Heureusement, sur leur route d'errance, ils rencontrent un couple disposant d'une charrette qui leur propose de se rendre à Leipzig. Ils embarquent sur cette charrette où git un soldat blessé en bien piteux état… Pas sûr qu'il arrive vivant à Leipzig, lui ! Sur place, les deux frères devront tirer leur plan…
Critique :
Le football vous intéresse ? Passionnément ? Parfait ! Vous allez vous régaler avec cette page d'histoire footballistique qui va voir s'affronter les deux Allemagnes pour, rien que ça, la Coupe du Monde de juin 1974 qui se tient en RFA. Ce n'est pas une fiction !
Comment ? le foot vous rend nauséeux ? Vous aimez l'histoire ? Très bien ! Ce livre est écrit pour vous ! Au travers des aventures des frères Werner, c'est la Guerre froide qui pointe son museau infâme. Plus spécialement, la Guerre froide vue du côté est-allemand avec l'omniprésence de la Stasi (la police politique à qui bien peu de choses échappent). Comment ? Je ne vous l'ai pas dit ? Konrad Werner, l'aîné, va se faire pincer en 1953 dans une pharmacie délabrée alors qu'il cherchait de l'Aspirine pour soulager son frère Andreas. C'est à cette occasion qu'ils vont rencontrer le colonel Gronau, fervent communiste. Ce dernier fait à Konrad une proposition que celui-ci ne saurait refuser sous peine de voir son jeune frère expédié en Pologne dans une maison de correction. le temps passe et les deux frangins se font une place dans la Stasi. Les convictions communistes de Konrad sont bien ancrées contrairement à son frérot qui, au fur du temps qui s'écoule, se met à douter du système…
Et le football dans tout ça ? Venez découvrir ce match authentique et extraordinaire qui a opposé les deux Allemagnes, en sachant que la Stasi ne perd jamais de vue ses concitoyens et que les trahisons de toute nature sont vivement encouragées pourvu qu'elles permettent au pouvoir en place en RDA de se maintenir.
Le scénario de Philippe Collin, c'est du lourd ! du très lourd ! Extrêmement bien documenté avec l'appui de l'historien Fabien Archambault qui signe de très belles pages de documentation à la fin de l'album.
Le graphisme de Sébastien Goethals est époustouflant et sa « mise en couleur » avec des tons à une seule dominante par planche confère une ambiance vieillotte comme si on découvrait un vieil album de famille. Il a été aidé en cela par Horne Perreard.
Les raisons d'acheter ce livre sont multiples : vous aimez l'art, jetez donc un oeil à ces planches ! Vous vous intéressez aux relations humaines dans tout ce qu'elles ont de plus complexe : amour fraternel, fidélité aux idées, amour de la liberté, … , ne passez pas à côté de cet ouvrage ! Amateur d'histoire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et des années de la Guerre froide, découvrez une page inédite de ce conflit ! Amateurs de sport, sachez ce qui peut se cacher derrière d'un point de vue politique ou sociologique…
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kar29
  19 février 2021
Très intéressée par l'histoire allemande contemporaine, j'ai adoré cette bande dessinée aux dessins soignés et réalistes et au scénario captivant.
On est pris dans cette Allemagne de la Guerre Froide, une époque oubliée et pourtant si proche, une Europe tiraillée par les idéologies.
Comme dans le précédent volume «Le voyage de Marcel Grob », on retrouve un dossier historique, signé Fabien Archambault, de grande qualité à la fin du livre.
La formation des 2 nations allemandes y est très bien analysée.
Cette BD est une nouvelle réussite du duo Collin/Goethals. Elle a le mérite d'ouvrir à une réflexion sur le visage actuel de notre Europe.
Football et géopolitique, un savant mélange!
A lire!!!
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MassLunar
  29 septembre 2020
La Patrie des frères Werner est le nouvel album historique du duo Collin/Goethals qui s'est fait remarqué moins d'un an plus tôt grâce au Voyage de Marcel Grob. Ce dernier album fut l'un gros succès graphique de la rentrée littéraire 2019. le duo récidive avec une nouvelle fiction historique orchestrée cette fois autour de deux personnages, des frères prénommés Konrad et Andreas Werner.
A travers leur regard et leur implication, nous suivons d'abord l'errance de deux "enfants-loups" (wolfskinder) dans les décombres d'une Berlin bombardée en 45, puis leur appartenance au sein de la RDA, leur recrutement dans la stasi , la police secrète de la république démocratique allemande , jusqu'à un match de coupe de monde en 1976 opposant les deux nations allemandes... A ce stade-là , les deux frères sont devenus des espions pour la RDA , chacun situé d'un côté du mur.
Peinture historique, chroniques d'un double-destin, le scénario de Fabrice Collin est magnifiquement dépeint par le trait fort et réaliste, finement expressif de Sébastien Goethals. Personnellement, je me suis régalé à la lecture de ce one-shot qui nous plonge d'abord dans les ruines d'un Berlin fumant. Une ouverture qui entraîne le lectorat directement dans les remous de l'Histoire et dans laquelle, les héros de cet album sont avant tout des orphelins de guerre, victimes et témoins de ces mêmes remous historiques. Difficile de ne pas manifester d'empathie pour ces frères Werner qui sont évidemment inspirés des enfants-loups, les wolfskinder, c'est à dire les orphelins du bombardement qui se retrouvaient à errer dans les rues et dans les frontières au lendemain pénible de la guerre.
Je n'ai pas encore lu le Voyage de Marcel Grob mais, au vu du résumé, on peut deviner l'importance que les auteurs accordent à ces personnes qui subissent L Histoire et qui suivent malgré eux, le mouvement. Tout comme Marcel Grob qui est recruté sous la menace par la SS, c'est aussi un peu le cas pour les frères Werner. Orphelins, ils finissent recrutés par les soldats est-allemands tout en étant sauvés d'une mort certaine, l'un d'eux étant malade à ce moment-là. J'aime particulièrement ces bd historiques qui choisissent de ne pas refléter la bravoure, la résistance mais de montrer avec un soin particulier les rouages de l'Histoire à travers le point de vue de celles et ceux qui les vivent simplement. La patrie des frères Werner nous entraine vers une passionnante fresque historique durant laquelle les deux frangins deviennent chacun des espions. En plus d'être un bon reflet de cette période , le scénariste Philippe Collin n'oublie pas de développer ses personnages. de manière plutôt subtile dans un premier temps, il dévoile peu à peu les aspirations et les ressentis de ces deux frères. Ayant vécu la même misère, chacun aura pourtant un regard différent sur leur vie. Entre celui qui reste et celui qui part, entre le patriote et l'aspirant à la liberté. Cette relation fraternelle est également une métaphore autour de ces deux soeurs ennemies que fut l'Allemagne à la fin de la Seconde Guerre Mondiale jusqu'à la chute du Mur.
Le récit est linéaire et pour mieux accentuer les différentes séquences dramatiques, Sebastien Goethals aidé à la couleur par Horne Perreard fait le choix de différentes palettes tout en bichromie pour donner du rythme et de la personnalité à l'action. Un sens de la mise en scène qui frôle souvent avec le suspense dramatique, une tension assez nerveuse qui menace le quotidien de chacun des frères. de même, ce sens de la mise en scène est poussé à son paroxysme durant le fameux match RDA / RFA qui est un petit moment assez jubilatoire à suivre.
Le style de dessin de Goethals est d'ordre réaliste avec une volonté de capter au mieux le naturel des expressions des personnages. On peut relever son style mimétique quand il s'empare de l'image de véritables acteurs du match comme l'attaquant Sparwasser de la RDA ou le rebelle Paul Breitner de la RFA. Personnellement, le dessin de Goethals me fait penser au style réaliste de William Vance , le regretté auteur de la série XIII, notamment pour la justesse de ces expressions qui se fondent parfaitement dans le récit. Parfois, nous pouvons être gêné par un petit décalage, un souci de proportion, une maladresse... ce qui n'est pas le cas ici, le dessin de Goethals est parfaitement maitrisé de bout en bout. Une véritable justesse dans ce style graphique.
Après le voyage de Marcel Grob, Goethals et Collin réusissent un nouveau coup avec ce nouvel album historique. Porté par un style graphique très juste, La Patrie des Frères Werner est un regard profond sur une relation fraternelle qui fait aussi écho à une
ex- Allemagne divisée mais toujours lié par le sang. Une belle page d'histoire mené par une passionnante tension dramatique.
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SophieWag
  21 octobre 2020
Konrad et Andreas Werner, deux frères orphelins, se retrouvent seuls dans Berlin après la guerre. Recueillis par des Allemands à Leipzig, ils deviennent citoyens est-allemands par la force des choses. Enrôlés par la Stasi, ils vont avoir tous deux des missions différentes. Konrad sera infiltré à l'ouest tandis qu'Andréas devient le kiné de l'équipe de foot de la RDA. En 1974, après 12 ans de séparation, les deux frères vont se recroiser lors de la coupe du Monde de football. Les liens sont toujours très forts entre eux mais les enjeux nationaux et idéologiques sont importants également.
Un roman graphique magnifiquement orchestré: scénario et graphisme apportent chacun sa part de mystère et de révélation. Un dossier historique très documenté complète le tout. Un chef d'oeuvre tant graphique qu'historique. J'ai adoré!
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LisaGiraudTaylor
  11 juin 2021
Après le Voyage de Marcel Grob que j'avais beaucoup aimé (présenté sur cette chaîne), j'ai replongé dans les textes et le coup de crayon du duo Collins/Goethals avec cette fois 30 ans de l'histoire européenne.
Au début, on rencontre Konrad et Andreas Werner, au milieu des ruines de Berlin en mai 1945. Ils ont perdu leurs parents, sont juifs, et se réfugient à Leipzig… dans la future Allemagne de l'Est…
On les retrouve quelques années plus en train de se former pour être des agents de la Stasi… puis ils vont recevoir leurs ordres de mission…
2 frères mais 2 visions, 2 questionnements sur la république Démocratique…
Puis juin 74, lors de la coupe du monde de foot avec le fameux match RFA/RDA, plein de significations (politiques, économiques, sportives, etc.)… Andreas et Konrad sont séparés depuis 12 ans, en mission chacun… un à l'Ouest avec une vie « rêvée », une famille, des enfants… l'autre à l'Est… avec la découverte de cette Allemagne « moderne »…
30 ans d'Histoire d'Europe, la guerre froide, ce match mythique, les doutes, les peurs, les influences, la RDA et ses méthodes controversées, la politique de la RFA, les tensions entre joueurs, les convictions politiques, etc.
Encore une belle BD, riche, intelligente, prenante et qui permet de revoir rapidement l'histoire de l'Europe… la fin de la BD contient des notes et un éclairage historique, sociétal et sportif !!
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critiques presse (2)
LigneClaire   16 septembre 2020
Une vraie leçon de vie. On lit et on voit les images fortes un double témoignage qui marque, permet de comprendre comment l’Europe a pu aussi se bâtir mais reste un édifice fragile. On le constate tous les jours.
Lire la critique sur le site : LigneClaire
ActuaBD   24 août 2020
Après avoir marqué les esprits il y a deux ans, le duo Ph. Collin/ S. Goethals transforme avec brio l’essai et l’on se demande avec une véritable curiosité dans quelle direction ces deux nouveaux maîtres de la bande dessinée historique vont se diriger.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
deuxquatredeuxdeuxquatredeux   31 août 2020
- Alors Andreas, comment vas-tu ?
- Disons que ça va... Même si prendre trois mois à l’isolement pour avoir descendu un ancien SS, c’est un peu difficile à avaler. Surtout pour un juif.
- Oui, c’est vrai. Mais on peut aussi dire que trois mois pour avoir contrarié Khrouchtchev, c’est pas très cher payé. (p. 39)
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BdotakuBdotaku   07 novembre 2020
« - A ton avis, pourquoi les huiles du parti n’évoquent jamais le sort des juifs quand ils parlent des crimes nazis ?

- Enfin, arrête Andreas.. Tu le sais très bien. Le socialisme refuse toute distinction entre les citoyens. Le parti défend le genre humain. Nous sommes égaux. C’est la raison qui doit primer sur le sentiment.

- C’est parce qu’elle était juive que maman est morte ici. On réduit les crimes nazis à la seule terreur SS contre les résistants communistes, et on oublie exprès le massacre systématique des juifs !... Mais nos parents étaient juifs, Konrad ! Toi et moi on est juifs ! C’est aussi notre identité, et j’aime pas faire comme si ça n’existait pas. Ça ne te dérange pas toi que l’idéologie balaye notre mémoire ?

- Juif, pas juif… Tous ces particularismes nous divisent. »
+ Lire la suite
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Fanvin54Fanvin54   15 novembre 2020
- C'est avant tout le match de la lutte des classes. N'oubliez pas, ce qui est en jeu, c'est surtout l'honneur de tous les footballeurs ouvriers.
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Erik_Erik_   27 avril 2021
En RDA, je n'ai pas le droit d'avoir mes propres opinions. Je n'ai pas le droit de lire Orwell ou de jouer au monopoly comme tes gosses. Je n'ai pas le droit de m'exprimer librement.
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BdotakuBdotaku   08 novembre 2020
Cette coupe du monde mon vieux, c'est bien plus qu'un séjour à l'Ouest ; c'est un voyage sur la lune. je t'avoue que depuis hier, j'ai même pensé à fuir la RDA mais bon, chut ...la Stasi est partout
( Jurgen Sparwasser à Andreas p.71)
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Videos de Sébastien Goethals (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sébastien Goethals
De la bande dessinée au roman, la guerre est le théâtre des intrigues les plus déchirantes mais aussi les plus fortes. Une table ronde avec Philippe Collin et Sébastien Goethals ("La patrie des frères Werner", Futuropolis) et Céline Spierer ("Le Fil rompu", Héloïse d'Ormesson). Animée par Baptiste Liger, directeur de la rédaction de Lire magazine littéraire.
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