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EAN : 9782070439294
112 pages
Éditeur : Gallimard (05/01/2011)
4.14/5   18 notes
Résumé :
«Au fond, les vrais voyages sont immobiles. Immobiles et infinis. Solitaires. Silencieux. Souvent, ils commencent dans une chambre où l'on est enfermé parce qu'il pleut ou parce qu'on est malade, obligé de garder le lit. On a huit ou neuf ans, le goût des images qui partent toutes seules dans tous les sens et qu'on lit de même, en sautant par-dessus les fuseaux horaires.»

Souvenirs, portraits d'un vagabond furtif, ces courts récits s'offrent comme une... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
araucaria
  16 mars 2014
Livre que j'ai acheté parce que je voulais découvrir un nouvel auteur, et aussi à cause de sa quatrième de couverture où il était écrit cet extrait : "Au fond, les vrais voyages sont immobiles. Immobiles et infinis. Solitaires. Silencieux. Souvent, il commencent dans une chambre où l'on est enfermé parce qu'il pleut ou parce qu'on est malade, obligé de garder le lit. On a huit ou neuf ans, le goût des images qui partent toutes seules dans tous les sens et qu'on lit de même, en sautant par-dessus les fuseaux horaires." J'aime les voyages immobiles et je voyage souvent ainsi au travers des livres. Celui de Guy Goffette m'a fait voyager moins loin et moins longtemps que je le souhaitais. L'écriture est agréable, mais il m'a manqué un petit quelque chose, une petite émotion, une petite étincelle. J'en garde un souvenir mitigé.
Lien : http://araucaria20six.fr/
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AmandineMM
  26 décembre 2011
Un recueil de textes courts, extraits d'un ensemble plus vaste que j'ai très envie de découvrir. La prose de Guy Goffette a à nouveau su m'emporter par sa poésie héritière de celle de Verlaine : la même musicalité y résonne à mes oreilles, douce et mélancolique. Dans ces récits, il chante ses voyages immobiles, par la lecture, mais aussi par la seule imagination : celle d'un enfant qui voyait la mer au fond de son jardin dans les Ardennes, celle d'un Belge errant comme il se nomme lui-même. Il conte des petits épisodes, des faits ou surtout images de la vie à la fois insignifiants et lourds de sens. Et qu'importe si les autres haussent les épaules et détournent la tête, j'ai été enchantée par ces paysages aperçus au détour des pages, par cette douce mélodie qui les imprègne et par la voix de cet auteur que j'apprécie décidément de plus en plus.
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absolu
  07 avril 2014
« Il était une fois dans sa chambre d'hôtel un homme à sa fenêtre qui attendait la mer.
Il avait entendu son rire un soir d'enfance au fond du jardin, derrière le rideau de peuplier qui balançait le vent, et il n'avait plus cessé depuis de penser à elle et de la chercher partout, car elle avait disparu sans prévenir, un beau matin. »
C'est l'histoire d'un voyage commencé à la dernière phrase, un voyage à contre-temps, enfin non, à contre-courant du sens de lecture, à contre-roman, en quelque sorte. Ce genre de voyage qui nous fait revenir sur nos pas, parce qu'on n'a rien vu, la première fois.
Un voyage, entrepris par les mots, qui empruntent des métaphores, des raccourcis qui font ralentir, des sens qui laissent interdits, où chaque rue porte un nom de souvenir et conduit celui qui se laisse guider vers la mer, celle de l'enfance, amné-otique, qui a bercé nos corps, et nos coeurs en apnée.
À la fin duquel « on naît sans souci, n'importe où »
C'est un voyage qu'on fait à côté de Rimbaud, Verlaine, Segalen et Cendrars, « qui tiennent à merci l'horizon au bout d'un vers et déboutonnent les confins comme une chemise de papier » le long de la Meuse, de la Semois, vers « des terres lointaines où l'on aborde jamais, sauf en rêve, lorsque le soir tombe infiniment et que le ciel est d'un rouge d'opéra ». Une traversée au cours de laquelle le coeur s'apaise, et le pouls de la terre.
À la fin de laquelle tout se remet en branle car c'est loin d'être fini, c'est loin, encore, le commencement, surtout si on l'attend.
C'est la vie expliquée à la réalité, une cartographie (pour les débutants que nous sommes) du « chemin frémissant, vertigineux, fruité de l'enfance et son goût violent de vivre dans la fugitive beauté des choses ». C'est un « escalier où [volent] des anges de pierre », « un cerisier qui ne donne que des merles ». Une évidence, en quelque sorte.
C'est une dernière phrase comme une fleur, qui, une fois éclose, nous délivre les « souvenirs qu'on tait et qui montent tout seuls dans l'air comme un nuage léger, âcre un peu, parfumé, vers les clignotantes lumières du fond des âges »
Suivons-le, maintenant, de nouveau, enfin, ce poète, ce chemin, retournons le long de la rivière aux écailles en reflets du jour. Et « pourvu que sur ses traces, avec les semelles de vent qu'on a dégottées Dieu sait où, dans quelle enfance, on puisse chercher encore et encore « le lieu et la formule » de vivre éperdument. »

Lien : http://www.listesratures.fr/..
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brigetoun
  15 novembre 2011
Sept courts textes du « Belge errant (Belge qui peut, comme disait Michaux) », sept évasions immobiles. Lus avec un émerveillement fraternel, alors que mes « racines » sont totalement étrangères à son univers.
Sensibilité, harmonie en sourdine... fraternel, oui, à tous ceux qui sont toujours un peu « amoureux de cartes et d'estampes », cheminant tranquillement à côté de l'agitation du monde, en sympathie avec lui mais sans désir d'y être emporté.
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moustafette
  18 avril 2018
Un petit recueil de sept textes poétiques entre souvenirs d'enfance et hommage à la région de l'Ardenne située au carrefour de trois pays et dont le sol, en d'autres temps, fut foulé par des noms célèbres.
Enfant, l'auteur imaginait la mer au fond de son jardin, porté par la présence de son grand-père et ses souvenirs de marin, casquette sur la tête et pipe d'écume à la bouche. Devenu adulte, c'est dans une caravane immobile, baptisée Partance et remisée au fond de son jardin, qu'il poursuivra ses voyages à deux pas de chez lui.
"Demain, le jardin du monde va refleurir, qui rend ses couleurs aux plus vieilles images, toute sa lumière à celui qui, regardant, voit plus loin que ses yeux et met la mer en bouteille en marchant dans un livre."
Guy Goffette n'a pas son pareil pour faire renaître les ambiances des dimanches pluvieux des enfants solitaires dont l'ennui s'échappe vers l'ailleurs des rêves. Mais à l'âge adulte, ils rebrousseront chemin, recherchant la magie de ces instants porteurs de tous les possibles. Comme si, adultes ayant pourtant parcouru le monde, ces moments restent leurs plus beaux voyages. L'auteur a l'art du raccourci, un bout de terre, un morceau d'horizon, le flot d'une rivière, des odeurs de plans de tabac qui sèchent et "C'est l'heure des souvenirs qu'on tait et qui montent tout seuls dans l'air comme un nuage léger, âcre un peu, parfumé, vers les clignotantes lumières du fond des âges."
Guy Goffette est le poète de l'enfance, de la nostalgie, du temps et des rêves perdus. Je l'avais déjà découvert dans "Une enfance lingère" qui dans mon souvenir était plus léger, moins mélancolique que Les derniers planteurs de fumée qui, comme pour ralentir le temps, se fait l'éloge des voyages immobiles et de l'imaginaire. Cela se lit avec délectation.
Lien : http://moustafette.canalblog..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   11 octobre 2013
J'ai cru qu'il suffisait de partir pour être quitte du passé. C'était oublier un peu vite qu'on n'échappe jamais tout à fait à l'ogresse nourricière, à cette forêt où le coeur d'un enfant timide a battu sa première chamade. Rimbaud lui-même, au milieu des soleils apaches du Harar, regrettait l'or des feuilles que l'ombre bat sur la flache ardennaise, et ses trafics de contrebande à travers les grands bois pleins d'animaux solides. Et Verlaine à Paris, qui mettait du vert jusque dans son eau et buvait sans nuance à la fin toutes les couleurs de l'Ardenne, Verlaine, chaque jour plus gris que la pluie sur le schiste, et plus tendre, attendait qu'un dernier miracle le relevât de l'exil.
L'Ardenne est bien le pays dont on ne revient pas. Qu'on soit du centre ou des lisières, ou qu'on ait fui à cent lieues de là, l'Ardenne vous tient et ne vous lâchera plus. Car elle existe et n'existe pas, comme le jardin sauvage, inquiétant et merveilleux à la fois, le concentré de rêves et d'images, qui trempa notre enfance comme une aube à pieds nus ou comme une mer longtemps promise.
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ChristwChristw   08 octobre 2013
Réveil en musique: il pleut. Rester couché surtout: écrire n'est plus de mise quand la pluie sur le toit chante sans effort, et son vers est impair et passe en sautillant. Parfois c'est un enfant à cloche-pied qui perd ses billes, s'arrête brusquement, les ramasse et l'on entend voler une mouche survivante; parfois, c'est une promenade d'oiseaux qui picorent on ne sait quoi, et le vers est régulier, et la césure. Ce qu'il dit importe peu: c'est l'âme des choses qu'on croyait en allée pour toujours et qui revient, remplit les creux. On s'en rend compte dès que la pluie a tourné le coin de la rue, pas besoin d'ouvrir les yeux. Le silence n'est plus l'absence de bruits, mais la voix soudaine en nous, accordée, complice, de la vie et de l'être. Le temps ne passe plus. Et la terre est enfin bleue comme une orange. Les poètes ont toujours raison.
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brigetounbrigetoun   16 janvier 2011
Il y a des terres lointaines où l'on n'aborde jamais, sauf en rêve, lorsque le soir tombe infiniment et que le ciel est d'un rouge d'opéra. On s'est assis sur le seuil ou accoudé à sa fenêtre et l'on regarde au fond de soi paisiblement s'écrouler ces grands châteaux qu'une journée qui s'en va avait patiemment, laborieusement échafaudés.
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brigetounbrigetoun   15 novembre 2011
Plus tard, les feuilles royales, fanées déjà, sécheraient dans le hangar à claire-voie, sur des perches à clous appelées boudriots qu'on suspendait aux poutres. À la Toussaint, je viendrais quand même voir si saint Joseph nous avait souri, si les plants avaient cette belle couleur ocre foncé qui couvrait comme une monnaie d'or le visage et les mains de Grand-père. J'aiderais un peu à l'effeuillage, lierais les feuilles en bottes et les transporterais au grenier, à l'abri du vent et des regards jaloux, mais le coeur n'y serait plus. Je savais que le tabac vieillirait là, sans moi, lentement comme un vin, jusqu'à ce que son arôme envahisse la maison.
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brigetounbrigetoun   15 novembre 2011
Plus tard, les feuilles royales, fanées déjà, sécheraient dans le hangar à claire-voie, sur des perches à clous appelées boudriots qu'on suspendait aux poutres. À la Toussaint, je viendrais quand même voir si saint Joseph nous avait souri, si les plants avaient cette belle couleur ocre foncé qui couvrait comme une monnaie d'or le visage et les mains de Grand-père. J'aiderais un peu à l'effeuillage, lierais les feuilles en bottes et les transporterais au grenier, à l'abri du vent et des regards jaloux, mais le coeur n'y serait plus. Je savais que le tabac vieillirait là, sans moi, lentement comme un vin, jusqu'à ce que son arôme envahisse la maison.
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Videos de Guy Goffette (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Guy Goffette
Christine Ferret, conservatrice des bibliothèques, adjointe au service Art, département Littérature et art de la BnF, vous propose un programme de lectures autour des peintres qui ont influencé Henri Cartier-Bresson : - « Piero della Francesca », Alessandro Angelini, Imprimerie nationale, 2014 https://c.bnf.fr/NLC - « Paolo Uccello », Mauro Minardi, Imprimerie nationale, 2017 https://c.bnf.fr/NLF - « Oeuvres complètes », tome 2, Jean Paulhan, Gallimard, 2009 https://c.bnf.fr/NLI - « Photographie », Henri Cartier-Bresson, Delpire, 1989 https://c.bnf.fr/NLL - « Elle, par bonheur, et toujours nue », Guy Goffette, Gallimard, 1998 https://c.bnf.fr/NLO - « L'Atelier d'Alberto Giacometti », Jean Genet, l'Arbalète, 1992 https://c.bnf.fr/NLR - « Lettres sur Cézanne », Rainer Maria Rilke, Seuil, 1991 https://c.bnf.fr/NLU
En savoir plus sur l'exposition Henri Cartier-Bresson. le Grand Jeu : https://www.bnf.fr/fr/agenda/henri-cartier-bresson
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