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EAN : 9782842054083
110 pages
Éditeur : 1001 Nuits (09/06/1999)
3.72/5   18 notes
Résumé :
Cette nouvelle de Nicolas Gogol (1809-1852) constitue la suite des Soirées du hameau. L'action se passe cette fois à Mirgorod, chef-lieu du district. Les protagonistes, Ivan Ivanovitch et Ivan Nikiforovitch, sont deux notables du petit bourg ukrainien. Bons voisins et amis de longue date, ils se prennent un jour de querelle pour une raison futile. La dispute prend vite les proportions d'une épopée, dont s'émeuvent tous les habitants... Au-delà de l'évocation trucule... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
mh17
  23 juillet 2021
La brouille des deux Ivan est la dernière nouvelle du cycle Mirgorod (1835) , du nom d'une petite bourgade ukrainienne figurant dans chacun des quatre textes. C'est un récit formidablement drôle et formidablement moderne.
La trame du récit est contenue dans le titre. Là dessus l'ami Gogol va broder.
Le narrateur est complice du lecteur, plein d'ironie et de lyrisme. Il nous présente d'abord les deux astres de Mirgorod, sorte de Dupond et Dupont ukrainiens. Ils en tiennent une sacrée couche. Deux gentilshommes oisifs, médiocres, vulgaires et auto-satisfaits complètement grotesques. le premier, Ivan Ivanovitch nous est présenté à travers des détails pittoresques et excentriques : sa jolie redingote kitsch, sa passion pour les melons, son goût pour les siestes sous son auvent dans le plus simple appareil. On le cerne aussi moralement à travers un dialogue édifiant sur le perron de l'église avec une mendiante. Il est mesquin et avare. Physiquement, c'est un homme sec, petit. Sa tête rappelle une rave, la racine en bas. Et l'autre Ivan, son voisin ? et bien disons qu'Ivan Nikifirovitch s'étend en largeur. Il fait penser à une rave lui aussi mais la racine en l'air. Son nez ressemble à une prune. Toute la sainte journée il reste couché sur son perron et tend son dos au soleil, béat. Les deux Ivan sont voisins comme cochons. Mais voilà qu'un beau jour de juillet éclate la brouille pour une peccadille évidemment. le premier convoite un fusil étalé dans le jardin avec d'autres effets. Ivan Nikifirovitch refuse de le céder. Et même de l'échanger contre une truie brune et deux mesures d'avoine. Et l'autre lâche une insulte, il compare son voisin à une volaille qui ressemble fortement à une rave dont la racine est en l'air*(1). S'ensuivent de sombres et croquignolettes vengeances fermières. Puis ladite brouille est portée devant le pittoresque tribunal de Mirgorod où siège un juge débonnaire à l'hygiène douteuse et grand amateur de petites tasses devant l'Eternel. Ivan, fils d'Ivan, Pérérépenko lit sa requête. Qu'est-ce qu'il écrit bien ! le greffier, Dorofeï Trophimitch, en est tout coi. C'est alors que la porte dudit tribunal s'ouvre brusquement et projette à l'intérieur de la salle d'audience la moitié antérieure d'Ivan Nikiforovitch tandis que l'autre moitié reste prisonnière de l'anti-chambre. Oh !
Bon je n'en dirai pas plus. Mais sachez qu'un animal de ferme déjà cité dans ce résumé (2)** viendra honteusement manger la copie de la requête n°389 d'Ivan, fils de Nikifor, Dovgotchkoun, transmise à M.le maire, ce qui retardera le dénouement de la brouille pour notre plus grand plaisir.
(1) et (2) Sauras-tu identifier ces deux animaux ? le premier est un mâle, le second une femelle.
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Gwen21
  21 janvier 2020
J'adore Gogol ! Je tiens d'ailleurs son "Revizor" comme la pièce la plus drôle que j'ai jamais lue et vue. Avec "La brouille des deux Ivan", j'ai eu le grand plaisir de retrouver toute la facétie et la satire du verbe haut et franc de ce grand auteur classique.
Comme dans ses superbes "Ames mortes", Gogol nous régale de la description de la vie des notables de province qu'il juge débiles et misérables. Avec une ironie qui n'appartient qu'à lui, il s'en excuse dès son avant propos qui ne manque pas de mordant :
"Je considère comme un devoir d'avertir que l'histoire racontée dans cette nouvelle se rapporte à un temps très ancien. En outre elle est totalement inventée. Aujourd'hui Mirgorod n'est plus du tout cela. Les bâtiments sont autres. La mare au milieu de la ville est depuis longtemps asséchée, et tous les dignitaires – le juge, le greffier et le maire – sont des gens honorables et bien pensants."
Vous aurez compris que le juge, le greffier et le maire - entre autres - en prendront pour leur grade dans les pages qui suivront... Cocasse et justifié, l'humour de Gogol s'applique à peu près à tous ses personnages et rend le récit vivant et très animé. On est très loin de l'écriture de Tolstoï et de Dostoïevski et cette proximité avec le peuple lui vaut, encore aujourd'hui, l'indéfectible affection des Russes. Il faut pourtant avoir un peu voyagé en Russie pour comprendre que choses et comportements n'ont pas tellement changé, mais les Russes sont peut-être le peuple qui sait le mieux rire de lui-même.

Challenge XIXème siècle 2020
Challenge RIQUIQUI 2020
Challenge MULTI-DÉFIS 2020
Challenge SOLIDAIRE 2020
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Tmor
  12 janvier 2021
Je suis retourné chez Gogol en quête d'absurde, d'étrange, de bizarrerie et là pas du tout. L'absurde, oui mais campagnard, badin, dérisoire. L'histoire est résumée dans le titre. Deux Yvan e brouillent pour une broutille de voisinnage. Après une mise en place un peu lourde, mais savoureusement descriptive et toujours ironique sur de menus détails, les deux Ivan se brouillent à cause d'une insulte lancée : Jars. de là toute la lourdeur administrative du procès inutile est décrite avec des instants procéduriers dignes "Des plaideurs" et des rebondissements improbables, tels que l'entrée d'une truie en plein milieu du procès qui bouffe littéralement les papiers. Ici point de cliff hanger où tout se résout en un instant. Ça traîne, les saisons, les années, la vieillesse et toujours cette dualité, cette rancoeur et cette certitude qu'un jour l'un gagnera le procès et pas l'autre. Dans quel monde vit-on conclue l'auteur... On est dans le même ! Un grand merci à litteratureaudio.com qui offre une belle mise en voix savoureusement provençale donnant une couleur singulière à tous ces Yvan Yvanovitch et autres Mirgorod.
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Oxy
  14 janvier 2014
Ce n'est pas vraiment un incontournable !
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
mh17mh17   23 juillet 2021
Il fallut bien s’exécuter. Les deux requêtes furent entérinées, et dès lors l’affaire allait prendre une tournure plutôt sérieuse quand une circonstance imprévue vint encore en corser l’intérêt. Tandis que le juge quittait la salle d’audience en compagnie de l’assesseur et du greffier, et que les clercs entassaient dans un sac les épices des plaideurs sous forme de poules, œufs, quignons de pain, pâtés, galettes et autres béatilles, à ce moment même une ***** ***** fit irruption dans la pièce, où, à l’extrême surprise des assistants, elle jeta son dévolu non point sur un pâté ou sur une croûte de pain, mais bel et bien sur la requête d’Ivan Nikiforovitch, dont les feuillets pendaient sur un bout de table. Le g**** ainsi garni, l’habillée de soie brune détala au plus vite, échappant, en dépit des règles et des encriers qu’ils lui jetèrent, à la poursuite des gens de justice.
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mh17mh17   23 juillet 2021
La journée s’écoula de la sorte. Ce fut la nuit. Oh, si j’étais peintre, que j’exprimerais bien le charme de cette nuit ! Je représenterais Mirgorod endormi sous le regard fixe des étoiles innombrables ; dans le silence, que je saurais rendre sensible, retentiraient les aboiements des chiens proches et lointains ; avec une héroïque intrépidité notre galantin de sacriste enjamberait à leur nez la palissade de son amoureuse ; sous le clair de lune, les maisons blanches se feraient plus blanches encore, plus sombres les arbres qui les abritent, plus dense l’ombre que ces arbres projettent ; les fleurs, l’herbe assoupie exhaleraient un parfum plus capiteux, tandis que le chœur des grillons, ces turbulents chevaliers de la nuit, lancerait à tous les échos sa chanson crépitante. Je monterais voir dans une de ces maisonnettes de pisé quelque beauté citadine au noir sourcil, étendue, la poitrine palpitante, sur sa couche solitaire, rêvant moustaches, éperons et hussard, tandis qu’un folâtre rayon de lune s’attarde sur ses joues… Je ferais apparaître sur la route blanche l’ombre noire d’une chauve-souris qui vient de se poser, de s’abattre sur les blanches cheminées. Mais quant à Ivan Ivanovitch, je devrais sans doute renoncer à le faire voir, tant son visage exprime des sentiments divers alors que, cette nuit-là, il est sorti de sa maison tout doucement, à pas furtifs, pour se glisser sous le réduit aux oies.
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mh17mh17   23 juillet 2021
Quel brave homme qu’Ivan Ivanovitch ! Il adore les melons, c’est sa passion. Après dîner, aussitôt installé en chemise sous son auvent, il s’en fait apporter deux par Gapka ; il ne laisse à personne le soin de les couper, enveloppe les graines dans un morceau de papier et se régale à loisir. Puis, Gapka lui ayant sur son ordre donné l’encrier, il note de sa propre main sur le papier aux graines : « Ce melon a été mangé tel et tel jour. » Et s’il avait un convive, il ajoute : « avec le concours d’un tel ou d’un tel. »
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Gwen21Gwen21   21 janvier 2020
Ivan Ivanovitch devint pourpre.
- Qu’avez-vous dit là, Ivan Nikiforovitch ? demanda-t-il en haussant le ton.
- Que vous ressembliez à un jars, Ivan Ivanovitch.
- De quel droit, monsieur, dédaignant les convenances et le respect dû à mon nom et à mon rang, m’avez-vous appliqué un terme aussi ignominieux ?
- Ignominieux, en quoi ? Mais que veulent dire vos moulinets, Ivan Ivanovitch ?
- Encore une fois, monsieur, de quel droit, enfreignant toutes les convenances, m’avez-vous traité de jars ?
- Laissez-moi rire, Ivan Ivanovitch. Avez-vous fini de glousser ?
Ivan Ivanovitch ne se contenait plus : ses lèvres tremblaient, l’accent circonflexe de sa bouche avait pris la forme d’un O, il roulait des yeux à faire peur. C’étaient là chez lui des symptômes bien rares et qui dénotaient une colère profonde.
- Puisqu’il en est ainsi, proféra-t-il, je vous déclare que je ne veux plus vous connaître.
- Le beau malheur ! Je n’en pleurerai certes pas.
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EffeLouEffeLou   23 octobre 2014
"Ah, qu'elle est jolie, la redingote d'Ivan Ivanovitch! De première qualité! Et quels brandebourgs! C'est à tomber par terre! Couleur gorge-de-pigeon! Je parie ce que vous voudrez qu'on n'en trouvera chez personne de pareils! Mais regardez-les donc, pour l'amour de Dieu, surtout s'il entreprend de parler à quelqu'un, regardez-les de profil: quel régal Ils sont indescriptibles: du velours! De l'argent! Du feu! Ah, seigneur Dieu! Ah, bienheureux saint Nicolas Thaumaturge! Pourquoi n'ai-je pas une pareille redingote! Il se l'est fait faire bien avant qu'Agafia Timofeïvna n'allât à Kiev. Vous savez qui est Agafia Timofeïvna: c'est celle qui a arraché l'oreille de notre assesseur en le mordant."

p 9
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Videos de Nikolai Gogol (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nikolai Gogol
Nicolas Gogol : Le Revizor. Adaptation radiophonique et production : Radio Diffusion de la France d’Outre-Mer. Par Françoise Grimal. Réalisation : Serge Ligier. Première diffusion le 7 mai 1958 sur la Chaîne Nationale. Le Revizor (en russe : Ревизор) est une comédie en cinq actes de Nicolas Gogol créée et publiée en 1836. Insatisfait, l'auteur a continué à travailler sa pièce de théâtre et en a livré une seconde mouture en 1841. Gogol écrit cette pièce à l'humour corrosif sur une idée qu’Alexandre Pouchkine lui avait donnée en octobre 1835. Il compose une satire sur le pouvoir russe et s'attaque ouvertement aux abus de l'administration et à la corruption. Argument : Le bourgmestre et toute l'administration d'une petite ville de la province russe sont en émoi, dans l'attente du « Revizor », inspecteur envoyé “incognito” par le gouvernement. Dans la panique que provoque cette arrivée, les fonctionnaires et autres officiels de la ville, qui ont bien des choses à se faire pardonner, débordent alors d'activité et prennent toutes sortes d'initiatives pour dissimuler leurs méfaits. Comment recevoir cet inspecteur au mieux ? Et d'ailleurs, comment l'identifier ? Deux habitants croient le reconnaître en la personne d'un jeune voyageur exigeant récemment arrivé à l'auberge. Au lieu de l'ardoise qu'il attend, celui-ci va être couvert d'honneurs et de flatteries. Même après avoir réalisé qu'il s'agit d'un quiproquo, le jeune homme se jouera de la méprise des fonctionnaires qui, abusés et terrorisés, se prêteront à toutes les bassesses pour complaire à celui qu'ils imaginent être le « revizor », allant jusqu'à croire habile de devancer ses attentes quand il n'en formule même pas. Avec : Jacques Destoop (Ivan Alexandrovitch Khlestakov, Le “Revizor”) Gaston Vacchia (Anton Antonovitch Skvoznik-Dmoukhanovski, Le gouverneur) Claude Evrard (Artemi Filipovitch Lafraise, Le surveillant des établissements de bienfaisance) Jean Saudray (Ammos Fiodorovitch Liapkine-Tiapkine, Le juge au tribunal) Claude Vernick (Louka Loukitch Khlopov, L’inspecteur de l’enseignement) Alain Souchère (Ivan Kouzmitch Chpékine, Le directeur des postes) Michel Bernardy (Piotr Ivanovitch Bobtchinski, propriétaire terrien) Serge Merlin (Piotr Ivanovitch Dobtchinski, propriétaire terrien) Raymond Jourdan (Ossip, le valet d’Ivan Alexandrovitch Khlestakov) Guy Richard et Pierre Gurgand (Les marchands) Chantal Darget (Anna Andréïevna, la femme du gouverneur) Christiane Lasquin (Maria Antonovna, la fille du gouverneur) Sources : France Culture et Wikipédia
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Que l'on m'apporte mon ..........?............. Les soirées sont fraîches à Saint Petersbourg, et voyez- vous... d’ailleurs... selon moi... je le crois encore bon... sauf un peu de poussière... Eh ! sans doute il a l’air un peu vieux... mais il est encore tout neuf... seulement un peu de frottement... là dans le dos...

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